Aspartame : Bulletin de veille scientifique n° 2
RISQUES LIES A L’ASPARTAME :
ARTICLES PARUS DE AVRIL A SEPTEMBRE 2011
DANS LA LITTERATURE SCIENTIFIQUE (Source PubMed)
ANALYSE DE CHAQUE ARTICLE
A . EFFETS CHEZ L’HOMME
I. Physiopathologie des effets de l’aspartame
- Empoisonnement au méthanol
Szponar J, Górska A, Majewska M, Tchórz M, Drelich G. [Methanol poisoning in a 61-year old male with recently diagnosed diabetes--a case report]. Przegl Lek. 2011;68(8):521-2. [Article in Polish] Samodzielny Publiczny Szpital Wojewódzki im. Jana Bozego w Lublinie, Regionalny Ośrodek Toksykologii Klinicznej.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22010455
En bref :
Cet article expose le cas d’un homme âgé de 61 ans avec un empoisonnement suspecté au méthanol : Il présentait les symptômes d’un diabète avec une d’hyperglycémie extrême (>1600 mg/dl) et un coma hyperosmolaire non cétosique. Les tests de laboratoire ont montré, entre autres, une acidose métabolique et respiratoire et des taux de méthanol et d’éthanol à 80mg/dl et 0,47g/l, respectivement. Quelques jours avant son hospitalisation, le patient buvait de grandes quantités de jus de fruit et de lait. Les auteurs concluent que la consommation excessive d’aspartame et de ses métabolites peut être la cause d’un empoisonnement au méthanol qui a été envisagée pour ce patient.
II. Etudes in vitro
- Athérosclérose
Jang W, Jeoung NH, Cho KH. Modified apolipoprotein (apo) A-I by artificial sweetener causes severe premature cellular senescence and atherosclerosis with impairment of functional and structural properties of apoA-I in lipid-free and lipid-bound state. Mol Cells. 2011 Apr 21. [Epub ahead of print]
School of Biotechnology, Yeungnam University, Gyeongsan, 712-749, Korea.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21533907
En bref :
Les résultats de cette étude montrent que l’aspartame altère in vitro l’intégrité des HDL et favorise l’internalisation des LDL athérogéniques dans les macrophages. Les auteurs émettent l’hypothèse que la consommation à long terme d’aspartame pourrait accélérer l’athérosclérose et le vieillissement cellulaire.
« Goutons un monde meilleur »
L’alimentation est au cœur des préoccupations des consommateurs. Risques sanitaires, résidus chimiques, conditions de production opaques, accès à l’alimentation pour les populations les plus fragiles : les motifs d’inquiétudes et de questionnements sont nombreux.
L’association Max Havelaar France, en collaboration avec WWF France, Slow Food, le Comité Français pour la Solidarité Internationale et le Réseau Environnement Santé, entend réaffirmer que la qualité de notre alimentation est avant tout un choix individuel aux conséquences multiples pour les autres et la planète. C’est en ce sens que la campagne nationale « Goûtons un monde meilleur » appelle les citoyens à s’engager vers une alimentation plus respectueuse des Hommes et de la Nature.
A travers un site Internet www.goutonsunmondemeilleur.fr et un conso guide « Mieux manger en 6 gestes», la campagne apporte des solutions concrètes aux consommateurs, faisant de l’acte d’achat un engagement profitable pour soi mais pas seulement ! Son fondement : montrer qu’avenir, environnement, santé, solidarité et plaisir peuvent s’allier et se compléter dans nos assiettes.
Le collectif d’organisations lancera officiellement la campagne lors du salon Euro Gusto à Tours le 19 novembre prochain. Rendez-vous européen du mouvement Slow Food dédié à la consommation responsable et au goût, les partenaires y prendront la parole au cours d’une table ronde et présenteront aux journalistes et visiteurs les fondements de la campagne, ses objectifs et les outils qui accompagneront les consommateurs.
