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Communiqué de presse (1er avril 2014) – À quoi sert le rapport du SCHER sur le mercure dentaire ?

Le Comité Scientifique des Risques Sanitaires et Environnementaux (SCHER) a publié le 14 mars un avis intitulé Risques environnementaux et risques sanitaires indirects liés au mercure des amalgames dentaires [1].

Certes les experts y admettent que, « dans des conditions locales extrêmes (densité maximale de dentistes, utilisation maximale de mercure, absence de dispositifs de séparation dans le processus de traitement de l’eau) », il pourrait y avoir un risque pour les consommateurs de poisson.
Mais formulé autrement, le problème se résume ainsi : « Là où de bons contrôles environnementaux sont mis en place, le risque est absent ou négligeable. » En somme, il ne serait pas nécessaire de renoncer au mercure dentaire, il faudrait simplement « contrôler » son usage pour que le danger se volatilise.

Pourtant, on sait aujourd’hui que :
- Le mercure est une substance extrêmement toxique, pour laquelle il n’est pas possible de définir un seuil qui serait sans danger [2] ;
- Le mercure dentaire représentait en 2007 le quart de la consommation de mercure en Europe [3] : cette part relative augmente sans cesse, de sorte qu’il serait absurde de continuer à réglementer le mercure en faisant une exception de tolérance pour les amalgames dentaires ;
- Le mercure dentaire est la première source d’exposition directe au mercure de la population européenne [4] ;
- Le mercure dentaire est remplaçable dans toutes les situations : c’est donc une exposition qui peut être facilement supprimée [5] ;
- Le SCHER lui-même est obligé de d’admettre que pour une proportion considérable d’enfants européens les limites de sécurité d’exposition au mercure fixées par l’OMS ou les États-Unis sont dépassées. Comment justifier, alors, que l’on persiste à augmenter inutilement leur exposition ?

Les institutions – européennes ou françaises – ignorent ces faits pourtant bien établis, qui imposent une réponse évidente pour toute instance réellement soucieuse de santé publique et d’environnement. Elles préfèrent découper les problèmes en tranches si fines qu’on regarde au travers sans apercevoir le moindre danger. Ainsi le SCHER fait-il valoir qu’il n’est compétent ni pour parler des dangers du mercure en général, ni pour évaluer les effets cocktails, ni pour considérer l’implication du mercure dentaire dans les phénomènes d’antibiorésistances, ni pour s’intéresser à l’exposition professionnelle, ni pour proposer des recommandations relatives à l’amalgame, etc.

Ces question sont traitées par d’autres agences, ou bien, plus souvent, ne le sont pas du tout. Personne ne considère le problème d’un bout à l’autre et n’agit en conséquence.

Alors à quoi sert le rapport du SCHER ? Manifestement, à rien, sinon à complaire aux instances dentaires en repoussant l’interdiction, pourtant inévitable à terme, des amalgames. En somme, le SCHER nourrit la stratégie du doute mise au point par les leaders d’opinion sur les amalgames [6], au détriment de la santé et de l’environnement des Européens.
[1]. http://ec.europa.eu/health/scientific_committees/consultations/public_consultations/scher_cons_06_en.htm
[2]. OMS, Mercure et soins de santé, Document d’orientation stratégique, 2005.
[3]. http://real.ehesp.fr/pluginfile.php/4701/mod_resource/content/11/modulenc/co/m6_2_2_UE_1.html
[4]. Cette augmentation relative tient au fait que les autres usages du mercure en Europe sont progressivement interdits ou sévèrement réglementés.
[5]. Selon le dernier rapport de l’ANSM, non publié pour l’indigence de sa bibliographie sur le mercure dentaire.
[6]. http://reseau-environnement-sante.fr/2014/03/20/dossiers-par-themes/communique-de-presse-20-mars-2014-mercure-dentaire-la-nouvelle-strategie-du-doute/

Communiqué de presse (25 mars 2014) – #Pesticides #PE : Fruits et légumes en Quarantaine !

Photo_PesticidesPE_enquarantaineA l’occasion de la Semaine pour les alternatives aux pesticides [1] et dans le cadre de la campagne « Perturbateurs endocriniens : environnement perturbé, santé menacée ! » [2], les organisations signataires ont réalisé une action visuelle, décalée et non violente dans le supermarché Auchan de Bagnolet afin d’alerter sur les dangers sanitaires et environnementaux liés à la présence de pesticides perturbateurs endocriniens (PE) dans les fruits et les légumes.

Une vingtaine de militants ont ainsi pénétré dans l’enceinte du supermarché vêtus, de combinaisons de protection avec des slogans « Stop aux PE » et de masques à gaz pour aller sécuriser le rayon fruits et légumes à l’aide de ruban de signalisation afin de proposer aux responsables de magasins de mettre ces denrées en quarantaine. Munis d’une liste de 2m listant les pesticides suspectés d’être perturbateurs endocriniens que les consommateurs sont susceptibles de retrouver dans les fruits et légumes qu’ils achètent en grande surface, ils ont souhaité mettre en lumière les dangers des pesticides PE présents dans de nombreux produits de consommation courante, notamment les fruits et légumes [3].

Cette action visait également à inciter les grands groupes agro-alimentaires comme Auchan, à mettre en place une information et un étiquetage clair, compréhensible et accessible des consommateurs afin de renforcer leurs capacités à faire des choix éclairés. L’objectif était également d’encourager la mise en place d’un cahier des charges pour que les fournisseurs s’engagent à utiliser des produits qui ne contiennent pas de PE. Les grands groupes agroalimentaires sont en effet responsables de la santé et de l’environnement de leurs clients et ont une responsabilité dans le choix des produits qu’ils proposent.

Des responsables du magasin ont échangé avec les militants et se sont engagés à transmettre nos revendications au siège de l’enseigne. Nous attendons donc des nouvelles rapides d’Auchan.

A l’heure où la Stratégie Nationale des Perturbateurs Endocriniens (SNPE) est au point mort et où l’Union Européenne peine à trouver une définition claire de ce que sont exactement les PE alors que le cadre règlementaire européen sur les pesticides le lui impose, il est grand temps de sortir de l’inertie et de mettre en place des règlements concrets (limitant l’exposition des populations les plus vulnérables aux PE) permettant de protéger l’environnement et la santé humaine. Cela passe aussi par l’action et l’engagement des grands groupes agro-alimentaires qui, en choisissant de fournir des produits sans PE et de qualité, garantissent la santé et l’environnement de leur clients.

