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Communiqué de presse (14/02/12) : La sécurité des aliments déterminée par des données et des experts liés à l’industrie?

 

L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) est lourdement critiquée dans un nouveau rapport publié aujourd’hui par Corporate Europe Observatory (CEO) et Earth Open Source (EOS), qui montre que cette administration se base sur des données et des experts en provenance de l’industrie pour évaluer la sécurité des aliments, soulevant de sérieux doutes quant à l’indépendance de ses recommandations. [1]

Le Réseau Environnement Santé (RES) et Générations Futures (GF), deux ONG françaises spécialisées dans les questions de santé environnementale touchant notamment à la sécurité des produits chimiques, se sont senties pleinement concernées par cette problématique essentielle du manque d’indépendance de l’expertise de l’EFSA. C’est pourquoi elles ont collaboré avec CEO et EOS pour traduire leur rapport en français et le diffuser en France aujourd’hui.

Le rapport paraît alors que l’EFSA, qui célèbre son 10ème anniversaire cette année, fait l’objet d’enquêtes de la part de la Cour des Comptes Européenne et d’eurodéputés, ainsi que d’une évaluation officielle de la Commission Européenne.

Nina Holland, de Corporate Europe Observatory, explique :
« Notre enquête montre que les intérêts industriels ont pénétré au cœur même de l’EFSA. La fréquence des conflits d’intérêts au sein du conseil d’administration et des panels d’experts, ainsi que le fait de se baser largement sur des études de l’industrie, sapent la capacité de l’EFSA à agir conformément à l’intérêt public en matière de sécurité alimentaire. Le fonctionnement de l’EFSA doit être complètement révisé ».

Des personnalités liées à l’industrie siègent dans nombre de comités scientifiques de l’EFSA. Selon le rapport, ceci donne lieu, et de manière fondamentale, à des conflits d’intérêts dans la façon dont l’autorité européenne évalue les données. En particulier, il est montré que des experts de l’EFSA ont des liens avec le lobby industriel ILSI (Institut International des Sciences de la Vie), financé par les principales entreprises de biotechnologie et de l’agroalimentaire.

Le rapport révèle comment des membres des panels de l’EFSA, notamment celui sur les emballages alimentaires, ont omis d’inclure leurs liens avec l’ILSI dans leurs déclarations d’intérêts, en violation des règles existantes de l’EFSA en la matière. L’EFSA a déjà négligé d’intervenir en de tels cas par le passé.

Les recommandations de l’EFSA ont été critiquées en de nombreuses occasions. Des produits tels que l’Aspartame (un édulcorant), le Glyphosate (un herbicide) et le composé chimique Bisphénol A, utilisé dans les plastiques, auraient été approuvés en dépit des réserves soulevées par des études scientifiques indépendantes.

Les méthodes par lesquelles l’EFSA a approuvé la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora ont également fait l’objet de critiques.

Le rapport en appelle à des critères plus stricts pour la sélection des experts, de façon à bannir les conflits d’intérêts avec l’industrie parmi ceux-ci, ainsi qu’à revoir de façon urgente la législation européenne encadrant le fonctionnement de l’EFSA, y compris l’utilisation des données de l’industrie pour les évaluations de risques. En effet, il est fréquent que des scientifiques indépendants ne puissent même pas remettre en cause les tests de l’industrie parce que le matériel de ceux-ci est considéré par cette dernière comme une information couverte par le secret commercial.

Claire Robinson, d’Earth Open Source, ajoute :
« Le fait pour l’EFSA de se baser sur les données de l’industrie et d’écarter des recherches indépendantes pourrait mettre la santé publique en danger. Cette année, l’EFSA a accédé à une demande de Monsanto en relevant la limite acceptable pour les résidus de glyphosate sur les lentilles par un facteur 100-150. C’est se placer 6 fois au-dessus de la dose quotidienne pour une exposition sans risques telle que déterminée par des études indépendantes que l’EFSA a écartées. »

La Commission Européenne est censée revoir le règlement fondateur de l’EFSA en 2012, et la Cour des Comptes Européenne doit publier prochainement son rapport sur les conflits d’intérêt à l’EFSA ainsi que pour d’autres agences de l’UE.

 

[1].[1] Conflits indigestes – une decennie d’influence industrielle à l’EFSA, Corporate Europe Observatory and Earth Open Source traduit par RES et Générations futures, Fevrier 2012.

 

Principaux points du rapport :

− L’EFSA a adopté des concepts créés par le lobby industriel ILSI qui ont affaibli l’évaluation des risques posés par des substances chimiques et des organismes génétiquement modifiés
− L’EFSA base en grande partie ses évaluations de produits dangereux sur des études scientifiques produites par l’industrie mais qui ne sont souvent ni revues par les pairs ni mêmes publiées
− L’EFSA ignore ou écarte des données scientifiques indépendantes signalant des risques pour les produits et substances qu’elle évalue
− L’EFSA a diminué la portée d’une loi démocratiquement votée qui insistait pour qu’elle prenne en compte des données scientifiques indépendantes dans ses évaluations de risque
− L’EFSA a ignoré les avertissements de scientifiques indépendants à propos du bisphénol A, un composé chimique pour les emballages alimentaires, à propos de l’aspartame (un édulcorant), et du glyphosate (un herbicide qui est le principal ingrédient du Roundup)
− L’EFSA a accédé à une demande de Monsanto en relevant la limite acceptable pour les résidus de glyphosate sur les lentilles par un facteur 100-150, un niveau 6 fois supérieur à la dose quotidienne pour une exposition sans risques telle qu’établie par des études indépendantes que l’EFSA a écartées
− L’EFSA se base fréquemment sur des études scientifiques de l’industrie, non sur des études indépendantes, pour déterminer des « niveaux sans risques » de substances dangereuses
− L’EFSA est dangereusement sous-équipée pour faire face à une charge de travail en constante augmentation
− Les experts de l’EFSA ne sont pas rémunérés mais sont des bénévoles qui doivent lire des quantités importantes de données industrielles pendant leur temps libre
− L’EFSA ne vérifie pas les déclarations d’intérêt. Lorsque des intérêts sont trouvés qui n’ont pas été déclarés, l’EFSA n’intervient pas. L’exemple le plus récent en date concerne le panel pour les emballages alimentaires
− L’UE se prépare à incorporer au sein de sa réglementation officielle la méthode discréditée de l’ « évaluation comparative » pour évaluer les risques posés par les OGM, une approche créée par Harry Kuiper, membre de l’ILSI et président du panel sur les OGM au sein de l’EFSA. Une réunion des parties prenantes se tiendra à Bruxelles le mardi 14 février. Ceci indique comment l’UE et l’EFSA travaillent de concert pour laisser l’industrie édicter les règles.
− Le rapport de la Cour des Comptes Européenne sur l’EFSA doit paraître en mars
− La Commission Européenne a prévu de réviser le règlement fondateur de l’EFSA dans la deuxième moitié de cette année, et a lancé une évaluation officielle de l’EFSA en préparation
− Huit panels sur 10 de l’EFSA vont être renouvelés. Les décisions seront prises au prochain conseil d’administration de la mi-mars. Le 5 mars, l’EFSA publiera ses nouvelles règles sur la gestion des conflits d’intérêts, mais il n’en est pas attendu grand-chose de nouveau.
− Les eurodéputés discuteront à nouveau de l’EFSA le 24 mars prochain (commission budgétaire).

