Les dernières infos du RES

10 MESURES PHARES POUR INTEGRER LA SANTE ENVIRONNEMENTALE DANS LA POLITIQUE DE SANTE

Il y a aujourd’hui un consensus assez large autour du changement de paradigme de la santé environnementale, c’est-à-dire pour considérer que :

• la politique de santé ne se résume pas au système de soin et que l’action sur les causes des maladies doit avoir un poids croissant dans les politiques publiques. L’enjeu est de rééquilibrer ces 2 volets.

• la santé doit être présente dans toutes les politiques publiques,

La santé environnementale doit en conséquence sortir de la marginalité pour devenir centrale parce que c’est la clef pour faire face au problème majeur de la croissance mondiale des maladies chroniques. Ce diagnostic a été fait par l’OMS lors de la conférence de New York en septembre 2011 comme étant le « principal défi pour le développement durable en ce début de 21ème siècle » et réaffirmé lors de la conférence New York +3 en juillet dernier.

La France occupe une situation particulière en étant, selon les données du Centre International de Recherche sur le Cancer, le premier pays au monde pour l’incidence des cancers hormono-dépendants (sein + prostate) et des cancers masculins. Elle a commencé à prendre des mesures ambitieuses à travers la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens. Elle doit viser à faire de même par rapport à la croissance des maladies chroniques dans le monde en promouvant la santé environnementale et en adoptant l’objectif plus global de réduction de 25 % des maladies chroniques à échéance de 2025, objectif proposé par les grandes associations de malades (Non Communicable Diseases Alliance). Les causes de ces maladies sont liées à d’autres facteurs comme le mode de vie, mais l’environnement représente aujourd’hui un facteur déterminant.

L’objectif de la table ronde « Santé Environnement » de la conférence environnementale ne doit donc pas être de refaire le Plan National Santé Environnement mais d’identifier les mesures à prendre pour situer la santé environnementale dans les politiques de santé en priorité dans la stratégie nationale de santé, et plus largement dans les politiques publiques, en priorité en lien avec les enjeux de la crise climatique et de la transition énergétique.

10 MESURES PHARES

1. Adoption d’un Volet Santé Environnementale dans la Stratégie Nationale de Santé et dans les plans de santé publique (plan cancer, plan nutrition santé, plan Alzheimer…)

2. En réponse à la mise en évidence dans le bilan du PNSE2 d’un déficit de connaissance de la contamination des milieux, création d’un Institut de Veille Environnementale pour compléter le dispositif de sécurité sanitaire et environnementale

3. Création d’une plate-forme « Technologies propres et sûres »

4. Recherche :

- Au niveau international, création d’un « GIEC » de la Santé Environnementale.

- Au niveau européen, introduction d’un volet santé environnementale dans la perspective Horizon 2020

- Au niveau national, à la suite du rapport des Alliances de recherche, structuration de l’IFRES (Initiative Française de Recherche Environnement Santé) et volet santé environnementale dans la Stratégie Nationale de Recherche

5. Santé et territoires : Mise en place dans chaque région d’un dispositif d’analyse des inégalités géographiques de santé et d’environnement

6. Formation : Intégration d’un module spécialisé dans la formation des professionnels de santé et des professionnels du risque ainsi que de données de base dans l’éducation de tout citoyen (construire sa santé : 4ème mission de l’enseignement primaire).

7. Financement : Fixation d’un pourcentage des dépenses de santé pour financer la politique de santé environnementale

8. Maladies Environnementales Émergentes : définition d’une politique d’évaluation et de prise en charge

9. Exclusion des usages induisant une exposition grand public pour les substances de type CMR, Perturbateurs Endocriniens, Nanomatériaux (alimentation, cosmétiques, produits domestiques)

10. Réalisation d’une campagne de protection des populations sensibles (femmes enceintes-enfants)

55 organisations demandent à la commission européenne de refuser l’autorisation du DEHP dans le plastique PVC

Est-ce que le DEHP, un phtalate qui perturbe le fonctionnement des hormones sexuelles, sera enfin interdit ?

Les principes de précaution, de substitution et de protection de REACH, conçu pour maintenir les substances chimiques dangereuses hors du marché européen et protéger ainsi la santé humaine et l’environnement, sont menacés.

Les fabricants et recycleurs européens de PVC ont demandé l’autorisation de continuer à utiliser le bis (2-ethylhexyl) pthalate (DEHP) – une substance chimique hautement toxique, bien qu’il ait été démontré scientifiquement que des alternatives plus sures existent. Cette requête viole le principe de substitution des produits chimiques toxiques qui est le principal objectif de REACH, à savoir «encourager et, dans certains cas, veiller à ce que les substances très préoccupantes soient finalement remplacées par des substances ou technologies moins dangereuses lorsque des solutions économiquement et techniquement viables existent ».

Beaucoup de phtalates ont déjà été interdits dans certaines applications, comme les jouets. Les effets toxiques du DEHP étant reconnus, son élimination progressive est prévue à partir de 2015, mais six entreprises européennes demandent l’autorisation de continuer à l’utiliser, ce qui prolonge l’exposition des citoyens européens à ce produit toxique.

Lire le courrier envoyé à la Commission européenne :

http://www.eeb.org/EEB/?LinkServID=D3E8AE8F-5056-B741-DB421A887894592D

Consulter la tribune des 55 organisations de la société civile :

http://www.eeb.org/EEB/?LinkServID=D3B03D7A-5056-B741-DB6A26

Quoi ?

En octobre, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a envoyé l’avis final de son comité d’évaluation des risques (RAC) et du Comité socio-économique (SEAC) à la Commission européenne, recommandant la poursuite de l’autorisation du DEHP [1]. La décision définitive quant à l’interdiction ou non du DEHP revient à la Commission européenne (CE). Il est de sa responsabilité de décider d’accorder ou non l’autorisation de poursuivre l’utilisation du DEHP dans les produits en PVC (à la fois brut et recyclé) en Europe, ou alors d’écouter les experts de santé publique et de l’environnement qui se sont unis pour soutenir l’interdiction totale du DEHP.

9-12/09/14 – Le RAC et le SEAC se rencontrent et recommandent l’autorisation du DEHP

24/10/14 – L’ECHA envoie l’avis final à la Commission européenne

02/12/14 – Le Comité de REACH se rassemble pour discuter de l’autorisation du DEHP

24/01/15 – La CE rédigera un projet de décision visant à accorder ou non une autorisation

Qui?

Dans le cadre du règlement REACH, les entreprises doivent demander l’approbation de la Commission européenne pour utiliser des produits chimiques dangereux (substances dites extrêmement préoccupantes). Les sociétés suivantes (principaux producteurs et recycleurs de PVC dans l’UE) ont demandé l’agrément pour l’utilisation du DEHP :

Arkema (France), ZAK (Pologne) et Deza (République tchèque) ont demandé à continuer d’utiliser le DEHP dans des produits de consommation en plastique (PVC) auxquels les gens, notamment les jeunes enfants, sont régulièrement exposés. Parmi ces produits, on trouve les revêtements de sol, les tissus et garnissages d’ameublement, les chaussures et les sièges auto.

VINYLOOP FERRARA, Stena recycling et Plastic Planet ont, quant à eux, demandé l’autorisation d’utiliser le DEHP dans des produits similaires (revêtements de sol, ameublement, chaussures et sièges auto) mais avec un PVC souple recyclé.

Les défenseurs de la Santé Environnementale s’opposent fermement à ces autorisations en raison de la toxicité avérée du DEHP et des risques importants pour la santé humaine sur le long terme. Il est déjà interdit dans les jouets et les articles de puériculture, ainsi que dans les emballages de médicaments, en vertu d’autres règlements de l’UE. Cependant, les enfants sont encore fortement exposés à des produits de consommation contenant des phtalates, tels que les textiles, les chaussures ou les sièges d’auto.

Pourquoi?

Le DEHP est une substance toxique bien connue. Elle est inscrite sur la liste candidate de REACH en raison de sa toxicité pour le système reproducteur et le Danemark a proposé son inscription comme perturbateur endocrinien sur la liste REACH des substances extrêmement préoccupantes. Le DEHP est un phtalate, un groupe de produits chimiques qui perturbe le fonctionnement des hormones sexuelles et qui entraîne la féminisation des mâles de toutes les espèces. Ces substances chimiques perturbent les systèmes endocriniens de la faune et des humains, causant cancer des testicules, malformations congénitales et infertilité, pour n’en citer que quelques-uns. En raison de ses propriétés de perturbateur endocrinien, aucun seuil d’exposition sécuritaire ne peut être fixé avec suffisamment de certitude. Le DEHP est, par ailleurs, un cancérogène suspecté et une substance neurotoxique.

Le DEHP est largement utilisé

Le DEHP est largement utilisé dans les produits du quotidien (généralement associé à d’autres phtalates) dans une très large gamme d’articles en PVC (textiles, meubles, chaussures, matériaux de construction, etc.), ainsi que dans les produits professionnels en PVC (lino, peintures, vêtements de travail, bottes, etc.). Par conséquent, les citoyens et l’environnement y sont exposés quotidiennement via de multiples sources. En outre, c’est toujours le produit chimique le plus souvent notifiée au système européen RAPEX [2] comme présentant un risque chimique.

Les citoyens de l’UE et l’environnement sont exposés

Le DEHP (et ses homologues) est utilisés dans les articles en PVC à des concentrations élevées (10 à 60% en poids), de sorte que la charge toxique des produits est élevée. D’autant plus que lorsqu’il est utilisé dans du plastique PVC, la liaison chimique entre le DEHP et la matière plastique est dite faible ce qui augmente les risques de fuites. Par conséquent, le DEHP est un contaminant omniprésent que l’on retrouve partout dans l’environnement européen (air, eau – même les eaux de pluie – et les sols) ainsi que dans des prélèvements de sang et d’urine d’un échantillon de la population européenne, y compris les femmes enceintes et les nouveau-nés.

Il existe des alternatives

Des alternatives à l’utilisation du DEHP dans les PVC et l’emploi de produits et articles contenant du PVC à base de DEHP sont disponibles sur le marché européen, notamment des substances, matériaux, procédés et technologies alternatifs. Des entreprises proposant des solutions alternatives ainsi que des consommateurs engagés ont apporté [3], au cours de la consultation publique de ce processus d’autorisation, de nombreuses informations sur des alternatives qui conjuguent pertinence technique et économique et sécurité sanitaire pour les utilisateurs en aval.

Les requérants n’ont pas rempli les conditions d’octroi de l’autorisation

Les requérants n’ont pas démontré que tous les risques liés aux utilisations demandées étaient suffisamment contrôlées. Ils n’ont pas non plus fait la démonstration que les avantages socio-économiques liés à l’utilisation de la substance l’emportent sur les risques liés à son utilisation et qu’il n’existe pas d’alternatives appropriées disponibles.

L’avis de l’ECHA comporte des lacunes, tant sur le fond que sur la forme, et les parties prenantes n’ont pas pu participer efficacement au processus

Au cours de la consultation publique, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), a estimé que les informations pertinentes étaient confidentielles pour raison commerciales, entravant ainsi la participation significative et efficace des parties prenantes au processus d’autorisation. Le public n’a pas eu accès à l’information sur laquelle se fonde la décision du comité d’évaluation des risques (RAC). Le RAC n’a pas tenu compte de l’exposition réelle de la population européenne au DEHP et a rejeté les propriétés de perturbation endocrinienne ainsi que la preuve de la toxicité des mélanges liée à l’exposition à plusieurs phtalates (qui est la situation d’exposition réelle de la population et de l’environnement).

Le comité d’analyse socio-économique (SEAC) a trouvé que les dossiers de candidature des demandeurs d’autorisation comportaient tellement de lacunes qu’il a décidé d’entreprendre sa propre évaluation. Cela va à l’encontre du règlement REACH, qui dit que c’est à l’industrie de démontrer que les avantages pour la société l’emportent sur les risques. Le SEAC a conclu que les avantages pour les candidats l’emportaient sur les risques pour la société, tout en reconnaissant les importantes incertitudes et les lacunes en matière d’informations que comporte leur évaluation.