>>> Retrouvez prochainement les photos et vidéos de l’action sur les sites des partenaires



[1]    Evénement international qui se tient du 20 au 30 mars – www.semaine-sans-pesticides.fr

[3]    Comme l’ont démontré les enquêtes EXPPERT – Exposition aux Pesticides Perturbateurs Endocriniens : http://www.generations-futures.fr/pesticides/enquete-exppert-2-des-pesticides-interdits-et-des-perturbateurs-endocriniens-pe-dans-des-fraises/ et http://www.generations-futures.fr/pesticides/etude-exppert-1-exposition-aux-pesticides-perturbateurs-endocriniens/

Communiqué de presse (20 mars 2014) – Mercure dentaire : la nouvelle stratégie du doute

CP_Mercure_2014Le 12 mars dernier, l’Inserm organisait sous l’égide de Michel Goldberg[1] une journée de conférences/débats sur le thème : « Le mercure des amalgames dentaires versus le bisphénol A des résines ». Marie Grosman, conseillère scientifique de Non au Mercure Dentaire, a pu y participer. Elle se réjouit d’avoir vu émerger à cette occasion des points de convergence inattendus : « Enfin les instances dentaires s’inquiètent de la toxicité des matériaux qui sont mis dans la bouche des patients ! Enfin elles prennent conscience de la responsabilité qui repose sur les épaules des praticiens et de leur situation de fragilité juridique, quand les patients ou les salariés intoxiqués souhaiteront obtenir réparation du préjudice sanitaire qu’ils ont subi… »

Dans le même temps, les représentants de dentistes présents ont montré à quel point ils sont éloignés des réalités. Ils semblaient unanimes à croire que « tout le monde sait qu’il y a du mercure » dans les amalgames dentaires. Par ailleurs, le Pr Edmond Creppy, toxicologue, a précisé lors de son intervention qu’il existe un risque sanitaire à partir de 6 amalgames en bouche. M. Goldberg a réagi par la suite en déclarant que « ceux qui ont 6 amalgames, ce sont de gros dégueulasses qui ne se lavent jamais les dents ». Sachant que les Français de 35 à 44 ans ont en moyenne (selon le sexe et selon les régions) entre 12 et 18 dents cariées, absentes ou obturées[2], il faut croire que nous sommes tous ou presque « de gros dégueulasses » !

Du reste, on peut s’étonner de cet intérêt soudain pour le principe de prévention, bien circonscrit au bisphénol A (BPA). Cette démarche s’inscrit en fait dans une stratégie globale. Depuis 2009, la Fédération Dentaire Internationale (FDI) s’efforce de retarder l’interdiction des amalgames dentaires[3]. À cette fin, elle a mis au point en 2013, lors de son Assemblée générale à Istanbul[4], une tactique de diversion. L’objectif : faire oublier que les amalgames relarguent en continu du mercure – une des substances parmi les plus toxiques que l’on connaisse – en attirant l’attention sur le risque émergent lié au BPA contenu dans les composites dentaires.

En réalité, il s’agit d’un débat fallacieux, puisque les matériaux d’obturation sans mercure ni BPA existent. Il appartient aux autorités sanitaires d’en préconiser l’usage et, si besoin, de favoriser la recherche pour les améliorer. Mais en aucun cas, nous ne pouvons laisser les instances dentaires continuer à émettre leurs propres recommandations : celles que Michel Goldberg a édictées pour clore ce que lui-même considère comme un faux débat font froid dans le dos : « On améliore les composites, et en attendant, on pose des amalgames, ça ne mange pas de pain ! »

Ça ne mange pas de pain… Il faudra l’expliquer aux patients et aux professionnels intoxiqués !

 

Communiqué de presse (26 fév 2014) – Perturbateurs Endocriniens : un rapport qui doit faire date !

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Générations futures et le Réseau Environnement Santé (RES) se félicitent du rapport [1] d’information de la commission des affaires européennes sur la Stratégie européenne concernant les Perturbateurs Endocriniens (PE) de l’Assemblée Nationale et appelle le gouvernement français, ainsi que l’UE, à une action volontariste urgente !

Le contenu du rapport. Nos associations saluent le contenu de ce rapport sur les perturbateurs endocriniens (PE) et le travail du rapporteur, M. le Député Jean-Louis Roumégas. En effet, nous considérons que ce rapport reconnait, ou préconise, un certain nombre de points essentiels à nos yeux, en particulier :

- Il rappelle les enjeux sanitaires importants que font peser les PE sur la santé publique et le coût financier considérable qu’aurait l’absence d’action publique dans ce domaine.

- Il appelle l’Europe à publier rapidement une nouvelle stratégie d’ensemble sur les PE pour relancer l’action publique dans ce domaine.

- Il reconnait les modes d’action spécifiques des PE et donc les nouveaux paradigmes scientifique et réglementaire que cela implique d’adopter.

- Il juge indispensable que l’Union Européenne se dote au plus vite d’une définition unique des PE, fondée sur le critère de danger intrinsèque, et non sur la notion de puissance, mise en avant par l’industrie.

- Il recommande de créer une classe distincte de produits PE, incluant substances avérées et substances suspectées.

- Il préconise l’adoption d’un texte européen spécifique sur les PE prenant appui sur cette classification nouvelle pour réduire l’exposition des populations aux PE.

- Il souligne la nécessité d’accroître les efforts de recherche sur les PE.

- Il souligne que, loin de bloquer l’innovation, une action précautionneuse sur les PE permettrait au contraire de développer la recherche et l’innovation industrielle, au bénéfice des entreprises européennes.

- Il appelle à mettre en place un programme de biovigilance des populations et des écosystèmes.

- Il appelle le Gouvernement à produire une Stratégie Nationale sur les PE (SNPE) d’un haut niveau d’exigence, notamment en ne retenant pas la possibilité que la France puisse demander la révision des critères d’exclusion des pesticides PE (article C.2.2 de la SNPE)

Nos attentes. A la lumière de de ces points essentiels, nos associations appellent le Gouvernement français à réagir de toute urgence sur cette thématique des PE. La France doit de nouveau afficher son ambition d’avoir un rôle de leader en Europe sur cette question, comme elle a su l’avoir sur la question du Bisphénol A. Cela passe par deux points principaux :

- La France doit être exemplaire et publier rapidement une SNPE ayant une réelle ambition, notamment en abandonnant clairement toute velléité de révision des critères d’exclusion des pesticides PE !

- La France doit intervenir de toute urgence pour que les blocages résultant de l’action de lobbying des groupes de pression industriels (lobbying souligné par le rapport parlementaire) soient levés au plus vite et qu’une définition protectrice des PE soit enfin prise dans l’Union. L’UE devra ensuite créer rapidement la nouvelle catégorie des PE qui devront être progressivement exclus au niveau communautaire, par une approche législative transversale.

———————————–

[1]Rapport d’information déposé par la commission des affaires européennes sur la stratégie européenne en matière de perturbateurs endocriniens et présenté par M. Jean-Louis Roumégas, Député et présenté ce jour à l’AN en conférence de presse.

 

A NOTER : La version en anglais est disponible ici.

