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Communiqué (17 juillet 2015) – Pollution de l’air : sortir du constat, pour s’attaquer aux causes. Il faut une grande loi de Santé Environnementale

RES-actu9-ima8En chiffrant le coût économique de la pollution de l’air entre 68 et 97 milliards d’euros, le rapport du Sénat « Pollution de l’air : le coût de l’inaction » apporte un élément supplémentaire sur le coût pour nos sociétés de la dégradation de l’environnement.

Cette évaluation s’ajoute à celle publiée par un groupe de chercheurs européens, début mars, évaluant le coût économique des perturbateurs endocriniens en Europe à 157 milliards d’euros, soit 1,2 % du PIB européen.

Ces chiffres sont à rapprocher de la situation de l’assurance maladie considérée « en état extrêmement critique » par la Cour des Comptes dans son audit des finances publiques en 2012. Le déficit de l’assurance maladie ne cesse de progresser. Son poids dans le déficit de la Sécu est passé de 43 % en 2008 à 52,5 % en 2011. Il est encore estimé à 6,4 Milliards € en 2014. La France dépense actuellement 11,6% de son PIB pour les dépenses de santé soit le 3ème taux le plus élevé des pays de l’OCDE.

Les chiffres de l’Assurance maladie fournissent un éclairage sur cette épidémie de maladies chroniques. L’incidence des ALD (Affections de Longue Durée) progresse 5 fois plus rapidement que le changement démographique. Certaines affections progressent encore plus vite : l’AVC (Accident Vasculaire Cérébral), dont une des causes avérées est la pollution de l’air, a progressé de 76 % entre 2003 et 2013, mais, dans une région comme l’Alsace, la progression a été de 131 %. Il n’est plus possible de considérer cette évolution comme la simple conséquence du vieillissement. L’environnement au sens large du terme est donc largement en cause.

Malgré cette situation de crise et l’évidence de ses origines environnementales, la loi Santé actuellement en discussion n’aborde que marginalement cette question.

« L’enjeu est aujourd’hui de protéger la santé de l’homme en s’attaquant aux causes de l’épidémie de maladies chroniques qui progresse en France et dans le Monde. Une grande loi de Santé environnementale est nécessaire » conclut André Cicolella, président du RES.

Retour sur le colloque : Pathologies neurodéveloppementales et Environnement

 

LA PROTECTION DES CERVEAUX DES GÉNÉRATIONS FUTURES N’EST PAS UNE QUESTION SECONDAIRE !

 

Le Réseau Environnement Santé a organisé à l’Assemblée Nationale jeudi 18 juin, à l’invitation du député Jean-Louis Roumegas et en partenariat avec le Collectif Autisme, la Fondation Autisme, les associations NAMD (Non au Mercure Dentaire), HHORAGES (Halte aux Hormones pendant la Grossesse), AFVS (Association des Familles Victimes du Saturnisme et ATC (Association Toxicologie Chimie), un colloque sur le thème « Maladies neuro-développementales et Environnement ». Consultez le dossier de présentation.

Bien que se focalisant sur la toxicologie, les thèmes de ce colloque complètent de manière cohérences les connaissances scientifiques actuelles en matière d’immunologie et d’infectiologie. Les causes environnementales responsables de l’explosion des troubles neurodéveloppementaux relèvent en effet de ces trois disciplines : toxicologie, infectiologie et immunologie.

Une forte progression, l’environnement en cause

Les conférences introductives des professeures Barbara Demeneix du Museum d’Histoire Naturelle et Ana Soto de la chaire Blaise Pascal à l’Ecole Normale Supérieure ont mis en évidence de façon indiscutable la forte progression des pathologies liées à des troubles du développement du cerveau.

En particulier, concernant les troubles du spectre autistique, on a assisté à une véritable explosion, avec une multiplication de la prévalence par plus de 6 en 30 ans[1]. Les Troubles de l’Attention et de l’Hyperactivité (TDAH) peuvent atteindre selon les études jusqu’à 10 % des enfants[2].

L’amélioration du diagnostic ne peut à elle seule expliquer une telle progression. Des facteurs environnementaux entrent aussi en ligne de compte. Une étude récente estime le coût économique de ces pathologies lié aux perturbateurs endocriniens à 130 milliards d’euros par an en Europe[3], ce qui montre l’ampleur du problème.

Face à une situation ingérable, un plan d’urgence

Les témoignages apportés par les familles des enfants atteints, ainsi que par les représentants du monde de l’éducation présents à ce colloque montrent que la situation engendrée par le développement de ces pathologies devient de plus en plus difficilement gérable, si rien n’est fait pour arrêter le problème à la source.

La conclusion qui s’impose est que, aujourd’hui nous en savons assez pour commencer à réduire la prévalence de ces pathologies. La prise en compte par la Haute Autorité de Santé du TDAH (Trouble Déficit d’Attention et Hyperactivité) via le rapport présenté par le Dr Jean Chambry représente un progrès. Toutefois, l’effort de recherche sur les causes environnementales reste très insuffisant, comme le montre l’absence actuel de moyens du PNRPE (Programme de Recherche sur les Perturbateurs Endocriniens).

Il est donc maintenant indispensable de disposer d’une meilleure appréciation de la réalité épidémiologique en France et d’établir un plan d’urgence pour réduire voire éliminer les substances identifiées comme les plus dangereuses. C’est la protection des cerveaux des générations présentes et à venir qui est menacée. Il est grand temps de s’en préoccuper.

[1]. Autism and Developmental Disabilities Monitoring Network Surveillance Year 2008 Principal Investigators; Centers for Disease Control and Prevention. Prevalence of autism spectrum disorders-Autism and Developmental Disabilities Monitoring Network, 14 sites, United States, 2008. MMWR Surveill Summ. 2012 Mar 30;61(3):1-19.

[2]. Boyle CA, Boulet S, Schieve LA, Cohen RA, Blumberg SJ, Yeargin-Allsopp M, Visser S, Kogan MD. Trends in the prevalence of developmental disabilities in US children, 1997-2008. Pediatrics. 2011 Jun;127(6):1034-42.

[3]. Trasande L1, Zoeller RT, Hass U, Kortenkamp A, Grandjean P, Myers JP, DiGangi J, Bellanger M, Hauser R, Legler J, Skakkebaek NE, Heindel JJ. Estimating burden and disease costs of exposure to endocrine-disrupting chemicals in the European union. J Clin Endocrinol Metab. 2015 Apr;100(4):1245-55.

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Perturbateurs endocriniens, les européens payent doublement la note !

Paris, le 19 mars 2015,

Début mars, une série d’études réalisées par une vingtaine de chercheurs américains et européens a révélé que le coût économique des perturbateurs endocriniens en Europe est estimé à plus de 157 milliards d’euros, soit 1,2 % du PIB européen ! A titre de comparaison, la France dépense 11% de son PIB pour les dépenses de santé.

Cette publication parue dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism chiffre la part des maladies chroniques attribuable aux perturbateurs endocriniens (PE). Les scientifiques à l’origine de cette étude ne cachent pas la marge d’erreur inhérente à leurs calculs précisant que ceux-ci sont probablement sous-estimés compte-tenue de la difficulté à évaluer les multiples impacts des PE sur la santé humaine. Ils n’ont d’ailleurs pas pris en considération le coût des cancers hormono-dépendants (sein et prostate) dont on sait pourtant qu’ils sont les premières causes de cancers, chaque sexe étant considéré séparément.

Présents dans de nombreux produits de la vie quotidienne (plastiques, cosmétiques, pesticides etc.), les PE sont des substances chimiques qui perturbent le système hormonal. Les preuves scientifique s’accumulent sur les liens entre expositions aux PE et augmentation des taux de cancers hormono-dépendants (sein, prostate et testicules), du diabète, de l’obésité, des troubles de la reproduction ou encore des troubles du comportement.

« L’enjeu est aujourd’hui de protéger la santé de l’homme en s’attaquant aux causes de l’épidémie de maladies chroniques qui progresse en France et dans le Monde et dont l’origine découle en partie de l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Il faut éliminer d’urgence ces substances de notre environnement » rappelle André Cicolella, président du RES.

Ces nouvelles révélations doivent obliger les pouvoirs publics à agir dès maintenant tant pour protéger la santé des européens que pour assurer la pérennité de nos systèmes de soin. Les PE ne sont plus seulement un problème sanitaire, c’est aussi un problème économique majeur.

En effet, combien de temps encore, pourrons-nous supporter le coût de ces maladies chroniques ?

« Attendue depuis 2013, la Commission Européenne se doit d’adopter au plus vite une définition protectrice dans le cadre de la réglementation sur les perturbateurs endocriniens. Au vue, des données actuellement disponibles la lenteur de Bruxelles est aujourd’hui criminelle, tout comme l’est la  dernière expertise de l’EFSA sur le bisphénol A, qui considère qu’il n’y a aucun risque actuellement lié à l’exposition générale de la population, y compris celle des nourrissons » conclut André Cicolella.

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15 PROPOSITIONS STRUCTURANTES POUR LA LOI SANTE

Consulter les propositions du RES pour que la question santé environnement fasse partie intégrante de la future loi de santé.

Ces propositions ont été présentées lors d’auditions à l’Assemblée nationale et au Sénat.

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Communiqué de presse (21 janv 2015) – L’EFSA continue de nier l’évidence !

Près de 1000 études montrent la toxicité du Bisphénol A, mais L’EFSA continue de nier l’évidence !

L’EFSA a publié aujourd’hui son dernier avis sur l’exposition au bisphénol A (BPA). Celui-ci, comme les précédents, conclut qu’aux niveaux actuels d’exposition, le BPA ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d’âge (y compris les enfants à naître, les nourrissons et les adolescents).

L’EFSA continue ainsi de nier l’évidence. La stratégie du doute mise en place par l’EFSA consistant à ignorer 95% du millier d’études publiées montrant une toxicité du BPA vise à maintenir l’idée qu’il existe une incertitude quant à la dangerosité réelle du BPA. Ce faisant, l’agence ne tient pas compte des progrès de la science depuis deux décennies en niant le changement de paradigme toxicologique imposé par les perturbateurs endocriniens. « L’EFSA trahit la mission qui est celle d’une agence en charge de protéger la santé des Européens » estime André Cicolella, président du Réseau Environnement Santé.

Ce changement de paradigme, c’est principalement l’effet à faibles doses pendant la période sensible qu’est la gestation. L’EFSA fixe la nouvelle dose journalière admissible (DJA) à 4 µg/kg de pc/jour (microgrammes par kilogramme de poids corporel par jour). Cette DJA est issue d’une vieille étude, par ailleurs financée par l’industrie chimique, qui n’a pas étudié l’effet des faibles doses.