Il est surprenant que les comités scientifiques de l’ECHA aient estimé que les avantages pour les quelques entreprises candidates à l’autorisation l’emportent sur les coûts pour la société liés à l’exposition à cette substance toxique, et ce malgré le fait que l’ECHA reconnaisse que les risques ne sont pas suffisamment maîtrisés.

En outre, l’article 1 de REACH établit que l’objectif du règlement est d’assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement, et que les substances mises sur le marché ne portent pas atteinte à la santé humaine et à l’environnement.

Les recommandations du RAC et du SEAC d’accorder ces autorisations vont complètement à l’encontre de l’objectif de REACH qui est de promouvoir des substituts plus sûrs. De plus, le principe de substitution n’a pas suffisamment pesé lors des délibérations des comités de l’ECHA et nous mettons donc en doute l’engagement de l’Agence publique de l’UE à en faire un axe prioritaire. Si l’accent sur la substitution n’est pas mis dans le processus d’autorisation, l’économie et la société européenne ne bénéficieront pas de l’innovation relative à l’utilisation de substances chimiques plus sures.

Conclusion

Nous demandons à la Commission de ne pas accorder de nouvelle autorisation pour l’utilisation du DEHP dans les PVC, de prouver que le système REACH fonctionne correctement et protège les citoyens de l’UE et l’environnement de l’exposition aux substances chimiques dangereuses, et de s’assurer que la substitution et l’innovation durables sont des priorités.

 


 

[1] Le RAS et le SEAC recommande une revision de l’autorisation tous les 4 ans pour les produits en PVC bruts et tous les 12 ans pour les produits en PVC recycles.

[2] Le système d’alerte européen permet des échanges d’informations rapide pour empêcher la commercialiation et l’utilisation de produits présentant un risque pour le consommateur.

[3] Demandes d’autorisation par les fabricants de produits en PVC brut : http://echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/authorisation/applications-for-authorisation-previous-consultations/-substance/4805/search/+/term, http://echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/authorisation/applications-for-authorisation-previous-consultations/-/substance/4808/search/+/term et http://echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/authorisation/applications-for-authorisation-previous-consultations/-/substance/4811/search/+/term

Demandes d’autorisation par les fabricants de produits en PVC recyclé : http://echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/authorisation/applications-for-authorisation-previous-consultations/-/substance/4804/search/+/term et http://echa.europa.eu/addressing-chemicals-of-concern/authorisation/applications-for-authorisation-previous-consultations/-/substance/4802/search/+/term

Communiqué de presse (19 nov 2014) – Mercure dentaire – ANSM : l’expertise tronquée

CP_NAMD_RES_FSC

 

L’ANSM jette les bases d’une nouvelle approche de l’évaluation des risques, principalement fondée sur l’Alchimie

 

L’essentiel
•  L’Agence du médicament (ANSM) refuse d’interdire l’amalgame dentaire, alors que ce dispositif médical est composé pour moitié de mercure métallique, une substance dont la toxicité est clairement établie. Des alternatives sont pourtant disponibles, remboursées de la même façon que les amalgames.
•  L’ANSM appuie sa décision sur un rapport qui écarte délibérément toutes les données de la toxicologie.
•  Cette décision représente ainsi une infraction insupportable à la déontologie de l’expertise scientifique. Elle rappelle cruellement la nécessité de mettre en place au plus vite la Commission de déontologie prévue par la loi sur la protection des lanceurs d’alerte.

 

L’Agence du médicament (ANSM) a confié début 2014 la rédaction d’une expertise sur le mercure des amalgames dentaires à une équipe de l’Inserm spécialisée en pharmacovigilance [1]. L’association Non Au Mercure Dentaire conteste ces travaux pour deux raisons principales :

-  Les experts retenus font ce qu’ils savent faire, de l’épidémiologie, et refusent de prendre en compte les données de la toxicologie. Or les données épidémiologiques sont en l’occurrence non pertinentes : en effet, il n’existe pas de population témoin non exposée au mercure et il faudrait tenir compte de nombreux autres paramètres, comme les multi-expositions ou les susceptibilités génétiques. Seule la toxicologie peut ici fournir des indications valables.

-  Les experts minimisent considérablement l’exposition actuelle des Français au mercure d’origine dentaire, ce qui les amène à dire que si risque il y avait, il serait désormais derrière nous. Or, par rapport aux autres pays, les Françaises en âge de procréer sont aujourd’hui largement surexposées au mercure inorganique à cause de leurs amalgames.

Le 23 octobre dernier, ce rapport a été présenté devant la Commission de prévention des risques de l’ANSM par l’un de ses auteurs, le Pr Bégaud ; des représentants des instances dentaires et Marie Grosman, conseillère scientifique de NAMD, ont également été entendus [2].

Auditionné au titre de l’Union Française de Santé Bucco-Dentaire (UFSBD), le dentiste Julien Laupie [3] est parvenu à instiller, parmi les membres de la Commission, l’idée que « les coûts sont de 1 à 10 quand il s’agit de choisir » entre l’amalgame et les alternatives. Dès lors, plusieurs membres de la Commission ont pris la parole pour faire valoir qu’une interdiction serait inacceptable, en ce qu’elle reviendrait à priver de soins les plus pauvres.

L’argument ne serait pas sans force s’il reposait sur la réalité. Or – et les représentants de l’ANSM, qui se sont gardés de restaurer la vérité, ne peuvent l’ignorer – tous les matériaux d’obturation bénéficient de la même cotation à la Sécurité sociale ; quel que soit le matériau choisi, le patient se voit intégralement remboursé [4].

La conséquence du maintien de l’amalgame sur le marché serait en fait la suivante : les 20 % de la population qui cumulent 80 % de la maladie carieuse, c’est-à-dire grosso modo les 20 % de Français les plus pauvres, continueront de se voir surexposés au mercure via leurs amalgames, puisque, selon l’UFSBD, le recours à l’amalgame s’impose en cas de caries multiples. De surcroît, le jour où il faudra leur couronner une dent, ils ne pourront pas se faire poser de céramique pour des raisons économiques qui, à ce moment-là, interviendront effectivement : chez ces patients, les praticiens se verront donc contraints de poser des couronnes métalliques à côté des amalgames, en infraction avec les recommandations de l’ANSM [5].

L’autre argument phare de l’UFSBD, c’est que les alternatives dureraient beaucoup moins longtemps que les amalgames, obligeant le patient à retourner souvent chez le dentiste. Les études et méta-analyses ont pourtant démontré que cette assertion est fausse [6].

 

À l’appui de ces deux mensonges (l’alibi des pauvres et la longévité supposée de l’amalgame), l’ANSM n’a pas jugé utile de faire voter la Commission sur ce qui semblerait la logique même : faut-il éliminer l’amalgame dentaire ou doit-on se contenter d’en réduire fortement l’usage ?

 

L’ANSM estime en effet qu’aucun argument sanitaire ne justifie l’interdiction des amalgames. Le seul membre de la Commission qui ait refusé de se rendre à cet avis est précisément… le seul qui soit spécialiste de l’évaluation des risques chimiques. Il se déclare « effaré » : « le mercure c’est un reprotoxique avéré, le mercure c’est un mutagène supposé, le mercure c’est un cancérogène supposé ». La conséquence est simple : « pour des raisons sanitaires strictes », « on ne peut pas aujourd’hui se permettre de dire : ‘on peut mettre des amalgames aux enfants de 0 à 3 ans’. On ne peut pas aujourd’hui décemment dire : ‘on peut mettre des amalgames à des femmes qui sont en âge de procréer’ », c’est-à-dire (compte tenu de la durée des amalgames) entre 0 et 40 ans.

Ce spécialiste rappelle que la valeur toxicologique de référence (VTR), c’est-à-dire le seuil d’exposition qui, pour des raisons sanitaires et réglementaires, ne doit pas être dépassé, ne peut pas être calculé isolément pour chaque source d’exposition : « on regarde la totalité de l’exposition et si par hasard, par malheur, on dépasse la VTR, on regarde sur quel élément on peut jouer. Aujourd’hui, la VTR du mercure élémentaire, on est à la limite rien que par l’air ambiant et on est en train de nous dire : il y a un 2e élément d’exposition qui existe, c’est l’amalgame dentaire. Il est bien évident qu’on ne peut pas jouer beaucoup sur l’air ambiant »… en revanche, on peut se passer des amalgames puisque les alternatives existent.

 

Conclusion : si l’Agence n’interdit pas le mercure dentaire, elle se rend fautive non seulement de l’exposition de filles et de femmes à un reprotoxique avéré, mais aussi d’un dépassement, chez de nombreux patients, des valeurs d’exposition réglementaires au mercure.

 

À cet argumentaire, M. Mahmoud Zureik, Directeur de la stratégie au sein de l’ANSM, oppose deux semblants de réponses :

1.  Selon lui, en supprimant les amalgames dentaires, on ne corrigerait qu’« à la marge » le problème de l’exposition environnementale au mercure. Cette formidable intuition révolutionne tout ce que nous savons ! Il est en effet établi largement reconnu que l’amalgame représente le premier facteur d’imprégnation au mercure en Europe [7] (et a fortiori en France, le pays le plus exposé).

2.  Mais M. Zureik fait encore mieux : « On est d’accord avec vous sur le mercure mais pas sur les amalgames dentaires » – comme si le mercure était transmuté en quelque autre substance dès lors qu’il est à usage médical.

C’est donc un ensemble de formulations molles que l’ANSM s’apprête à publier : « information complète du patient concernant le choix du matériau de restauration… limitation de l’utilisation des amalgames dentaires contenant du mercure à des situations listées, limitées et justifiées [8]… » Que de précautions, pour ne surtout pas avouer que l’amalgame est un dispositif médical toxique !

Il est temps que l’Agence fonde ses avis sur les apports de la science et sur les outils d’évaluation des risques qui font consensus, plutôt que sur les principes pour le moins nébuleux de l’Alchimie.

Le problème ne se limite certes pas au mercure dentaire : c’est toute l’évaluation des dispositifs médicaux invasifs et des expositions de type environnemental associées aux produits de santé qui est à revoir. Ainsi, comment se fait-il que certains composites dentaires relarguent du bisphénol A ou des nanoparticules, à l’insu du praticien et du patient, sans que l’usage de ces substances dans des produits de santé ait fait l’objet d’évaluations rigoureuses avant leur mise sur le marché ?

 

Plus largement encore, ce cas de figure démontre qu’il faut d’urgence mettre en œuvre la loi de protection des lanceurs d’alerte du 16 avril 2013. Celle-ci prévoit en effet d’instaurer une Commission de déontologie dont le rôle sera d’émettre « des recommandations générales sur les principes déontologiques propres à l’expertise scientifique et technique dans les domaines de la santé et de l’environnement ». Manifestement, en l’absence de telles recommandations, il est aujourd’hui beaucoup trop facile pour une Agence de définir les règles d’un jeu dangereux pour l’ensemble de la population.

 


[1] L’expertise de cette équipe dirigée par le Dr Bégaud, ainsi que les commentaires que nous apportons, sont disponibles sur le site de NAMD : http://www.non-au-mercure-dentaire.org/les-dossiers.php?article=219

[3] M. Laupie cumule les postes de vice-président de l’Union Française de Santé Bucco-Dentaire (UFSBD) et Secrétaire adjoint de l’Association Dentaire Française (ADF) où il a été chargé de la charte du développement durable, laquelle « oublie » de mentionner le mercure.

[4] Les coûts élevés évoqués par M. Laupie correspondent en fait à des inlays-onlays en céramique, qui ne font pas partie des alternatives à l’amalgame et qui ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale.

[5] En effet, la proximité de différents métaux est à l’origine d’un « effet pile » qui provoque la corrosion des matériaux et, en particulier, le relargage de mercure.

[6] Mickenautsch S, Yengopal V, Banerjee A. Atraumatic restorative treatment versus amalgam restoration longevity: a systematic review. Clin Oral Invest (2010) 14:233–240).