Un film d’animation de 3 minutes produit par Corporate Europe Observatory souligne quelques-uns des principaux problèmes de l’EFSA : http://vimeo.com/33337250

 

Lettre ouverte à Xavier Bertrand

A l’occasion de la journée mondiale de la prématurité, le RES a envoyé un courrier à Xavier Bertrand accompagnée d’une note de cadrage sur le lien entre prématurité et boissons light gazeuses (lire la note de cadrage)

Réseau Environnement Santé

148 rue du Faubourg Saint-Denis

75010 Paris

 

Paris, 15 novembre 2011,

Monsieur Xavier BERTRAND
Ministre de la santé
Ministère de la Santé et du Travail

 
 

Objet : Aspartame – Les dangers pour la femme enceinte

 

Monsieur le Ministre,

 

Le 16 octobre 2011, vous avez affirmé à propos de l’aspartame : « s’il y avait un rapport qui disait clairement « cela représente un danger, il faut retirer », je n’hésiterais pas à le faire, mais ce n’est pas le cas ». Il y a un an, une étude réalisée auprès de 60 000 femmes enceintes par une équipe danoise mettait en évidence un taux plus élevé de naissance prématurée tardive (soit entre les 32 e et 36 e semaines d’aménorrhée), proportionnel à la consommation de boissons gazeuses avec édulcorants.

Depuis la publication de l’étude danoise, plusieurs études sont venues confirmer les risques pour la santé consécutifs à la naissance prématurée tardive, dont vous trouverez l’analyse dans la note ci-jointe. Vous avez déclaré, à propos de l’affaire du Mediator, que le doute devait désormais profiter au malade. Dans le cas présent, il nous semble que le doute devrait profiter au consommateur.

Plus de 12 mois se sont déjà écoulés, soit environ 700 000 naissances supplémentaires sans que les mères n’aient été alertées du risque. Les données scientifiques sont suffisantes pour agir, c’est-à-dire, à tout le moins, pour diffuser des conseils de prudence auprès des femmes enceintes.

Nous vous prions d’agréer Monsieur, l’expression de nos sentiments dévoués à la cause de la santé environnementale.

 

Dr Laurent Chevallier
Responsable commission alimentation du RES

André Cicolella
Président et porte-parole du RES

 

PS : Nous vous rappelons par ailleurs notre demande que l’actuelle Dose Journalière Admissible de l’aspartame soit définie scientifiquement et de façon transparente ce qui n’est pas le cas actuellement, car elle repose sur des études non publiées dans la littérature scientifique et dont il est avéré qu’elles ont été menées dans des conditions qui auraient dû normalement conduire à les invalider. La DJA devrait être calculée sur la base d’études respectant les critères scientifiques actuels comme celles mettant en évidence le caractère cancérogène de l’aspartame chez le rat et la souris, notamment à partir d’une exposition in utero. [1]

 

[1]. Note envoyée à l’ANSES en février 2011, disponible sur http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/11/REPONSE-RES-ANSES-Aspartame.pdf

Les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques représentent un risque pour l’adulte et pour l’enfant.

Le RES salue les deux décisions récentes de l’AFSSAPS : l’interdiction du camphre de 3-benzylidène du 24 août 2011, et l’avis défavorable du 8 juillet 2011 émis sur l’utilisation du benzophénone-3 (BP3) en tant que filtre UV dans les produits cosmétiques chez les enfants jusqu’à l’âge de dix ans, ce dernier faisant suite à la saisine de la Ministre de la Santé sur la part du risque attribuable aux substances cosmétiques reprotoxiques et/ou perturbateurs endocriniens.

Nous interpellons le Directeur Général de l’AFSSAPS, Dominique Maraninchi sur les dangers du BP3 et sur la necessité d’une interdiction dans un courrier accompagné d’une note de synthèse sur le sujet.

Lire le courrier du RES à l’AFSSAPS daté du 19 septembre 2011

DOSSIER : Conflits d’intérêts parmi les experts de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA)

 

Dans son rapport de juin 2011, l’Observatoire Européen de l’Entreprise (CEO – Corporate Europe Observatory) a révélé l’existence de conflits d’intérêts majeurs parmi les experts chargés d’évaluer les additifs alimentaires, y compris l’aspartame, au sein de l’EFSA. La publication de ce premier rapport, ainsi que les échanges épistolaires entre l’EFSA et le CEO, n’ont pas empêché en juillet dernier l’Autorité européenne, censée veiller à la sécurité des consommateurs,  de nommer des experts se trouvant à nouveau en situation de conflits d’intérêts avec l’industrie agroalimentaire. Le Réseau Environnement Santé s’est associé au CEO pour dénoncer ces faits dans un deuxième rapport ainsi que dans des courriers adressés à l’EFSA, à la Commission européenne et à la Cour des Comptes (voir le communiqué de presse).