Alerte et pétition : Le traité commercial transatlantique à l’assaut du droit environnemental

tafta_Le Réseau Environnement Santé, Générations Futures et Agir pour l’Environnement s’associent à une pétition [1] de l’ONG CIEL (association internationale de juristes environnementaux) qui sera envoyée aux négociateurs européens et américains du traité de partenariat commercial transatlantique (alias TAFTA ou TTIP). Un argumentaire de 3 pages expose les 7 bonnes raisons de s’inquiéter des impacts potentiels du TAFTA sur la réglementation européenne des produits chimiques et des pesticides. Il renvoie vers la pétition  en amont d’un nouveau round de négociations qui s’ouvre le 10 mars.


Nos efforts pour protéger notre santé et celle des générations futures de l’exposition aux produits chimiques toxiques pourraient être réduits à néant par les négociations en cours, totalement opaques, d’un nouvel accord commercial USA-UE connu sous le nom de TAFTA (ou TTIP). A moins que nous n’agissions.


Interpellons les négociateurs commerciaux d’Europe et des États-Unis : ne touchez pas à nos lois contre les produits toxiques !

 

Le TAFTA pourrait ainsi :

1. Ralentir les progrès dans la réduction de l’utilisation de produits chimiques et pesticides toxiques .

2. Continuer de faire porter aux contribuables les coûts sanitaires, sociaux et économiques de la présence de produits chimiques toxiques dans notre alimentation, l’eau et l’air.

3. Maintenir le statu quo aux dépens des entreprises qui inventent des alternatives plus sûres aux produits chimiques toxiques.

4. Empêcher toute action nécessaire sur les menaces émergentes, comme les perturbateurs hormonaux et les nanomatériaux.

5. Retarder l’élimination des produits chimiques et pesticides toxiques dans les produits importés sur le marché américain ou européen.

 

Nous appelons les négociateurs des deux parties à laisser les enjeux sanitaires et écologiques de la sécurité chimique en dehors du champ du TAFTA. Nous leur demandons de :

 

1. Exclure la fabrication, l’utilisation et l’élimination des produits chimiques de la compétence du Conseil de coopération réglementaire et des chapitres ou annexes du TAFTA ;

2. Préserver la démocratie en empêchant les gouvernements des deux rives de l’Atlantique de retarder ou d’influencer la façon dont les décideurs de l’autre rive choisissent de protéger leurs citoyens contre les produits chimiques toxiques ;

3. Accroître l’accès libre à l’information et limiter les mécanismes de confidentialité commerciale, nuisibles à la sécurité chimique et à la démocratie ;

4. Veiller à ce qu’on ne conditionne pas la protection vitale des personnes et de l’environnement à des projections économiques douteuses sur les pertes et profits du commerce international ;

5. S’opposer à la création de soi-disant « comités scientifiques consultatifs » dominés par des scientifiques liés l’industrie ;

6. Exclure tout mécanisme de règlement des différends commerciaux public-privé ;

7. Mettre un terme à l’exportation de gaz naturel produit par des méthodes non conventionnelles, telles que la fracturation hydraulique.

 

Nous appelons également le Congrès des États-Unis à s’opposer à l’Autorité de négociation rapide, responsable du TAFTA et d’autres accords commerciaux qui ont des impacts profonds sur les politiques publiques, et à exiger un débat public ouvert et informé .


[1] Nous vous invitons à signer et relayer cette pétition, reproduite et traduite ci-dessus, en cliquant ICI 
(formulaire en anglais)

 

Communiqué de presse (5 fév 2014) – Plan cancer : on ne change pas une politique qui perd…

François Hollande a annoncé hier les mesures du 3ème plan cancer. Comme ses prédécesseurs, celui-ci identifie surtout les inégalités et le tabac comme principale cause ; laissant une place marginale à l’environnement. Pourtant, les chiffres sont là pour mettre en évidence le rôle majeur de l’environnement dans la progression de l’épidémie en France et dans le Monde.

En effet, les derniers chiffres publiés en décembre 2013 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) [1] montrent une progression du cancer dans le monde entier : +8% sur les 4 dernières années. Plus particulièrement, les cancers hormono-dépendants comme le cancer du sein sont en hausse de 14% identifiant ainsi un véritable marqueur du mode de vie occidentale qui se répand sur la planète.

La France devrait mener une politique particulièrement active car elle affiche parmi les taux les plus élevés au monde [2] en matière de :

- cancer de la prostate : La France métropolitaine est le 2ème pays au monde derrière la Norvège… mais la Martinique a un taux plus élevé encore que la métropole.

- cancer du sein : La France métropolitaine est le 3ème pays au monde derrière la Belgique et le Danemark.

A l’intérieur de la France, la Réunion affiche des taux inférieurs de moitié à ceux de la France métropolitaine pour le cancer de la prostate et du sein. Pourquoi cette réalité n’est-elle pas mentionnée dans le plan cancer ? L’accent mis sur les inégalités sociales est justifié, mais pourquoi la dimension géographique n’est-elle pas plus mise en lumière ?

Comme l’illustre ces chiffres, l’analyse des facteurs de risque actuelle mettant l’accent sur le tabac est obsolète. Il est impossible aujourd’hui d’expliquer la croissance du cancer par un facteur de risque comme le tabac alors même que celui-ci est en diminution et qu’il n’est pas lié aux cancers hormono-dépendants. Les connaissances scientifiques actuelles montrent le rôle majeur joué par les perturbateurs endocriniens.

L’ANSES a notamment rappelé dans son rapport d’avril 2013 que le bisphénol A est impliqué dans le cancer du sein par un effet transgénérationnel. C’est-à-dire que l’exposition maternelle induit des cancers du sein chez la fille. D’autres perturbateurs endocriniens sont également identifiés comme induisant des cancers, on peut citer les organochlorés (la dioxine ou le chlordécone, par exemple), les phtalates, les perfluorés ou les polybromés, qui contaminent toute la population. « L’enjeu majeur des perturbateurs endocriniens n’est pas identifié par le plan cancer et c’est une erreur grave vis-à-vis des générations futures », estime André Cicolella, président du RES.

En plus des multiples données expérimentales chez l’animal, la preuve chez l’humain de l’impact des perturbateurs endocriniens a été apportée par le distilbène, puisque les filles exposées à ce médicament pendant la grossesse ont 80 % de cancer du sein en plus.

Il est nécessaire que la question cancer environnement soit traitée dans le futur Plan National Santé Environnement.

Il est urgent que la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens soit adoptée par le gouvernement.

Il est regrettable que la question santé environnement ait été exclue de la dernière conférence environnementale et le RES demande l’organisation d’une Conférence Nationale Santé Environnement pour définir une politique à la hauteur des enjeux.

[1]. Site globocan : http://globocan.iarc.fr/Default.aspx

[2]. Données en population standardisée mondiale, ce qui élimine les caractéristiques démographique propres à chaque pays et permet les comparaisons entre pays.