Lettre ouverte à Xavier Bertrand
A l’occasion de la journée mondiale de la prématurité, le RES a envoyé un courrier à Xavier Bertrand accompagnée d’une note de cadrage sur le lien entre prématurité et boissons light gazeuses (lire la note de cadrage)

Réseau Environnement Santé
148 rue du Faubourg Saint-Denis
75010 Paris
Paris, 15 novembre 2011,
Monsieur Xavier BERTRAND
Ministre de la santé
Ministère de la Santé et du Travail
Objet : Aspartame – Les dangers pour la femme enceinte
Monsieur le Ministre,
Le 16 octobre 2011, vous avez affirmé à propos de l’aspartame : « s’il y avait un rapport qui disait clairement « cela représente un danger, il faut retirer », je n’hésiterais pas à le faire, mais ce n’est pas le cas ». Il y a un an, une étude réalisée auprès de 60 000 femmes enceintes par une équipe danoise mettait en évidence un taux plus élevé de naissance prématurée tardive (soit entre les 32 e et 36 e semaines d’aménorrhée), proportionnel à la consommation de boissons gazeuses avec édulcorants.
Depuis la publication de l’étude danoise, plusieurs études sont venues confirmer les risques pour la santé consécutifs à la naissance prématurée tardive, dont vous trouverez l’analyse dans la note ci-jointe. Vous avez déclaré, à propos de l’affaire du Mediator, que le doute devait désormais profiter au malade. Dans le cas présent, il nous semble que le doute devrait profiter au consommateur.
Plus de 12 mois se sont déjà écoulés, soit environ 700 000 naissances supplémentaires sans que les mères n’aient été alertées du risque. Les données scientifiques sont suffisantes pour agir, c’est-à-dire, à tout le moins, pour diffuser des conseils de prudence auprès des femmes enceintes.
Nous vous prions d’agréer Monsieur, l’expression de nos sentiments dévoués à la cause de la santé environnementale.
Dr Laurent Chevallier
Responsable commission alimentation du RES
André Cicolella
Président et porte-parole du RES
PS : Nous vous rappelons par ailleurs notre demande que l’actuelle Dose Journalière Admissible de l’aspartame soit définie scientifiquement et de façon transparente ce qui n’est pas le cas actuellement, car elle repose sur des études non publiées dans la littérature scientifique et dont il est avéré qu’elles ont été menées dans des conditions qui auraient dû normalement conduire à les invalider. La DJA devrait être calculée sur la base d’études respectant les critères scientifiques actuels comme celles mettant en évidence le caractère cancérogène de l’aspartame chez le rat et la souris, notamment à partir d’une exposition in utero. [1]
[1]. Note envoyée à l’ANSES en février 2011, disponible sur http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/11/REPONSE-RES-ANSES-Aspartame.pdf
Communiqué de presse (13 septembre 2011) : Des ONG demandent le renvoi de deux experts de l’EFSA qui n’ont pas déclaré leurs liens avec l’industrie agroalimentaire
De nouvelles recherches révèlent aujourd’hui d’autres conflits d’intérêts parmi les experts qui conseillent l’Autorité européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) sur la sécurité des additifs alimentaires, y compris l’aspartame [1].
L’enquête menée par l’Observatoire Européen de l’Entreprise (Corporate European Observatory CEO) et le Réseau Environnement Santé (RES) montre que deux des nouveaux experts, nommés par l’EFSA au sein du groupe scientifique chargé d’examiner les additifs alimentaires, ont omis de déclarer des activités de conseil pour l’Institut International des Sciences de la Vie (ILSI – International Life Sciences Institute), un groupe de réflexion et de pression financé par l’industrie agroalimentaire.
Le CEO et le RES ont écrit à l’EFSA pour exiger le renvoi des deux experts. Ils ont aussi écrit au commissaire de l’UE, Maroš Šefčovič, pour l’exhorter à mettre en place de nouvelles règles, plus strictes, pour régir les conflits d’intérêts au sein des agences de l’UE [2].
