CONVERGENCE CITOYENNE pour une transition énergétique
Fin aout s’est tenu à Lezan (30) à l’initiative des collectifs contre le gaz et huile de schiste, une convergence citoyenne. Durant 4 jours, du 25 au 28 août 2011, des ateliers, des tables rondes et témoignages, des idées ont permis la rédaction d’une déclaration afin d’avancer vers un quotidien moins énergivore en ressources fossiles, plus respectueux de la démocratie, de la santé et de l’environnement de notre terre et de ses habitants.
Une ruée aveugle ? Les gaz de schiste au centre des questions sanitaires chez l’Homme
Blind Rush? Shale Gas Boom Proceeds amid
Human Health Questions
Human Health Questions
Charles W. SCHMIDT[1]
Environmental Health Perspectives, volume 119 | number 8 | August 2011 •
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En préambule, cet article présente les enjeux économiques et stratégiques de l’exploitation des gaz de schistes. Il montre ensuite que la plupart des zones de forages sont à proximité des lieux de résidence en prenant comme exemple la zone de Fort Worth près du Barnett Shale où existent près de 14.000 forages et où vivent 750.000 personnes avec les premières conséquences et débats publics concernant la fracturation hydraulique qui apparaissent. Les populations bien souvent n’ont pas eu conscience en vendant leur terrain des conséquences écologiques et sanitaires que cette exploitation pouvait engendrer et se retrouvent désormais impuissants devant les compagnies d’exploitation.
La nécessité de réaliser des études sanitaires
Les problèmes sanitaires rencontrés sont à ce jour limités à des témoignages individuels ou de groupes d’habitants mentionnant des maux de tête, saignement de nez, spasmes musculaires, étourdissements, diarrhées. Mais aucune étude scientifique rigoureuse n’a à ce jour été menée et les quelques recherches conduites ont donné des résultats controversés.
L’article prend exemple de la ville de Dish au Texas au milieu de l’exploitation de Barnett. Les habitants se plaignent de bruits, d’odeurs désagréables, de vibrations et de troubles de santé. Des analyses ont donc été réalisées par deux organismes ce qui leur a permis de détecter du disulfure de carbone (issu de la combinaison de méthane et de soufre), du méthyl-éthyl disulfure qui sont des irritants respiratoires, de la peau et des yeux à des niveaux de concentrations excédant les normes de qualité édictées par la Commission Environnementale du Texas. L’autre organisme a détecté aussi des niveaux élevés de benzène, xylènes et de naphtalène. Les services sanitaires du Texas ont donc entrepris de faire des analyses de sang chez les résidents de Dish. Les niveaux de certains polluants chimiques chez ces résidents n’étaient pas plus élevés que la moyenne observée dans 95% de la population américaine. Les niveaux élevés de benzène sont observés essentiellement chez les fumeurs de Dish. L’hypothèse d’une exposition à des polluants autres que ceux provenant des forages de gaz de schiste est donc avancée, bien que les auteurs soulignent que cette étude présente quelques faiblesses méthodologiques comme le fait qu’il n’y ait eu qu’un seul prélèvement, ce qui pourrait exclure des variations liées à des conditions météorologiques ou problèmes technologiques des plateformes de forages.
Du gaz dans l’eau – Une nouvelle étude remet en cause les forages d’extraction des Gaz de Schiste
Des concentrations élevées de méthane en moyenne 17 fois supérieures à la normale sont détectées dans 85% des puits d’eau potable situés à 1km de distance des forages (51/60). Grâce à des signatures isotopiques du méthane, les auteurs ont pu déterminer que celui-ci provenait de zones plus profondes de type thermogénique que celui produit dans des couches moins profondes de type mixte biogénique/thermogénique. Cette origine profonde (zones de fracturation) du méthane est confirmée par la présence d’autres gaz à chaine plus longue qui sont des marqueurs de la production profonde. Cependant, l’analyse de la composition chimique des eaux des puits ne montrent pas de contamination par des matières provenant des zones profondes de fracturation (chimiques, éléments radioactifs) ce qui éliminerait la possibilité que le méthane soit véhiculé par la migration des eaux de fracturation au travers des failles. D’autres mécanismes de la migration du méthane dans les puits sont discutés et celui le plus probable serait que des micro-failles se seraient créées permettant le passage du méthane vers les couches géologiques supérieures.