Communiqué de presse (4 fév 2014) – Le Festival International du Film d’Environnement commence aujourd’hui

Le Festival International du Film d’Environnement (FIFE) a lieu du 4 au 11 février à Paris. Le programme officiel est maintenant disponible en ligne : http://fife.iledefrance.fr/fife/programmation-est-ligne.

Cette année encore, le festival fait une place à la santé environnementale dans sa programmation. En partenariat avec HEAL (Health and Environment Alliance), le festival a choisi de mettre à l’honneur une question centrale « Comment l’environnement affecte notre santé ? ». Vendredi 7 et samedi 8 février, le festival a ainsi programmé 3 films et 2 débats, pour tenter de répondre à cette question, au Cinéma des Cinéastes, 7 av de Clichy, 75017 Paris.

3 films et 2 débats pour s’informer

Cette Couleur qui me dérange (This colour that bothers me)

Khardiata Pouye, Sénégal • 2012 • 26 minutes (sous-titré en français)

Vendredi 7 Février : 13.45, Salle 2

Au Sénégal, de nombreuses femmes se dépigmentent pour avoir une peau plus claire, sans mesurer les conséquences de cet acte sur leur santé.

Rencontre après le film

Cosmétiques et santé – Une rencontre sur les problèmes sanitaires liés aux cosmétiques et aux diktats actuels en matière de beauté.

Avec : Marie-France Corre, membre du Comité d’Experts de WECF France (Women in Europe for a Common Future); Genon K. Jensen (HEAL); Claudine Reinhard (Wala France – Dr. Hauschka); et Carole Tawema (Karethic).

In Small Print (La letra pequeña)

Nadia El Bennich, Spain • 2012/2013 • 75 minutes (sous-titré en français)

Vendredi 7 Février : 12.15, Salle 2. Samedi 8 Février : 10.00, Salle 3.

Il y a quelque chose d’invisible dans notre nourriture, nos cosmétiques ou les jouets de nos enfants, dont l’impact sur notre santé peut être grave.

The Human Experiment

Don Hardy & Dana Nachman USA • 2013 • 52 minutes (sous-titré en français)

Vendredi 7 Février : 10.15, Salle 2. Samedi 8 Février : 12.30, Salle 3

Au quotidien, nous sommes de plus en plus exposés aux pollutions chimiques, mais l’ampleur des enjeux économiques rend le combat contre les industriels inégal.

Rencontre

Vendredi 7 Février : 15.30, Salle 2

Que faire face à la présence de produits chimiques nocifs dans notre quotidien ? Pour mieux appréhender les réalités de ces enjeux avec des scientifiques et spécialistes et trouver des pistes pour sortir de cette situation.

Avec Genon K. Jensen (HEAL) ; Dr. Nicola Olea, Université de Grenade et André Cicolella, toxicologue et président du Réseau Environnement Santé (RES).

Plus d’infos et le programme :

Site du 30ème Festival International du Film d’Environnement (FIFE) : http://fife.iledefrance.fr/

Site du RES : www.reseau-environnement-sante.fr/

Site de HEAL : www.env-health.org

 

 

Article MGEN 69 : Protéger notre environnement et notre santé des perturbateurs endocriniens

article revue MGEN Rhone Janvier 2014La MGEN a consacré un article aux perturbateurs endocriniens dans son numéro de février 2014 :

Soucieuse dans le cadre de sa politique de santé publique des enjeux de santé liés à l’environnement, la MGEN de Lyon a décidé de relayer la campagne de mobilisation citoyenne intitulée « Perturbateurs endocriniens : Environnement perturbé, santé menacée ! » lancée le 30 septembre 2013 notamment par le Réseau Environnement Santé (RES) Rhône-Alpes dont l’objectif était d’alerter sur la participation des PE (perturbateurs endocriniens) à certaines maladies chroniques » : cancers hormono-dépendants, troubles métaboliques (diabète-obésité), troubles neurocomportementaux, atteintes à la reproduction et à la fertilité…

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Communiqué de presse (23 janvier 2014) – CP Mercure dentaire : le scandale qui valait 82 millions d’euros

montage CP_commun_mercurePensée magique. Dans son dernier éditorial, le Président de l’Ordre National des Chirurgiens Dentistes (ONCD) estime qu’à l’instar du nuage de Tchernobyl qui s’arrête à nos frontières, l’effet délétère des amalgames dentaires sur les écosystèmes s’exercerait partout ailleurs… mais pas en France ![1]

Il lui semble en effet que les séparateurs d’amalgames installés dans les cabinets dentaires suffisent à résoudre tout problème.[2] C’est oublier que les porteurs d’amalgames rejettent du mercure en continu dans l’environnement (urines, selles) ; que la petite souris ramène rarement les dents de lait obturées au mercure dans les cabinets dentaires afin qu’elles soient convenablement traitées ; ou encore que les patients finissent tôt ou tard par mourir et qu’il n’est pas dans nos usages de leur arracher les dents avant la mise en bière.

 

Les faits. En 2001, un rapport sénatorial relevait que la question du devenir du mercure dentaire lors des crémations « pouvait passer pour inconvenante ou anecdotique avant d’être sérieusement étudiée en Suisse (premier pays à avoir adopté un seuil limite d’émissions mercurielles), en Suède (où l’on estime que « les crématoriums sont les plus grands responsables des émissions de mercure») et au Royaume-Uni (où l’on a constaté que « les employés des crématoriums sont soumis à une forte exposition au mercure ») ».[3] Une étude épidémiologique britannique a également montré un risque significativement accru de malformations chez les nouveau-nés dont les mères résident à proximité de crématoriums.[4]

 

Le coût. Pour parer à cet important problème environnemental et sanitaire, la Lettre Légibase État Civil du 7 janvier 2014 rappelle que « tous les crématoriums devront être pourvus avant le 16 février 2018 d’un système de filtrage afin de ne pas dépasser une certaine quantité de polluants (métaux lourds dont le mercure provenant des amalgames dentaires…) contenus dans les fumées rejetées dans l’atmosphère lors des opérations de crémation. »[5] La route sera longue, puisque « seuls 34 crématoriums sur les 182 qui seront opérationnels en 2015, soit 19 %, seront équipés de ce système de filtrage. »

Dans la grande majorité des villes disposant d’un crématorium, les équipes municipales nouvellement élues au printemps 2014 auront donc à charge d’assurer une mise aux normes dont le coût, précise la Lettre, dépasse en moyenne les 450 000 €. Si l’on s’en tient à ce chiffre de 450 000 € et qu’on le multiplie par le nombre de crématoriums (182 à ce jour, mais ce nombre augmente très vite), on calcule rapidement que le mercure dentaire – rien que pour les crématoriums – aura coûté aux Français environ 82 millions d’euros d’ici à quelques années !

 

Ce fardeau reposera de fait sur les citadins et sur les familles endeuillées.