Frencken JE, Taifour D, van’t Hof MA. Survival of ART and amalgam restorations in permanent teeth after 6.3 years. J Dent Res, 85:622-626 (2006).

[7] Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR). Toxicological profile for mercury. U.S. DEPARTMENT OF HEALTH AND HUMAN SERVICES. 1999

Mark Richardson, et al., Mercury Exposure and Risks from Dental Amalgam Part 1: Updating Exposure, Re examining Reference Exposure Levels, and Critically Evaluating Recent Studies, rapport du 8 novembre 2010, SNC-Lavalin Environment, Ontario.

[8] Voir sur la page de l’ANSM citée en note 2 le document intitulé : « Retour sur la séance du 23/10/2014 ».

Communiqué de presse (14 nov 2014) – PLFSS : prévenir l’intoxication au mercure n’est pas une urgence pour les sénateurs

CP_Mercure_2014Mme Aline Archimbaud, pour le groupe écologiste, avait déposé cette année comme la précédente un amendement instaurant une taxe prohibitive sur le mercure dentaire. Il s’agissait précisément de « préparer le terrain d’une interdiction en neutralisant, par l’introduction d’une taxe sur le mercure dentaire, l’avantage compétitif des amalgames par rapport à leurs alternatives. »

Comme l’a souligné le sénateur Vert Jean Desessard : « La nocivité du mercure est avérée. » Alors comment se fait-il qu’un dispositif médical toxique soit aujourd’hui favorisé sur le marché, par rapport aux alternatives ? « Il faut bien rétablir l’équilibre sur des produits meilleurs pour la santé ! »

Les Sénateurs ne pouvaient certes pas nier la toxicité du mercure, ni la responsabilité qui leur incombe de protéger la santé publique. Quels motifs ont donc été avancés pour que cet amendement soit refusé ?

–  « l’efficacité d’une telle taxe » a été mise en doute. Pourtant, ce sont bien des mesures économiques – le déremboursement de l’amalgame – qui ont permis à la Suède de se débarrasser très vite du mercure dentaire à la fin des années 1990.

–  « L’utilisation du mercure est en voie d’extinction ». Cette affirmation est exacte au niveau européen… mais malheureusement pas en France : notre pays, selon l’ANSM, continue d’utiliser le mercure dans une obturation sur quatre ; selon les données européennes, la France consomme le tiers du mercure dentaire sur notre continent !

–   « Le mercure se trouve désormais en capsule – mélange qui présente une moindre nocivité. » En fait, cette présentation réduit l’exposition professionnelle, mais elle ne change strictement rien pour le patient.

–   « L’innocuité des alternatives n’est pas prouvée. » Certes. Mais peut-on pour autant continuer d’installer à l’intérieur du corps des filles ou des femmes un neurotoxique dévastateur pour le système nerveux en développement et un reprotoxique avéré, en connaissance des dangers encourus par leurs futurs enfants ?

La ministre de la Santé Marisol Touraine a surtout insisté sur l’idée que le gouvernement a déjà engagé une démarche pour réduire la consommation d’amalgames. Elle a notamment rappelé qu’une convention intégrant cette question allait être très prochainement signée entre le gouvernement et l’Association Dentaire Française (ADF)… sans craindre la redite, puisque le même argument avait déjà été avancé l’an passé [1].

Elle a également fait valoir que « le ministère de la santé a demandé, par une lettre de novembre 2013 à l’Ordre des médecins et des chirurgiens-dentistes, de réduire progressivement son usage du mercure dentaire et de l’éviter complètement pour les dents de lait. » Mme la ministre a simplement omis de préciser que l’Ordre des chirurgiens-dentistes n’a seulement jamais daigné répondre à cette lettre et qu’il n’en a pas continué moins vigoureusement sa campagne pro-amalgame.

Combien d’années encore va-t-on refuser de prendre des mesures efficaces au motif « qu’une démarche est en cours » ? Cette stratégie qui consiste à enliser les dossiers tout en donnant l’illusion qu’on va de l’avant atteint désormais un niveau absolument intolérable pour les malades.

 

Perturbateurs endocriniens et cancers hormonodépendants : la SFSE prend position… Le RES y répond

En marge de la conférence organisée le 29 octobre dernier au Sénat, la Société française de santé et environnement (SFSE) avait publié un communiqué de presse intitulé « Perturbateurs endocriniens et cancers hormonodépendants : la SFSE prend position », en réponse au texte de présentation de la conférence. La SFSE considérait qu’une mise au point était nécessaire pour rétablir certains points évoqués dans ce document sans présager de la qualité des présentations des intervenants pressentis.

Lire le communiqué de presse de la SFSE.

André Cicolella, président du RES, y a répondu dans une lettre adressée à Franceline Marano, présidente de la SFSE :

Bonjour ,

Je reviens vers vous suite au communiqué de presse de la SFSE  sur le colloque organisé par le RES au Sénat le 29 octobre dernier sur le sujet Cancers hormono-dépendants et Perturbateurs Endocriniens. J’avoue ne pas très bien comprendre la réaction de la SFSE, sur la forme comme sur le fond.

La démarche du RES est de mettre dans le débat public les questions de santé environnement en partant des données scientifiques validées. C’est en suivant cette démarche que nous avons réussi à faire prendre conscience de l’enjeu des perturbateurs endocriniens et à obtenir une politique ambitieuse de la France en ce domaine via, dans un premier temps l’interdiction du bisphénol A dans les biberons et les contenants alimentaires, et plus récemment via la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens adoptée en avril 2014 par le gouvernement.

Nous considérons qu’il importe maintenant de mettre en application les principes définis dans cette SNPE et il est donc logique de s’interroger aujourd’hui en priorité sur la responsabilité des Perturbateurs Endocriniens dans la croissance des cancers hormono-dépendants, compte-tenu de l’ampleur de celle-ci. C’est ce qu’avaient déjà fait, à propos du bisphénol A, l’ANSES dans son rapport d’avril 2013 et l’Académie de médecine dans son rapport de novembre 2011. C’est dans cet esprit que nous avons organisé ce colloque au Sénat en invitant 2 scientifiques américains, Ana Soto et Carlos Sonnenschein, dont les travaux ont contribué à mettre en évidence ce lien et en organisant  une table ronde  avec l’INCa, l’InVS et l’ANSES et les deux députés les plus impliqués sur le dossier, Gérard Bapt et Jean-Louis Roumegas. .

Une première mesure du problème est d’acter l’importance de ces cancers hormono-dépendants tant du point de vue incidence que mortalité. Pour ce faire, il nous est apparu  logique de partir des données publiées par le Centre International de Recherche sur le Cancer sur son site Globocan, puisque le CIRC est l’organisme de référence au niveau mondial.

Au plan mortalité, la 1ère cause chez la femme selon Globocan pour 2012 est bien le cancer du sein (11 933 cas) devant le cancer du poumon (8527 cas). Le rapport de l’InVS « Estimation nationale de l’incidence et de la mortalité par cancer en France entre 1980 et 2012 » donne une estimation très proche (Sein : 11 886 cas Poumon : 8623 cas). Cela infirme donc clairement l’affirmation  faite en séance par le représentant de l’InVS selon laquelle  le cancer du poumon est  la 1ère cause de mortalité pour la femme.

Au plan morbidité, Globocan classe la France métropolitaine en 3ème position pour le cancer du sein, en 2ème position pour le cancer de la prostate. Un calcul simple met donc la France   en 1ère position pour la somme des deux. . Comment la SFSE peut-elle donc écrire le contraire « Une simple consultation du site internet du CIRC http://globocan.iarc.fr/ montre que cette affirmation est fausse » ? Cette divergence  point est facile à trancher.

Ceci étant, il s’agit d’un fait brut, non d’une analyse, qui éclaire la situation française à un moment donné, au regard de la situation des autres pays et il n’y a donc aucune raison de ne pas le faire connaître aux responsables politiques et plus largement à l’opinion publique. Comment la SFSE peut-elle donc  écrire qu’il s’agit là de  » la poursuite du sensationnel, la manipulation des croyances et des émotions, l’entretien d’une confusion entre opinion militante et faits scientifiques » ? Faire connaître au grand public des données du CIRC serait une manipulation ?

La SFSE écrit par ailleurs:  « Elle occulte surtout un fait essentiel, qui est que l’incidence du cancer du sein et celle du cancer de la prostate diminuent toutes deux en France depuis 2005″. Que les estimations actuelles, dont il a été fait état lors du colloque, traduisent une diminution de l’incidence du cancer du sein est à prendre en considération.  Il n’en demeure pas moins vrai que le problème essentiel est que le taux actuel pour ces 2 cancers a globalement progressé de façon considérable au cours des dernières décennies et que c’est un enjeu de santé publique d’en analyser les causes. L’ensemble de cette croissance ne peut évidement à elle seule être expliquée par le Traitement Hormonal de la Ménopause, et a contrario, l’arrêt du THS ne vas mettre fin à  l’épidémie.

Autre accusation de la SFSE  :   » Le texte simplifie à outrance la discussion sur les causes de ces variations, en écartant sans plus d’argument les pratiques de dépistage et le vieillissement de la population ». Cela ne correspond pas à l’argumentaire que nous avons développé.  L’effet du vieillissement doit être écarté  d’emblée puisque les données du CIRC sont standardisées sur la population mondiale, ce qui permet justement les comparaisons entre pays, quelle que soit leur structure démographique.

Sur l’importance relative du dépistage, il  suffit de regarder la répartition régionale : 134 en Nord-Pas-de-Calais (taux 2005) contre 47 à la Réunion (taux 2012) alors que les taux de dépistage sont respectivement de 40-45 % et 50-55 %. Pour le cancer de la prostate, la disparité est également importante entre un taux de 150 en Bretagne (taux 2005) et de 54 à la Réunion (taux 2012 Globocan) (les données 2005 pour la Réunion ne sont pas disponibles sur le site INvS).

L’évolution des ALD fournit un autre éclairage sur le problème. Il s’agit là aussi de données objectives qui sont celles de la CNAM. Un différentiel de progression de près de 4 entre Languedoc-Roussillon (+ 39 %) et Bretagne (+11%) semble a priori difficile à expliquer par des considérations de dépistage, sauf à en apporter la preuve explicite.

La référence aux données scientifiques étant admise comme le principe de base d’une discussion de cette nature, il apparaît utile  pour faire progresser celle-ci que  des  réponses précises soient fournies sur les points développés ici.

Nous  restons bien évidemment ouverts à toute discussion à ce sujet. Le communiqué de la SFSE ayant eu un caractère public, cette réponse sera également mise dans le domaine public.

Bien à vous

André Cicolella
Président du Réseau Environnement Santé

RES Rhône-Alpes

affichexposPE_RES_LD

RETOUR SUR LA CONFÉRENCE – Cancers hormono-dépendants et Perturbateurs Endocriniens

Sous le parrainage de Mme Chantal Jouanno, Sénatrice de Paris, le Réseau Environnement Santé a organisé le 29 octobre 2014 une conférence :

Cancers hormono-dépendants et Perturbateurs Endocriniens :

pourquoi la France est-elle devenue le premier pays au monde ?

La France est devenue selon le Centre International de Recherche contre le Cancer le premier pays au monde pour l’incidence des cancers du sein et de la prostate, ce qu’il est convenu d’appeler les cancers hormono-dépendants.

Les explications classiques, vieillissement et dépistage ne peuvent expliquer une telle progression.

Pour comprendre ce phénomène il est nécessaire de s’interroger sur les causes environnementales de ces cancers.

Traditionnellement le cancer est considéré comme étant lié à une mutation d’un gène (effet génotoxique). Il est nécessaire aujourd’hui de considérer une autre cause celle des perturbateurs endocriniens agissant selon un mécanisme dit épigénétique, c’est-à-dire en perturbant l’expression des gènes.