Rappelons que l’agence française, l’ANSES a, au contraire, tenu compte de la littérature récente et proposé dans son rapport de 2013, sur la base de la mise en évidence de tumeurs mammaires chez les souris exposées pendant la gestation [1] une DJA de 25 ng/kg/j, soit 160 fois plus faible que celle de l’EFSA.

Il est temps que les gouvernements européens et le parlement européen agissent pour réformer l’EFSA et faire en sorte que celle-ci respecte les critères de la déontologie scientifique dans ses avis. « Il faut nettoyer les écuries d’Augias » conclut André Cicolella.

 

[1]. Moral R, Wang R, Russo IH, Lamartiniere CA, Pereira J, Russo J. Effect of prenatal exposure to the endocrine disruptor bisphenol A on mammary gland morphology and gene expression signature. J Endocrinol. 2008 Jan;196(1):101-12.

 

Communiqué de presse (7 janvier 2015)

  La France, 1er pays au monde pour les cancers hormono-dépendants

 et les cancers masculins : ce n’est pas le fait du hasard

La publication, le 2 janvier, d’un article dans la revue Science affirmant que l’essentiel des cancers est dû au hasard et l’importance médiatique donnée à cet article visent à relancer l’idée qu’il n’y a pas d’épidémie de cancers et qu’au contraire le phénomène serait « naturel » [1].

Les auteurs basent leur analyse sur une donnée biologique, c’est-à-dire la probabilité des cellules souches à muter. Ce phénomène ne permet en aucune façon d’en déduire que la majorité des cancers sont liés au hasard. Une telle affirmation nie l’essentiel des connaissances sur la réalité de l’épidémie de cancer. Des facteurs de risque comme le tabac pour le cancer du poumon ou l’alcool pour les cancers des Voies Aéro-Digestives sont suffisamment établis pour ne pas pouvoir être niés.

Les auteurs mettent par ailleurs curieusement de côté les cancers du sein et de la prostate, ce que l’on appelle les cancers hormono-dépendants. Le RES a organisé un colloque le 29 octobre dernier au Sénat autour de cette question, en partant du fait que selon les données du Centre International de Recherche sur le Cancer, la France est devenue le 1er pays au monde pour ce qui est de l’incidence, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas chaque année [2].

Ces cancers sont en augmentation partout dans le monde. Le cancer du sein est ainsi devenu le 1er cancer féminin pour 90 % de la population mondiale.

La preuve de l’origine environnementale des cancers vient des données épidémiologiques.

‒ L’incidence des cancers pris en charge au titre des affections de longue durée (ALD) en France a doublé en l’espace de 18 ans, alors que la population concernée progressait de 20 % pendant cette période [3];

‒ Les registres de jumeaux aboutissent à la conclusion que 2/3 des cancers sont liés à l’environnement au sens large [4];

‒ Les migrants adoptent en général les cancers du pays d’accueil [5].

Les preuves sont aussi toxicologiques. L’article de Tomasetti et Vogelstein fait l’impasse sur une donnée scientifique majeure, à savoir le fait que l’origine des cancers ne procède pas seulement, comme on l’a cru longtemps, d’une mutation mais qu’il peut résulter d’une perturbation de l’expression des gènes. Les données toxicologiques montrent de façon indiscutable que des perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A induisent ainsi des cancers du sein et de la prostate après exposition pendant la période de gestation. Ce résultat peut être extrapolé à l’espèce humaine comme le prouve le cas du distilbène, frère jumeau du BPA. Les « filles distilbène » ont un taux de cancer du sein augmenté de 80 % [6].

Au moment où se discute la loi santé, il est urgent de sortir du discours niant la réalité de la crise sanitaire, dont l’épidémie de cancer est une composante. Il est urgent qu’un axe santé environnement soit clairement inséré dans cette loi.

 

[1]. Tomasetti C, Vogelstein B. Cancer etiology. Variation in cancer risk among tissues can be explained by the number of stem cell divisions. Science. 2015 Jan 2;347(6217):78-81.

[2]. http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2014/07/DP_Conf_Presse_Crise_sanitaire_17062014.pdf

[3]. http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/evolution_1990_2008.pdf

[4]. Lichtenstein Pet al . Environmental and heritable factors in the causation of cancer-analyses of cohorts of twins from Sweden, Denmark, and Finland. N Engl J Med. 2000 Jul 13;343(2):78-85.

[5]. G. Maskarinec et J. J. Noh, « The effect of migration on cancer incidence among Japanese in Hawaii », Ethnicity and Disease, vol. 14/3, 2004

[6]. R. N. Hoover et al., « Adverse health outcomes in women exposed in utero to diethylstilbestrol », New England Journal of Medicine, vol. 365/14

Theo Colborn, 1927-2014

Une grande dame de la santé environnementale nous a quittés hier, lundi 15 décembre 2014.

Le RES rend hommage à son parcours et à son dévouement pour faire reconnaître l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine et la biodiversité. 

Theo COLBORN était Présidente-Fondatrice du Endocrine Disruption Exchange (TEDx), basé à Paonia dans le Colorado, et Professeur(e) Emérite de Zoologie à l’Université de Floride, Gainesville. Elle était spécialiste en santé environnementale et a fait l’objet d’une reconnaissance toute particulière pour ses travaux sur les effets des produits chimiques perturbateurs endocriniens sur la santé.

Carrière Universitaire

Le Dr COLBORN a obtenu un PhD de Zoologie à l’Université du Wisconsin-Madison (domaines de recherche associés : épidémiologie, toxicologie et chimie de l’eau) ; un Master en Sciences au Western State College du Colorado ; et une licence ès sciences en Pharmacie à l’Université de Rutgers.

En 1985, le Dr COLBORN a reçu une bourse d’enseignement et de recherche de l’Office of Technology Assessment, rattaché au Congrès Américain. Elle a ensuite rejoint la Conservation Foundation en 1987 pour intervenir à la demande du Comité Conjoint International Canada/USA comme Conseiller Scientifique dans le cadre de l’élaboration du livre Great Lakes, Great Legacy ? (1990), en collaboration avec l’Institut de recherche en politiques publiques à Ottawa au Canada. A partir de 1990, elle a occupé un poste de chargée d’enseignement pendant trois ans à la W.Alton Jones Foundation, et s’est vue attribuer un Pew Fellows Award de trois ans en 1993.

Le Dr COLBORN a siégé dans de nombreux groupes d’experts. Citons pour mémoire le Conseil Scientifique de l’EPA américaine (Environmental Protection Agency), la Commission pour la santé des écosystèmes du Comité Mixte International USA/Canada, la Commission de contrôle scientifique de la Toxic Substances Research Initiative (Initiative de recherche sur les substances toxiques) du Canada, la Commission d’expertise sur le dépistage des perturbateurs endocriniens/EPA américaine, et la sous-commission de l’EPA sur les méthodes d’identification des perturbateurs endocriniens. Dans de nombreuses publications et conférences, elle a traité de l’exposition à des substances chimiques de synthèse au cours de la gestation et des conséquences sur le développement de l’embryon et du fœtus, en milieu sauvage, en laboratoire et chez l’humain. Elle a également, au cours des années écoulées, mis en place et dirigé le Programme Wildlife and Contaminants du World Wildlife Fund (WWF) américain.

Une fois à la retraite, elle a créé TEDX, une association à but non lucratif, afin de poursuivre ce travail de diffusion d’informations techniques objectives sur les perturbateurs endocriniens et les risques associés à de faibles expositions, avec pour cibles les universitaires, les décideurs, les personnels des gouvernements, les groupes d’assistance sanitaire et sociale, les structures en charge de la santé publique, les médecins, les médias et les personnes privées.

Perturbateurs endocriniens

Ses recherches, conduites en 1988, sur l’état de l’environnement dans les Grands Lacs, ont mis en évidence le fait que les substances chimiques synthétiques non dégradables étaient transmises par les prédateurs femelles de début de chaine, à leurs petits et mettaient en péril la construction et la programmation des organes des jeunes avant leur naissance. Au vu de ces preuves, elle a, en 1991, rassemblé 21 scientifiques de renommée internationale issus de 15 disciplines différentes afin que soient mises en commun leurs recherches sur cet impact intergénérationnel sur la santé. Les informations précises sur les participants et les domaines concernés sont disponibles sur le site de l’Appel de Wingspread (Wingspread Consensus Statement) [www.endocrinedisruption.com]. C’est à cette occasion que l’expression ‘Perturbateurs Endocriniens’ a été créée. En 1992, un livre intitulé « Chemically induced Alterations in Sexual and Functional Development : The Wildlife / Human Connection », a été publié à partir d’une compilation de documents techniques rédigés et fournis par les participants à cette manifestation. Les informations contenues dans ce volume et les nombreuses publications scientifiques qui ont suivi sur les résultats des effets de l’exposition aux perturbateurs endocriniens (présents à de faibles doses ou trouvés dans l’air ambiant) ont été portées à la connaissance du public dans son livre publié en 1996, « Our Stolen Future », co-signé avec Dianne Dumanoski et J. Peterson Myers, et diffusé aujourd’hui en 18 langues. Les travaux du Dr COLBORN ont conduit à la mise en place de nouvelles législations dans le monde entier et ont redéfini l’orientation des recherches des universitaires, des gouvernements et du secteur privé.

Récompenses

Citons pour mémoire:

– le Chatham College Rachel Carson Award,

– le Norwegian International Rachel Carson Prize,

– le United Nations Environment Program Women Leadership for the Environment Award,

– le International Blue Planet Prize,

– le Society of Toxicology and Environmental Chemistry Rachel Carson Award,

– le Center for Science in the Public Interest Rachel Carson Award,

– le Beyond Pesticides Dragonfly Award,

– le Lifetime Achievement Award from the National Council for Science and the Environment.

Ouvrage(s)/ Référence(s)

Colborn, Dr. Theo; Dumanoski, Dianne; Meyers, John Peter (1997). Our Stolen Future : How We Are Threatening Our Fertility, Intelligence and Survival. Plume. ISBN 0-452-27414-1.

 

Le RES lance une campagne de soutien

 

En 2014, comme pour les années précédentes, l’action du RES a conduit à des résultats très positifs. Le fait majeur de 2014 est l’adoption de la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens en avril dernier. Depuis, 8 autres pays européens ont rejoint la position française. Cela devrait peser lourd au moment où la Commission Européenne va statuer sur la définition des Perturbateurs Endocriniens.