La solution. Pour notre part, afin que soit respecté le principe du pollueur-payeur, nous serions tentés d’adresser la note à l’Ordre des dentistes.

 



[2] En effet, les amalgames que les dentistes posent sans crainte dans la bouche sont considérés comme des déchets extrêmement dangereux, qu’il faut collecter à part. Les chirurgiens-dentistes sont donc dans l’obligation d’être équipés de séparateurs d’amalgames – dont l’étanchéité reste, par ailleurs, toute relative.

[3] Rapport du Sénat sur Les effets des métaux lourds sur l’environnement et la santé de 2001, p. 82.

[4] Dummer T J B, Dickinson H O, Parke L. Adverse pregnancy outcomes around incinerators and crematoriums in Cumbria, north west England, 1956–93, J Epidemiol Community Health 2003;57:456–461

[5] http://www.etat-civil.legibase.fr/newsletter/39. Le surlignement en gras a été effectué par nos associations.

Communiqué de presse HEAL (22 janvier 2014) – L’Europe doit agir sur le BPA selon un calcul des coûts sanitaires associés

HEAL_logoL’Alliance pour la Santé et l’Environnement (HEAL) appelle l’Union européenne à éliminer progressivement l’utilisation du bisphénol A (BPA) dans les matériaux au contact des denrées alimentaires suite à la publication aujourd’hui de la toute première estimation des coûts sanitaires associés.

Une étude américaine publiée dans Health Affairs (1) avance que l’élimination du BPA des « usages alimentaires» pourrait prévenir chaque année aux États-Unis 6 236 cas d’obésité infantile et 22 350 cas d’incidence nouvelle de maladies coronariennes, et générer des économies annuelles potentielles de 1,74 milliards de dollars US (1,28 Mds €) (2).

Le BPA est une substance chimique utilisée dans la production des plastiques en polycarbonate et les revêtements internes des conserves alimentaires et des canettes de boisson en aluminium. Il est largement considéré comme ayant des effets de perturbation endocrinienne, mais n’a pas encore été officiellement classé comme tel dans le système de classification européenne des produits chimiques.

L’étude s’appuie sur une étude des coûts sanitaires du BPA depuis 2008 et sur les nouvelles approches américaines des calculs « dose-réponse »(1). Les coûts réels pour la santé associés au BPA sont probablement supérieurs, puisque cette étude ne portait que sur l’obésité et les maladies coronariennes liées à l’exposition à des matériaux au contact des aliments. Le BPA est produit au-dessus d’un million de tonnes par an dans le monde, et il est utilisé dans une grande variété d’applications, comme des pesticides et des matières plastiques de grande consommation (3).

Les preuves s’accumulent sur les conséquences néfastes du BPA pour la santé, avec des impacts sur la reproduction, le système nerveux, le système immunitaire, l’occurrence de certains cancers (par exemple, le cancer du sein), ainsi que sur le métabolisme et le système cardiovasculaire. La Commission européenne et les États-Unis ont interdit le BPA dans les biberons mais ils n’ont pas pris de mesures réglementaires sur d’autres matériaux de contact alimentaire, en particulier dans les conserves et les canettes.

Les auteurs de cette nouvelle étude affirment que, malgré la nécessité de données supplémentaires, les bénéfices sanitaires et économiques potentiellement importants pourraient l’emporter sur les coûts d’utilisation d’une alternative plus sûre au BPA.

HEAL estime que cette nouvelle étude devrait inciter la Commission européenne à réviser l’ensemble des différents régimes juridiques qui régissent l’utilisation de BPA (tels que les règlements REACH, Matériaux de contact alimentaire, ou Pesticides).

« L’UE est actuellement en train de décider comment réglementer les perturbateurs hormonaux, et le BPA est l’un des PE les plus préoccupants » déclare Génon K. Jensen, Directrice exécutive de HEAL. « Cette étude est exactement le genre d’analyse que nous voudrions voir dans l’étude d’impact annoncée par la Commission sur les critères de définition des PE, car nous avons besoin d’une évaluation globale des bénéfices sanitaires. L’étude d’impact prévue a été circonscrite aux seuls pesticides PE, alors que nous savons pourtant que l’exposition des populations à des produits chimiques perturbateurs hormonaux provient de sources multiples et que ce cocktail chimique dans notre corps est à même de produire des effets nocifs. C’est pourquoi il serait plus pertinent de considérer l’ensemble de ces différentes sources dans l’évaluation des coûts des impacts sanitaires ».

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de lancer une consultation publique sur la base de son récent projet d’avis sur l’évaluation de risques pour la santé humaine de l’exposition au BPA (4). Son rapport provisoire conclut que les effets possibles sur la reproduction, les systèmes nerveux et immunitaire, le métabolisme et le fonctionnement cardiovasculaire ou encore le développement de cancers sont peu probables.

Le Réseau Environnement Santé (RES), membre français de HEAL, a répondu que, malgré la décision de l’EFSA de réviser le niveau d’exposition journalière tolérable à la baisse, l’agence continue de nier la plupart des recherches scientifiques publiées sur le BPA. « 95% des 900 études publiées sur la toxicité du bisphénol A montrent des résultats positifs » explique André Cicolella, toxicologue et président du RES, « l’EFSA admet l’émergence de nouvelles preuves indiquant des effets du BPA sur la reproduction, le métabolisme, le système immunitaire et des effets neurocomportementaux et cardiovasculaires, mais par quelques tours de passe-passe, ces effets ne sont pas retenus comme pertinents » ( 5 ).

HEAL et d’autres groupes de défense de la santé environnementale, tels que CHEM Trust au Royaume-Uni, s’inquiètent du fait que pendant cette période de récession économique, les organismes de réglementation adoptent une vision économique à court terme et s’abstiennent de réglementer sous prétexte de ne pas imposer de coûts supplémentaires à l’industrie. « C’est considérer les coûts par le petit bout de la lorgnette parce que, si l’on tenait compte de tous les gains potentiels pour la santé d’une réglementation plus stricte sur le BPA, les coûts pour l’industrie seraient probablement dépassés par les économies potentielles sur les dépenses de santé », déclare Elizabeth Salter-Green de CHEM Trust. « C’est le coût « véritable » et « total » de l’exposition de la société au BPA et aux autres perturbateurs hormonaux qui doivent être pris en compte lors des décisions relatives à la réglementation », ajoute-elle.

HEAL fait partie d’une coalition d’organisations de santé environnementale, EDC – Free Europe ( 6 ), qui plaide pour que les bénéfices écologiques, sanitaires, sociaux et économiques dans leur ensemble soient pleinement considérés dans les processus de l’UE d’élaboration des mesures réglementaires sur les perturbateurs endocriniens. Cela permettrait que les investissements de certaines entreprises ou branches industrielles pour développer et utiliser des substituts plus sûrs soient envisagés dans une perspective sociétale plus large.