 

Voici l’ensemble des  documents relatant ces graves dysfonctionnements institutionnels :

 

 - 15 juin 2011 : Rapport n°1- « Révélations : Conflits d’intérêts parmi les experts de l’EFSA en charge des additifs alimentaires »   (version anglaise)

 

- 15 juin 2011 : Communiqué de presse n°1du CEO  (version anglaise)

 

- 24 juin 2011 : lettre de l’EFSA au CEO en réaction au rapport n°1  (version anglaise)

 

- 1er juillet 2011 : Réponse du CEO à la lettre de l’EFSA du 24 juin  (version anglaise)

 

- 13 septembre 2011 : Rapport n°2- « Deux experts de l’UE chargés d’évaluer l’aspartame n’ont pas déclaré leurs liens avec l’industrie agroalimentaire » (version anglaise)

 

- 13 septembre 2011 : Communiqué de presse n°2 du CEO et du Réseau Environnement Santé   (version anglaise)

 

- 13 septembre 2011 : Lettre du CEO et du RES à l’EFSA, Copie à la Commission Européenne et à la Cour des Comptes  européenne  (version originale)

 

- 13 septembre 2011 : Lettre du CEO et du  RES à Maroš Šefčovič, Vice-Président chargé des Relations Inter-institutionnelles et de l’Administration à la Commission européenne  (version anglaise)

 

 

 

Lettre ouverte à Ban Ki Moon, secretaire général de l’ONU et au Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS

En vue de la prochaine conférence de l’ONU-OMS prévue à New York les 18 et 19 septembre sur l’épidémie de maladies chroniques, Annie Sasco et André Cicolella ont rédigé une lettre ouverte. Cette lettre, à destination du secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon et de la directrice générale de l’OMS Margaret Chan, invite les autorités à inclure les maladies mentales et les troubles de la reproduction au rang des maladies chroniques et plaide pour une prise en compte de la pollution chimique.

Lire le texte dans sa version française ou dans sa version anglaise

Toutes les informations sur le site de l’OMS

Représentativité des associations environnementales : le Gouvernement méprise nos actions et nos expertises.

Plusieurs associations ont envoyé le 21 juillet 2011, une lettre à Nathalie Kosciusko-Morizet pour protester contre la publication au JO d’un Décret et d’Arrêtés d’application fixant les modalités de participation des associations et fondations au niveau national souhaitant prendre part au débat sur l’environnement dans le cadre de certaines instances.

Paris, le 21 juillet 2011,

Madame Nathalie Kosciusko-Morizet

Ministre de l’Écologie, du Développement durable,

des Transports et du Logement

Objet : Lettre à l’attention de Madame la Ministre en charge de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.

Nos organisations sont consternées par le contenu de l’arrêté que votre gouvernement vient de prendre et paru dans le Journal officiel du 13 juillet[1] concernant les associations et fondations.

Celui-ci fixe les modalités d’application au niveau national de la condition prévue au premier point de l’article R.141-21 du code de l’environnement, concernant les associations agréées et fondations souhaitant participer au débat sur l’environnement dans le cadre de certaines instances consultatives.

Pour pouvoir participer, une association agréée devra désormais compter au moins 2 000 adhérents répartis dans au moins six régions. Quant aux associations d’utilité publique, elles devraient exercer leur action sur la moitié des régions au moins, et disposer d’un minimum de 5 000 donateurs, pour pouvoir se faire entendre.

De plus, l’Etat s’octroie le droit de vérifier les conditions de financement des associations pour s’assurer « de leur indépendance ».

Comme le note Mme Corinne Lepage, qui s’insurge dans une tribune parue sur le site internet RUE89 le 19/07/2011[2] contre le décret et ses arrêtés d’application, « ce texte est liberticide au regard de la liberté d’association ou plus précisément du droit des associations à se faire entendre ». De fait, de telles mesures excluent nombre d’associations signataires du présent texte et plus particulièrement toutes les associations d’experts qui ont joué le rôle essentiel de lanceur d’alertes environnementales au cours des dernières années comme par exemple le Cniid, Inf’OGM, Générations Futures, la Criirem, le Criigen, le Réseau Environnement Santé, etc. qui n’auront aux termes de ce texte plus le droit de participer aux instances officielles (qu’elles soient consultatives ou décisionnelles).

Lire la suite de cette entrée »

Des scientifiques et des ONGs critiquent les projets de financement de la Recherche de la Commission Européenne

Dans une lettre ouverte envoyée aujourd’hui au Président et à certains membres de la Commission Européenne, aux eurodéputés ainsi qu’aux représentants des Etats Membres de l’Union Européenne, 98 organisations de chercheurs et de la société civile de toute l’Europe s’alarment de ce que les projets préparatoires de la Commission pour le prochain programme-cadre pour le financement de la recherche (2014-2020) ne permettent pas de relever les défis que les sociétés européennes doivent affronter aujourd’hui, et en appellent à un programme de recherche qui soit orienté en fonction des besoins de la société et de l’environnement plutôt que des intérêts des grandes entreprises.

Aujourd’hui, la Commission Européenne a publié ses propositions pour le budget post-2013 de l’Union Euuropéenne, le cadre financier pluriannuel, qui prévoit une hausse massive du budget du prochain programme-cadre pour la recherche de l’Union Européenne avec un budget de 100 milliards d’euros, soit plus de deux fois celui du programme-cadre actuel (FP7).

Mais accroître un budget et améliorer une politique sont deux choses différentes.

Les signataires, une coalition de chercheurs (Scientists for Global Responsibility, European Network for Scientists for Social and Environmental Responsibility,…) et d’organisations de la société civile (Bureau Européen des Unions de Consommateurs, Les Amis de la Terre Europe, Statewatch, Women in Europe for a Common Future, Fondation Sciences Citoyennes…) craignent que la priorité excessive accordée à la compétitivité par l’UE ne se traduise dans le prochain programme-cadre par une prédominance des recherches d’inspiration commerciale, au détriment des recherches fondamentales et répondant aux besoins de la société.

(citation de la lettre) “Les programmes de recherche qui ont pour priorité le profit et les parts de marché sont incapables de répondre aux défis sociaux et environnementaux que l’Europe doit affronter précisément parce que ces défis nécessitent que soient trouvées des alternatives aux modèles de développement basés sur une croissance rapide et des profits élevés”.

La proposition de la Commission aggraverait le biais existant en faveur des grandes entreprises dans le programme de recherche “FP7” actuel de l’Union Européenne, où l’on a vu de grandes entreprises et leurs groupes de pression parvenir à influencer les programmes de recherche à leur profit et ainsi capter les financements publics associés.