Les conférenciers invités étaient Ana Soto et Carlos Sonnenschein, professeurs de biologie à l’Université Tufts de Boston dont les travaux ont montré comment un perturbateur endocrinien comme le bisphénol A induit des cancers du sein et de la prostate.

Retrouvez le dossier de presse

Ré-écouter les interventions de la journée :

– Introduction de Chantal Jouanno : http://youtu.be/8iFg8E5FnKg

– Introduction d’André Cicolella : http://youtu.be/jHSb_9tJ-64

– Intervention d’Ana Soto : http://youtu.be/cnF5gvaHfQA

– Intervention de Carlos Sonnenschein : http://youtu.be/gxQ8dsA93cg

– Questions / Réponses : http://youtu.be/QmsWpWCNhxw

– Table ronde : http://youtu.be/uKrg6ZWoag4

Mercure : la Commission européenne vous demande votre avis !

namd

Vous souhaitez la fin du mercure du dentaire ? Profitez-en :

jusqu’au 14 novembre, la Commission européenne vous demande votre avis !

 

La Commission Européenne soumet l’application de la Convention de Minamata sur le mercure à une consultation ouverte à tous.

L’une des questions de cette consultation concerne le mercure dentaire et son éventuelle interdiction.

Il faut qu’un maximum de personnes se prononce pour la suppression des amalgames.

 

Le questionnaire ne s’affiche malheureusement qu’en anglais ; mais vous pouvez toujours répondre en suivant le guide que nous avons préparé.

 

Alors tous à vos claviers !!!

Et diffusez très vite l’information : la consultation se termine le 14 novembre.

 

1. Aller à l’adresse suivante :

http://ec.europa.eu/eusurvey/runner/MinamataConvention

 

2. Cliquer en haut sur « P4. Questionnaire »

 

3. Remplir avec vos noms, prénoms, e-mail. Indiquer que vous répondez comme « individual ». Sélectionner votre pays.

 

4. Aller à la question 6 (Il n’est pas obligatoire de répondre à toutes les questions.)

La question demande une opinion sur les amalgames : souhaitons-nous…

Une réduction progressive (le « phase down »)

OU

Une suppression pure et simple, avec certaines exemptions justifiées (le « phase out »)

 

5. Cocher la seconde case : « … subject to a phase out ».

 

6. Le questionnaire demande alors d’expliquer notre choix avec un formulaire de réponse de 200 signes, soit environ 2 lignes. Voici quelques exemples de réponses possibles (vous pouvez rédiger en Français) :

• « Le mercure des amalgames dentaires passe dans le cordon ombilical et dans le lait maternel. Je ne veux pas empoisonner mon bébé ! »

• « Je ne veux pas d’amalgames dans mes dents ou dans celles de mes enfants. Le mercure est une substance extrêmement toxique et polluante qui n’a plus sa place en dentisterie ; les alternatives sont là ! »

• « L’Union européenne est le plus grand utilisateur de mercure dentaire au monde. La suppression des amalgames est le seul moyen d’éliminer la pollution au mercure qui résulte de cet usage. »

• « L’amalgame représente le quart de la consommation de mercure en Europe, la moitié des déchets de mercure du continent et la première source d’imprégnation des Européens en mercure : il faut l’éliminer. »

• « En tant que dentiste, je n’ai pas besoin des amalgames. Les matériaux d’obturation sans mercure sont meilleurs car ils préservent la structure de la dent sur le long terme. »

 

7. Il ne reste plus qu’à reproduire les nombres ou les mots qui sont inscrits dans la case tout en bas de la page et à appuyer sur « submit » pour terminer.

Communiqué de presse (18 sept 2014) – La position alambiquée du Scenihr sur le mercure dentaire

CP_Mercure_2014et Michèle RIVASI, Députée européenne

                                          

Le Comité européen chargé des risques émergents (Scenihr) vient de publier son nouvel avis sur les amalgames dentaires [1]. Certes, les experts ne s’empressent pas de déclarer qu’il faut éliminer au plus vite un dispositif médical qui empoisonne les Européens depuis 150 ans ; mais ils reconnaissent que

1) Les amalgames dentaires sont de loin la première source d’exposition au mercure des Européens [2]

2) En conséquence, ils sont susceptibles d’induire un dépassement des valeurs d’exposition tolérables [3] ;

3) Les professionnels de la dentisterie continuent d’être contaminés en proportion du nombre d’amalgames qu’ils posent, et ils sont en moyenne bien plus intoxiqués que la population générale [4].

Voici qui pourrait largement suffire à justifier l’interdiction du mercure dentaire, dans la mesure où les alternatives sont bel et bien disponibles [5]. Mais le Scenihr continue :

4) Les femmes enceintes porteuses d’amalgames intoxiquent leur bébé à naître [6] ;

5) Certains patients présentent des symptômes généraux invalidants qui s’améliorent après le retrait de leurs amalgames [7] ;

6) Les publications montrent un effet délétère du mercure dentaire sur :

a) le système nerveux [8] ;

b) le système immunitaire [9] ;

c) le système endocrinien [10] ;

d) les reins [11].

7) Même si l’état de la science ne permet pas de trancher avec certitude, les amalgames dentaires pourraient favoriser l’autisme, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, la maladie de Charcot (SLA), la sclérose en plaques et des neuropathies périphériques [12] ;

8) Les résultats contradictoires des études épidémiologiques s’expliqueraient du fait que certains individus sont génétiquement plus vulnérables au mercure [13] ;

9) Les assistantes dentaires présentent des symptômes neurologiques plus fréquents que la population générale [14] et des travaux mettent en lumière que les dentistes souffrent davantage de problèmes rénaux et de troubles neurocognitifs que la population générale [15].

Selon toute vraisemblance, les vieilles institutions représentant les dentistes, passionnément attachées à leur vieil amalgame, ne retiendront de ce rapport rien d’autre que la conclusion, éminemment contradictoire avec le contenu du rapport : « l’usage actuel de l’amalgame dentaire ne présente aucun risque de maladie systémique [16] ».

Pour autant, nous dit le Scenihr, les amalgames ne sont indiqués ni pour les enfants, ni pour les femmes enceintes, ni pour les patients souffrant de maladies du rein ou d’allergie au mercure [17].

Alors, pour qui l’intoxication au mercure dentaire est-elle particulièrement indiquée ? Imagine-t-on de rechercher le profil génétique (car plusieurs gènes sont impliqués) de tout patient avant de procéder à la pose d’un amalgame, pour évaluer la vulnérabilité au mercure de chacun d’entre nous ? C’est tout simplement impossible.

En fait, le Scenihr se défausse : ce sera au praticien de l’expliquer à son patient, en vertu du principe du « consentement éclairé » [18]. Nous souhaitons bonne chance au chirurgien-dentiste pour délivrer une information claire à ce sujet.

COLLOQUE – Crise sanitaire des Maladies Chroniques : les maladies environnementales émergentes nous alertent

Monsieur Jean-Louis ROUMEGAS
Député de l’Hérault
Co-Président du Groupe d’études Santé-Environnement
Membre de la commission des Affaires sociales
Membre de la commission des Affaires européennes
a le plaisir de vous inviter au colloque

Crise sanitaire des Maladies Chroniques : 

les maladies environnementales émergentes nous alertent

Jeudi 16 Octobre 2014

de 9h00 à 16h00

Salle Victor Hugo,101, rue de l’Université, 75007 Paris

C’est un basculement dans l’histoire de l’humanité : les maladies chroniques non transmissibles (cancers, maladies cardiovasculaires, maladies métaboliques, maladies mentales) sont devenues les causes prépondérantes de décès prématurés. Les succès remportés dans la lutte contre les maladies infectieuses sont d’ores et déjà compromis par les dérèglements de notre environnement. Comment répondre à cette nouvelle donne sanitaire ?

Une clef nous est donnée à travers les maladies environnementales émergentes (M2E). En effet, la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique/encéphalomyélite myalgique, les sensibilités chimiques multiples et l’électro-hypersensibilité constituent une réponse de détresse manifeste de l’organisme à certains agents toxiques. Identifier et prévenir ces causes, ce serait protéger l’ensemble de la population d’expositions dangereuses évitables.

Les autorités sanitaires tardent à comprendre l’importance des M2E. Pourtant, 5% de la population est déjà concernée et les signaux tendent vers une augmentation constante. Il est donc urgent de donner aux professionnels de santé les moyens de prendre en charge ces malades, de prévenir ces maladies, et de considérer enfin l’environnement comme un déterminant de santé majeur. Grâce aux témoignages de malades, à l’expertise de scientifiques français et internationaux, ce colloque permettra aux parlementaires et aux autorités sanitaires d’établir des recommandations au service de la protection des populations.

Colloque organisé par les associations Réseau Environnement Santé, SOS MCS, Entraide aux Malades de la Myofasciite à Macrophage, Electrosensibles de France/Priartem, et Non Au Mercure Dentaire.

Programme_Colloque_AM2E

Consultez le programme

Inscription obligatoire auprès de colloque.m2e@gmail.com

Retrouvez le RES à la fête de l’Huma!

fete-de-l-huma-2014-q7q7André Cicolella, président du RES, participera le samedi 13 septembre à 11h à une table ronde sur le thème « Santé et environnement : le rôle des mutuelles pour faire inscrire ces thèmes dans la stratégie nationale de santé ».

Ce débat sera animé par Marc Zamichiei, président de l’Union des mutuelles d’Ile-de-France, en présence de Léonora Tréhel, présidente de la Mutuelle Familiale, d’André Cicolella, président du Réseau environnement santé, de Patrice Carvalho, député-maire de Thourotte (Oise) et secrétaire de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, et de Camille Geay, chargée de prévention promotion de la santé à la Mutualité française Nord-Pas-de-Calais.

Les participants y aborderont « la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens », présentée le 29 avril par la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, et adoptée par le Conseil national pour la transition écologique. Une avancée notoire, « qu’il convient maintenant de faire vivre » et pour laquelle « chaque citoyen peut être actif », insiste André Cicolella. Cette rencontre aura lieu halle Nina-Simone, dans le « village économie sociale et solidaire ».

Source : Viva Presse

Plus d’infos : http://www.viva.presse.fr/rendez-vous-la-fete-de-humanite-169887

Commission Européenne : 28 ONG émettent des réserves

Le Réseau Environnement Santé, Générations futures, HEAL (dont le RES est membre) et 25 autres organisations non gouvernementales européennes ont publié le 19 août une lettre ouverte au Président de la Commission européenne, Jean Claude Juncker.  Elles émettent des réserves quant au poste de Conseiller scientifique en chef (CSC) auprès du Président de la Commission européenne, poste tenu par Mme Anne Glover sous la présidence Barroso, soulignant que ce rôle pose un problème  fondamental car il est trop dépendant d’une seule et même personne et nuit aux recherches et aux évaluations scientifiques de fond menées par ou pour les directions de la Commission dans le cadre de l’élaboration des politiques publiques. Les signataires soulignent leur attachement à une évaluation scientifique vraiment indépendante et redisent leur conviction que maintenir  la fonction de Conseiller scientifique en chef n’est pas le meilleur moyen pour la Commission de garantir l’élaboration de politiques publiques informées par des données scientifiques probantes et non influencées par les lobbies industriels.

Consulter la lettre

Lettre commune concernant le poste de Conseiller Scientifique auprès du Président de la Commission Européenne

Un groupe d’ONG comprenant le RES, HEAL (dont le RES est membre), The Cancer Prevention and Education Society, Pesticide Action Network Europe et d’autres organisations incluant Greenpeace, Corporate Europe Observatory, Earth OpenSource et la Fondation Sciences Citoyennes a envoyé une lettre au nouveau Président de la Commission Européenne exprimant leur préoccupation quant au poste de Conseiller Scientifique auprès du Président de la Commission Européenne.

Ce poste a été créé par le Président de Commission Barroso afin de « fournir un avis d’expert indépendant sur n’importe quel aspect concernant la science, la technologie et l’innovation et ce à la demande du Président de la Commission ».