Notes

1. Le document «Further limiting bisphenol A in food uses could provide health and economic benefits » sera publié en ligne dans Health Affairs le 22 Janvier à 22h00 CET : http://content.healthaffairs.org/lookup/doi/10.1377/hlthaff.2013.0686

L’étude se base sur une évaluation de 2008 qui a montré que l’exposition au BPA a été estimée être associée à 12 404 cas d’obésité chez les enfants et 33 863 cas de nouvelle incidence de maladie coronarienne, avec des coûts sociaux estimés de 2,98 milliards de dollars.

2. L’analyse de sensibilité montre une fourchette de 889 millions à 13,8 milliards de $ par an

3. Bien que la nourriture soit une source majeure d’exposition au BPA, les ciments dentaires et les papiers thermiques sont également des sources d’exposition significatives.

4. Autorité européenne de sécurité des aliments ( EFSA) : Bisphénol A: l’EFSA organise une consultation publique sur l’évaluation des risques pour la santé humaine

5. Communiqué de presse du Réseau Environnement Santé du 17 Janvier 2014 : BPA : l’EFSA révise sa DJA mais continue de nier 95 % des données scientifiques publiées

6. EDC-Free Europe est une coalition de groupes d’intérêt public représentant plus de 31 organisations à travers l’Europe réunies par leurs préoccupations sur les perturbateurs endocriniens (PE) pour sensibiliser le public et inciter à l’action gouvernementale rapide. Plus sur www.edc-free-europe.org

 

Communiqué de presse (17 janvier 2014) – BPA : l’EFSA révise sa DJA mais continue de nier 95 % des données scientifiques publiées

Paris, le 17 janvier 2014 : Le Réseau Environnement Santé (RES) prend acte de la décision de l’EFSA d’abaisser la DJA d’un facteur 10, mais dénonce une expertise qui ne tient pas compte de la réalité des données scientifiques.

L’EFSA vient de publier son avis sur l’évaluation des risques liés au bisphénol A et abaisse la Dose Journalière Admissible (DJA) d’un facteur 10. Fixée maintenant à 5 µg/kg/j, elle reste très au-dessus des expositions de la population humaine, ce qui permet à l’EFSA d’affirmer qu’il n’y a pas de risque pour la population. Pour arriver à cette conclusion, l’EFSA continue de s’appuyer sur les 2 mêmes études que dans son précédent rapport. Ces études datant de 2002 et 2008 ont été faites par la même auteure (Rochelle Tyl) travaillant dans un laboratoire dépendant de l’industrie chimique [1]. Ces études ont fait l’objet de critiques répétées publiées dans la presse scientifique mettant en évidence le caractère frauduleux de leur conception destinée à ne rien pouvoir mettre en évidence [2]. « De telles études violent les principes de base de conception des études » affirment les signataires qui représentent les scientifiques ayant publié sur le bisphénol A. La principale critique est que ces études n’ont testé que des fortes doses. Cette approche ne permet pas de voir les effets survenant à faible dose (une des caractéristiques majeures des perturbateurs endocriniens). De fait, contre toute évidence, l’EFSA continue de nier le caractère de perturbateur endocrinien du BPA.

« 95 % des 900 études publiées sur la toxicité du bisphénol A montrent des résultats positifs. » rappelle André Cicolella, toxicologue et président du Réseau Environnement Santé. « Certes l’EFSA admet l’émergence de nouvelles preuves indiquant des effets du BPA sur la reproduction, le métabolisme, le système immunitaire et des effets neurocomportentaux et cardiovasculaires, mais par quelques tours de passe-passe, ces effets ne sont pas retenus comme pertinents ».

Exemples :

• Des études clefs sont écartées pour des motifs futiles comme le fait d’avoir utilisé une seule dose.
• L’étude Moral, retenue par l’ANSES dans son rapport de 2013 pour proposer une DJA de 25 ng/kg/j sur la base de la mise en évidence de tumeurs mammaires chez les souris exposées pendant la gestation soit une dose 2000 fois plus faible que celle préconisée aujourd’hui par l’EFSA [3]. Cette étude jugée par ailleurs excellente est cependant écartée au motif que « les types de cages et de bouteille de boisson » n’ont pas été rapportés. On peut penser pourtant que les auteurs ont eu la présence d’esprit d’éviter des cages à base de bisphénol A.
• L’étude Salian mettant en évidence des effets sur la reproduction (baisse de la fertilité et baisse de la qualité du sperme) sur la descendance de rattes exposées au BPA à des doses de 1,2 et 2,4 µg/j soit des doses proches des expositions humaines (jusqu’aux arrière-petits-enfants) est écartée au motif que le nombre d’animaux par groupe était petit, comme si l’étude ne consistait pas principalement à rechercher une différence statistiquement significative une comparaison entre groupe exposé et témoin, ce qui a été démontré, même pour une petit nombre d’animaux [4].
• Des études sont ignorées comme celle effectuée par l’INRA Toulouse mettant en évidence pour la 1ère fois un effet sur les cellules intestinales [5].
91 études chez l’humain ont été publiées [6]. Les effets observés recoupent ceux observés chez l’animal, (troubles du comportement, maladies métaboliques, troubles de la reproduction…). Aucune ne trouve cependant grâce auprès de l’EFSA. Là aussi le plus souvent sous des faux prétextes comme l’absence de distinction entre BPA libre et BPA conjugués dans l’évaluation de l’exposition des personnes. L’important dans ces études est pourtant bien la mise en évidence d’un lien statistiquement significatif. De plus, iI a été clairement démontré que c’est bien l‘évaluation du BPA total qui doit être faite, car le BPA subit des conjugaisons et des déconjugaisons dans l’organisme.

Le RES continuera d’analyser plus en détails l’avis publié aujourd’hui et contribuera à la consultation publique ouverte par l’EFSA.

« Tandis que l’ANSES s’est positionné sur un objectif de protection renforcée de la santé des personnes vulnérables et travaille au dépôt d’un dossier de restriction sur le papier thermique traité au BPA (comme les tickets de caisse), l’EFSA ne remplit pas le rôle qu’on est en droit d’attendre d’une agence en charge de protéger la santé publique » dénonce André Cicolella. « L’EFSA fait partie des acteurs freinant l’adoption du changement de paradigme toxicologique imposé par les perturbateurs endocriniens. La culture même de l’agence, son incapacité à régler adéquatement les questions de conflits d’intérêts, ses faillites méthodologiques et son acharnement à minimiser la philosophie de précaution qui sous-tend la réglementation européenne depuis les années1990 disqualifient de plus en plus l’EFSA, comme cela a été le cas aussi dans le dossier de l’aspartame ».