L’enjeu est absolument stratégique. Répondre aux défis posés par les injustices sociales, économiques et environnementales, l’effondrement de la biodiversité, les changements climatiques, la raréfaction des ressources, la nécessité d’évoluer vers une société à faible intensité de carbone, les enjeux de santé publique etc. suppose que l’UE distancie substantiellement ses politiques de recherche et d’innovation de l’axe exclusif “compétitivité” mis en avant par les grandes entreprises. Aujourd’hui plus que jamais, les recherches et l’innovation publiques sont nécessaires pour créer les savoirs et les solutions concrètes qui permettront de répondre aux défis que l’Europe doit affronter. Laisser les grandes entreprises pirater cet effort serait un échec sévère pour l’UE, et un inacceptable gaspillage de fonds publics au beau milieu d’une grave crise économique.

(Citation de la lettre) “Les recherches qui feront de l’Europe (et du monde) un lieu plus durable, plus sain et plus paisible doivent être financées en priorité par rapport aux recherches qui aboutissent à des produits commercialisables”.

Par cinq recommendations, les signataires appellent l’Union Européenne à:

♦ Dépasser le mythe selon lequel seules des techniques complexes et coûteuses pourraient créer des emplois et susciter le bien-être;

♦ Adopter une définition de l’innovation qui inclue des projets de recherche adaptés à leur contexte local, et pertinents socialement;

♦ Établir un processus de décision pour l’attribution des financements de recherche qui soit démocratique, participatif et responsable, exempt de conflits d’intérêts et de domination par l’industrie;

♦ Baser ses décisions sur une expertise qui soit indépendante des intérêts commerciaux, et permette une représentation équilibrée de toutes les parties prenantes;

♦ Garantir que les résultats des recherches financées par les fonds publics soient ouvertement accessibles à la société dans son ensemble.

Consultez la lettre ouverte envoyée au président et à certains membres de la Commission Européenne

 

29 Juin 2011 – Dans une lettre ouverte envoyée aujourd’hui au Président et à certains membres de la Commission Européenne, aux eurodéputés ainsi qu’aux représentants des Etats Membres de l’Union Européenne, 98 organisations de chercheurs et de la société civile de toute l’Europe s’alarment de ce que les projets préparatoires de la Commission pour le prochain programme-cadre pour le financement de la recherche (2014-2020) ne permettent pas de relever les défis que les sociétés européennes doivent affronter aujourd’hui, et en appellent à un programme de recherche qui soit orienté en fonction des besoins de la société et de l’environnement plutôt que des intérêts des grandes entreprises.

Aujourd’hui, la Commission Européenne a publié ses propositions pour le budget post-2013 de l’Union Euuropéenne, le cadre financier pluriannuel, qui prévoit une hausse massive du budget du prochain programme-cadre pour la recherche de l’Union Européenne avec un budget de 100 milliards d’euros, soit plus de deux fois celui du programme-cadre actuel (FP7).

Mais accroître un budget et améliorer une politique sont deux choses différentes.

Les signataires, une coalition de chercheurs (Scientists for Global Responsibility, European Network for Scientists for Social and Environmental Responsibility,…) et d’organisations de la société civile (Bureau Européen des Unions de Consommateurs, Les Amis de la Terre Europe, Statewatch, Women in Europe for a Common Future, Fondation Sciences Citoyennes…) craignent que la priorité excessive accordée à la compétitivité par l’UE ne se traduise dans le prochain programme-cadre par une prédominance des recherches d’inspiration commerciale, au détriment des recherches fondamentales et répondant aux besoins de la société.

(citation de la lettre) “Les programmes de recherche qui ont pour priorité le profit et les parts de marché sont incapables de répondre aux défis sociaux et environnementaux que l’Europe doit affronter précisément parce que ces défis nécessitent que soient trouvées des alternatives aux modèles de développement basés sur une croissance rapide et des profits élevés”.

La proposition de la Commission aggraverait le biais existant en faveur des grandes entreprises dans le programme de recherche “FP7” actuel de l’Union Européenne, où l’on a vu de grandes entreprises et leurs groupes de pression parvenir à influencer les programmes de recherche à leur profit et ainsi capter les financements publics associés.

L’enjeu est absolument stratégique. Répondre aux défis posés par les injustices sociales, économiques et environnementales, l’effondrement de la biodiversité, les changements climatiques, la raréfaction des ressources, la nécessité d’évoluer vers une société à faible intensité de carbone, les enjeux de santé publique etc. suppose que l’UE distancie substantiellement ses politiques de recherche et d’innovation de l’axe exclusif “compétitivité” mis en avant par les grandes entreprises. Aujourd’hui plus que jamais, les recherches et l’innovation publiques sont nécessaires pour créer les savoirs et les solutions concrètes qui permettront de répondre aux défis que l’Europe doit affronter. Laisser les grandes entreprises pirater cet effort serait un échec sévère pour l’UE, et un inacceptable gaspillage de fonds publics au beau milieu d’une grave crise économique.

(Citation de la lettre) “Les recherches qui feront de l’Europe (et du monde) un lieu plus durable, plus sain et plus paisible doivent être financées en priorité par rapport aux recherches qui aboutissent à des produits commercialisables”.

Par cinq recommendations, les signataires appellent l’Union Européenne à:

- Dépasser le mythe selon lequel seules des techniques complexes et coûteuses pourraient créer des emplois et susciter le bien-être;

- Adopter une définition de l’innovation qui inclue des projets de recherche adaptés à leur contexte local, et pertinents socialement;

- Établir un processus de décision pour l’attribution des financements de recherche qui soit démocratique, participatif et responsable, exempt de conflits d’intérêts et de domination par l’industrie;

- Baser ses décisions sur une expertise qui soit indépendante des intérêts commerciaux, et permette une représentation équilibrée de toutes les parties prenantes;

- Garantir que les résultats des recherches financées par les fonds publics soient ouvertement accessibles à la société dans son ensemble.

Une députée veut bannir des perturbateurs hormonaux des hôpitaux

Le bisphénol est loin d’être le seul perturbateur hormonal présent dans notre environnement. Les phtalates, des assouplissants du plastique, entrent dans la composition d’un nombre insoupçonné d’objets, des emballages aux produits cosmétiques en passant par les matériels électriques et les rideaux de douche. Dans les hôpitaux, la liste s’allonge encore : tubes, poches de perfusion, gants, sondes… « En tout, 90 % du dispositif médical contient des phtalates », estime Olivier Toma, président du Comité pour le développement durable en santé.