Selon ces nouvelles recherches, Ricardo Crebelli, directeur de recherche à l’Institut italien de la Santé, et Ursula Gundert-Remy, ancien expert médical à l’Institut Fédéral allemand pour l’Evaluation des Risques, ont été conseillers de l’ILSI au cours des cinq dernières années. Ursula Gundert-Remy a été nommée conseillère scientifique à la Fondation pour la Recherche de l’ILSI à Washington en 2005, et Riccardo Crebelli a été membre d’un comité scientifique sur la sécurité des emballages alimentaires mis en place par l’ILSI en 2008.
Les nouvelles preuves font suite à des cas d’abus de confiance similaires dévoilés en juin dernier. Quatre membres du même groupe scientifique de l’EFSA ont « actualisé » leur déclaration d’intérêts à la suite d’un rapport du CEO qui révèle leurs activités de consultant pour l’ILSI [3]. Ce rapport indique également que 11 des 20 experts du groupe ont un conflit d’intérêts tel que défini par l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE). Lire la suite de cette entrée »
Tribune dans le Monde – 19 juillet 2011 : « Produits bio : nouvelle cible de la sécurité alimentaire »
On peut comprendre que les crises sanitaires récentes liées aux intoxications par des souches particulièrement virulentes de la bactrérie E. coli, et que la mise en cause du bio à leur propos, jettent un doute sur la sécurité sanitaire des produits bio. Un doute cependant totalement injustifié.
Pour les concombres, on sait qu’il s’agissait tout simplement d’une erreur de l’administration allemande. Certains en ont malgré tout profité pour incriminer le bio. Pour les graines germées, la ferme allemande soupçonnée au départ a été totalement mise hors de cause comme source de contamination. Selon le communiqué de l’ Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa), les responsables seraient des graines de fenugrec venues d’Egypte, dont l’origine exacte n’a pas été précisée. Par ailleurs, pour ce qui est des intoxications françaises, le parcours des graines depuis l’Egypte jusqu’au Jardiland de Bègles laisse perplexe : Anvers, Rotterdam, l’Allemagne, l’Angleterre et enfin la France. Pas vraiment un circuit court ! Autre évidence, rarement soulignée : le problème, ce n’est pas le bio, ce sont les graines germées.
Avec le bifteck haché, on sait en effet que ces dernières figurent parmi les principaux aliments à risque en matière de contaminations microbiennes, et que les intoxications par les graines germées sont relativement fréquentes dans le monde. Pendant la germination, les graines se trouvent en effet plusieurs jours dans une atmosphère chaude et humide, conditions idéales pour une multiplication rapide des bactéries. Ce qui, pensons-nous, ne justifie pas pour autant le conseil donné par les autorités françaises de ne pas consommer de graines germées, qui sont d’excellentes sources de vitamines. Il suffit en effet d’observer des règles d’hygiène strictes, ce que font les entreprises françaises qui en commercialisent puisqu’en France – contrairement aux Etats-Unis – on n’avait jusqu’à maintenant jamais observé d’intoxications graves par ces aliments.
Dossier Aspartame, de multiples échanges…
Depuis quelques mois, de nombreux courriers ont été échangés sur le dossier aspartame entre le RES, le Commission Européenne, l’ANSES, l’EFSA et le CEO.
- Courrier du 27 juillet de la Commission Européenne au RES
- Courrier du 13 juillet du RES à la Commission
- Courrier du 6 juillet de la Commission au RES
- Courrier du 1er juillet du CEO à l’EFSA (Version française)
- Courrier du 24 juin de l’EFSA au CEO (Version française)
Communiqué de presse (13 juillet 2011) : La DJA de l’Aspartame réévaluée pour septembre 2011
La DJA de l’Aspartame réévaluée pour septembre 2011 : l’actuelle DJA doit donc être considérée officiellement comme caduque
Le Réseau Environnement Santé (RES) vient de recevoir en date du 6 juillet une réponse de la Commission Européenne (Direction générale de la santé et des consommateurs-DG SANCO) suite à sa demande d’annulation de l’actuelle DJA, en raison de la non publication et de la qualité douteuse des études ayant servi à fixer cette DJA.