Gaz de schiste – les députés ont tranché !
La proposition de loi visant à réduire la possibilité d’exploiter des gaz de schiste en France a été adoptée à l’Assemblée Nationale. Le Sénat se prononcera à son tour le 1er juin.
Plus d’infos : http://schiste.owni.fr/2011/05/10/loi-contre-les-hydrocarbures-de-schiste-decryptage-dune-usine-a-gaz-huiles-off-shore-jaco/
Les RES tient également à attirer votre attention sur deux articles :
le premier de Theo Colborn aborde l’impact sanitaire potentiel des produits utilisés dans l’exploitation des gaz de schiste aux USA.
le deuxième de Finkel et Adam revient sur la nécessité de l’application du principe de précaution dans l’exploitation des gaz de schiste.
Gaz de schiste – Bilan Toxicologie / Chimie
L’association ATC (Association Toxicologie Chimie) a réalisé un bilan toxicologie-chimie concernant l’exploration et l’exploitation des huiles et gaz de schiste ou hydrocarbures de roche-mère par fracturation hydraulique.
Carte interactive du recensement des accidents provoqués par l’exploitation des GdS aux USA.
L’association américaine Earth Justice a recensé l’ensemble des accidents provoqués par l’exploitation des Gaz de Schiste sur le territoire.
Explosion d’un puits de gaz de schiste en Pennsylvanie
22 avril 2011
Des milliers de litres d’eaux usées, issues de forages, viennent de s’échapper d’un puits de gaz de schiste à Leroy, une ville américaine située en Pennsylvanie. L’explosion a eu lieu mardi 19 avril, peu avant minuit, lors d’une opération de fracturation hydraulique. Cette dernière consiste à effectuer des mini-séismes en injectant des millions de litres d’eau et de sable sous pression, chargés de produits chimiques. Des équipes de secours auraient réussi à stopper les écoulements le lendemain dans la soirée. Pour autant, ni la compagnie ni le Département pour la protection environnementale de l’État ne peuvent fournir une estimation de la quantité de liquide déversé. Quant aux sept familles résidant à proximité du puits, elles n’ont toujours pas regagné leur domicile, le puits n’étant pas totalement sous contrôle.
La compagnie Chesapeake Energy, qui exploite le puits, a expliqué que cet incident est dû à « une défaillance d’équipement ». L’entreprise a déjà reçu de la part du Département pour la protection de l’environnement 30 avis de violations pour ses opérations de forages, en 2011. En 2008, rapporte Citizenvoice, Chesapeake Energy a été citée 284 fois pour des violations, et a dû mettre en œuvre, à 58 reprises, des mesures demandées par des contrôleurs.
Cet accident survient alors que la mission d’étude en France sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des « hydrocarbures de roche-mère » – gaz et huiles de schiste – vient de remettre son rapport d’étape au gouvernement.
Sophie Chapelle
Gaz naturel : les Allemands inquiets pour leur santé
Par Sophie Chapelle (8 avril 2011)
Des sols et des nappes phréatiques pollués par du mercure et du benzène, du méthane dans l’eau du robinet… Les habitants de Basse-Saxe en Allemagne s’inquiètent des conséquences de l’extraction du gaz naturel par la société américaine ExxonMobil. D’autant que la multinationale envisage aujourd’hui d’explorer les gisements de gaz de schiste dans la région. 
La crainte monte en Basse-Saxe (Allemagne) alors que du mercure et du benzène ont été retrouvés dans le sol. Une équipe de la télévision allemande NDR a réalisé le 21 février dernier un reportage sur ce sujet. Parmi les habitants rencontrés, Erdwin Schoon, qui a retrouvé mortes les quelque 150 carpes de son étang, au printemps dernier. Chaque jour, il voit dépérir les arbres autour de chez lui. Ses études de sang sont alarmantes : elles révèlent un taux de mercure de 1,3 μg/l, alors que la norme est fixée à 0,7 μg/l. Un résultat sanguin semblable pour sa femme.