L’année 2014 a également été marquée par 2 colloques : l’un sur les maladies environnementales émergentes a conduit à la création de l’Alliance des Maladies Environnementales Émergentes (AM2E) avec pour objectif de faire reculer le déni autour de ces maladies ; l’autre a permis de mettre dans le débat public le fait que la France est devenue le 1er pays au monde pour les cancers hormono-dépendants (sein et prostate).

Pour développer son action, le RES a besoin de vous.
Le RES a besoin d’élargir ses soutiens pour renforcer sa légitimité et son indépendance financière. C’est pourquoi, nous lançons une campagne d’adhésion et de soutien. N’hésitez pas à diffuser la plaquette de soutien (ci-jointe) autour de vous et dans vos réseaux si vous estimez que l’action du RES mérite d’être soutenue.

Notre ambition en 2015 est de peser sur la future loi de Santé. Elle est aussi d’organiser un colloque sur les maladies neuro-développementales (autisme, hyperactivité) et un colloque sur la qualité de l’eau au regard de la perturbation endocrinienne.

Ensemble, mettons la question santé environnement au cœur des politiques de santé.

André Cicolella,
président du RES

 

Réseau Environnement Santé – MDA • 206 quai de Valmy • 75010 Paris

 

Communiqué de presse (3 déc 2014) – Création du RES Alsace

mini_res_AlsaceNaissance de l’association Réseau Environnement Santé Alsace

Parce que notre environnement, c’est notre santé

Une belle mobilisation pour construire RES Alsace

 

L’association Réseau Environnement Santé Alsace (RES Alsace) a vu le jour lors de l’Assemblée Générale constitutive le mardi 24 septembre 2014 à Strasbourg en présence de représentants du monde associatif et économique oeuvrant pour la santé et pour l’environnement, d’élus locaux et de citoyens engagés.

Le réseau se mobilise face à l’augmentation des maladies chroniques

Le Réseau Environnement Santé existe à l’échelle nationale depuis 2009. Il a pour but, face à l’explosion des maladies chroniques telles que le cancer, le diabète, l’obésité, l’asthme, les maladies respiratoires et neuro-dégénératives, de faire reconnaître les impacts de l’environnement sur la santé humaine.

Une action locale

Le RES Alsace a deux objectifs majeurs :

– relayer les campagnes nationales du Réseau Environnement Santé auprès des acteurs de la politique locale de santé publique et auprès du grand public

– explorer les spécificités alsaciennes en termes d’enjeux de santé publique.

Des spécificités alsaciennes préoccupantes

L’Alsace présente des particularités en termes de santé publique. Par exemple, l’augmentation de cas d’accidents vasculaires cérébraux entre 2003 et 2012 y était de 102 % alors qu’elle était de 30 % dans les Ardennes et de 19 % en Corse. Au niveau national, l’Alsace détient le triste record du nombre d’enfants en surpoids.

Des actions de terrain avec les acteurs de la santé publique

Pour faire connaître les enjeux de santé en Alsace, le RES Alsace met en oeuvre des actions d’information et de sensibilisation. Il dialogue avec toutes les parties prenantes de la santé et de la prévention : acteurs locaux de santé publique, professionnels de santé, associations de malades.

Une exposition itinérante sur les perturbateurs endocriniens

Le RES Alsace met à disposition des personnes et structures intéressées une exposition pédagogique sur les perturbateurs endocriniens qui dérégulent le système hormonal.

Pour toutes questions, pour réserver l’exposition et/ou pour devenir adhérent :

Réseau Environnement Santé Alsace

Siège : 5 avenue du cimetière 67200 Strasbourg

Email : resalsace@gmail.com

Tél : 03 88 70 23 19

Site internet : www.reseau-environnement-sante.fr/

10 MESURES PHARES POUR INTEGRER LA SANTE ENVIRONNEMENTALE DANS LA POLITIQUE DE SANTE

Il y a aujourd’hui un consensus assez large autour du changement de paradigme de la santé environnementale, c’est-à-dire pour considérer que :

• la politique de santé ne se résume pas au système de soin et que l’action sur les causes des maladies doit avoir un poids croissant dans les politiques publiques. L’enjeu est de rééquilibrer ces 2 volets.

• la santé doit être présente dans toutes les politiques publiques,

La santé environnementale doit en conséquence sortir de la marginalité pour devenir centrale parce que c’est la clef pour faire face au problème majeur de la croissance mondiale des maladies chroniques. Ce diagnostic a été fait par l’OMS lors de la conférence de New York en septembre 2011 comme étant le « principal défi pour le développement durable en ce début de 21ème siècle » et réaffirmé lors de la conférence New York +3 en juillet dernier.

La France occupe une situation particulière en étant, selon les données du Centre International de Recherche sur le Cancer, le premier pays au monde pour l’incidence des cancers hormono-dépendants (sein + prostate) et des cancers masculins. Elle a commencé à prendre des mesures ambitieuses à travers la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens. Elle doit viser à faire de même par rapport à la croissance des maladies chroniques dans le monde en promouvant la santé environnementale et en adoptant l’objectif plus global de réduction de 25 % des maladies chroniques à échéance de 2025, objectif proposé par les grandes associations de malades (Non Communicable Diseases Alliance). Les causes de ces maladies sont liées à d’autres facteurs comme le mode de vie, mais l’environnement représente aujourd’hui un facteur déterminant.

L’objectif de la table ronde « Santé Environnement » de la conférence environnementale ne doit donc pas être de refaire le Plan National Santé Environnement mais d’identifier les mesures à prendre pour situer la santé environnementale dans les politiques de santé en priorité dans la stratégie nationale de santé, et plus largement dans les politiques publiques, en priorité en lien avec les enjeux de la crise climatique et de la transition énergétique.

10 MESURES PHARES

1. Adoption d’un Volet Santé Environnementale dans la Stratégie Nationale de Santé et dans les plans de santé publique (plan cancer, plan nutrition santé, plan Alzheimer…)

2. En réponse à la mise en évidence dans le bilan du PNSE2 d’un déficit de connaissance de la contamination des milieux, création d’un Institut de Veille Environnementale pour compléter le dispositif de sécurité sanitaire et environnementale

3. Création d’une plate-forme « Technologies propres et sûres »

4. Recherche :

- Au niveau international, création d’un « GIEC » de la Santé Environnementale.

- Au niveau européen, introduction d’un volet santé environnementale dans la perspective Horizon 2020

- Au niveau national, à la suite du rapport des Alliances de recherche, structuration de l’IFRES (Initiative Française de Recherche Environnement Santé) et volet santé environnementale dans la Stratégie Nationale de Recherche

5. Santé et territoires : Mise en place dans chaque région d’un dispositif d’analyse des inégalités géographiques de santé et d’environnement

6. Formation : Intégration d’un module spécialisé dans la formation des professionnels de santé et des professionnels du risque ainsi que de données de base dans l’éducation de tout citoyen (construire sa santé : 4ème mission de l’enseignement primaire).

7. Financement : Fixation d’un pourcentage des dépenses de santé pour financer la politique de santé environnementale

8. Maladies Environnementales Émergentes : définition d’une politique d’évaluation et de prise en charge

9. Exclusion des usages induisant une exposition grand public pour les substances de type CMR, Perturbateurs Endocriniens, Nanomatériaux (alimentation, cosmétiques, produits domestiques)

10. Réalisation d’une campagne de protection des populations sensibles (femmes enceintes-enfants)

55 organisations demandent à la commission européenne de refuser l’autorisation du DEHP dans le plastique PVC

Est-ce que le DEHP, un phtalate qui perturbe le fonctionnement des hormones sexuelles, sera enfin interdit ?

Les principes de précaution, de substitution et de protection de REACH, conçu pour maintenir les substances chimiques dangereuses hors du marché européen et protéger ainsi la santé humaine et l’environnement, sont menacés.

Les fabricants et recycleurs européens de PVC ont demandé l’autorisation de continuer à utiliser le bis (2-ethylhexyl) pthalate (DEHP) – une substance chimique hautement toxique, bien qu’il ait été démontré scientifiquement que des alternatives plus sures existent. Cette requête viole le principe de substitution des produits chimiques toxiques qui est le principal objectif de REACH, à savoir «encourager et, dans certains cas, veiller à ce que les substances très préoccupantes soient finalement remplacées par des substances ou technologies moins dangereuses lorsque des solutions économiquement et techniquement viables existent ».

Beaucoup de phtalates ont déjà été interdits dans certaines applications, comme les jouets. Les effets toxiques du DEHP étant reconnus, son élimination progressive est prévue à partir de 2015, mais six entreprises européennes demandent l’autorisation de continuer à l’utiliser, ce qui prolonge l’exposition des citoyens européens à ce produit toxique.

Lire le courrier envoyé à la Commission européenne :

http://www.eeb.org/EEB/?LinkServID=D3E8AE8F-5056-B741-DB421A887894592D

Consulter la tribune des 55 organisations de la société civile :

http://www.eeb.org/EEB/?LinkServID=D3B03D7A-5056-B741-DB6A26

Quoi ?

En octobre, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a envoyé l’avis final de son comité d’évaluation des risques (RAC) et du Comité socio-économique (SEAC) à la Commission européenne, recommandant la poursuite de l’autorisation du DEHP [1]. La décision définitive quant à l’interdiction ou non du DEHP revient à la Commission européenne (CE). Il est de sa responsabilité de décider d’accorder ou non l’autorisation de poursuivre l’utilisation du DEHP dans les produits en PVC (à la fois brut et recyclé) en Europe, ou alors d’écouter les experts de santé publique et de l’environnement qui se sont unis pour soutenir l’interdiction totale du DEHP.

9-12/09/14 – Le RAC et le SEAC se rencontrent et recommandent l’autorisation du DEHP

24/10/14 – L’ECHA envoie l’avis final à la Commission européenne

02/12/14 – Le Comité de REACH se rassemble pour discuter de l’autorisation du DEHP

24/01/15 – La CE rédigera un projet de décision visant à accorder ou non une autorisation

Qui?

Dans le cadre du règlement REACH, les entreprises doivent demander l’approbation de la Commission européenne pour utiliser des produits chimiques dangereux (substances dites extrêmement préoccupantes). Les sociétés suivantes (principaux producteurs et recycleurs de PVC dans l’UE) ont demandé l’agrément pour l’utilisation du DEHP :

Arkema (France), ZAK (Pologne) et Deza (République tchèque) ont demandé à continuer d’utiliser le DEHP dans des produits de consommation en plastique (PVC) auxquels les gens, notamment les jeunes enfants, sont régulièrement exposés. Parmi ces produits, on trouve les revêtements de sol, les tissus et garnissages d’ameublement, les chaussures et les sièges auto.