Après la directive européenne interdisant six phtalates dans les jouets et articles de puériculture, Valérie Boyer, députée UMP des Bouches-du-Rhône, vient de déposer une proposition de loi visant à interdire l’utilisation de ces phtalates dans les dispositifs médicaux à destination des populations les plus sensibles – femmes enceintes, nouveau-nés et jeunes enfants. Mais aussi dans les sols des unités de soins intensifs, de maternités et de pédiatries. Sans pénaliser le budget des hôpitaux : « Des industriels européens produisent les mêmes articles, au même prix, et sans phtalates… », a-t-elle souligné, mercredi 23 juin, lors d’une conférence de presse.

Depuis près de vingt ans, la nocivité des phtalates inquiète la communauté scientifique. A l’origine de troubles de la fertilité et de malformation de l’appareil reproductif masculin, ils seraient également corrélés à l’apparition de cancers du sein, de troubles comportementaux, d’effets allergènes et de puberté féminine précoce. « Autant de conséquences durables sur la santé, qui ont un coût humain et psychologique, mais aussi économique », explique Valérie Boyer. Or, face à ces produits toxiques, « les professionnels de santé se retrouvent démunis, déplore Olivier Toma. Ils ne peuvent repérer la présence de phtalates dans les articles qu’ils achètent pour l’hôpital. Et faute de formation, ils ne sont pas en mesure d’informer les patients. »

Valérie Boyer espère que cette réglementation aura valeur d’exemplarité afin de sensibiliser tous les usagers des phtalates, mais aussi les industriels, qui n’indiquent jamais ce composant sur leur étiquetage.Au-delà des phtalates, c’est le problème plus général des perturbateurs endocriniens qui est en jeu, selon le toxicologue André Cicolella. Ils sont omniprésents dans l’environnement et chez les humains – 98 % des Danois sont par exemple imprégnés de composés perfluorés, qui réduisent sensiblement la fertilité masculine. Et selon René Harbert, directeur de laboratoire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, « en région parisienne, les hommes produisent deux fois moins de spermatozoïdes que leurs grands-parents ».

Angela Bolis

Source :

Le Monde - http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/24/une-deputee-veut-bannir-des-perturbateurs-hormonaux-des-hopitaux_1378003_3244.html

Appel International de WURZBURG

Sur invitation de « l’Académie Européenne de Médecine Environnementale EUROPAEM », des scientifiques de renommée nationale et internationale dans les domaines de la médecine environnementale, de la toxicologie, de l’immunologie, de la neurologie et de la génétique humaine, des médecins praticiens, des dentistes, d’autres métiers de la santé mais aussi des représentants d’associations de patients se sont rencontrés à Würzburg du 23 au 25 avril 2010 lors d’un congrès médical international sur le thème « la recherche rencontre la pratique ». Le congrès s’occupait plus spécialement du sujet de la neuro-endocrino-immunologie et de son importance en médecine environnementale.

Les participants ont constaté avec grande inquiétude une augmentation des maladies chroniques multisystémiques (CMI), parmi lesquelles, à côté de la sensibilité chimique multiple (MCS), du syndrome de la fatigue chronique (CFS) et de la fibromyalgie on peut compter aussi les maladies cardio-vasculaires, les syndromes métaboliques, les maladies neurodégénératives, le groupe des maladies auto-immunes et des cancers.

Lors du congrès il a été prouvé de façon convaincante que ces maladies chroniques reposent sur des mécanismes pathologiques similaires. Elles ont en commun un processus inflammatoire chronique déclenché par l’influence de contaminants chimiques (substances nocives), biologiques (ex. des infections microbiennes) et physiques (ex. des champs électromagnétiques EMF).

Les maladies chroniques engendrent l’apparition de patients de longue durée dont l’assistance médicale occasionne des frais de plus en plus élevés. Cela conduit souvent à l’isolement social des personnes concernées.

Face aux difficultés financières croissantes auxquelles les pays européens doivent faire face, surtout en matière de santé publique, le coût de cette augmentation des maladies chroniques va accélérer l’effondrement des systèmes de santé et des assurances maladies en Europe, déjà fortement fragilisés.

Le seul remède possible pour y faire face consiste en un changement radical des priorités pour passer d’une médecine trop unilatéralement axée sur le traitement des symptômes vers une prévention primaire orientée sur l’analyse des causes de maladies moins coûteuse.

Les participants de ce congrès adressent un appel urgent aux ministres européens de l’environnement et de la santé, à la Commission Européenne, aux parlementaires européens, aux gouvernements nationaux mais aussi aux présidents des assurances sociales ou privées pour prêter la plus grande attention à ces évolutions et connaissances scientifiques nouvelles. Cela signifie plus d’importance et plus d’investissements financiers donnés à la prévention, à la précaution et à un diagnostic aussi précoce que possible de ces maladies chroniques finalement associées à l’environnement.

Cela signifie aussi plus généralement au niveau européen une prise de conscience plus large des résultats de la recherche scientifique des praticiens de la médecine environnementale et leur intégration dans la recherche et l’enseignement universitaires. Les gouvernements européens sont invités à mettre enfin en œuvre les résolutions ratifiées lors de la 4ème conférence ministérielle des ministres de l’environnement et de la santé à Budapest en 2004.

Cet appel a été approuvé à l’unanimité par la séance plénière du congrès.

Würzburg, le 25 avril 2010

Pour le conseil d’administration d’EUROPAEM

Jean Huss, Vice-Président

Dr. Kurt E. Müller, Président

Dr. Peter Ohnsorge, Directeur

Dr. Hans-Peter Donate, Porte parole

L’OPECST veut-il vraiment lutter contre le cancer de l’enfant ?

Le cancer de l’enfant progresse.

Une étude publiée par le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) en 2004 sur la base des données fournies par 63 registres du cancer montrait que le cancer de l’enfant progresse de 1% par an depuis 30 ans dans les pays de la région Europe de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Plus inquiétant encore, cette tendance s’accélère, puisque ce taux est passé de 0,8 % à 1,3% d’une décennie à l’autre.

Cet accroissement ne peut être lié aux acteurs classiquement mis en avant pour expliquer la progression du cancer en général : vieillissement, tabac, alcool et dépistage.

Il est donc clairement environnementale au sens large du mot environnement.