La DG SANCO reconnaît de fait l’urgence d’établir une nouvelle DJA en annonçant maintenant une réévaluation complète pour septembre 2011. Rappelons que cette évaluation n’était prévue initialement qu’en 2020 et avait été avancée suite aux courriers du RES à juillet 2012.
Dans ce courrier, la DG SANCO nous informe par ailleurs que « la Commission a transmis une copie des dossiers qui sont en sa possession et qui ont été recueillis auprès des archives historiques de la Commission à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ainsi qu’à Madame Lepage, Madame Liotard et à Monsieur Chountis, Membres du Parlement européen. (…) La Commission confirme également que les études originales, comprenant les données brutes ont été transmises à l’EFSA par l’industrie, suite à un appel public pour recueillir des données scientifiques ».
Le RES dans les médias : Aperçu au 30-06-11
- Le Quotidien du Médecin : Aspartame : 3 parlementaires demandent une réévaluation immédiate (29-06-2011)
- JIM- Journal International de Médecine : Mais où sont passées les études qui ont servi à autoriser l’aspartame ? (30-06-11)
- Novethic : Aspartame : l’indépendance des experts remise en question (30-06-11)
- L’Express : Aspartame: « Il faut réévaluer la dose journalière admissible » (29-06-11)
- Rue 89 : Etudes bidon, conflits d’intérêts : l’aspartame dans de sales draps (27-06-11)
- Principes de Santé : L’Europe face à l’aspartame (05 juin 2011)
- Romandie : Aspartame: des normes fixées sans référence à des études scientifiques (29-06-11)
- ActuSoins : Aspartame : nouvelles remises en cause (29-06-11)
- Destination Santé : Aspartame : le débat continue, les données restent les mêmes (29-06-11)
…..
- Univers Nature : Distilbène : le médicament reconnu responsable du handicap d’un petit-fils (15-06-2011)
-Natura Vox : Perturbateurs Endocriniens : Les pouvoirs publics doivent agir sans attendre (17-06-11)
Le CEO denonce les conflits d’intérêts
Le CEO (Corporate Europe Observatory) a récemment publié un rapport dénonçant les conflits d’intérêts au sein de la commission additif de l’EFSA. Sur les 20 membres de cette commission 11 sont en situation de conflits d’intérêts.
Communiqué de presse (26 mai 2011) – ASPARTAME : Les études ayant servi à fixer la DJA (Dose Journalière Admissible) sont « introuvables » selon l’Agence Européenne de La Sécurité Alimentaire (EFSA)
Le Réseau Environnement Santé (RES) vient de recevoir une réponse en date du 24 mai de l’agence sanitaire européenne pour l’alimentation (EFSA) à sa demande d’obtenir communication des études sur lesquelles repose la DJA (Dose Journalière Admissible) de l’aspartame.
Mr Hugues Kenigswald, chef de l’unité responsable du dossier écrit dans cette lettre : « L’EFSA ne dispose pas du dossier de demande d’autorisation de l’aspartame en Europe [...] les contacts que nous avons eu à ce sujet avec nos collègues de la Commission Européenne semblent indiquer que la Commission européenne ne dispose plus de ce dossier ». Lire le courrier de l’EFSA.
Rappelons les faits :
1. Les études qui fondent la DJA n’ont jamais été publiées dans une revue scientifique
La DJA a été fixée à 40 mg/kg/J en 1980 par le JEFCA (Comité mixte FAO/OMS d’experts des additifs alimentaires) [1] (« La dose sans effet a été évaluée d’après les études sur l’animal, à 4 g/kg. La DJA pour l’aspartame a été fixée à 40 mg/kg »). L’AFSSA, dans son rapport de 2002, fait référence à 3 études expérimentales de cancérogénicité, dont 2 publiées avant 1980, qui sont donc celles qui ont servi à définir la DJA de 40 mg/kg/j[2] . L’EFSA a repris en 2002 la position de l’AFSSA.