VINYLOOP FERRARA, Stena recycling et Plastic Planet ont, quant à eux, demandé l’autorisation d’utiliser le DEHP dans des produits similaires (revêtements de sol, ameublement, chaussures et sièges auto) mais avec un PVC souple recyclé.

Les défenseurs de la Santé Environnementale s’opposent fermement à ces autorisations en raison de la toxicité avérée du DEHP et des risques importants pour la santé humaine sur le long terme. Il est déjà interdit dans les jouets et les articles de puériculture, ainsi que dans les emballages de médicaments, en vertu d’autres règlements de l’UE. Cependant, les enfants sont encore fortement exposés à des produits de consommation contenant des phtalates, tels que les textiles, les chaussures ou les sièges d’auto.

Pourquoi?

Le DEHP est une substance toxique bien connue. Elle est inscrite sur la liste candidate de REACH en raison de sa toxicité pour le système reproducteur et le Danemark a proposé son inscription comme perturbateur endocrinien sur la liste REACH des substances extrêmement préoccupantes. Le DEHP est un phtalate, un groupe de produits chimiques qui perturbe le fonctionnement des hormones sexuelles et qui entraîne la féminisation des mâles de toutes les espèces. Ces substances chimiques perturbent les systèmes endocriniens de la faune et des humains, causant cancer des testicules, malformations congénitales et infertilité, pour n’en citer que quelques-uns. En raison de ses propriétés de perturbateur endocrinien, aucun seuil d’exposition sécuritaire ne peut être fixé avec suffisamment de certitude. Le DEHP est, par ailleurs, un cancérogène suspecté et une substance neurotoxique.

Le DEHP est largement utilisé

Le DEHP est largement utilisé dans les produits du quotidien (généralement associé à d’autres phtalates) dans une très large gamme d’articles en PVC (textiles, meubles, chaussures, matériaux de construction, etc.), ainsi que dans les produits professionnels en PVC (lino, peintures, vêtements de travail, bottes, etc.). Par conséquent, les citoyens et l’environnement y sont exposés quotidiennement via de multiples sources. En outre, c’est toujours le produit chimique le plus souvent notifiée au système européen RAPEX [2] comme présentant un risque chimique.

Les citoyens de l’UE et l’environnement sont exposés

Le DEHP (et ses homologues) est utilisés dans les articles en PVC à des concentrations élevées (10 à 60% en poids), de sorte que la charge toxique des produits est élevée. D’autant plus que lorsqu’il est utilisé dans du plastique PVC, la liaison chimique entre le DEHP et la matière plastique est dite faible ce qui augmente les risques de fuites. Par conséquent, le DEHP est un contaminant omniprésent que l’on retrouve partout dans l’environnement européen (air, eau – même les eaux de pluie – et les sols) ainsi que dans des prélèvements de sang et d’urine d’un échantillon de la population européenne, y compris les femmes enceintes et les nouveau-nés.

Il existe des alternatives

Des alternatives à l’utilisation du DEHP dans les PVC et l’emploi de produits et articles contenant du PVC à base de DEHP sont disponibles sur le marché européen, notamment des substances, matériaux, procédés et technologies alternatifs. Des entreprises proposant des solutions alternatives ainsi que des consommateurs engagés ont apporté [3], au cours de la consultation publique de ce processus d’autorisation, de nombreuses informations sur des alternatives qui conjuguent pertinence technique et économique et sécurité sanitaire pour les utilisateurs en aval.

Les requérants n’ont pas rempli les conditions d’octroi de l’autorisation

Les requérants n’ont pas démontré que tous les risques liés aux utilisations demandées étaient suffisamment contrôlées. Ils n’ont pas non plus fait la démonstration que les avantages socio-économiques liés à l’utilisation de la substance l’emportent sur les risques liés à son utilisation et qu’il n’existe pas d’alternatives appropriées disponibles.

L’avis de l’ECHA comporte des lacunes, tant sur le fond que sur la forme, et les parties prenantes n’ont pas pu participer efficacement au processus

Au cours de la consultation publique, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), a estimé que les informations pertinentes étaient confidentielles pour raison commerciales, entravant ainsi la participation significative et efficace des parties prenantes au processus d’autorisation. Le public n’a pas eu accès à l’information sur laquelle se fonde la décision du comité d’évaluation des risques (RAC). Le RAC n’a pas tenu compte de l’exposition réelle de la population européenne au DEHP et a rejeté les propriétés de perturbation endocrinienne ainsi que la preuve de la toxicité des mélanges liée à l’exposition à plusieurs phtalates (qui est la situation d’exposition réelle de la population et de l’environnement).

Le comité d’analyse socio-économique (SEAC) a trouvé que les dossiers de candidature des demandeurs d’autorisation comportaient tellement de lacunes qu’il a décidé d’entreprendre sa propre évaluation. Cela va à l’encontre du règlement REACH, qui dit que c’est à l’industrie de démontrer que les avantages pour la société l’emportent sur les risques. Le SEAC a conclu que les avantages pour les candidats l’emportaient sur les risques pour la société, tout en reconnaissant les importantes incertitudes et les lacunes en matière d’informations que comporte leur évaluation.

Il est surprenant que les comités scientifiques de l’ECHA aient estimé que les avantages pour les quelques entreprises candidates à l’autorisation l’emportent sur les coûts pour la société liés à l’exposition à cette substance toxique, et ce malgré le fait que l’ECHA reconnaisse que les risques ne sont pas suffisamment maîtrisés.

En outre, l’article 1 de REACH établit que l’objectif du règlement est d’assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement, et que les substances mises sur le marché ne portent pas atteinte à la santé humaine et à l’environnement.

Les recommandations du RAC et du SEAC d’accorder ces autorisations vont complètement à l’encontre de l’objectif de REACH qui est de promouvoir des substituts plus sûrs. De plus, le principe de substitution n’a pas suffisamment pesé lors des délibérations des comités de l’ECHA et nous mettons donc en doute l’engagement de l’Agence publique de l’UE à en faire un axe prioritaire. Si l’accent sur la substitution n’est pas mis dans le processus d’autorisation, l’économie et la société européenne ne bénéficieront pas de l’innovation relative à l’utilisation de substances chimiques plus sures.

Conclusion

Nous demandons à la Commission de ne pas accorder de nouvelle autorisation pour l’utilisation du DEHP dans les PVC, de prouver que le système REACH fonctionne correctement et protège les citoyens de l’UE et l’environnement de l’exposition aux substances chimiques dangereuses, et de s’assurer que la substitution et l’innovation durables sont des priorités.

 


 

[1] Le RAS et le SEAC recommande une revision de l’autorisation tous les 4 ans pour les produits en PVC bruts et tous les 12 ans pour les produits en PVC recycles.

[2] Le système d’alerte européen permet des échanges d’informations rapide pour empêcher la commercialiation et l’utilisation de produits présentant un risque pour le consommateur.

[3] Demandes d’autorisation par les fabricants de produits en PVC brut : http://echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/authorisation/applications-for-authorisation-previous-consultations/-substance/4805/search/+/term, http://echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/authorisation/applications-for-authorisation-previous-consultations/-/substance/4808/search/+/term et http://echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/authorisation/applications-for-authorisation-previous-consultations/-/substance/4811/search/+/term

Demandes d’autorisation par les fabricants de produits en PVC recyclé : http://echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/authorisation/applications-for-authorisation-previous-consultations/-/substance/4804/search/+/term et http://echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/authorisation/applications-for-authorisation-previous-consultations/-/substance/4802/search/+/term

Perturbateurs endocriniens et cancers hormonodépendants : la SFSE prend position… Le RES y répond

En marge de la conférence organisée le 29 octobre dernier au Sénat, la Société française de santé et environnement (SFSE) avait publié un communiqué de presse intitulé « Perturbateurs endocriniens et cancers hormonodépendants : la SFSE prend position », en réponse au texte de présentation de la conférence. La SFSE considérait qu’une mise au point était nécessaire pour rétablir certains points évoqués dans ce document sans présager de la qualité des présentations des intervenants pressentis.

Lire le communiqué de presse de la SFSE.

André Cicolella, président du RES, y a répondu dans une lettre adressée à Franceline Marano, présidente de la SFSE :

Bonjour ,

Je reviens vers vous suite au communiqué de presse de la SFSE  sur le colloque organisé par le RES au Sénat le 29 octobre dernier sur le sujet Cancers hormono-dépendants et Perturbateurs Endocriniens. J’avoue ne pas très bien comprendre la réaction de la SFSE, sur la forme comme sur le fond.

La démarche du RES est de mettre dans le débat public les questions de santé environnement en partant des données scientifiques validées. C’est en suivant cette démarche que nous avons réussi à faire prendre conscience de l’enjeu des perturbateurs endocriniens et à obtenir une politique ambitieuse de la France en ce domaine via, dans un premier temps l’interdiction du bisphénol A dans les biberons et les contenants alimentaires, et plus récemment via la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens adoptée en avril 2014 par le gouvernement.

Nous considérons qu’il importe maintenant de mettre en application les principes définis dans cette SNPE et il est donc logique de s’interroger aujourd’hui en priorité sur la responsabilité des Perturbateurs Endocriniens dans la croissance des cancers hormono-dépendants, compte-tenu de l’ampleur de celle-ci. C’est ce qu’avaient déjà fait, à propos du bisphénol A, l’ANSES dans son rapport d’avril 2013 et l’Académie de médecine dans son rapport de novembre 2011. C’est dans cet esprit que nous avons organisé ce colloque au Sénat en invitant 2 scientifiques américains, Ana Soto et Carlos Sonnenschein, dont les travaux ont contribué à mettre en évidence ce lien et en organisant  une table ronde  avec l’INCa, l’InVS et l’ANSES et les deux députés les plus impliqués sur le dossier, Gérard Bapt et Jean-Louis Roumegas. .

Une première mesure du problème est d’acter l’importance de ces cancers hormono-dépendants tant du point de vue incidence que mortalité. Pour ce faire, il nous est apparu  logique de partir des données publiées par le Centre International de Recherche sur le Cancer sur son site Globocan, puisque le CIRC est l’organisme de référence au niveau mondial.