Le groupe d’ONG demande à ce que ce poste ne soit pas renouvelé arguant que la concentration d’autant d’influence dans un seul poste est problématique et que cette position est néfaste au bon fonctionnement de la recherche et des évaluations menées par les directions de la Commission lors de l’élaboration des politiques réglementaires.

Lire la lettre commune (en anglais)

 

Communiqué de presse (17 juillet 2014) – Amalgames dentaires : Merci aux Africains de montrer la voie à notre vieille Europe !

Le Nigeria vient d’annoncer qu’il se dirige « vers une dentisterie sans mercure » et qu’il fait même de cette transition une « priorité », en raison des problèmes environnementaux et sanitaires engendrés par le mercure dentaire [1]. Il rejoint ainsi la cohorte de pays Africains qui ont déjà renoncé à ce dispositif médical toxique, ou qui s’apprêtent à le faire : Gambie, Centre-Afrique, Cameroun, Gabon, Zambie, Sud-Soudan, Ouganda, Madagascar, Ile Maurice, Zimbabwe…

Voilà de quoi couper court à la rumeur selon laquelle l’amalgame resterait un produit irremplaçable « pour les pays pauvres et les pauvres de nos pays développés [2]. »

Pendant que l’Afrique s’engage sur le chemin de l’avenir, l’Europe tergiverse. Ainsi, le 07 juillet dernier, la Commission européenne invitait la société civile à s’exprimer sur la « Mise en œuvre de la Convention de Minamata sur le mercure ». Le rapport [3] qui servait de support à cette réunion rappelle que la Convention de Minamata n’oblige pas les États européens, qui l’ont ratifiée en octobre dernier, à abandonner le mercure des amalgames dentaires ; toutefois, précise le document, ce dispositif médical « est, et restera probablement, la principale utilisation par les consommateurs de mercure dans l’UE. »

- L’amalgame dentaire représente en effet le quart de la consommation de mercure en Europe : ce sont 90 à 100 tonnes mises en bouche chaque année, alors que la consommation globale de mercure pour toute l’Europe se situe entre 320 et 530 tonnes.

– L’amalgame dentaire, c’est aussi le tiers des déchets annuels recyclables de mercure (95 tonnes sur 285) et nettement plus de la moitié des déchets accumulés dans nos sociétés (1000 tonnes sur 1784).

– L’amalgame dentaire, c’est surtout la première source d’exposition et d’imprégnation des Européens en mercure.

Si l’UE se contente d’appliquer a minima la Convention de Minamata, reconnaît le rapport, les bénéfices seront marginaux. On ne peut escompter d’impact significatif qu’à condition que la Commission européenne adopte le scénario « ambitieux », qui consiste à interdire le mercure dentaire, en le réservant à quelques cas très spécifiques.

Ce scénario est techniquement possible, soulignent les rapporteurs, puisqu’il a déjà été réalisé en Suède et au Danemark.

En réalité, la mise en œuvre de la Convention de Minamata sera incompréhensible si le mercure dentaire ne se voit pas interdit.

Les citoyens attendent de l’Europe qu’elle donne un horizon au reste du monde en fixant des normes environnementales et sanitaires audacieuses. Il est donc inadmissible que la Commission européenne et le lobby dentaire continuent de surfer sur la stratégie du doute [4] pour semer l’indécision dans l’esprit des élus ; inadmissible que l’on continue de réserver un traitement exceptionnel à l’amalgame, alors que tous les autres usages du mercure se voient progressivement éliminés [5].

 

 

[1]. http://allafrica.com/stories/201405280730.html?viewall=1

[2]. Argument avancé par la sénatrice Isabelle Pasquet, manifestement désinformée, pour expliquer le vote de son groupe contre l’amendement déposé par Mme Aline Archimbaud en novembre dernier, demandant l’instauration d’une taxe sur le mercure dentaire. http://www.senat.fr/basile/

[3]. http://ec.europa.eu/environment/chemicals/mercury/pdf/REPORT-EU-Hg.pdf

[4]. http://reseau-environnement-sante.fr/2014/03/20/dossiers-par-themes/communique-de-presse-20-mars-2014-mercure-dentaire-la-nouvelle-strategie-du-doute/

[5]. http://ec.europa.eu/environment/chemicals/mercury/index_en.htm

 

Réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens permettrait de réaliser 31 milliards d’euros d’économies en dépenses de santé dans l’Union européenne

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Version pdfCP_HEAL_Cout_PE

Réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens permettrait de réaliser 31 milliards d’euros d’économies en dépenses de santé dans l’Union européenne

·         L’augmentation rapide des troubles hormono-dépendants peut être liée à une exposition à des perturbateurs endocriniens, substances chimiques de synthèse présentes notamment dans les aliments, les boissons et les produits du quotidien.

·         Selon une nouvelle étude, si réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens permettait d’éviter un petit nombre de cas de cancers hormono-dépendants, de diabète, d’obésité et d’infertilité, des milliards dépensés en lien avec ces maladies et leurs conséquences seraient alors économisés.

·         Un changement de politique européenne en matière de produits chimiques pourrait réduire de manière drastique les coûts associés à ces maladies et leurs conséquences. Il est maintenant temps pour l’UE d’agir.

Bruxelles, le 18 Juin 2014 – L’exposition à des perturbateurs endocriniens pourrait coûter jusqu’à 31 milliards d’euros par an à l’Union européenne (UE), selon un rapport publié aujourd’hui par l’Alliance pour la santé et l’environnement (HEAL). (1)

Les calculs ont établi une liste de maladies et troubles identifiés par les scientifiques experts des PE des perturbateurs endocriniens comme hormono-dépendants :

·         troubles de la reproduction et de la fertilité, dont baisse de la qualité du sperme

·         malformations de l’appareil reproducteur chez le petit garçon, telles qu’hypospadias ou  cryptorchidie

·         cancers du sein, de la prostate, des testicules

·         troubles du développement de l’enfant, tels qu’autisme et troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité (ADHD)

·         obésité et diabète (1)

Nombre de ces pathologies connaissent une augmentation rapide. Par exemple, hormis les pays où la prévalence était déjà élevée comme les Pays-Bas et l’Autriche, le cancer de la prostate est en augmentation rapide dans tous les pays de l’UE et on assiste à une hausse dramatique des cas de cancer du sein dans les pays du Sud et de l’Est (2).  La prévalence élevée de l’autisme et du ADHD est devenue alarmante. Par ailleurs, les experts estiment que les perturbateurs endocriniens ont un impact particulier sur la baisse de QI qui empêche les enfants d’exploiter tout leur potentiel. Les effets d’une exposition fœtale aux perturbateurs endocriniens, ne sont pas visibles tout de suite, à l’image des risques plus élevés de cancer hormono-dépendant et de baisse de la qualité du sperme.

HEAL a sollicité le Dr Alistair Hunt de l’Université de Bath, économiste environnemental, et le Dr Julia Ferguson, professeure invitée à la UK Cranfield School of Management pour calculer les coûts globaux associés à ces maladies. Selon leurs estimations, ces coûts s’élèveraient entre 636 et 637 milliards d’euros par an (3). Des chiffres très probablement sous-estimés à cause par exemple de l’absence de données sur les coûts associés aux pathologies identifiées.

Seule une partie des coûts liés aux troubles hormono-dépendants peut être attribuée à l’exposition aux perturbateurs endocriniens. D’autres facteurs majeurs tels que la susceptibilité génétique, le mode de vie – régime alimentaire, tabagisme ou manque d’activité physique – doivent aussi être pris en compte. Cependant, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a noté que la « charge environnementale des maladies » liée aux produits chimiques est très probablement sous-estimée à cause du manque de données (4).

Une récente étude américaine (USA) a ainsi estimé que le seul bisphénol A (BPA) migrant à partir des contenants alimentaires vers les aliments contribuerait à hauteur de 1,8% à l’obésité infantile (5). Sur cette base, on peut estimer raisonnablement que la contribution de toutes les expositions à des perturbateurs endocriniens est comprise entre 2 et 5%. Une contribution de 5% des expositions à des perturbateurs endocriniens aux troubles hormono-dépendants serait équivalente à environ 31 milliards d’euros par an pour les 28 Etats membres de l’UE (1).

Ces dix dernières années, les données faisant état de liens entre expositions à des perturbateurs endocriniens et troubles de la santé chez l’être humain se sont multipliées, comme le montre un rapport de l’OMS paru en 2013. En tant que plus haute autorité de santé sur le plan international, l’OMS conclut clairement que l’exposition humaine aux perturbateurs endocriniens représente une « menace globale » à laquelle il faut réagir. (6)

Pour Genon K Jensen, directrice exécutive de HEAL: “Une part de l’augmentation de ces taux de pathologies hormono-dépendantes en Europe est probablement liée à l’exposition à des substances chimiques de synthèse qui contaminent nos organismes et dérèglent notre système hormonal. L’UE doit faire passer la santé d’abord et interdire ces substances. Une action rapide permettrait d’éviter de nombreuses souffrances et peut-être de réaliser près de 31 milliards d’euros annuels d’économies en dépenses de santé et en perte de productivité.”

Les chiffres pour la France

Le rapport de HEAL estime pour la France le coût des pathologies hormono-dépendantes, indépendamment des facteurs de risque associés, à près de 82 milliards par an (tableau 1). Si 5% de ce total était directement lié à une exposition aux perturbateurs endocriniens, on peut estimer les coûts de l’exposition aux perturbateurs endocriniens pour la France à près de 4 milliards par an (tableau 2).

Alors que la Loi de Santé Publique sera très prochainement discutée, 4 milliards d’euros  d’économies liées à une simple réduction des expositions aux perturbateurs endocriniens identifiés seraient une économie substantielle et bienvenue dans cette période de contractions budgétaires. Inscrire cette action dans la grande loi de santé nationale serait par ailleurs cohérent avec la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens adoptée récemment par la France. ”, estiment ainsi les associations WECF France, Réseau Environnement Santé et Générations Futures.

HEAL demande que l’ensemble des réglementations européennes évoluent pour réduire les expositions aux perturbateurs endocriniens. L’UE doit également mettre en place un calendrier pour permettre d’identifier puis de remplacer les perturbateurs endocriniens par des alternatives plus sûres.

Nous attendions de la part de la Commission européenne un paquet législatif perturbateurs endocriniens il y a un an déjà, comprenant une nouvelle stratégie perturbateurs endocriniens, ainsi que des critères de définition pour appliquer les règlements pesticides et biocides qui interdisent les perturbateurs endocriniens. Nous attendons toujours ces mesures. Alors que les données scientifiques sur les effets néfastes des perturbateurs endocriniens se multiplient, des pays de l’UE prennent les devants en interdisant certains PE. La Suède a décidé d’attaquer la Commission européenne devant la Cour de Justice de l’UE pour son retard dans ce dossier. Par ailleurs, lors du conseil des ministres de l’environnement de l’UE du 12 juin dernier, cinq pays ont soutenu la délégation française qui, forte de sa récente Stratégie nationale, a obtenu l’inscription des risques des perturbateurs endocriniens pour la santé à l’ordre du jour de la réunion (7). Le temps écoulé sans réduction des expositions est autant de temps pendant lequel les populations payent l’addition par la dégradation de leur état de santé. « , conclue G. Jensen.

L’UE a certes adopté des mesures législatives ciblées sur certains perturbateurs endocriniens, sur la base du principe de précaution, à l’image de l’interdiction du BPA dans les biberons en plastique dans en 2011. Plusieurs pays ont également pris des mesures nationales sur d’autres substances. Le recul et les nouvelles données scientifiques disponibles montrent clairement que les actions législatives pour protéger et améliorer la santé mises en œuvre par le passé – même en l’absence de 100% de preuves d’effets néfastes – sont justifiées (8). Les mesures de contrôle du tabagisme, prises avant la mise en évidence par les scientifiques d’une explication biologique du lien causal, en sont une bonne illustration.