Ni le JEFCA, ni l’AFSSA, ni l’EFSA ne donnent une référence de publication dans des journaux scientifiques. La seule référence fournie est celle de l’agence américaine FDA. Le RES a demandé à l’ANSES communication de ces études, sans avoir reçu de réponse à ce jour.
2. Ces études ont été menées dans des conditions qui devraient conduire à les invalider :
Une responsable de la FDA américaine Jacqueline Verrett a témoigné sous serment devant le congrès américain en 1989 sur la qualité des études soumises :[3]
« Aucun protocole n’était écrit avant que l’étude ne soit mise en route ; les animaux n’étaient pas étiquetés de façon permanente pour éviter des mélanges [...] il y avait un mesurage sporadique de la consommation alimentaire et/ou un report inadéquat de la consommation et du poids des animaux ; des tumeurs étaient enlevées et les animaux étaient remis dans l’étude ; des animaux étaient enregistrés comme morts, mais des enregistrements ultérieurs les classaient comme vivants [...] Au moins une de ces aberrations auraient suffi à annuler cette étude destinée à évaluer un additif alimentaire [...].Il est impensable que n’importe quel toxicologue, après une évaluation objective des données résultant d’une telle étude puisse conclure autre chose que l’étude était ininterprétable et sans valeur et qu’elle devrait être refaite ».
La vidéo de ce témoignage est visible dans le documentaire de Marie-Monique Robin diffusé sur Arte en mars dernier « Notre poison quotidien » Ce témoignage a été rappelé par le RES à Mr Kenigswald, ce qui n’a suscité aucune remarque de sa part.
3. 3 études de cancérogénèse ont été publiées depuis 2006 par l’Institut Ramazzini qui montrent un effet cancérogène chez le rat et la souris, notamment à partir de doses proches de la consommation humaine. Ces études ont été publiées dans les meilleures revues scientifiques. Elles ont été néanmoins écartées par l’AFSSA, puis l’ANSES, et l’EFSA encore récemment au motif de faiblesses méthodologiques.
4. La consommation de boissons avec édulcorant peut induire un risque d’accouchement prématuré selon une étude prospective portant sur 59 334 femmes danoises enceintes. Le risque d’accouchement prématuré existe pour une consommation quotidienne d’au moins une boisson gazeuse light. Un tel résultat n’est pas observé avec les boissons sucrées.
En conclusion :
Le RES demande à l’ANSES et à l’EFSA de cesser de prendre appui sur des études non publiées, « introuvables » et de qualité douteuse pour fixer la DJA de l’aspartame.
Le RES prend acte de l’annonce faite par l’EFSA d’étudier ce dossier avec une réévaluation attendue « d’ici l’été 2012 ».
D’ici là le RES réitère sa demande que des recommandations officielles soient données pour les femmes enceintes tels que proposés dans le communiqué du 24 mai 2011 signés par des sages femmes, médecins et universitaires : « Il existe suffisamment d’éléments en terme de bénéfice /risque pour déconseiller aux femmes enceintes de consommer quotidiennement des édulcorants intenses pendant la grossesse ».
[1] Evaluation de certains additifs alimentaires 24ème rapport du comité mixte FAO/OMS d’experts des additifs alimentaires n° 653 (1980)
[2] RAPPORT de l’Agence française de Sécurité Sanitaire des Aliments sur la question d’un éventuel lien entre exposition à l’aspartame et tumeurs du cerveau (2002)
[3] Devra Davis « The secret history of the war on cancer” p 421 (Basic Books Ed New York 2007)
Lire les courriers de l’EFSA et de l’ANSES sur cette question.
Aspartame : Bulletin de veille scientifique n° 1
RISQUES LIES A L’ASPARTAME :
ARTICLES PARUS DE JANVIER A MARS 2011
DANS LA LITTERATURE SCIENTIFIQUE (Source PubMed)
ANALYSE GÉNÉRALE
A. EFFETS CHEZ L’HOMME :
● Effets physiopathologiques :
- Régression complète et sans récidive après arrêt de la consommation d’aspartame de deux cas de fibromyalgie et douleurs rhumastismales qui étaient en échec thérapeutique.