Au plan mortalité, la 1ère cause chez la femme selon Globocan pour 2012 est bien le cancer du sein (11 933 cas) devant le cancer du poumon (8527 cas). Le rapport de l’InVS « Estimation nationale de l’incidence et de la mortalité par cancer en France entre 1980 et 2012 » donne une estimation très proche (Sein : 11 886 cas Poumon : 8623 cas). Cela infirme donc clairement l’affirmation  faite en séance par le représentant de l’InVS selon laquelle  le cancer du poumon est  la 1ère cause de mortalité pour la femme.

Au plan morbidité, Globocan classe la France métropolitaine en 3ème position pour le cancer du sein, en 2ème position pour le cancer de la prostate. Un calcul simple met donc la France   en 1ère position pour la somme des deux. . Comment la SFSE peut-elle donc écrire le contraire « Une simple consultation du site internet du CIRC http://globocan.iarc.fr/ montre que cette affirmation est fausse » ? Cette divergence  point est facile à trancher.

Ceci étant, il s’agit d’un fait brut, non d’une analyse, qui éclaire la situation française à un moment donné, au regard de la situation des autres pays et il n’y a donc aucune raison de ne pas le faire connaître aux responsables politiques et plus largement à l’opinion publique. Comment la SFSE peut-elle donc  écrire qu’il s’agit là de  » la poursuite du sensationnel, la manipulation des croyances et des émotions, l’entretien d’une confusion entre opinion militante et faits scientifiques » ? Faire connaître au grand public des données du CIRC serait une manipulation ?

La SFSE écrit par ailleurs:  « Elle occulte surtout un fait essentiel, qui est que l’incidence du cancer du sein et celle du cancer de la prostate diminuent toutes deux en France depuis 2005″. Que les estimations actuelles, dont il a été fait état lors du colloque, traduisent une diminution de l’incidence du cancer du sein est à prendre en considération.  Il n’en demeure pas moins vrai que le problème essentiel est que le taux actuel pour ces 2 cancers a globalement progressé de façon considérable au cours des dernières décennies et que c’est un enjeu de santé publique d’en analyser les causes. L’ensemble de cette croissance ne peut évidement à elle seule être expliquée par le Traitement Hormonal de la Ménopause, et a contrario, l’arrêt du THS ne vas mettre fin à  l’épidémie.

Autre accusation de la SFSE  :   » Le texte simplifie à outrance la discussion sur les causes de ces variations, en écartant sans plus d’argument les pratiques de dépistage et le vieillissement de la population ». Cela ne correspond pas à l’argumentaire que nous avons développé.  L’effet du vieillissement doit être écarté  d’emblée puisque les données du CIRC sont standardisées sur la population mondiale, ce qui permet justement les comparaisons entre pays, quelle que soit leur structure démographique.

Sur l’importance relative du dépistage, il  suffit de regarder la répartition régionale : 134 en Nord-Pas-de-Calais (taux 2005) contre 47 à la Réunion (taux 2012) alors que les taux de dépistage sont respectivement de 40-45 % et 50-55 %. Pour le cancer de la prostate, la disparité est également importante entre un taux de 150 en Bretagne (taux 2005) et de 54 à la Réunion (taux 2012 Globocan) (les données 2005 pour la Réunion ne sont pas disponibles sur le site INvS).

L’évolution des ALD fournit un autre éclairage sur le problème. Il s’agit là aussi de données objectives qui sont celles de la CNAM. Un différentiel de progression de près de 4 entre Languedoc-Roussillon (+ 39 %) et Bretagne (+11%) semble a priori difficile à expliquer par des considérations de dépistage, sauf à en apporter la preuve explicite.

La référence aux données scientifiques étant admise comme le principe de base d’une discussion de cette nature, il apparaît utile  pour faire progresser celle-ci que  des  réponses précises soient fournies sur les points développés ici.

Nous  restons bien évidemment ouverts à toute discussion à ce sujet. Le communiqué de la SFSE ayant eu un caractère public, cette réponse sera également mise dans le domaine public.

Bien à vous

André Cicolella
Président du Réseau Environnement Santé

RETOUR SUR LA CONFÉRENCE – Cancers hormono-dépendants et Perturbateurs Endocriniens

Sous le parrainage de Mme Chantal Jouanno, Sénatrice de Paris, le Réseau Environnement Santé a organisé le 29 octobre 2014 une conférence :

Cancers hormono-dépendants et Perturbateurs Endocriniens :

pourquoi la France est-elle devenue le premier pays au monde ?

La France est devenue selon le Centre International de Recherche contre le Cancer le premier pays au monde pour l’incidence des cancers du sein et de la prostate, ce qu’il est convenu d’appeler les cancers hormono-dépendants.

Les explications classiques, vieillissement et dépistage ne peuvent expliquer une telle progression.

Pour comprendre ce phénomène il est nécessaire de s’interroger sur les causes environnementales de ces cancers.

Traditionnellement le cancer est considéré comme étant lié à une mutation d’un gène (effet génotoxique). Il est nécessaire aujourd’hui de considérer une autre cause celle des perturbateurs endocriniens agissant selon un mécanisme dit épigénétique, c’est-à-dire en perturbant l’expression des gènes.

Les conférenciers invités étaient Ana Soto et Carlos Sonnenschein, professeurs de biologie à l’Université Tufts de Boston dont les travaux ont montré comment un perturbateur endocrinien comme le bisphénol A induit des cancers du sein et de la prostate.

Retrouvez le dossier de presse

Ré-écouter les interventions de la journée :

– Introduction de Chantal Jouanno : http://youtu.be/8iFg8E5FnKg

– Introduction d’André Cicolella : http://youtu.be/jHSb_9tJ-64

– Intervention d’Ana Soto : http://youtu.be/cnF5gvaHfQA

– Intervention de Carlos Sonnenschein : http://youtu.be/gxQ8dsA93cg

– Questions / Réponses : http://youtu.be/QmsWpWCNhxw

– Table ronde : http://youtu.be/uKrg6ZWoag4

COLLOQUE – Crise sanitaire des Maladies Chroniques : les maladies environnementales émergentes nous alertent

Monsieur Jean-Louis ROUMEGAS
Député de l’Hérault
Co-Président du Groupe d’études Santé-Environnement
Membre de la commission des Affaires sociales
Membre de la commission des Affaires européennes
a le plaisir de vous inviter au colloque

Crise sanitaire des Maladies Chroniques : 

les maladies environnementales émergentes nous alertent

Jeudi 16 Octobre 2014

de 9h00 à 16h00

Salle Victor Hugo,101, rue de l’Université, 75007 Paris

C’est un basculement dans l’histoire de l’humanité : les maladies chroniques non transmissibles (cancers, maladies cardiovasculaires, maladies métaboliques, maladies mentales) sont devenues les causes prépondérantes de décès prématurés. Les succès remportés dans la lutte contre les maladies infectieuses sont d’ores et déjà compromis par les dérèglements de notre environnement. Comment répondre à cette nouvelle donne sanitaire ?

Une clef nous est donnée à travers les maladies environnementales émergentes (M2E). En effet, la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique/encéphalomyélite myalgique, les sensibilités chimiques multiples et l’électro-hypersensibilité constituent une réponse de détresse manifeste de l’organisme à certains agents toxiques. Identifier et prévenir ces causes, ce serait protéger l’ensemble de la population d’expositions dangereuses évitables.

Les autorités sanitaires tardent à comprendre l’importance des M2E. Pourtant, 5% de la population est déjà concernée et les signaux tendent vers une augmentation constante. Il est donc urgent de donner aux professionnels de santé les moyens de prendre en charge ces malades, de prévenir ces maladies, et de considérer enfin l’environnement comme un déterminant de santé majeur. Grâce aux témoignages de malades, à l’expertise de scientifiques français et internationaux, ce colloque permettra aux parlementaires et aux autorités sanitaires d’établir des recommandations au service de la protection des populations.

Colloque organisé par les associations Réseau Environnement Santé, SOS MCS, Entraide aux Malades de la Myofasciite à Macrophage, Electrosensibles de France/Priartem, et Non Au Mercure Dentaire.

Programme_Colloque_AM2E

Consultez le programme

Inscription obligatoire auprès de colloque.m2e@gmail.com

Lettre commune concernant le poste de Conseiller Scientifique auprès du Président de la Commission Européenne

Un groupe d’ONG comprenant le RES, HEAL (dont le RES est membre), The Cancer Prevention and Education Society, Pesticide Action Network Europe et d’autres organisations incluant Greenpeace, Corporate Europe Observatory, Earth OpenSource et la Fondation Sciences Citoyennes a envoyé une lettre au nouveau Président de la Commission Européenne exprimant leur préoccupation quant au poste de Conseiller Scientifique auprès du Président de la Commission Européenne.

Ce poste a été créé par le Président de Commission Barroso afin de « fournir un avis d’expert indépendant sur n’importe quel aspect concernant la science, la technologie et l’innovation et ce à la demande du Président de la Commission ».

Le groupe d’ONG demande à ce que ce poste ne soit pas renouvelé arguant que la concentration d’autant d’influence dans un seul poste est problématique et que cette position est néfaste au bon fonctionnement de la recherche et des évaluations menées par les directions de la Commission lors de l’élaboration des politiques réglementaires.

Lire la lettre commune (en anglais)

 

Réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens permettrait de réaliser 31 milliards d’euros d’économies en dépenses de santé dans l’Union européenne

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Version pdfCP_HEAL_Cout_PE

Réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens permettrait de réaliser 31 milliards d’euros d’économies en dépenses de santé dans l’Union européenne

·         L’augmentation rapide des troubles hormono-dépendants peut être liée à une exposition à des perturbateurs endocriniens, substances chimiques de synthèse présentes notamment dans les aliments, les boissons et les produits du quotidien.

·         Selon une nouvelle étude, si réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens permettait d’éviter un petit nombre de cas de cancers hormono-dépendants, de diabète, d’obésité et d’infertilité, des milliards dépensés en lien avec ces maladies et leurs conséquences seraient alors économisés.

·         Un changement de politique européenne en matière de produits chimiques pourrait réduire de manière drastique les coûts associés à ces maladies et leurs conséquences. Il est maintenant temps pour l’UE d’agir.