L’avis de l’EFSA intervient dans un contexte politique trouble marqué par le recul de la Commission européenne sur ses objectifs de réglementation des perturbateurs endocriniens (PE) sous la pression croissante des lobbys économiques. Au travers des règlements « pesticides » et « biocides », la loi obligeait la Commission à établir des critères réglementaires de définition des PE à l’échéance de décembre 2013, pour rendre ces textes opérationnels. « La Commission a renvoyé cette échéance à la réalisation d’une étude d’impacts économiques, faisant ainsi fi tout à la fois de la décision démocratique, de la science et des enjeux sanitaires et environnementaux » commente Yannick Vicaire, chargé de la réglementation chimique au RES, « la révision de la stratégie communautaire, vieille de 1999, était également attendue pour fin 2013 et tout indique qu’elle ne verra pas le jour avant les élections européennes … si le Traité transatlantique lui prête vie car les industriels européens et américains semblent vouloir en faire un casus belli des négociations en cours ».

Le Réseau Environnement Santé encourage la France à reprendre le leadership à travers la Stratégie Nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) qui doit s’affirmer comme un acte moteur pour répondre aux enjeux de santé actuels, principalement la croissance des maladies chroniques.

 

[1]. Tyl RW, Myers CB, Marr MC, Sloan CS, Castillo NP, Veselica MM, Seely JC, Dimond SS, Van Miller JP, Shiotsuka RN, Beyer D, Hentges SG, Waechter JM Jr. Two-generation reproductive toxicity study of dietary bisphenol A in CD-1 (Swiss) mice. Toxicol Sci. 2008 Aug;104(2):362-84.

Tyl RW, Myers CB, Marr MC, Thomas BF, Keimowitz AR, Brine DR, Veselica MM, Fail PA, Chang TY, Seely JC, Joiner RL, Butala JH, Dimond SS, Cagen SZ, Shiotsuka RN, Stropp GD, Waechter JM. Three-generation reproductive toxicity study of dietary bisphenol A in CD Sprague-Dawley rats. Toxicol Sci. 2002 Jul;68(1):121-46.
[2]. vom Saal FS, Akingbemi BT, Belcher SM, Crain DA, Crews D, Guidice LC, Hunt PA, Leranth C, Myers JP, Nadal A, Olea N, Padmanabhan V, Rosenfeld CS, Schneyer A, Schoenfelder G, Sonnenschein C, Soto AM, Stahlhut RW, Swan SH, Vandenberg LN, Wang HS, Watson CS, Welshons WV, Zoeller RT. Flawed experimental design reveals the need for guidelines requiring appropriate positive controls in endocrine disruption research.Toxicol Sci. 2010 Jun;115(2):612-3;
[3]. Moral R, Wang R, Russo IH, Lamartiniere CA, Pereira J, Russo J. Effect of prenatal exposure to the endocrine disruptor bisphenol A on mammary gland morphology and gene expression signature. J Endocrinol. 2008 Jan;196(1):101-12.
[4]. Salian S, Doshi T, Vanage G. Perinatal exposure of rats to Bisphenol A affects fertility of male offspring–an overview. Reprod Toxicol. 2011 Apr;31(3):359-62
[5]. Braniste V, Jouault A, Gaultier E, Polizzi A, Buisson-Brenac C, Leveque M, Martin PG, Theodorou V, Fioramonti J, Houdeau E. Impact of oral bisphenol A at reference doses on intestinal barrier function and sex differences after perinatal exposure in rats. Proc Natl Acad Sci U S A. 2010 Jan 5;107(1):448-53.
[6]. Rochester JR Bisphenol A and human health: a review of the literature. Reprod Toxicol. 2013 Dec

 

 

Laissons les produits chimiques hors du TAFTA

Tribune de Vito Buonsante, ClientEarth (ONG membre de EDC Free Europe)

Le Partenariat pour le commerce et l’investissement transatlantique (TAFTA) – désigné comme le plus grand accord commercial mondial – est censé, selon les termes des représentants de l’UE et des États-Unis, apporter d’immenses avantages pour les citoyens et un potentiel de croissance de 0,5% du PIB dans l’UE. Ces prévisions sont fondées sur des hypothèses optimistes et généreuses qui n’ont pas encore été validées.

Deux mantras ont été obsessionnellement répétés par les négociateurs : le TAFTA ne révisera pas les normes européennes à la baisse ; il ne remettra pas en cause la réglementation et les niveaux existants de protection au sein de l’UE. Cet article se penche sur l’impact probable de l’opération sur la législation européenne des produits chimiques et questionne la crédibilité de ces assertions rassurantes vis-à-vis des enjeux de protection de la santé humaine et de l’environnement contre les dommages causés par des substances dangereuses .

Différences culturelles

Les législations de l’UE et des États-Unis sur les produits chimiques sont structurellement et culturellement différentes. La base juridique de la réglementation américaine des produits chimiques est le Toxic Substances Control Act (TSCA ). Datant de 1976, il est généralement considéré comme un énorme fiasco, car il laisse à l’Environmental Protection Agency (EPA) le fardeau de prouver que la substance chimique présente un risque déraisonnable avant de pouvoir lui appliquer une règle restrictive – qui doit encore respecter le principe de la moindre contrainte. Grâce à ce mécanisme, seuls cinq substances chimiques « existantes » parmi environ 62 000 ont été restreintes en vertu du TSCA. Ainsi les États-Unis se sont appuyés sur des initiatives volontaires pour réglementer les produits chimiques dangereux, à la suite de mesures juridiques prises par d’autres pays / régions, puisque l’article 6 de la TSCA a créé un fardeau insurmontable pour les régulateurs américains. En outre, les États-Unis ne sont pas partie signataire des principaux traités internationaux relatifs aux produits chimiques, tels que la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP), la Convention de Rotterdam sur le consentement informé préalable (PIC) et la Convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public à la prise de décision et l’accès à la justice en matière d’environnement.

La différence fondamentale entre le TSCA et REACH est que, alors que ce dernier nécessite du fournisseur de produits chimiques la démonstration de la sûreté d’utilisation de ses substances, le TSCA n’impose, de son côté, aucune exigence de données sur les substances ; il place les organismes de réglementation dans une impasse parce qu’ils sont obligés de montrer que la substance chimique présente un risque avant de pouvoir demander au fabricant de fournir des informations concernant sa sécurité. En outre, le TSCA n’exige pas de données sur les nouvelles substances et les nouveaux usages [NDT : ce que la réglementation UE avait imposé dès les années 80]. REACH va également plus loin en ce qu’il favorise (au moins en principe) l’objectif de remplacement progressif de toutes les substances dangereuses.

Par conséquent, il y a deux questions fondamentales qui distinguent la loi US sur les produits chimiques de celle ayant cours en Union européenne : la responsabilité du producteur de produits chimiques, et la promotion de solutions innovantes pour concevoir et utiliser des produits chimiques sûrs. REACH adopte une approche fondée sur le danger pour la réglementation des produits chimiques. Cela signifie qu’une substance peut être réglementée en raison de son potentiel à causer des dommages, même si l’exposition est minime ou peut être contrôlée. Aux États-Unis, en revanche, une exposition à une substance dans des conditions normales d’utilisation doit être prouvée, et ce risque doit constituer un risque déraisonnable pour que le produit chimique puisse être réglementé comme une substance préoccupante. Et, comme déjà mentionné, l’EPA doit adopter la mesure la moins lourde dans la régulation d’une substance préoccupante .