 

Notes

1. Dépenses de santé en Europe : quelle part liée à l’exposition aux perturbateurs endocriniens ? http://www.env-health.org/news/latest-news/article/health-costs-in-the-eu-how-much-is (en anglais)

2. Déclaration de Berlaymont signée par 89 scientifiques en faveur de mesures sur les perturbateurs endocriniens, http://www.env-health.org/resources/press-releases/article/heal-responds-to-berlaymont

3. Estimation des coûts économiques par pays des maladies et troubles liés à l’exposition aux perturbateurs endocriniens, rapport technique du Dr Alistair Hunt de l’Université de Bath, économiste environnemental, et du Dr Julia Ferguson, professeure invitée à la UK Cranfield School of Management

  

Tableau 1 : coûts totaux des pathologies hormonaux-dépendantes par pays  (millions d’euros)  
Pays Coûts (en millions d’€)
Allemagne

101 714

Autriche

10 804

Belgique

14 083

Bulgarie

9 063

Croatie

5 212

Chypre

1 213

Danemark

7 051

Espagne

58 914

Estonie

183

Finlande

6 972

France

82 634

Grèce

14 038

Hongrie

12 612

Irlande

5 772

Italie

75 452

Lettonie

2 558

Lituanie

3 808

Luxembourg

653

Malte

510

Pays-Bas

21 141

Pologne

48 638

Portugal

13 367

Roumanie

25 070

Royaume-Uni

80 641

République slovaque

6 327

République tchèque

13 381

Slovénie

2 554

Suède

12 125

Total

636 500

 

Tableau 2 : Chiffres estimés par pays d’une contribution possible des expositions aux PE à 5% des coûts liés aux maladies et troubles hormono-dépendants, estimations de HEAL
Pays Chiffres estimés pour 5% des coûts (en millions d’€)
Allemagne

5 085, 70

Autriche

540, 20

Belgique

704, 15

Bulgarie

453, 15

Croatie

260, 60

Chypre

60,65

Danemark

352, 55

Espagne

2 945, 70

Estonie

9, 15

Finlande

348, 60

France

4 131, 70

Grèce

701, 90

Hongrie

630, 60

Irlande

288, 60

Italie

3 772, 60

Lettonie

127, 90

Lituanie

190, 40

Luxembourg

32, 65

Malte

25, 95

Pays-Bas

1 057, 05

Pologne

2 431, 90

Portugal

668, 35

Roumanie

1 253, 50

République slovaque

316, 35

République tchèque

669,05

Royaume-Uni

4 032, 05

Slovénie

127, 70

Suède

606.25

Total

31 825

 

 

 

4. Prüss-Ustün et al. 2011, “Knowns and unknowns on burden of disease due to chemicals: a systematic review”, Environmental Health 2011, 10:9.  http://www.ehjournal.net/content/10/1/9

5. Personne ne connaît la contribution exacte de l’exposition aux perturbateurs endocriniens dans le coût global des maladies chroniques Trasande L, 2014,“Further limiting Bisphenol A in food uses could provide health and economic benefits” disponible sur content.healthaffairs.org/content/early/2014/01/16/hlthaff.2013.0686 estime que que le seul bisphénol A (BPA) migrant à partir des contenants alimentaires vers les aliments contribuerait à hauteur de 1,8% à l’obésité infantile. Il semble donc raisonnable d’estime ce chiffre entre 2 et 5%.

6. État de la Science sur les perturbateurs endocriniens, rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 2012. Rédigé par Ake Bergman, Jerrold J. Heindel, Susan Jobling, Karen A. Kidd et R. Thomas Zoeller

7. Conseil des ministres, Communiqué de presse, 3320ème réunion du Conseil Environnement, Luxembourg, 12 juin 2014 http://consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/envir/143188.pdf

8. « Signaux précoces et leçons tardives », Vol I & II. http://www.eea.europa.eu/publications/late-lessons-2

Version pdf du communiqué

Publication du 1er panorama des formations en Santé-Environnement en région Rhône-Alpes

CP_RA_3juin2014

Sous la coordination de l’Agence Régionale de Santé Rhône-Alpes, du Conseil Régional Rhône-Alpes et de la DREAL, l’unité Cancer Environnement du Centre Léon Bérard et le Réseau Environnement Santé (RES), en collaboration avec Envirhonalp et la plateforme Envitera, publient le premier panorama des formations en Santé-Environnement en région Rhône-Alpes.

Dans un contexte où les actions relatives aux formations en Santé-Environnement tardent à être mises en œuvre, les réflexions menées dans le cadre du 2eme Plan Régional Santé Environnement (PRSE) en Rhône-Alpes 2011-2014 ont amené les acteurs régionaux à s’engager en faveur de la formation en santé-environnement. La réalisation d’un état des lieux des formations existantes dans le domaine de la santé environnementale constitue une étape préalable essentielle avant d’engager une démarche amélioration et de développement des formations des acteurs à la santé environnementale en région Rhône-Alpes.

Un premier niveau de connaissances régional

L’objectif de cet état des lieux est de faire un inventaire des formations initiales et continues disponibles, et de faciliter l’accès du public à ces informations. Les formations santé-travail ont été exclues du périmètre de cet état des lieux.

Les formations en santé-environnement recensées ont été sélectionnées sur la base des critères d’inclusion suivants :

• Formation universitaire : généraliste (c’est-à-dire entièrement dédiée la santé environnement), spécifique d’un thème santé-environnement (eau, air, etc.) ou partiellement dédiée à la santé environnement (présence d’un module de formation ou d’unité d’enseignement obligatoire ou optionnel) ;

• Formation d’organismes publics et privés : en alternance ou en continue ; présence d’une thématique santé-environnement, et ayant une antenne régionale ou qui propose un lieu de formation en Région Rhône-Alpes ;

• Formations d’associations présentes en Région Rhône-Alpes.

« Ce travail représente une première étape qui a bien sûr vocation à être régulièrement mis à jour et à stimuler les échanges d’information au sein de la région » précise Julien Carretier du Centre Léon Bérard, auteur du document.

Cet état des lieux présente également des formations exemplaires hors région Rhône-Alpes. « Pour certaines formations, un travail reste à faire pour une vision plus globale de la Santé Environnement en lien avec l’augmentation des maladies chroniques », ajoute le Dr Françoise Bousson, co-auteure du document.

Une initiative pilote en Rhône-Alpes pour agir et encourager la formation en santé-environnement

Ce travail est mis à disposition des acteurs régionaux et des membres du comité de suivi du 2ème Plan National Santé Environnement (PNSE) en tant qu’éléments de réflexions et de préparation des futures mesures du prochain PNSE en faveur de la formation en santé-environnement. Il est également utile dans la cadre de la mise en œuvre du nouveau plan d’action sur l’Air Intérieur.

« Rhône-Alpes a été l’une des premières Régions de France à engager une politique en faveur de la santé environnementale, avec le 12 juillet 2012, une délibération La Santé pour tous dans un environnement « sain », souligne Alain Chabrolle, Vice-Président à la Santé et à l’Environnement au Conseil Régional Rhône-Alpes, avec la mise en œuvre d’un Programme Régional Opérationnel d’Actions en Santé Environnement, dont l’un des axes vise à favoriser le passage à l’action par la sensibilisation, les échanges et la diffusion de l’information. Les objectifs de cet état des lieux s’inscrivent dans cette perspective d’action.

Le document est consultable et téléchargeable sur le site de l’ARS Rhône-Alpes : http://www.ars.rhonealpes.sante.fr/Les-professions-de-l-environne.170058.0.html ; sur le site internet du portail d’information des publics : http://www.cancer-environnement.fr/407-Formations.ce.aspx, et du Réseau Environnement Santé : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2014/06/Panorama_formations_SE_RRA_2014.pdf

Retrouvez l’intégralité du communiqué, ici

 

A DÉCOUVRIR, le nouveau site de la Mutuelle Familiale dédié à la prévention

image005

Communiqué de presse (29 avril 2014) – Le RES salue l’adoption de la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens (SNPE)

 C’est maintenant l’ensemble de la politique de santé et d’environnement qui doit être repensé.

 La nouvelle Ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a soumis ce mardi 29 avril au Conseil National de la Transition Écologique (CNTE) la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens (SNPE) mettant ainsi fin au blocage du texte et ce depuis son adoption, en juin dernier, à l’unanimité du groupe de travail réunissant les parties prenantes. Le RES salue l’adoption à la quasi-unanimité[1] de cette stratégie ainsi que la réintégration de la santé environnementale dans la conférence environnementale[2].

Ce texte représente une avancée remarquable en reconnaissant « l’importance de la question des perturbateurs endocriniens en matière de risques pour la santé publique et l’environnement ». Il reconnaît que protéger la santé et l’environnement n’est pas un frein, mais au contraire une chance pour l’emploi en insistant « sur les opportunités pour l’innovation et les leviers de compétitivité qu’ouvre et accompagne cette stratégie » et en recommandant d’inclure la substitution dans les « dispositifs prévus dans le deuxième programme d’investissements d’avenir ».

Une avancée fruit de l’action du RES et de ses membres.

Le RES n’a pas été le seul acteur, mais son action a été déterminante pour faire sortir la question des perturbateurs endocriniens des seules sphères scientifiques et la porter dans le débat public. Cela a abouti à l’interdiction du bisphénol A dans les biberons en 2010 puis dans les contenants alimentaires en 2012. Le RES avait alors demandé que, plutôt que de réglementer substance par substance, la France se dote d’une stratégie pour prendre en charge le problème dans son ensemble. Voilà qui est fait. L’enjeu est maintenant de décliner ces principes dans toutes les politiques publiques, en priorité celle touchant à la protection de la santé et de l’environnement. C’est ce que prône le texte.

Faire face à l’épidémie de maladies chroniques, une priorité pour la politique de santé.

Depuis la finalisation du texte de la SNPE en juin, les données scientifiques n’ont fait que confirmer l’importance de la question des perturbateurs endocriniens. Les plus importantes sont peut-être celles publiées en décembre 2013 par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), sur le site Globocan[3], montrant que la France métropolitaine est devenue le 1er pays au monde pour les cancers hormono-dépendants (cancer du sein, de la prostate et du testicule). La principale hypothèse explicative est, par définition, celle des perturbateurs endocriniens. Les preuves scientifiques s’accumulent pour démontrer, outre dans les cancers hormono-dépendants, l’implication des perturbateurs endocriniens dans le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires, les troubles de la reproduction et les troubles du comportement. « Les données de la Sécurité Sociale montrent qu’en 20 ans le diabète a progressé 5 fois plus vite que le vieillissement, les maladies cardiovasculaires et le cancer 4 fois plus vite, la baisse de la qualité du sperme a été de 30 % entre 1989 et 2005 » rappelle André Cicolella. « Éliminer les perturbateurs endocriniens de notre environnement est une première réponse pour faire reculer cette épidémie. Il faut donc réorienter la Stratégie Nationale de Santé et les plans de santé publique en ce sens ».

Le RES demande que :

-  les ONG porteuses de cette thématique soient membres à part entière du Conseil National de la Transition Écologique.

-  la santé environnementale soit un axe majeur de la stratégie nationale de santé tout comme de la stratégie nationale de recherche et soit dotée de financements à la hauteur des enjeux.

-  la politique de protection des milieux soit conçue en intégrant le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens.


[1] Seuls les syndicats CGT et FO se sont abstenus. La composition du CNTE : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/CNTE_Composition_sept2013_-pdf.pdf

[2] Exclue en 2013, la santé environnementale réintegre les thématiques de la conférence environnementale qui aura lieu les 2 et 3 octobre 2014. Les autres thématiques confirmées sont mobilité, croissance verte et climat.

[3] Site Globocan : http://globocan.iarc.fr/

Communiqué de presse (1er avril 2014) – À quoi sert le rapport du SCHER sur le mercure dentaire ?

Le Comité Scientifique des Risques Sanitaires et Environnementaux (SCHER) a publié le 14 mars un avis intitulé Risques environnementaux et risques sanitaires indirects liés au mercure des amalgames dentaires [1].