Bruxelles, le 18 Juin 2014 – L’exposition à des perturbateurs endocriniens pourrait coûter jusqu’à 31 milliards d’euros par an à l’Union européenne (UE), selon un rapport publié aujourd’hui par l’Alliance pour la santé et l’environnement (HEAL). (1)

Les calculs ont établi une liste de maladies et troubles identifiés par les scientifiques experts des PE des perturbateurs endocriniens comme hormono-dépendants :

·         troubles de la reproduction et de la fertilité, dont baisse de la qualité du sperme

·         malformations de l’appareil reproducteur chez le petit garçon, telles qu’hypospadias ou  cryptorchidie

·         cancers du sein, de la prostate, des testicules

·         troubles du développement de l’enfant, tels qu’autisme et troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité (ADHD)

·         obésité et diabète (1)

Nombre de ces pathologies connaissent une augmentation rapide. Par exemple, hormis les pays où la prévalence était déjà élevée comme les Pays-Bas et l’Autriche, le cancer de la prostate est en augmentation rapide dans tous les pays de l’UE et on assiste à une hausse dramatique des cas de cancer du sein dans les pays du Sud et de l’Est (2).  La prévalence élevée de l’autisme et du ADHD est devenue alarmante. Par ailleurs, les experts estiment que les perturbateurs endocriniens ont un impact particulier sur la baisse de QI qui empêche les enfants d’exploiter tout leur potentiel. Les effets d’une exposition fœtale aux perturbateurs endocriniens, ne sont pas visibles tout de suite, à l’image des risques plus élevés de cancer hormono-dépendant et de baisse de la qualité du sperme.

HEAL a sollicité le Dr Alistair Hunt de l’Université de Bath, économiste environnemental, et le Dr Julia Ferguson, professeure invitée à la UK Cranfield School of Management pour calculer les coûts globaux associés à ces maladies. Selon leurs estimations, ces coûts s’élèveraient entre 636 et 637 milliards d’euros par an (3). Des chiffres très probablement sous-estimés à cause par exemple de l’absence de données sur les coûts associés aux pathologies identifiées.

Seule une partie des coûts liés aux troubles hormono-dépendants peut être attribuée à l’exposition aux perturbateurs endocriniens. D’autres facteurs majeurs tels que la susceptibilité génétique, le mode de vie – régime alimentaire, tabagisme ou manque d’activité physique – doivent aussi être pris en compte. Cependant, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a noté que la « charge environnementale des maladies » liée aux produits chimiques est très probablement sous-estimée à cause du manque de données (4).

Une récente étude américaine (USA) a ainsi estimé que le seul bisphénol A (BPA) migrant à partir des contenants alimentaires vers les aliments contribuerait à hauteur de 1,8% à l’obésité infantile (5). Sur cette base, on peut estimer raisonnablement que la contribution de toutes les expositions à des perturbateurs endocriniens est comprise entre 2 et 5%. Une contribution de 5% des expositions à des perturbateurs endocriniens aux troubles hormono-dépendants serait équivalente à environ 31 milliards d’euros par an pour les 28 Etats membres de l’UE (1).

Ces dix dernières années, les données faisant état de liens entre expositions à des perturbateurs endocriniens et troubles de la santé chez l’être humain se sont multipliées, comme le montre un rapport de l’OMS paru en 2013. En tant que plus haute autorité de santé sur le plan international, l’OMS conclut clairement que l’exposition humaine aux perturbateurs endocriniens représente une « menace globale » à laquelle il faut réagir. (6)

Pour Genon K Jensen, directrice exécutive de HEAL: “Une part de l’augmentation de ces taux de pathologies hormono-dépendantes en Europe est probablement liée à l’exposition à des substances chimiques de synthèse qui contaminent nos organismes et dérèglent notre système hormonal. L’UE doit faire passer la santé d’abord et interdire ces substances. Une action rapide permettrait d’éviter de nombreuses souffrances et peut-être de réaliser près de 31 milliards d’euros annuels d’économies en dépenses de santé et en perte de productivité.”

Les chiffres pour la France

Le rapport de HEAL estime pour la France le coût des pathologies hormono-dépendantes, indépendamment des facteurs de risque associés, à près de 82 milliards par an (tableau 1). Si 5% de ce total était directement lié à une exposition aux perturbateurs endocriniens, on peut estimer les coûts de l’exposition aux perturbateurs endocriniens pour la France à près de 4 milliards par an (tableau 2).

Alors que la Loi de Santé Publique sera très prochainement discutée, 4 milliards d’euros  d’économies liées à une simple réduction des expositions aux perturbateurs endocriniens identifiés seraient une économie substantielle et bienvenue dans cette période de contractions budgétaires. Inscrire cette action dans la grande loi de santé nationale serait par ailleurs cohérent avec la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens adoptée récemment par la France. ”, estiment ainsi les associations WECF France, Réseau Environnement Santé et Générations Futures.

HEAL demande que l’ensemble des réglementations européennes évoluent pour réduire les expositions aux perturbateurs endocriniens. L’UE doit également mettre en place un calendrier pour permettre d’identifier puis de remplacer les perturbateurs endocriniens par des alternatives plus sûres.

Nous attendions de la part de la Commission européenne un paquet législatif perturbateurs endocriniens il y a un an déjà, comprenant une nouvelle stratégie perturbateurs endocriniens, ainsi que des critères de définition pour appliquer les règlements pesticides et biocides qui interdisent les perturbateurs endocriniens. Nous attendons toujours ces mesures. Alors que les données scientifiques sur les effets néfastes des perturbateurs endocriniens se multiplient, des pays de l’UE prennent les devants en interdisant certains PE. La Suède a décidé d’attaquer la Commission européenne devant la Cour de Justice de l’UE pour son retard dans ce dossier. Par ailleurs, lors du conseil des ministres de l’environnement de l’UE du 12 juin dernier, cinq pays ont soutenu la délégation française qui, forte de sa récente Stratégie nationale, a obtenu l’inscription des risques des perturbateurs endocriniens pour la santé à l’ordre du jour de la réunion (7). Le temps écoulé sans réduction des expositions est autant de temps pendant lequel les populations payent l’addition par la dégradation de leur état de santé. « , conclue G. Jensen.

L’UE a certes adopté des mesures législatives ciblées sur certains perturbateurs endocriniens, sur la base du principe de précaution, à l’image de l’interdiction du BPA dans les biberons en plastique dans en 2011. Plusieurs pays ont également pris des mesures nationales sur d’autres substances. Le recul et les nouvelles données scientifiques disponibles montrent clairement que les actions législatives pour protéger et améliorer la santé mises en œuvre par le passé – même en l’absence de 100% de preuves d’effets néfastes – sont justifiées (8). Les mesures de contrôle du tabagisme, prises avant la mise en évidence par les scientifiques d’une explication biologique du lien causal, en sont une bonne illustration.

 

Notes

1. Dépenses de santé en Europe : quelle part liée à l’exposition aux perturbateurs endocriniens ? http://www.env-health.org/news/latest-news/article/health-costs-in-the-eu-how-much-is (en anglais)

2. Déclaration de Berlaymont signée par 89 scientifiques en faveur de mesures sur les perturbateurs endocriniens, http://www.env-health.org/resources/press-releases/article/heal-responds-to-berlaymont

3. Estimation des coûts économiques par pays des maladies et troubles liés à l’exposition aux perturbateurs endocriniens, rapport technique du Dr Alistair Hunt de l’Université de Bath, économiste environnemental, et du Dr Julia Ferguson, professeure invitée à la UK Cranfield School of Management

  

Tableau 1 : coûts totaux des pathologies hormonaux-dépendantes par pays  (millions d’euros)  
Pays Coûts (en millions d’€)
Allemagne

101 714

Autriche

10 804

Belgique

14 083

Bulgarie

9 063

Croatie

5 212

Chypre

1 213

Danemark

7 051

Espagne

58 914

Estonie

183

Finlande

6 972

France

82 634

Grèce

14 038

Hongrie

12 612

Irlande

5 772

Italie

75 452

Lettonie

2 558

Lituanie

3 808

Luxembourg

653

Malte

510

Pays-Bas

21 141

Pologne

48 638

Portugal

13 367

Roumanie

25 070

Royaume-Uni

80 641

République slovaque

6 327

République tchèque

13 381

Slovénie

2 554

Suède

12 125

Total

636 500

 

Tableau 2 : Chiffres estimés par pays d’une contribution possible des expositions aux PE à 5% des coûts liés aux maladies et troubles hormono-dépendants, estimations de HEAL
Pays Chiffres estimés pour 5% des coûts (en millions d’€)
Allemagne

5 085, 70

Autriche

540, 20

Belgique

704, 15

Bulgarie

453, 15

Croatie

260, 60

Chypre

60,65

Danemark

352, 55

Espagne

2 945, 70

Estonie

9, 15

Finlande

348, 60

France

4 131, 70

Grèce

701, 90

Hongrie

630, 60

Irlande

288, 60

Italie

3 772, 60

Lettonie

127, 90

Lituanie

190, 40

Luxembourg

32, 65

Malte

25, 95

Pays-Bas

1 057, 05

Pologne

2 431, 90

Portugal

668, 35

Roumanie

1 253, 50

République slovaque

316, 35

République tchèque

669,05

Royaume-Uni

4 032, 05

Slovénie

127, 70

Suède

606.25

Total

31 825

 

 

 

4. Prüss-Ustün et al. 2011, “Knowns and unknowns on burden of disease due to chemicals: a systematic review”, Environmental Health 2011, 10:9.  http://www.ehjournal.net/content/10/1/9

5. Personne ne connaît la contribution exacte de l’exposition aux perturbateurs endocriniens dans le coût global des maladies chroniques Trasande L, 2014,“Further limiting Bisphenol A in food uses could provide health and economic benefits” disponible sur content.healthaffairs.org/content/early/2014/01/16/hlthaff.2013.0686 estime que que le seul bisphénol A (BPA) migrant à partir des contenants alimentaires vers les aliments contribuerait à hauteur de 1,8% à l’obésité infantile. Il semble donc raisonnable d’estime ce chiffre entre 2 et 5%.

6. État de la Science sur les perturbateurs endocriniens, rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 2012. Rédigé par Ake Bergman, Jerrold J. Heindel, Susan Jobling, Karen A. Kidd et R. Thomas Zoeller

7. Conseil des ministres, Communiqué de presse, 3320ème réunion du Conseil Environnement, Luxembourg, 12 juin 2014 http://consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/envir/143188.pdf

8. « Signaux précoces et leçons tardives », Vol I & II. http://www.eea.europa.eu/publications/late-lessons-2

Version pdf du communiqué

Publication du 1er panorama des formations en Santé-Environnement en région Rhône-Alpes

CP_RA_3juin2014

Sous la coordination de l’Agence Régionale de Santé Rhône-Alpes, du Conseil Régional Rhône-Alpes et de la DREAL, l’unité Cancer Environnement du Centre Léon Bérard et le Réseau Environnement Santé (RES), en collaboration avec Envirhonalp et la plateforme Envitera, publient le premier panorama des formations en Santé-Environnement en région Rhône-Alpes.