Mieux comprendre ces causes et agir sur celles qui sont mis en évidence devrait donc faire l’objet d’une attention prioritaire des pouvoirs publics. Ce n’est pas le cas.

On chercherait par exemple en vain dans le Plan Cancer un programme spécifique dédié au cancer de l’enfant.

Dans les causes environnementales identifiées prédominantes du cancer de l’enfant figurent 2 facteurs sur lesquels, l’OPECST vient de se prononcer : les lignes à haute tension et les pesticides.

Dans les deux cas, les données scientifiques sont claires :

1) Lignes à haute tension :

a. le CIRC a classé les champs électromagnétiques comme cancérigènes au dessus d’une exposition de 0,4 µT.

b. L’Institut National des Sciences de la Santé Environnementale (NIEHS) a lui aussi considéré que les champs émis par ces lignes à haute tension sont des « cancérogènes possibles » en ce qui concerne les leucémies.

c. L’Etat de Californie a été plus loin puisqu’il considère depuis 2002, outre la leucémie chez l’enfant, le cancer du cerveau chez l’adulte et la sclérose latérale amyotrophique.

2) Pesticides :

Une première revue du lien avec l’exposition aux pesticides avait été faite en 1998 par Zahm et Ward, dont les principales conclusions étaient : « La plupart des études, mais pas toutes montrent un rôle possible des pesticides dans la leucémie de l’enfant.

Une mise à jour a été publiée en 2007 par Infante-Rivard montrant que dans 15 études sur 21 existe un lien statistiquement significatif entre cancer de l’enfant et exposition parentale.

Il est particulièrement choquant de voir l’OPECST critiquer l’AFSSET sur les mesures d’éloignement des lignes à haute tension (ce qui est une mesure logique) et tenir sur les pesticides un langage tendant à faire croire que le doute subsiste.

L’OPECST doit d’urgence changer sa façon de faire et tenir compte de l’ensemble de la littérature scientifique au lieu d’une lecture partielle et partiale.

Lignes à Haute Tension : Mise en cause de l’AFSSET – la réaction de nostalgiques d’un passé révolu

Au moment où se met en place la nouvelle Agence Nationale de Sécurité Sanitaire ANSES (alimentation environnement travail) résultant de la fusion entre l’agence chargée des aliments (AFSSA) et l’agence chargé de l’environnement et du travail (AFSSET), la question de la déontologie de l’expertise apparaît de plus en plus essentielle dans le processus d’évaluation et de gestion des risques sanitaires environnementaux par les agences de sécurité sanitaire.

Le Réseau Environnement Santé ne peut donc accepter la mise en cause de l’AFSSET à propos de l’expertise collective sur les effets sanitaires des basses fréquences émises par les lignes à haute Tension qui vient d’être rendue publique par huit scientifiques ayant participé à cette expertise (lettre ouverte aux Ministres de la Santé et de l’Environnement du 19 mai 2010).

Les propos sont particulièrement violents, puisque l’AFSSET est accusée d’avoir « trompé délibérément le public et bafoué l’expertise scientifique ».

Est plus particulièrement mise en cause la préconisation d’une distance de sécurité de 100m autour des lignes à haute tension. Les auteurs de cette lettre montrent ainsi leur attachement à la conception ancienne selon laquelle on ne fait rien tant que toutes les preuves ne sont pas réunies.

C’est cette conception dépassée qui a conduit à la crise de l’amiante et à retarder les mesures d’interdiction. Or, dans la mesure où les études épidémiologiques sont suffisamment cohérentes pour avoir conduit le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) à classer en 2002 les champs d’extrêmement basses fréquences « cancérogènes possibles pour l’homme » (2B), l’AFSSET est parfaitement légitime à préconiser des mesures d’éloignement des sources.

Cette attaque fait suite à la mise en cause du rapport de l’AFSSET sur les radiofréquences publié en octobre 2009, en particulier par les Académies des Sciences, de Médecine et des Technologies. Cette prise de position intervient au même moment que l’annonce des conclusions de l’étude INTERPHONE, dont les résultats ont été différés pendant de longues années sous pression des opérateurs.

Il apparaît donc de plus en plus nécessaire que l’engagement du Grenelle de mettre en place une Haute Autorité de l’Alerte et de l’Expertise soit tenu et que le gouvernement produise un rapport d’ici juillet sur le sujet comme cela est inscrit dans la loi Grenelle 1.

L’audition du groupe d’études santé environnementale à l’Assemblée Nationale « Quelle expertise pour la santé publique ? » en mars 2010, a permis de dégager un large consensus sur la nécessité d’une expertise basée sur les critères d’indépendance, de transparence et de compétence.

La mise en cause de l’AFSSET sur ce dernier avis est aussi celle de l’ouverture de l’agence à la société civile. Cette avancée a permis la publication de plusieurs rapports d’expertise sur des risques émergents conformes aux bonnes pratiques. C’est cette participation des associations et des syndicats, que certains voudraient aujourd’hui remettre en cause pour en revenir à des logiques d’opacité.

Le RES très attaché au travail d’alerte et de prise en compte des signes précoces d’atteinte sanitaire d’origine environnementale tient à soutenir le travail entrepris ces dernières années par l’AFSSET pour permettre d’évoluer vers une meilleure prise en compte des attentes des citoyens, des scientifiques indépendants et la réalisation d’une veille collective indispensable à une prise de mesures de précaution efficaces pour la santé publique et l’environnement.

Le RES participe au suivi du PNSE 2 et au comité de concertation AFSSA – AFSSET

Le RES participe :

  • au suivi du PNSE 2

A suivre plus particulièrement les groupes de travail : risques émergents et inégalités…

  • au comité de concertation sur la fusion AFSSA-AFSSET

Le projet du comité de concertation crée une nouvelle agence. La gouvernance devait être la même que celle du Grenelle, à 5 collèges. Au final, il y aura bien 6 collèges, mais le collège Etat aura la moitié des voix ! Les employeurs seront représentés dans 2 collèges et disposeront de 9 voix, contre 5 pour les syndicats et 2 pour les ONG… « Ils étaient tous égaux, mais certains étaient plus égaux que d’autres » (George Orwell, la Ferme des Animaux).