Certes les experts y admettent que, « dans des conditions locales extrêmes (densité maximale de dentistes, utilisation maximale de mercure, absence de dispositifs de séparation dans le processus de traitement de l’eau) », il pourrait y avoir un risque pour les consommateurs de poisson.
Mais formulé autrement, le problème se résume ainsi : « Là où de bons contrôles environnementaux sont mis en place, le risque est absent ou négligeable. » En somme, il ne serait pas nécessaire de renoncer au mercure dentaire, il faudrait simplement « contrôler » son usage pour que le danger se volatilise.

Pourtant, on sait aujourd’hui que :
– Le mercure est une substance extrêmement toxique, pour laquelle il n’est pas possible de définir un seuil qui serait sans danger [2] ;
– Le mercure dentaire représentait en 2007 le quart de la consommation de mercure en Europe [3] : cette part relative augmente sans cesse, de sorte qu’il serait absurde de continuer à réglementer le mercure en faisant une exception de tolérance pour les amalgames dentaires ;
– Le mercure dentaire est la première source d’exposition directe au mercure de la population européenne [4] ;
– Le mercure dentaire est remplaçable dans toutes les situations : c’est donc une exposition qui peut être facilement supprimée [5] ;
– Le SCHER lui-même est obligé de d’admettre que pour une proportion considérable d’enfants européens les limites de sécurité d’exposition au mercure fixées par l’OMS ou les États-Unis sont dépassées. Comment justifier, alors, que l’on persiste à augmenter inutilement leur exposition ?

Les institutions – européennes ou françaises – ignorent ces faits pourtant bien établis, qui imposent une réponse évidente pour toute instance réellement soucieuse de santé publique et d’environnement. Elles préfèrent découper les problèmes en tranches si fines qu’on regarde au travers sans apercevoir le moindre danger. Ainsi le SCHER fait-il valoir qu’il n’est compétent ni pour parler des dangers du mercure en général, ni pour évaluer les effets cocktails, ni pour considérer l’implication du mercure dentaire dans les phénomènes d’antibiorésistances, ni pour s’intéresser à l’exposition professionnelle, ni pour proposer des recommandations relatives à l’amalgame, etc.

Ces question sont traitées par d’autres agences, ou bien, plus souvent, ne le sont pas du tout. Personne ne considère le problème d’un bout à l’autre et n’agit en conséquence.

Alors à quoi sert le rapport du SCHER ? Manifestement, à rien, sinon à complaire aux instances dentaires en repoussant l’interdiction, pourtant inévitable à terme, des amalgames. En somme, le SCHER nourrit la stratégie du doute mise au point par les leaders d’opinion sur les amalgames [6], au détriment de la santé et de l’environnement des Européens.
[1]. http://ec.europa.eu/health/scientific_committees/consultations/public_consultations/scher_cons_06_en.htm
[2]. OMS, Mercure et soins de santé, Document d’orientation stratégique, 2005.
[3]. http://real.ehesp.fr/pluginfile.php/4701/mod_resource/content/11/modulenc/co/m6_2_2_UE_1.html
[4]. Cette augmentation relative tient au fait que les autres usages du mercure en Europe sont progressivement interdits ou sévèrement réglementés.
[5]. Selon le dernier rapport de l’ANSM, non publié pour l’indigence de sa bibliographie sur le mercure dentaire.
[6]. http://reseau-environnement-sante.fr/2014/03/20/dossiers-par-themes/communique-de-presse-20-mars-2014-mercure-dentaire-la-nouvelle-strategie-du-doute/

Communiqué de presse (25 mars 2014) – #Pesticides #PE : Fruits et légumes en Quarantaine !

Photo_PesticidesPE_enquarantaineA l’occasion de la Semaine pour les alternatives aux pesticides [1] et dans le cadre de la campagne « Perturbateurs endocriniens : environnement perturbé, santé menacée ! » [2], les organisations signataires ont réalisé une action visuelle, décalée et non violente dans le supermarché Auchan de Bagnolet afin d’alerter sur les dangers sanitaires et environnementaux liés à la présence de pesticides perturbateurs endocriniens (PE) dans les fruits et les légumes.

Une vingtaine de militants ont ainsi pénétré dans l’enceinte du supermarché vêtus, de combinaisons de protection avec des slogans « Stop aux PE » et de masques à gaz pour aller sécuriser le rayon fruits et légumes à l’aide de ruban de signalisation afin de proposer aux responsables de magasins de mettre ces denrées en quarantaine. Munis d’une liste de 2m listant les pesticides suspectés d’être perturbateurs endocriniens que les consommateurs sont susceptibles de retrouver dans les fruits et légumes qu’ils achètent en grande surface, ils ont souhaité mettre en lumière les dangers des pesticides PE présents dans de nombreux produits de consommation courante, notamment les fruits et légumes [3].

Cette action visait également à inciter les grands groupes agro-alimentaires comme Auchan, à mettre en place une information et un étiquetage clair, compréhensible et accessible des consommateurs afin de renforcer leurs capacités à faire des choix éclairés. L’objectif était également d’encourager la mise en place d’un cahier des charges pour que les fournisseurs s’engagent à utiliser des produits qui ne contiennent pas de PE. Les grands groupes agroalimentaires sont en effet responsables de la santé et de l’environnement de leurs clients et ont une responsabilité dans le choix des produits qu’ils proposent.

Des responsables du magasin ont échangé avec les militants et se sont engagés à transmettre nos revendications au siège de l’enseigne. Nous attendons donc des nouvelles rapides d’Auchan.

A l’heure où la Stratégie Nationale des Perturbateurs Endocriniens (SNPE) est au point mort et où l’Union Européenne peine à trouver une définition claire de ce que sont exactement les PE alors que le cadre règlementaire européen sur les pesticides le lui impose, il est grand temps de sortir de l’inertie et de mettre en place des règlements concrets (limitant l’exposition des populations les plus vulnérables aux PE) permettant de protéger l’environnement et la santé humaine. Cela passe aussi par l’action et l’engagement des grands groupes agro-alimentaires qui, en choisissant de fournir des produits sans PE et de qualité, garantissent la santé et l’environnement de leur clients.

>>> Retrouvez prochainement les photos et vidéos de l’action sur les sites des partenaires



[1]    Evénement international qui se tient du 20 au 30 mars – www.semaine-sans-pesticides.fr

[3]    Comme l’ont démontré les enquêtes EXPPERT – Exposition aux Pesticides Perturbateurs Endocriniens : http://www.generations-futures.fr/pesticides/enquete-exppert-2-des-pesticides-interdits-et-des-perturbateurs-endocriniens-pe-dans-des-fraises/ et http://www.generations-futures.fr/pesticides/etude-exppert-1-exposition-aux-pesticides-perturbateurs-endocriniens/

Communiqué de presse (20 mars 2014) – Mercure dentaire : la nouvelle stratégie du doute

CP_Mercure_2014Le 12 mars dernier, l’Inserm organisait sous l’égide de Michel Goldberg[1] une journée de conférences/débats sur le thème : « Le mercure des amalgames dentaires versus le bisphénol A des résines ». Marie Grosman, conseillère scientifique de Non au Mercure Dentaire, a pu y participer. Elle se réjouit d’avoir vu émerger à cette occasion des points de convergence inattendus : « Enfin les instances dentaires s’inquiètent de la toxicité des matériaux qui sont mis dans la bouche des patients ! Enfin elles prennent conscience de la responsabilité qui repose sur les épaules des praticiens et de leur situation de fragilité juridique, quand les patients ou les salariés intoxiqués souhaiteront obtenir réparation du préjudice sanitaire qu’ils ont subi… »

Dans le même temps, les représentants de dentistes présents ont montré à quel point ils sont éloignés des réalités. Ils semblaient unanimes à croire que « tout le monde sait qu’il y a du mercure » dans les amalgames dentaires. Par ailleurs, le Pr Edmond Creppy, toxicologue, a précisé lors de son intervention qu’il existe un risque sanitaire à partir de 6 amalgames en bouche. M. Goldberg a réagi par la suite en déclarant que « ceux qui ont 6 amalgames, ce sont de gros dégueulasses qui ne se lavent jamais les dents ». Sachant que les Français de 35 à 44 ans ont en moyenne (selon le sexe et selon les régions) entre 12 et 18 dents cariées, absentes ou obturées[2], il faut croire que nous sommes tous ou presque « de gros dégueulasses » !

Du reste, on peut s’étonner de cet intérêt soudain pour le principe de prévention, bien circonscrit au bisphénol A (BPA). Cette démarche s’inscrit en fait dans une stratégie globale. Depuis 2009, la Fédération Dentaire Internationale (FDI) s’efforce de retarder l’interdiction des amalgames dentaires[3]. À cette fin, elle a mis au point en 2013, lors de son Assemblée générale à Istanbul[4], une tactique de diversion. L’objectif : faire oublier que les amalgames relarguent en continu du mercure – une des substances parmi les plus toxiques que l’on connaisse – en attirant l’attention sur le risque émergent lié au BPA contenu dans les composites dentaires.

En réalité, il s’agit d’un débat fallacieux, puisque les matériaux d’obturation sans mercure ni BPA existent. Il appartient aux autorités sanitaires d’en préconiser l’usage et, si besoin, de favoriser la recherche pour les améliorer. Mais en aucun cas, nous ne pouvons laisser les instances dentaires continuer à émettre leurs propres recommandations : celles que Michel Goldberg a édictées pour clore ce que lui-même considère comme un faux débat font froid dans le dos : « On améliore les composites, et en attendant, on pose des amalgames, ça ne mange pas de pain ! »

Ça ne mange pas de pain… Il faudra l’expliquer aux patients et aux professionnels intoxiqués !

 

Communiqué de presse (26 fév 2014) – Perturbateurs Endocriniens : un rapport qui doit faire date !

logo-gnération-futuresblancLOGO_RES_blanc - Copie

 

 

 

 


Générations futures et le Réseau Environnement Santé (RES) se félicitent du rapport [1] d’information de la commission des affaires européennes sur la Stratégie européenne concernant les Perturbateurs Endocriniens (PE) de l’Assemblée Nationale et appelle le gouvernement français, ainsi que l’UE, à une action volontariste urgente !

Le contenu du rapport. Nos associations saluent le contenu de ce rapport sur les perturbateurs endocriniens (PE) et le travail du rapporteur, M. le Député Jean-Louis Roumégas. En effet, nous considérons que ce rapport reconnait, ou préconise, un certain nombre de points essentiels à nos yeux, en particulier :

Il rappelle les enjeux sanitaires importants que font peser les PE sur la santé publique et le coût financier considérable qu’aurait l’absence d’action publique dans ce domaine.

- Il appelle l’Europe à publier rapidement une nouvelle stratégie d’ensemble sur les PE pour relancer l’action publique dans ce domaine.

Il reconnait les modes d’action spécifiques des PE et donc les nouveaux paradigmes scientifique et réglementaire que cela implique d’adopter.

Il juge indispensable que l’Union Européenne se dote au plus vite d’une définition unique des PE, fondée sur le critère de danger intrinsèque, et non sur la notion de puissance, mise en avant par l’industrie.

Il recommande de créer une classe distincte de produits PE, incluant substances avérées et substances suspectées.

Il préconise l’adoption d’un texte européen spécifique sur les PE prenant appui sur cette classification nouvelle pour réduire l’exposition des populations aux PE.

Il souligne la nécessité d’accroître les efforts de recherche sur les PE.

Il souligne que, loin de bloquer l’innovation, une action précautionneuse sur les PE permettrait au contraire de développer la recherche et l’innovation industrielle, au bénéfice des entreprises européennes.

- Il appelle à mettre en place un programme de biovigilance des populations et des écosystèmes.

Il appelle le Gouvernement à produire une Stratégie Nationale sur les PE (SNPE) d’un haut niveau d’exigence, notamment en ne retenant pas la possibilité que la France puisse demander la révision des critères d’exclusion des pesticides PE (article C.2.2 de la SNPE)

Nos attentes. A la lumière de de ces points essentiels, nos associations appellent le Gouvernement français à réagir de toute urgence sur cette thématique des PE. La France doit de nouveau afficher son ambition d’avoir un rôle de leader en Europe sur cette question, comme elle a su l’avoir sur la question du Bisphénol A. Cela passe par deux points principaux :

La France doit être exemplaire et publier rapidement une SNPE ayant une réelle ambition, notamment en abandonnant clairement toute velléité de révision des critères d’exclusion des pesticides PE !