Dans un contexte où les actions relatives aux formations en Santé-Environnement tardent à être mises en œuvre, les réflexions menées dans le cadre du 2eme Plan Régional Santé Environnement (PRSE) en Rhône-Alpes 2011-2014 ont amené les acteurs régionaux à s’engager en faveur de la formation en santé-environnement. La réalisation d’un état des lieux des formations existantes dans le domaine de la santé environnementale constitue une étape préalable essentielle avant d’engager une démarche amélioration et de développement des formations des acteurs à la santé environnementale en région Rhône-Alpes.

Un premier niveau de connaissances régional

L’objectif de cet état des lieux est de faire un inventaire des formations initiales et continues disponibles, et de faciliter l’accès du public à ces informations. Les formations santé-travail ont été exclues du périmètre de cet état des lieux.

Les formations en santé-environnement recensées ont été sélectionnées sur la base des critères d’inclusion suivants :

• Formation universitaire : généraliste (c’est-à-dire entièrement dédiée la santé environnement), spécifique d’un thème santé-environnement (eau, air, etc.) ou partiellement dédiée à la santé environnement (présence d’un module de formation ou d’unité d’enseignement obligatoire ou optionnel) ;

• Formation d’organismes publics et privés : en alternance ou en continue ; présence d’une thématique santé-environnement, et ayant une antenne régionale ou qui propose un lieu de formation en Région Rhône-Alpes ;

• Formations d’associations présentes en Région Rhône-Alpes.

« Ce travail représente une première étape qui a bien sûr vocation à être régulièrement mis à jour et à stimuler les échanges d’information au sein de la région » précise Julien Carretier du Centre Léon Bérard, auteur du document.

Cet état des lieux présente également des formations exemplaires hors région Rhône-Alpes. « Pour certaines formations, un travail reste à faire pour une vision plus globale de la Santé Environnement en lien avec l’augmentation des maladies chroniques », ajoute le Dr Françoise Bousson, co-auteure du document.

Une initiative pilote en Rhône-Alpes pour agir et encourager la formation en santé-environnement

Ce travail est mis à disposition des acteurs régionaux et des membres du comité de suivi du 2ème Plan National Santé Environnement (PNSE) en tant qu’éléments de réflexions et de préparation des futures mesures du prochain PNSE en faveur de la formation en santé-environnement. Il est également utile dans la cadre de la mise en œuvre du nouveau plan d’action sur l’Air Intérieur.

« Rhône-Alpes a été l’une des premières Régions de France à engager une politique en faveur de la santé environnementale, avec le 12 juillet 2012, une délibération La Santé pour tous dans un environnement « sain », souligne Alain Chabrolle, Vice-Président à la Santé et à l’Environnement au Conseil Régional Rhône-Alpes, avec la mise en œuvre d’un Programme Régional Opérationnel d’Actions en Santé Environnement, dont l’un des axes vise à favoriser le passage à l’action par la sensibilisation, les échanges et la diffusion de l’information. Les objectifs de cet état des lieux s’inscrivent dans cette perspective d’action.

Le document est consultable et téléchargeable sur le site de l’ARS Rhône-Alpes : http://www.ars.rhonealpes.sante.fr/Les-professions-de-l-environne.170058.0.html ; sur le site internet du portail d’information des publics : http://www.cancer-environnement.fr/407-Formations.ce.aspx, et du Réseau Environnement Santé : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2014/06/Panorama_formations_SE_RRA_2014.pdf

Retrouvez l’intégralité du communiqué, ici

 

A DÉCOUVRIR, le nouveau site de la Mutuelle Familiale dédié à la prévention

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Communiqué de presse (25 mars 2014) – #Pesticides #PE : Fruits et légumes en Quarantaine !

Photo_PesticidesPE_enquarantaineA l’occasion de la Semaine pour les alternatives aux pesticides [1] et dans le cadre de la campagne « Perturbateurs endocriniens : environnement perturbé, santé menacée ! » [2], les organisations signataires ont réalisé une action visuelle, décalée et non violente dans le supermarché Auchan de Bagnolet afin d’alerter sur les dangers sanitaires et environnementaux liés à la présence de pesticides perturbateurs endocriniens (PE) dans les fruits et les légumes.

Une vingtaine de militants ont ainsi pénétré dans l’enceinte du supermarché vêtus, de combinaisons de protection avec des slogans « Stop aux PE » et de masques à gaz pour aller sécuriser le rayon fruits et légumes à l’aide de ruban de signalisation afin de proposer aux responsables de magasins de mettre ces denrées en quarantaine. Munis d’une liste de 2m listant les pesticides suspectés d’être perturbateurs endocriniens que les consommateurs sont susceptibles de retrouver dans les fruits et légumes qu’ils achètent en grande surface, ils ont souhaité mettre en lumière les dangers des pesticides PE présents dans de nombreux produits de consommation courante, notamment les fruits et légumes [3].

Cette action visait également à inciter les grands groupes agro-alimentaires comme Auchan, à mettre en place une information et un étiquetage clair, compréhensible et accessible des consommateurs afin de renforcer leurs capacités à faire des choix éclairés. L’objectif était également d’encourager la mise en place d’un cahier des charges pour que les fournisseurs s’engagent à utiliser des produits qui ne contiennent pas de PE. Les grands groupes agroalimentaires sont en effet responsables de la santé et de l’environnement de leurs clients et ont une responsabilité dans le choix des produits qu’ils proposent.

Des responsables du magasin ont échangé avec les militants et se sont engagés à transmettre nos revendications au siège de l’enseigne. Nous attendons donc des nouvelles rapides d’Auchan.

A l’heure où la Stratégie Nationale des Perturbateurs Endocriniens (SNPE) est au point mort et où l’Union Européenne peine à trouver une définition claire de ce que sont exactement les PE alors que le cadre règlementaire européen sur les pesticides le lui impose, il est grand temps de sortir de l’inertie et de mettre en place des règlements concrets (limitant l’exposition des populations les plus vulnérables aux PE) permettant de protéger l’environnement et la santé humaine. Cela passe aussi par l’action et l’engagement des grands groupes agro-alimentaires qui, en choisissant de fournir des produits sans PE et de qualité, garantissent la santé et l’environnement de leur clients.

>>> Retrouvez prochainement les photos et vidéos de l’action sur les sites des partenaires



[1]    Evénement international qui se tient du 20 au 30 mars – www.semaine-sans-pesticides.fr

[3]    Comme l’ont démontré les enquêtes EXPPERT – Exposition aux Pesticides Perturbateurs Endocriniens : http://www.generations-futures.fr/pesticides/enquete-exppert-2-des-pesticides-interdits-et-des-perturbateurs-endocriniens-pe-dans-des-fraises/ et http://www.generations-futures.fr/pesticides/etude-exppert-1-exposition-aux-pesticides-perturbateurs-endocriniens/

Communiqué de presse (26 fév 2014) – Perturbateurs Endocriniens : un rapport qui doit faire date !

logo-gnération-futuresblancLOGO_RES_blanc - Copie

 

 

 

 


Générations futures et le Réseau Environnement Santé (RES) se félicitent du rapport [1] d’information de la commission des affaires européennes sur la Stratégie européenne concernant les Perturbateurs Endocriniens (PE) de l’Assemblée Nationale et appelle le gouvernement français, ainsi que l’UE, à une action volontariste urgente !

Le contenu du rapport. Nos associations saluent le contenu de ce rapport sur les perturbateurs endocriniens (PE) et le travail du rapporteur, M. le Député Jean-Louis Roumégas. En effet, nous considérons que ce rapport reconnait, ou préconise, un certain nombre de points essentiels à nos yeux, en particulier :

Il rappelle les enjeux sanitaires importants que font peser les PE sur la santé publique et le coût financier considérable qu’aurait l’absence d’action publique dans ce domaine.

- Il appelle l’Europe à publier rapidement une nouvelle stratégie d’ensemble sur les PE pour relancer l’action publique dans ce domaine.

Il reconnait les modes d’action spécifiques des PE et donc les nouveaux paradigmes scientifique et réglementaire que cela implique d’adopter.

Il juge indispensable que l’Union Européenne se dote au plus vite d’une définition unique des PE, fondée sur le critère de danger intrinsèque, et non sur la notion de puissance, mise en avant par l’industrie.

Il recommande de créer une classe distincte de produits PE, incluant substances avérées et substances suspectées.

Il préconise l’adoption d’un texte européen spécifique sur les PE prenant appui sur cette classification nouvelle pour réduire l’exposition des populations aux PE.

Il souligne la nécessité d’accroître les efforts de recherche sur les PE.

Il souligne que, loin de bloquer l’innovation, une action précautionneuse sur les PE permettrait au contraire de développer la recherche et l’innovation industrielle, au bénéfice des entreprises européennes.

- Il appelle à mettre en place un programme de biovigilance des populations et des écosystèmes.

Il appelle le Gouvernement à produire une Stratégie Nationale sur les PE (SNPE) d’un haut niveau d’exigence, notamment en ne retenant pas la possibilité que la France puisse demander la révision des critères d’exclusion des pesticides PE (article C.2.2 de la SNPE)

Nos attentes. A la lumière de de ces points essentiels, nos associations appellent le Gouvernement français à réagir de toute urgence sur cette thématique des PE. La France doit de nouveau afficher son ambition d’avoir un rôle de leader en Europe sur cette question, comme elle a su l’avoir sur la question du Bisphénol A. Cela passe par deux points principaux :

La France doit être exemplaire et publier rapidement une SNPE ayant une réelle ambition, notamment en abandonnant clairement toute velléité de révision des critères d’exclusion des pesticides PE !

La France doit intervenir de toute urgence pour que les blocages résultant de l’action de lobbying des groupes de pression industriels (lobbying souligné par le rapport parlementaire) soient levés au plus vite et qu’une définition protectrice des PE soit enfin prise dans l’Union. L’UE devra ensuite créer rapidement la nouvelle catégorie des PE qui devront être progressivement exclus au niveau communautaire, par une approche législative transversale.

———————————–

[1]Rapport d’information déposé par la commission des affaires européennes sur la stratégie européenne en matière de perturbateurs endocriniens et présenté par M. Jean-Louis Roumégas, Député et présenté ce jour à l’AN en conférence de presse.