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Notre environnement, c’est notre santé – un guide pour faire le point

La France, comme la grande majorité des pays de la planète, est confrontée à une épidémie de maladies chroniques : cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète, malades respiratoires… Les causes de ces maladies se trouvent en grande partie dans notre environnement, défini de façon large.

En plus des facteurs classiques comme tabac et alcool, les données scientifiques montrent que pollutions, alimentation déséquilibrée, sédentarité, urbanisation… sont également en cause.

Les élu-es locaux peuvent faire en sorte que l’environnement soit aussi facteur de santé. Cet ouvrage leur fournit les informations de base et les références d’actions.

Le Réseau Environnement Santé vous propose de le découvrir à travers quelques extraits choisis :

http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2012/09/CEDIS_Environnement_Sante.pdf

Se procurer le guide dans son intégralité :

http://www.lepassagerclandestin.fr/fr/catalogue/les-pratiques/notre-environnement-cest-notre-sante.html

Bisphénol A : Veille médiatique (Internet) au 13-04-14

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Phtalates : Veille médiatique (Internet) au 13-04-14

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Alternatives aux phtalates dans les dispositifs médicaux

D’après le rapport du Ministère danois de l’Environnement

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Protégé : Assemblée Générale 2014

Il n’y pas d’extrait, car cet article est protégé.

Bisphénol A : Veille médiatique (Internet) au 21-03-14

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Phtalates : Veille médiatique (Internet) au 21-03-14

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« Protège tes hormones », les résultats dévoilés

Generation_cobaye_logoLes jeunes se préoccupent de leur santé et réclament davantage de transparence sur les produits qu’ils consomment ! C’est ce que révèle « Protège tes Hormones », la campagne nationale de prévention, lancée par le mouvement Générations Cobayes, le 17 février dernier.

En effet, ce matin, Générations Cobaye organisait un petit déjeuner pour présenter les résultats de son quizz « Protège tes hormones » réalisé auprès de 35000 jeunes. Le RES et NOTEO y étaient.

En savoir plus :

www.generationscobayes.org

- www.reseau-environnement-sante.fr

www.noteo.info

Cancer du sein et perturbateurs endocriniens – je m’informe !



phtalates : Veille médiatique (Internet) au 16-02-14

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Bisphénol a : Veille médiatique (Internet) au 16-02-14

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Le RES dans les médias : Aperçu au 3-02-2014

 

• PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

- Le Monde : Les perturbateurs endocriniens présents dans deux produits de beauté sur cinq (13/09/2013)

- La Montagne : Des perturbateurs endocriniens dans près de 40% des produits d’hygiène-beauté (13/09/13)

- Actu-environnement : Perturbateurs endocriniens : où est passée la stratégie nationale ? (20/01/2014)

- Les échos : Quand la dose ne fait plus forcément le poison…  (9-12-13)

- La Provence : Des perturbateurs endocriniens dans près de 40% des produits d’hygiène-beauté (13/09/2013)

 

• BISPHENOL A

boite de conserve- Santé News : Bisphénol a : trop d’études sont écartées (20/01/2014)

- Le Monde : L’agence européenne de sécurité des aliments réévalue la toxicité du bisphénol A (20/01/2014)

- Sante magazine : Bisphénol A : le seuil d’exposition doit être divisé par 10 (20/01/2014)

 

• CONTAMINATION CHIMIQUE ENVIRONNEMENTALE

- 20minutes : André Cicolella: «Nous sommes de plus en plus malades à cause de l’environnement» (9/09/2013)

- franceinter : Emission « les Savanturiers » – André Cicolella chimiste toxicologue (23/11/13)

 

• ASPARTAME

- Le Monde : Une agence européenne blanchit l’aspartame (10/12/2013)

- Que choisir : Aspartame, La polémique continue (15/12/2013)

- Sante magazine : Innocuité de l’aspartame : l’avis de l’Efsa contesté par le Réseau Environnement Santé (11/12/2013)

- Journal de l’environnement : A l’Efsa, c’est Noël en avance pour l’aspartame (11/12/2013)

- Viva presse : Aspartame : une évaluation biaisée selon le Réseau sucreenvironnement santé (11/12/2013)

- Journal des femmes : Aspartame : une association dénonce une « fraude » (12/12/13)

- Allodocteurs.fr : L’aspartame  »sans risque pour la santé aux niveaux actuels » selon l’EFSA (10/12/13)

- la-croix : Les experts européens rendent un avis rassurant sur l’aspartame (11/12/13)

- Sciences et avenir : Aspartame : un débat au goût amer (20/12/13)

 

• AGIR SUR LES MALADIES CHRONIQUES

- La voix du nord : ville pilote pour la lutte contre l’épidémie de maladies chroniques (05/11/2013)

pilules- Liberation : «Les maladies chroniques, la nouvelle crise écologique» (12/12/2013)

- Reporterre : L’homme et la Terre sont de plus en plus malades – mais ils peuvent guérir ! (14/10/2013)

 

• CONFERENCE ENVIRONNEMENTALE

- Le Monde : Des « lanceurs d’alerte » évincés de la conférence gouvernementale (17/09/13)

- Le point : Ecologie : des « lanceurs d’alerte » dénoncent leur éviction du dialogue (17/09/13)

 

• PESTICIDES

- Europe1 : Lancement d’un appel contre les pesticides (09/11/2013)

- Le Monde : Un appel à agir contre les pesticides (09/11/2013)

 

• MERCURE DENTAIREsoins dentaires

- Le parisien : Les écologistes veulent une loi pour bannir le mercure dentaire (05/12/2013)

- Journal de l’environnement : L’ANSM recule sur la non toxicité du mercure dentaire (22/10/2013)

- Sciences et avenir : Faut-il interdire le mercure dentaire ?  (09/12/2013)

- Journal International de médecine (JIM) : Faut-il avoir une dent contre les amalgames au mercure ? (06/12/2013)

- Lyon capitale : Plombages : du poison plein les dents (05/12/2013 )

 

• FORMATION DES ELUS

- le quotidien du médecin : Un centre de cancérologie veut former les élus aux risques sanitaires (29/11/2013)

 

• SENSIBILISATION AU LYCEE

- Echo planete : Semaines anti-toxiques dans deux lycées marseillais (13/01/2014)

 

• ANTENNE DU RES EN ALSACE

- L’alsace : Agir sur les problèmes de santé liés à l’environnement (03/11/2013)

 

 

 

Bisphénol A : Veille médiatique (Internet) au 20-01-14

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