- Les édulcorants artificiels n’affectent pas la sécrétion de peptides gastro-intestinaux et ont un effet minime sur l’appétit.
● Effets in vitro :
- L’aspartame ajouté à faibles doses sur des cellules endothéliales humaines induit la production de cytokines prolifératives conduisant à l’activation de voies de signalisation inflammatoires et à la formation de néo-vaisseaux sanguins.
B. EFFETS CHEZ L’ANIMAL :
● Chez le rat :
- La consommation à long terme d’aspartame entraîne des lésions hépato-cellulaires et des modifications de la capacité antioxydante du foie.
● Chez le rat et la souris :
- L’aspartame a un effet antipyrétique et confirme son effet analgésique. Des études supplémentaires sur ces effets biologiques sont nécessaires.
● Chez la souris :
- L’aspartame retarde l’apparition de l’ostéo-arthrose, améliore la densité osseuse corticale ainsi que la masse musculaire.
C. REVUE GÉNÉRALE SUR L’ASPARTAME
- Identification de 11 excipients pouvant avoir un impact sanitaire dans les médicaments oraux pour des indications gastro-intestinales. Les patients à risque devraient pouvoir bénéficier de produits de substitution ne contenant pas ces excipients.
Le doute sur les édulcorants subsiste
Après avoir conclu que les deux études mettant en cause l’innocuité de l’aspartame ne justifiaient pas une révision des évaluations précédentes de l’aspartame, l’ANSES et l’EFSA revoient leurs positions. Un groupe de travail va être mis en place afin d’évaluer les bénéfices et les risques nutritionnels des édulcorants intenses et la nécessité éventuelle d’élaborer des recommandations. Le Dr Laurent Chevallier du Réseau Environnement Santé (RES) ,qui a été étendu lors d’une audition publique au parlement européen, s’interroge.
« ÉDULCORANTS artificiels : Faut-il avoir peur de l’aspartame ? » Tel est le thème de l’audition publique organisée au Parlement européen le 16 mars dernier par Corinne Lepage et Antonyia Parvanona. Les deux eurodéputées de l’Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe (ADLE) entendaient ainsi lancer le débat au niveau européen en donnant la parole aux scientifiques auteurs des études qui ont récemment suscité les doutes sur l’innocuité de l’aspartame, les Drs Morando Soffritti (Italie) et Thorhallur Halldorsson (Danemark), aux représentants de l’agence sanitaire européenne (EFSA ou European food safety authority), aux industriels des édulcorants et de l’agroalimentaire mais aussi aux lanceurs d’alerte comme ceux du RES. Lire la suite de cette entrée »
Communiqué de Presse (1er Mars 2011) – Aspartame : Réponse du RES et de Générations Futures à la déclaration de l’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA)

Réponse à la déclaration de l’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA) sur deux études relatives à la sécurité des édulcorants artificiels : une nouvelle démonstration des faiblesses de la déontologie de cette agence.
L’EFSA a examiné les 2 études que le RES avait signalées comme particulièrement importantes concernant la toxicité de l’aspartame et des édulcorants. L’EFSA continue de nier l’évidence des faits scientifiques et recourt à des artifices pour ne toujours pas changer sa position.
- sur l’étude de l’Institut Ramazzini montrant pour la 3ème fois un effet cancérogène suite à une exposition de la souris mâle à l’aspartame, l’EFSA répond que le type de tumeurs et l’incidence des tumeurs rapportées apparaissent spontanément à des taux élevés chez la souris mâle et que « l’incidence accrue de ces tumeurs chez les souris exposées à l’aspartame dans l’alimentation, bien que statistiquement significative, restait dans la fourchette de contrôle historique pour ces tumeurs chez ces souris ». C’est évidemment la situation habituelle dans ce type d’étude. Il y a des fluctuations inexpliquées lors de chaque expérience et c’est bien pour cela que l’on incorpore toujours un groupe témoin dans une expérience. Il serait contraire à la déontologie habituelle en toxicologie de juger l’impact d’une exposition à un toxique par rapport à une « fourchette de contrôle historique ».