 

A NOTER : La version en anglais est disponible ici.

Alerte et pétition : Le traité commercial transatlantique à l’assaut du droit environnemental

tafta_Le Réseau Environnement Santé, Générations Futures et Agir pour l’Environnement s’associent à une pétition [1] de l’ONG CIEL (association internationale de juristes environnementaux) qui sera envoyée aux négociateurs européens et américains du traité de partenariat commercial transatlantique (alias TAFTA ou TTIP). Un argumentaire de 3 pages expose les 7 bonnes raisons de s’inquiéter des impacts potentiels du TAFTA sur la réglementation européenne des produits chimiques et des pesticides. Il renvoie vers la pétition  en amont d’un nouveau round de négociations qui s’ouvre le 10 mars.


Nos efforts pour protéger notre santé et celle des générations futures de l’exposition aux produits chimiques toxiques pourraient être réduits à néant par les négociations en cours, totalement opaques, d’un nouvel accord commercial USA-UE connu sous le nom de TAFTA (ou TTIP). A moins que nous n’agissions.


Interpellons les négociateurs commerciaux d’Europe et des États-Unis : ne touchez pas à nos lois contre les produits toxiques !

 

Le TAFTA pourrait ainsi :

1. Ralentir les progrès dans la réduction de l’utilisation de produits chimiques et pesticides toxiques .

2. Continuer de faire porter aux contribuables les coûts sanitaires, sociaux et économiques de la présence de produits chimiques toxiques dans notre alimentation, l’eau et l’air.

3. Maintenir le statu quo aux dépens des entreprises qui inventent des alternatives plus sûres aux produits chimiques toxiques.

4. Empêcher toute action nécessaire sur les menaces émergentes, comme les perturbateurs hormonaux et les nanomatériaux.

5. Retarder l’élimination des produits chimiques et pesticides toxiques dans les produits importés sur le marché américain ou européen.

 

Nous appelons les négociateurs des deux parties à laisser les enjeux sanitaires et écologiques de la sécurité chimique en dehors du champ du TAFTA. Nous leur demandons de :

 

1. Exclure la fabrication, l’utilisation et l’élimination des produits chimiques de la compétence du Conseil de coopération réglementaire et des chapitres ou annexes du TAFTA ;

2. Préserver la démocratie en empêchant les gouvernements des deux rives de l’Atlantique de retarder ou d’influencer la façon dont les décideurs de l’autre rive choisissent de protéger leurs citoyens contre les produits chimiques toxiques ;

3. Accroître l’accès libre à l’information et limiter les mécanismes de confidentialité commerciale, nuisibles à la sécurité chimique et à la démocratie ;

4. Veiller à ce qu’on ne conditionne pas la protection vitale des personnes et de l’environnement à des projections économiques douteuses sur les pertes et profits du commerce international ;

5. S’opposer à la création de soi-disant « comités scientifiques consultatifs » dominés par des scientifiques liés l’industrie ;

6. Exclure tout mécanisme de règlement des différends commerciaux public-privé ;

7. Mettre un terme à l’exportation de gaz naturel produit par des méthodes non conventionnelles, telles que la fracturation hydraulique.

 

Nous appelons également le Congrès des États-Unis à s’opposer à l’Autorité de négociation rapide, responsable du TAFTA et d’autres accords commerciaux qui ont des impacts profonds sur les politiques publiques, et à exiger un débat public ouvert et informé .


[1] Nous vous invitons à signer et relayer cette pétition, reproduite et traduite ci-dessus, en cliquant ICI 
(formulaire en anglais)

 

Communiqué de presse (5 fév 2014) – Plan cancer : on ne change pas une politique qui perd…

François Hollande a annoncé hier les mesures du 3ème plan cancer. Comme ses prédécesseurs, celui-ci identifie surtout les inégalités et le tabac comme principale cause ; laissant une place marginale à l’environnement. Pourtant, les chiffres sont là pour mettre en évidence le rôle majeur de l’environnement dans la progression de l’épidémie en France et dans le Monde.

En effet, les derniers chiffres publiés en décembre 2013 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) [1] montrent une progression du cancer dans le monde entier : +8% sur les 4 dernières années. Plus particulièrement, les cancers hormono-dépendants comme le cancer du sein sont en hausse de 14% identifiant ainsi un véritable marqueur du mode de vie occidentale qui se répand sur la planète.

La France devrait mener une politique particulièrement active car elle affiche parmi les taux les plus élevés au monde [2] en matière de :

cancer de la prostate : La France métropolitaine est le 2ème pays au monde derrière la Norvège… mais la Martinique a un taux plus élevé encore que la métropole.

cancer du sein : La France métropolitaine est le 3ème pays au monde derrière la Belgique et le Danemark.

A l’intérieur de la France, la Réunion affiche des taux inférieurs de moitié à ceux de la France métropolitaine pour le cancer de la prostate et du sein. Pourquoi cette réalité n’est-elle pas mentionnée dans le plan cancer ? L’accent mis sur les inégalités sociales est justifié, mais pourquoi la dimension géographique n’est-elle pas plus mise en lumière ?

Comme l’illustre ces chiffres, l’analyse des facteurs de risque actuelle mettant l’accent sur le tabac est obsolète. Il est impossible aujourd’hui d’expliquer la croissance du cancer par un facteur de risque comme le tabac alors même que celui-ci est en diminution et qu’il n’est pas lié aux cancers hormono-dépendants. Les connaissances scientifiques actuelles montrent le rôle majeur joué par les perturbateurs endocriniens.

L’ANSES a notamment rappelé dans son rapport d’avril 2013 que le bisphénol A est impliqué dans le cancer du sein par un effet transgénérationnel. C’est-à-dire que l’exposition maternelle induit des cancers du sein chez la fille. D’autres perturbateurs endocriniens sont également identifiés comme induisant des cancers, on peut citer les organochlorés (la dioxine ou le chlordécone, par exemple), les phtalates, les perfluorés ou les polybromés, qui contaminent toute la population. « L’enjeu majeur des perturbateurs endocriniens n’est pas identifié par le plan cancer et c’est une erreur grave vis-à-vis des générations futures », estime André Cicolella, président du RES.

En plus des multiples données expérimentales chez l’animal, la preuve chez l’humain de l’impact des perturbateurs endocriniens a été apportée par le distilbène, puisque les filles exposées à ce médicament pendant la grossesse ont 80 % de cancer du sein en plus.

Il est nécessaire que la question cancer environnement soit traitée dans le futur Plan National Santé Environnement.

Il est urgent que la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens soit adoptée par le gouvernement.

Il est regrettable que la question santé environnement ait été exclue de la dernière conférence environnementale et le RES demande l’organisation d’une Conférence Nationale Santé Environnement pour définir une politique à la hauteur des enjeux.

[1]. Site globocan : http://globocan.iarc.fr/Default.aspx

[2]. Données en population standardisée mondiale, ce qui élimine les caractéristiques démographique propres à chaque pays et permet les comparaisons entre pays.

Notre environnement, c’est notre santé – un guide pour faire le point

La France, comme la grande majorité des pays de la planète, est confrontée à une épidémie de maladies chroniques : cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète, malades respiratoires… Les causes de ces maladies se trouvent en grande partie dans notre environnement, défini de façon large.

En plus des facteurs classiques comme tabac et alcool, les données scientifiques montrent que pollutions, alimentation déséquilibrée, sédentarité, urbanisation… sont également en cause.

Les élu-es locaux peuvent faire en sorte que l’environnement soit aussi facteur de santé. Cet ouvrage leur fournit les informations de base et les références d’actions.

Le Réseau Environnement Santé vous propose de le découvrir à travers quelques extraits choisis :

http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2012/09/CEDIS_Environnement_Sante.pdf

Se procurer le guide dans son intégralité :

http://www.lepassagerclandestin.fr/fr/catalogue/les-pratiques/notre-environnement-cest-notre-sante.html

Phtalates : Veille médiatique (Internet) au 13-07-15

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Veille institutionnelle : la sélection du 9-06-15 au 7-07-15

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Bisphénol A : Veille médiatique au 13-06-15

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Veille institutionnelle : la sélection du 21-04-15 au 08-06-15

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Phtalates : Veille médiatique (Internet) au 3-05-15

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Bisphénol A : Veille médiatique (Internet) au 3-05-15

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Colloque : Pathologies neurodéveloppementales et Environnement – 18 juin 2015

 

Cliquez sur l’image pour télécharger le programme

Invitation_Colloque_MND_18062015_VF

Veille institutionnelle : la sélection du 6-03-15 au 20-04-15

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Conférence à Strasbourg – Vendredi 27 mars – 20h

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La Santé Environnementale réponse à l’Epidémie des maladies chroniques

Le Réseau Environnement Santé Alsace interpelle les autorités sanitaires

 

Conférence débat  le 27 03 2015 à  Strasbourg

au FEC à 20h

17 place Saint Etienne

par

André Cicolella

 

chimiste, toxicologue et président du Réseau Environnement Santé

Auteur du livre « Toxique Planète . Le scandale invisible des maladies chroniques » (Edition du Seuil)

Entrée libre plateau

 

Aujourd’hui, 2 décès sur 3 dans le monde sont le fait des maladies chroniques (maladies cardio-vasculaires ou respiratoires, cancers, diabète…). L’Organisation Mondiale de la Santé a qualifié ce phénomène « d’Epidémie » et de « Principal défi pour le développement durable en ce début de 21ème siècle » (Déclaration de New York, 21 septembre 2011). En France, ces maladies progressent en moyenne 4 à 5 fois plus vite que le changement démographique. Les coûts générés font imploser les systèmes de santé. La France est aujourd’hui le 1er pays au monde pour les cancers hormono-dépendants (cancer du sein, de la prostate).

En Alsace, selon les chiffres de l’Assurance Maladie, sur la période 2003-2012, la progression a été pour  l’insuffisance cardiaque de 121% , pour l’ AVC  de 105%, pour l’artériopathie de 91%, pour le diabète de 45 %, pour le cancer de 24 %….

Face à cette catastrophe sanitaire, il est temps de réagir. Les maladies chroniques ne sont, ni un simple effet du vieillissement, ni une fatalité due au hasard.

Notre environnement est en cause.

Contact : resalsace@gmail.com

Veille institutionnelle : la sélection du 1-02-15 au 5-03-15

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Bisphénol A : Veille médiatique (Internet) au 4-02-15

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Phtalates : Veille médiatique (Internet) au 4-02-15

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Veille institutionnelle : la sélection de janvier 2015

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