La France doit intervenir de toute urgence pour que les blocages résultant de l’action de lobbying des groupes de pression industriels (lobbying souligné par le rapport parlementaire) soient levés au plus vite et qu’une définition protectrice des PE soit enfin prise dans l’Union. L’UE devra ensuite créer rapidement la nouvelle catégorie des PE qui devront être progressivement exclus au niveau communautaire, par une approche législative transversale.

———————————–

[1]Rapport d’information déposé par la commission des affaires européennes sur la stratégie européenne en matière de perturbateurs endocriniens et présenté par M. Jean-Louis Roumégas, Député et présenté ce jour à l’AN en conférence de presse.

 

A NOTER : La version en anglais est disponible ici.

Alerte et pétition : Le traité commercial transatlantique à l’assaut du droit environnemental

tafta_Le Réseau Environnement Santé, Générations Futures et Agir pour l’Environnement s’associent à une pétition [1] de l’ONG CIEL (association internationale de juristes environnementaux) qui sera envoyée aux négociateurs européens et américains du traité de partenariat commercial transatlantique (alias TAFTA ou TTIP). Un argumentaire de 3 pages expose les 7 bonnes raisons de s’inquiéter des impacts potentiels du TAFTA sur la réglementation européenne des produits chimiques et des pesticides. Il renvoie vers la pétition  en amont d’un nouveau round de négociations qui s’ouvre le 10 mars.


Nos efforts pour protéger notre santé et celle des générations futures de l’exposition aux produits chimiques toxiques pourraient être réduits à néant par les négociations en cours, totalement opaques, d’un nouvel accord commercial USA-UE connu sous le nom de TAFTA (ou TTIP). A moins que nous n’agissions.


Interpellons les négociateurs commerciaux d’Europe et des États-Unis : ne touchez pas à nos lois contre les produits toxiques !

 

Le TAFTA pourrait ainsi :

1. Ralentir les progrès dans la réduction de l’utilisation de produits chimiques et pesticides toxiques .

2. Continuer de faire porter aux contribuables les coûts sanitaires, sociaux et économiques de la présence de produits chimiques toxiques dans notre alimentation, l’eau et l’air.

3. Maintenir le statu quo aux dépens des entreprises qui inventent des alternatives plus sûres aux produits chimiques toxiques.

4. Empêcher toute action nécessaire sur les menaces émergentes, comme les perturbateurs hormonaux et les nanomatériaux.

5. Retarder l’élimination des produits chimiques et pesticides toxiques dans les produits importés sur le marché américain ou européen.

 

Nous appelons les négociateurs des deux parties à laisser les enjeux sanitaires et écologiques de la sécurité chimique en dehors du champ du TAFTA. Nous leur demandons de :

 

1. Exclure la fabrication, l’utilisation et l’élimination des produits chimiques de la compétence du Conseil de coopération réglementaire et des chapitres ou annexes du TAFTA ;

2. Préserver la démocratie en empêchant les gouvernements des deux rives de l’Atlantique de retarder ou d’influencer la façon dont les décideurs de l’autre rive choisissent de protéger leurs citoyens contre les produits chimiques toxiques ;

3. Accroître l’accès libre à l’information et limiter les mécanismes de confidentialité commerciale, nuisibles à la sécurité chimique et à la démocratie ;

4. Veiller à ce qu’on ne conditionne pas la protection vitale des personnes et de l’environnement à des projections économiques douteuses sur les pertes et profits du commerce international ;

5. S’opposer à la création de soi-disant « comités scientifiques consultatifs » dominés par des scientifiques liés l’industrie ;

6. Exclure tout mécanisme de règlement des différends commerciaux public-privé ;

7. Mettre un terme à l’exportation de gaz naturel produit par des méthodes non conventionnelles, telles que la fracturation hydraulique.

 

Nous appelons également le Congrès des États-Unis à s’opposer à l’Autorité de négociation rapide, responsable du TAFTA et d’autres accords commerciaux qui ont des impacts profonds sur les politiques publiques, et à exiger un débat public ouvert et informé .


[1] Nous vous invitons à signer et relayer cette pétition, reproduite et traduite ci-dessus, en cliquant ICI 
(formulaire en anglais)

 

Communiqué de presse (5 fév 2014) – Plan cancer : on ne change pas une politique qui perd…

François Hollande a annoncé hier les mesures du 3ème plan cancer. Comme ses prédécesseurs, celui-ci identifie surtout les inégalités et le tabac comme principale cause ; laissant une place marginale à l’environnement. Pourtant, les chiffres sont là pour mettre en évidence le rôle majeur de l’environnement dans la progression de l’épidémie en France et dans le Monde.

En effet, les derniers chiffres publiés en décembre 2013 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) [1] montrent une progression du cancer dans le monde entier : +8% sur les 4 dernières années. Plus particulièrement, les cancers hormono-dépendants comme le cancer du sein sont en hausse de 14% identifiant ainsi un véritable marqueur du mode de vie occidentale qui se répand sur la planète.

La France devrait mener une politique particulièrement active car elle affiche parmi les taux les plus élevés au monde [2] en matière de :

cancer de la prostate : La France métropolitaine est le 2ème pays au monde derrière la Norvège… mais la Martinique a un taux plus élevé encore que la métropole.

cancer du sein : La France métropolitaine est le 3ème pays au monde derrière la Belgique et le Danemark.

A l’intérieur de la France, la Réunion affiche des taux inférieurs de moitié à ceux de la France métropolitaine pour le cancer de la prostate et du sein. Pourquoi cette réalité n’est-elle pas mentionnée dans le plan cancer ? L’accent mis sur les inégalités sociales est justifié, mais pourquoi la dimension géographique n’est-elle pas plus mise en lumière ?

Comme l’illustre ces chiffres, l’analyse des facteurs de risque actuelle mettant l’accent sur le tabac est obsolète. Il est impossible aujourd’hui d’expliquer la croissance du cancer par un facteur de risque comme le tabac alors même que celui-ci est en diminution et qu’il n’est pas lié aux cancers hormono-dépendants. Les connaissances scientifiques actuelles montrent le rôle majeur joué par les perturbateurs endocriniens.

L’ANSES a notamment rappelé dans son rapport d’avril 2013 que le bisphénol A est impliqué dans le cancer du sein par un effet transgénérationnel. C’est-à-dire que l’exposition maternelle induit des cancers du sein chez la fille. D’autres perturbateurs endocriniens sont également identifiés comme induisant des cancers, on peut citer les organochlorés (la dioxine ou le chlordécone, par exemple), les phtalates, les perfluorés ou les polybromés, qui contaminent toute la population. « L’enjeu majeur des perturbateurs endocriniens n’est pas identifié par le plan cancer et c’est une erreur grave vis-à-vis des générations futures », estime André Cicolella, président du RES.

En plus des multiples données expérimentales chez l’animal, la preuve chez l’humain de l’impact des perturbateurs endocriniens a été apportée par le distilbène, puisque les filles exposées à ce médicament pendant la grossesse ont 80 % de cancer du sein en plus.

Il est nécessaire que la question cancer environnement soit traitée dans le futur Plan National Santé Environnement.

Il est urgent que la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens soit adoptée par le gouvernement.

Il est regrettable que la question santé environnement ait été exclue de la dernière conférence environnementale et le RES demande l’organisation d’une Conférence Nationale Santé Environnement pour définir une politique à la hauteur des enjeux.

[1]. Site globocan : http://globocan.iarc.fr/Default.aspx

[2]. Données en population standardisée mondiale, ce qui élimine les caractéristiques démographique propres à chaque pays et permet les comparaisons entre pays.

Notre environnement, c’est notre santé – un guide pour faire le point

La France, comme la grande majorité des pays de la planète, est confrontée à une épidémie de maladies chroniques : cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète, malades respiratoires… Les causes de ces maladies se trouvent en grande partie dans notre environnement, défini de façon large.

En plus des facteurs classiques comme tabac et alcool, les données scientifiques montrent que pollutions, alimentation déséquilibrée, sédentarité, urbanisation… sont également en cause.

Les élu-es locaux peuvent faire en sorte que l’environnement soit aussi facteur de santé. Cet ouvrage leur fournit les informations de base et les références d’actions.

Le Réseau Environnement Santé vous propose de le découvrir à travers quelques extraits choisis :

http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2012/09/CEDIS_Environnement_Sante.pdf

Se procurer le guide dans son intégralité :

http://www.lepassagerclandestin.fr/fr/catalogue/les-pratiques/notre-environnement-cest-notre-sante.html

Veille institutionnelle : la sélection du 1-10-14 au 13-11-14

Lire le document

Bisphénol A : Veille médiatique (Internet) au 9-11-14

Lire le document

phtalates : Veille médiatique (Internet) au 9-11-14

Lire le document

Maison Rhodanienne de l’Environnement – les rendez-vous Santé Environnement

Les perturbateurs endocriniens – atelier de réflexion
Mardi 18 novembre de 19h à 21h
à la Maison Rhodanienne de l’Environnement
http://www.maison-environnement.fr/index.php/agenda/conferences/details/1660

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Que font-ils ? Et que peut-on faire pour s’en protéger, pour les réduire et les éliminer ? Cette rencontre participative permettra d’approfondir le sujet avec des spécialistes et de réfléchir ensemble à des solutions pour agir sur ce thème de plus en plus présent dans notre quotidien!

Cette soirée sera aussi l’occasion de découvrir l’exposition réalisée par le RES : « Les perturbateurs endocriniens », à la Maison Rhodanienne de l’Environnement du 27 octobre au 21 novembre 2014.

Atelier animé par Anciela, avec la participation du RES Rhône-Alpes et de la Frapna Rhône

En savoir plus sur Santé-Environnement : http://www.maison-environnement.fr/index.php/agenda/evenements-et-salons/details/1700

 

MRE_RES-RA

Veille Institutionnelle : la sélection de Septembre 2014

Lire le document

Veille institutionnelle : la sélection d’août 2014

voir le document

Pesticides : l’alerte des médecins

Alerte des Médecins  Limousins sur les Pesticides* (AMLP) a répondu à l’enquête de l’Anses sur les autorisations de mise sur le marché de 8 produits phyto sanitaires, contenant comme substances actives (SA) : le glyphosate, l’imidaclopride, le myoclobutanil, l’éthofumésate, le propioconazile et le propyzamide ;

Nous avons demandé à l’Anses

– de nous informer et de publier tous les composants des formules soumises à son avis  : en effet, plusieurs études ont montré que les effets de la formule complète pouvaient  être plus élevés que ceux produits par la seule SA ;

– de tenir compte de l’exposition des mammifères sur le long terme

– la  fourniture par l’Industrie des données brutes  des études qu’elle a effectuées sur les effets CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique) de ces formules complètes

-la prise en compte du caractère perturbateur endocrinien ( PE) de certaines substances (myclobutanil, glyphosate)

– de tenir compte des effets CMR des métabolites ( ceux du desthio-prothioconazole classé CMR1), alors que le produit « mère » n’a pas les mêmes caractéristiques

 de prendre en compte la persistance de l’imidaclopride  dans les sols et les eaux pour s’opposer à son utilisation hivernale  

le retrait du marché de l’ensemble des substances CMR2, tant que leur caractère CMR n’est pas écarté, demande que nous avons déjà formulée. Dans cette dernière liste de produits soumis à enquête publique on retrouve encore 4 substances CMR2.

la protection des établissements recevant des femmes enceintes et des enfants vis-à-vis des pesticides PE épandus à proximité

* www.alerte-medecins-pesticides.fr

Un texte de Michel Nicolle.

Phtalates : Veille médiatique (Internet) au 7-09-14

Voir le document