Petit point positif, la création d’un comité de déontologie, mais on peut craindre que ce ne soit qu’une façade si on en reste à un fonctionnement au coup par coup comme cela est annoncé. Le RES est intervenu pour demander que soit véritablement appliquée une gouvernance à 5 comme Nicolas Sarkozy s’y était engagé à la clôture du Grenelle et qu’un vrai comité de déontologie soit mis en place, comme les carences de l’expertise sur le BPA par l’AFSSA en montre la nécessité.

Pour une attitude ferme de la France sur les effets cocktails au conseil européen de l’environnement mi-décembre 2009

Les associations suivantes : le WWF, le RES, le MDRGF et Greenpeace interpellent nos représentants au Conseil des ministres européens de l’environnement pour une attitude ferme sur les effets cocktails des substances chimiques ayant des propriétés de perturbateurs endocriniens.

→ Lire le courrier à l’attention de Chantal Jouanno qui doit représenter la France au conseil des ministres du 22 décembre 2009

Action élections européennes 2009

Engagement des têtes de liste aux Européennes 2009 en matière d’Environnement et Santé :

Le RES en collaboration avec son partenaire européen HEAL (Health and Environment Alliance) a soumis une demande d’engagement en matière d’environnement et de santé aux candidats français des élections européennes du 7 Juin 2009.

Nous serons particulièrement vigilants à ce que les candidats élus respectent durant toute leur mandature leurs engagements sur les questions suivantes : la santé de nos enfants, le changement climatique, les substances chimiques toxiques, un air pur, les nano-matériaux, les champs électro-magnétiques, le bruit et d’une façon général le lien entre environnement et santé.

Résultats :

Les têtes de liste des partis suivants se sont engagés à protéger notre santé dans un environnement sain :

  • CPNT-MPF Libertas
  • Debout la République
  • Europe Ecologie
  • Front de Gauche
  • MODEM
  • NPA
  • PS

→ Lire le questionnaire HEAL – RES envoyé aux candidats aux élections européennes

Action Bisphenol A – BPA

Demande d’interdiction du BPA dans les plastiques alimentaires :

En application du principe de précaution, nous demandons l’interdiction du BPA dans les plastiques alimentaires. Nous demandons que le Bisphénol A soit retenu comme substance prioritaire dans le cadre du programme REACH d’évaluations des substances chimiques les plus préoccupantes. Nous demandons que soit faite une évaluation des risques pour l’environnement.

  • Des sénateurs du groupe RDSE entendent notre demande et enregistrent une proposition de loi pour interdire le BPA dans les plastiques alimentaires

- Lire le Communiqué de Presse du RES (7 août 2009) + les réactions dans la presse

  • Echanges RES – AFSSA – Ministère de la Santé :

- Le RES écrit à la Ministre de la Santé => Lire la lettre du RES à l’attention de Madame Bachelot (6 avril 2009)

- Le RES écrit à la directrice de l’AFSSA => Lire la lettre du RES à l’attention de Madame Briand (20 mars 2009)

+ les annexes des courriers du RES :

Quelle Dose Journalière Admissible pour le BPA ?

Critique de l’avis de l’AFSSA relatif au BPA

Effets observés chez le rat et la souris en cas d’exposition au BPA à faible dose

Risques liés à la consommation de boissons ou d’aliments contaminés

- Le RES reçu au Ministère de la Santé le 9 juin 2009 =>Lire le communiqué de presse

- Le RES reçu par la directrice de l’AFSSA le 7 mai 2009 => Lire le compte-rendu

Une nouvelle liste noire pour les produits toxiques

Une importante réunion a été organisée à Genève, du 4 au 8 mai 2009, dans le cadre de la Convention de Stockholm, traité dont 162 Etats sont partie prenante et qui a pour objectif d’éliminer ou de restreindre la production et l’utilisation des Polluants Organiques Persistants (POP), dont les effets sur la santé humaine et animale sont désastreux.

Jusqu’alors douze produits chimiques figuraient sur la liste noire de la Convention, dont les tristement célèbres DDT, dioxines, furanes et PCB.

Depuis cette réunion de Genève, 9 substances viennent compléter la liste :

- insecticides (Alpha-hexachlorocyclohexane; Bêta-hexachlorocyclohexane; Lindane),

- retardateurs de flamme (Hexabromodiphényléther/Heptabromodiphényléther;Tétrabromodiphényléther/Pentabromodiphényléther; Hexabromobiphényle),

- pesticide (Chlordécone),

- produit à base de PCB (Pentachlorobenzène – PeCB)

- produit industriel (Sulfonate de perfluorooctane – PFOS).

Un soutien public aux conseillers en environnement intérieur : Bravo ! Mais…

Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, a annoncé vouloir développer les diagnostics de l’air intérieur chez les personnes souffrant d’une allergie. En effet, aujourd’hui, selon les chiffres fournis par le ministère lui-même, entre 20 % et 30 % de la population française souffre d’une allergie. Ce pourcentage pourrait même « augmenter dans les prochaines années et atteindre 50% d’ici 2030″ !

Lors d’un déplacement à Strasbourg, Chantal Jouanno a donc rencontré Frédéric de Blay, chef du service de pneumologie à l’Hôpital civil, initiateur en 1991 de la profession de « conseiller en environnement intérieur » (CEI) à la faculté de Médecine. Aujourd’hui 35 CEI sont employés en France, par des collectivités ou par des hôpitaux.

Chantal Jouanno souhaite étendre le dispositif. Elle a annoncé qu’elle « réservait dès maintenant un budget d’un million d’euros au lancement d’un appel à projets régionaux qui pourrait être mis en place d’ici l’automne prochain avec sa collègue Roselyne Bachelot, ministre de Santé et des Sports »

Bien évidemment le RES se réjouit de cette initiative indispensable.

Pour autant, tout en trouvant surprenant que l’initiative ne vienne pas du ministère de la santé, le RES regrette qu’un budget aussi restreint soit consacré à un problème de santé publique affectant une proportion importante de la population… et coûtant infiniment plus cher à la collectivité en arrêts de travail, remboursements de médicaments et soins divers.

Le RES demande que cette mesure soit accompagnée d’un effort conséquent de sensibilisation et de formation, aussi bien initiale que continue, en direction de tous les professionnels de santé.

De plus, le RES tient à souligner que la mission des CEI ne saurait se limiter aux seules « allergies », entendues au sens classique du terme, mais également intégrer la prise en compte des maladies émergentes, comme l’Hypersensibilité Chimique Multiple ou l’Electrosensibilité.