Il est stupéfiant que l’EFSA continue de repousser pour la 3ème fois une étude de cancérogénicité positive, mais ne remette pas en cause sa DJA fondée sur 2 études datant de 1973 et 1974 qui n’ont JAMAIS été publiées. Le RES demande que toutes les études soient évaluées avec la même grille d’analyse.
- sur l’étude danoise dont les résultats montrent que la consommation quotidienne de boissons light est associée à un risque accru d’accouchement prématuré lié à un déclenchement médical, nécessairement secondaire à une anomalie des paramètres de surveillance de la grossesse, l’EFSA répond que « L’étude épidémiologique, en elle-même, ne peut établir une relation de cause à effet entre la prise d’édulcorants artificiels et le risque d’accouchement prématuré ». C’est évidemment le cas pour TOUTES les études épidémiologiques. L’EFSA ne mentionne pas l’effet dose observé, ce qui est un des critères de Bradford-Hill utilisés par les épidémiologistes pour déterminer s’il y a relation de causalité.
Comme il est d’usage, les auteurs danois font référence à l’intérêt de disposer d’études complémentaires. D’un point de vue strictement scientifique, c’est évidemment compréhensible mais cela ne doit pas empêcher l’EFSA de prendre immédiatement des mesures simples de protection de la santé publique. Prenons acte que les experts par leur attentisme prennent individuellement une responsabilité qui pourrait ne pas être sans conséquences comme le rappellera le représentant du RES à l’audition publique du 16 mars sur l’aspartame qui aura lieu au Parlement Européen à Bruxelles.
L’EFSA confirme une fois encore ses déficiences du point de vue de la déontologie de l’expertise . Elle aurait du conclure que ces résultats sont suffisamment cohérents pour qu’un comportement de prudence soit recommandé aux femmes enceintes. L’EFSA ne remplit pas sa fonction de protection de la santé des Européens.
Aspartame : L’ANIA répond au RES
Suite à la conférence du Dr Morando Soffritti le 21 janvier dernier, le RES avait contacté les représentants institutionnels et industriels de l’aspartame.
L’Association Nationale des Industries Alimentaires nous a répondu, lire le courrier de l’ANIA.
Aspartame : Le RES répond à l’ANSES
Le RES a invité en janvier dernier le Dr Morando Soffritti pour présenter les derniers résultats acquis par son Institut sur la toxicité de l’aspartame. Cependant, l’ANSES formule certaines réserves et refuse de prendre en considération ses dernières études comme elle l’a indiqué sur son site Internet.
Le Réseau Environnement Santé lui répond et demande que l’ensemble des études de cancérogénicité publiées sur l’aspartame soient évaluées avec les mêmes critères et selon les règles actuelles de l’évaluation des risques.
Consulter la réponse adressée à Marc Mortureux, directeur général de l’ANSES.
Conférence du Dr Morando Soffritti : Réévaluer les risques de l’aspartame le 21 janvier 2011
Suite à la publication récente de nouvelles données expérimentales et épidémiologiques par l’équipe du Dr Morando Soffritti, le Réseau Environnement Santé et l’association Générations Futures organisent une conférence pour faire le point sur les risques liés à l’utilisation de l’aspartame dans notre alimentation.
En effet, en décembre 2010, le Dr Morando Soffritti a publié avec l’équipe du Centre de Recherche sur le Cancer Ramazzini de Bologne dans la revue de référence American Journal of Industrial Medicine, une 3ème publication mettant en évidence un effet cancérogène de l’aspartame. Ces résultats montrent la nécessité de réévaluer les risques liés à une substance utilisée régulièrement par 200 millions de personnes dans le monde.
Plus d’informations :
Les études du Dr Morando Soffritti, consultez sa présentation
Le dossier de présentation de la conférence
Suite à cette conférence, le RES a contacté les représentants institutionnels et industriels de l’aspartame. Retrouvez ces différentes lettres :