Erdwin Schoon réside avec sa famille à 200 mètres d’un champ gazier à Söhlingen. De chez lui, il aperçoit l’installation qui filtre les liquides toxiques provenant du gaz naturel. En janvier dernier, une conduite enterrée s’est partiellement corrodée. Résultat : le sol et les nappes phréatiques ont été pollués par du mercure et du benzène. Le responsable de ce champ gazier ? La multinationale américaine ExxonMobil.
Des pollutions suspectes
Reinhard Preil est lui aussi inquiet. Des conduites d’Exxon transportant des liquides et gaz toxiques passent sous son terrain. Ses arbres meurent les uns après les autres. Autre fait marquant : du méthane, relevé dans l’eau, sort des robinets des maisons situées à proximité des champs d’extraction de gaz naturel. Une histoire qui rappelle les images du documentaire Gasland, sur l’exploitation des gaz de schiste aux États-Unis. Selon le toxicologue Hermann Kruse, il est essentiel d’évaluer rapidement l’impact sanitaire de cette méthode d’extraction du gaz, car « il n’est pas admissible qu’on en arrive à des manifestations cliniques visibles sur la population ».
Du côté d’Exxon Mobil, on assure lors de réunions publiques ne pas avoir eu de précédent en ce sens. Mais cela ne suffit pas à rassurer les résidents de Lünne, dans le district d’Emsland : Exxon projette d’y réaliser des forages, cette fois pour du gaz de schiste. La multinationale a obtenu des concessions pour explorer ce gaz non conventionnel en Basse-Saxe et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
Pour Hermann Kruse, les concentrations élevées de benzène relevées dans le sang des habitants prouvent le présence d’une source de benzène sous terre, car normalement, on ne trouve pas de benzène dans le sang. Il préconise, pour éviter des préjudices plus importants, le tarissement de cette source. Ce qui ne va pas dans le sens d’ExxonMobil, plus soucieuse de profit juteux que des risques sanitaires éventuels.
Exxon poursuit l’extraction du gaz
Seuls des prélèvements dans le sol et dans l’eau ont pour le moment été effectués en Basse-Saxe, à proximité des installations extractives. Quelques politiques ont réagi sur la question. Ils demandent notamment à la Landesbergamt, l’administration des mines de la Basse-Saxe, d’« entrer en action », en commençant par la réalisation d’études sur la qualité de l’air. Pointée du doigt car directement responsable de la surveillance d’Exxon, l’administration des mines a commencé l’examen de toutes les conduites en plastique dans la région.
En l’absence de preuves évidentes sur le lien entre les installations d’Exxon et la pollution des nappes et des sols, la multinationale américaine poursuit, comme si de rien n’était, l’extraction du gaz. Le problème a fait néanmoins suffisamment de vagues au cours des derniers mois, pour être inscrit désormais à l’agenda politique du Parlement régional. Et cela au moment où de nombreux pays européens connaissent des mobilisations contre l’exploitation des gaz de schiste, réputée encore plus polluante que celle du gaz conventionnel. Il semble que le slogan des républicains américains partisans d’une intensification des forages en 2008 « Drill, baby drill » [1] soit encore d’actualité. L’extractivisme a encore de beaux jours devant lui.
Sophie Chapelle
Notes
[1] Expression que l’on peut traduire par « Fore, chéri, fore. »
Source : http://www.bastamag.net/article1495.html
Les recommandations du BAPE au Québec sur les Gaz de Schiste
Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a rendu son rapport sur les Gaz de Schiste.
Communiqué de presse (2 mars 2011) – Gaz de Schiste : Un risque sanitaire
Le Réseau Environnement Santé fait part de son opposition aux projets d’exploration des gaz de schiste en raison du risque sanitaire qu’ils induisent :
- Pollution de l’eau : la technique de l’hydrofracturation sous forte pression utilisée pour extraire les gaz de schiste à de très grandes profondeurs (2-3000m) emploie de l’eau, du sable et des produits chimiques. Sur les 944 produits chimiques identifiés utilisés comme acides, bactéricides, fragmenteurs, stabilisateurs d’argile, réducteurs de corrosion, moussants, anti-moussants, agents de soutènement…. la composition complète n’est connue que dans 14% des cas, mais, sur cet échantillon, près de la moitié des substances chimiques composant ces produits sont des perturbateurs endocriniens et autres produits classés CMR (Cancérigène, Mutagène Reprotoxique)[1]. Le risque de contamination des nappes phréatiques est réel, puisque 40% de l’eau injectée est perdue et que des problèmes de fuites ont déjà été mis en évidence aux USA, où ces procédés sont utilisés depuis une dizaine d’années. L’Etat de New-York a d’ailleurs demandé un moratoire par crainte d’une pollution irréversible de l’eau potable qui alimente New York. Il vient d’être révélé que des minerais radioactifs présents dans les couches profondes pouvaient être entrainés dans les eaux de forage récupérées[2].