Le PNSE2 officiellement présenté

Le Pr Marc Gentilini, Président honoraire de l’Académie, a remis le 16 avril aux ministres de l’environnement et de la santé les propositions pour le deuxième Plan National Santé Environnement (PNSE).

Ce second plan s’organise, selon son Président, autour de deux axes. « D’une part, réduire les expositions responsables de pathologies à fort impact en santé publique. D’autre part, réduire les inégalités environnementales. Il s’agit d’abord de protéger les personnes vulnérables : enfants, femmes enceintes, sujets immunodéprimés, atteints de maladies chroniques ou de cancers, personnes à faible statut socio-économique…»*.

A priori, le RES ne peut qu’adhérer à de tels objectifs généraux. Mais la traduction concrète des objectifs annoncés est bien décevante. Par exemple, le plan prévoit de réduire de 30%, entre 2007 et 2013, les émissions dans l’eau et l’air de 6 substances toxiques. La question clef des perturbateurs endocriniens est totalement escamotée. Et le plan ne fait pas référence au principe de précaution !

Le Réseau Environnement Santé renouvelle donc sa demande d’un « Grenelle Environnement Santé » pour élaborer un PNSE2 à la hauteur des enjeux sanitaires d’aujourd’hui.

* Interview par Florence Rosier publiée par la revue Impact Médecin du 20/04/2009

Reconnaissance des maladies liées aux pollutions environnementales

Il y a un an, Jean Huss, député au Conseil de l’Europe à Strasbourg et membre de la commission de l’environnement, a été chargé de rédiger un rapport Environnement et santé: pour une meilleure prévention des risques sanitaires liés à l’environnement.

Après une série de d’auditions d’experts, de médecins et scientifiques, et l’organisation d’une conférence scientifique relative aux maladies environnementales, le rapport a enfin été voté à Paris le 13 mars 2009 et adopté à l’unanimité.

Jean Huss explique : « Il s’agit d’une étape importante pour la reconnaissance des maladies liées à la pollution environnementale. L’important maintenant, c’est de continuer à lutter pour de meilleures réglementations en matière de polluants, comme les métaux lourds, les pesticides ou autres contaminations chimiques et électromagnétiques qui nous entourent à chaque instant de notre vie. La directive REACH est certes un premier pas dans la bonne direction, mais d’un autre côté beaucoup trop faible et limitée et malheureusement un exemple où une chance historique a été sacrifiée aux intérêts des industries ».

Le rapport invite le Conseil des Ministres du Conseil de l’Europe et les 47 gouvernements des pays membres à suivre les recommandations du rapport relatives au principe de précaution, à des politiques globales véritables de prévention, à la nécessité d’une expertise indépendante et contradictoire, à la reconnaissance des maladies environnementales et de la médecine de l’environnement.

Le Rapport Huss dans son intégralité :

Environnement et santé: pour une meilleure prévention des risques sanitaires liés à l’environnement

Recommandation 1863 (2009)

Critique des Plans nationaux – Proposition du RES

  • Critique du PNSE 2 – Demande d’un Grenelle Environnement Santé :

Outre l’absence de constat de la croissance des épidémies modernes, le PNSE 2 est critiquable sur le fond, à plus d’un titre.

Le PNSE2 se fonde toujours sur la vision étriquée du mot environnement : on continue de raisonner milieu par milieu sans tenir compte de l’intrication des différents milieux.

Il n’est aucunement fait référence au principe de précaution comme principe majeur. A titre d’illustration, la question des CMR3 (engagement du Grenelle de l’Environnement 151) qui devraient être remplacés et celle des Perturbateurs Endocriniens sont ainsi éludées. La quasi-absence de la prise en considération des Perturbateurs Endocriniens montre que l’horloge conceptuelle du PNSE2 est restée bloquée aux années 70. Le PNSE2 entretient toujours le référentiel obsolète « c’est la dose qui fait le poison » ne prenant donc pas en compte la question majeure des Perturbateurs Endocriniens dont le principe d’action est plutôt « c’est la période d’exposition qui fait le poison ».

Si la recherche est mise en avant dans le plan, au nom du principe de précaution et au vu des épidémies modernes, c’est un vaste programme de recherche donnant la priorité aux études qui permettent d’anticiper les dégâts de l’environnement sur la santé qu’il faut développer.

Sur la forme, le RES demande que ce texte soit réexaminé selon la procédure du Grenelle de l’Environnement par les 5 collèges conformément aux engagements du grenelle ainsi qu’un 6e collège, celui des professionnels de santé et un 7e avec les associations de malades et de victimes. Il est en effet aberrant qu’on puisse parler d’une politique de santé sans que ceux-ci soient acteurs de la conception de cette politique.

On comprendrait mal que la méthode de concertation type Grenelle soit utilisée  » pour aller plus loin sur un domaine important comme la Mer  » comme l’indiquait Jean-Louis Borloo au sujet de la mise en place du « Grenelle de la Mer » et qu’on se contente d’un document élaboré essentiellement par l’administration sur un sujet tout aussi important : santé – environnement.

Il faut donc organiser un « Grenelle Environnement Santé » basé sur le principe de précaution et considérer l’actuel document du PNSE2 comme un document préparatoire.

→ Comprendre la critique du PNSE2 en 2 min : écouter l’intervention d’André Cicolella sur Radio Ethic

→ Lire la plaquette du RES : critique PNSE2 – proposition Grenelle du RES

→ Pour aller + loin : lire l’intégralité de la critique du PNSE2 du RES

  • Critique du Plan Cancer :

Le 1er plan Cancer a été un échec au regard de l’objectif retenu de diminution de 20 % de la mortalité. Certes celle-ci a légèrement diminué, mais ceci est du au recul des cancers liés au tabac et à l’alcool (poumon et oesophage) dont le pronostic est le plus sévère.

C’est donc un succès de la prévention qui explique ce recul. La même stratégie doit être maintenant menée vis-à-vis des autres facteurs de risque.

Le plan Cancer doit donc inclure un volet environnement, établi en lien avec l’élaboration du 2ème Plan National Santé Environnement (PNSE2).

Une délégation du RES a été reçue par le Prof. Grunfeld.

>>> En savoir + : position du RES sur le lien cancer – environnement