- Pollution de l’air : des pollutions liées aux torchères de gaz sont constatées. Les eaux de forages récupérées (environ 60%) et stockées dans des bassins de décantation à ciel ouvert favorisent l’évaporation de substances volatiles entrainant une pollution chimique qui pourrait être dommageable pour la santé des populations riveraines au vue de ce qui a déjà rapporté dans les zones de forage (troubles respiratoires, allergies, maux de tête, pelades et décès prématurés chez le bétail). De plus, l’important trafic journalier des camions utilisés pour amener l’eau, le sable, les produits chimiques et ramener le gaz et les eaux polluées, apporte aussi son lot de pollutions et de nuisances (bruit, sécurité, …).
Le RES condamne une politique énergétique qui consiste à piller les dernières ressources fossiles pour une justification énergétique non débattue démocratiquement, au risque de souiller irréversiblement des ressources en eau qui nécessitent au contraire plus que jamais une politique de protection et de préservation. Le RES ne peut que s’opposer à cette technologie qui va ajouter de la pollution à la pollution. La recherche de solutions à la crise énergétique ne peut se faire sans prendre en considération le coût sanitaire. Cette question doit être clairement identifiée.
Le RES apporte son soutien à la coordination des collectifs régionaux mise en place pour empêcher l’installation des puits de forage de gaz de schiste.
[2]. http://www.journaldelenvironnement.net/article/gaz-de-schiste-et-en-plus-c-est-radioactif,21825
La position de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux
Plusieurs Parcs naturels régionaux se trouvent actuellement confrontés à des autorisations d’exploration et de recherche de gaz de schiste sur leurs territoires.
Consultez le point de vue de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux
Enquête du New York Times : Contamination radioactive des eaux issues du forage de gaz de schiste
Le journal New York Times a publié un article documenté sur la contamination radioactive dans les eaux usées issues du forage de gaz de schiste en Pennsylvanie. 42 puits excèderaient la limite fédérale autorisée (jusqu’à 1500 fois) du radium contenu dans l’eau potable.
Gasdland, un film pour en savoir plus
Un résumé de 20 min du film Gasland (103 min) réalisé par Josh Fox nominé aux Oscars. Il décrit et montre les graves problèmes de contamination de l’eau potable dans les zones proches des puits d’extraction des gaz de schiste.
Gaz de schiste et santé publique
Un rapport édité par l’Institut National de Santé du Québec sur les risques sanitaires liés à l’extraction des gaz de schiste :
EPA publie son rapport sur l’impact de l’extraction des gaz de schiste sur l’eau potable
L’Agence de Protection de l’Environnement (EPA) aux USA a publié son programme de recherche soumis à un groupe d’experts scientifiques indépendants le Science Advisory Board (SAB) sur l’impact de l’extraction des gaz de schiste sur l’eau potable : «Draft Plan to Study the Potential Impacts of Hydraulic Fracturing on Drinking Water Resources ».
L’objectif de cette recherche proposée depuis mars 2010 mais rendue publique début février 2011 est d’évaluer les risques de contamination des nappes aquifères à toutes les étapes de l’extraction des gaz. Le SAB rendra son avis vers le 7 mars 2011 en tenant compte des avis qui lui seront communiqués par les industriels et le public. L’EPA révisera son programme d’études en fonction de ces remarques et rendra publique les résultats des recherches vers la fin 2012 avec comme objectif un rapport complémentaire en 2014.
Gaz non conventionnels, attention danger !
Un document écrit par Eric Delhaye sur la technologie des gaz de schiste, ses enjeux et ses risques environnementaux et sanitaires.


