Journée Mondiale de l’Environnement : Parlons Santé !
La Mutuelle Familiale et le Réseau Environnement Santé souhaitent parler santé et notamment perturbateurs endocriniens dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Environnement avec la projection du documentaire « La grande invasion » de Stéphane Horel, suivi d’un débat animé par un membre du RES, à :
Thourotte (60) le 4 juin 2012 avec François Veillerette
Conflans-en-Jarnisy (54) le 5 juin 2012 avec Aldino Izzi
Lorient (56) le 5 juin 2012 avec Jean-François Deleume
Paris (75) le 5 juin 2012 avec André Cicolella
Reims (51) le 5 juin 2012 avec Marianne Buhler
Lons-le-Saulnier (39) le 6 juin 2012 avec Yannick Vicaire
Des scientifiques reconnus, comme Shana Swann, Ana Soto, Niels Skakkebaek, Linda Birnbaum… interviennent dans ce documentaire qui montre au grand public les liens entre imprégnation chimique et maladies chroniques, du cancer du sein à l’obésité.
Le constat, plutôt grave, n’empêche pas le film de prendre le parti du second degré. Oscillant entre humour grinçant et poésie, des animations en papier
s collés montrent les destins parallèles des humains et des animaux de laboratoire.
Dans l’après-midi, dans certaines régions, seront proposées des animations en faveur d’une alimentation respectueuse de la santé et de l’environnement.
L’entrée est libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.
Informations : Mutuelle Familiale : 01.55.33.40.18, prevention@mutuelle-familiale.fr
7eme Programme d’action pour l’environnement : 12 ONG interpellent les ministres européens de l’environnement
7eme Programme d’action pour l’environnement : 12 ONG interpellent les ministres européens de l’environnement (en France, le 1er ministre) pour réaffirmer l’objectif d’une UE sans substance dangereuse d’ici 2020 et souligner l’urgence à protéger la santé et l’environnement des perturbateurs endocriniens , des nanomatériaux et de l’effet cocktail. Les ONG invitent les ministres à élaborer un mécanisme d’auto-financement de la gestion des substances dangereuses, conforme au principe pollueur-payeur, pour soulager les contribuables et inciter les industriels à concevoir et adopter des solutions de substitution.
Conférence (10 avril 2012) – Hold-up sur la fertilité !
Omniprésents dans notre quotidien les phtalates soulèvent depuis longtemps de nombreuses préoccupations et sont devenus emblématiques du débat autour de Reach, la nouvelle réglementation chimique communautaire. C’est aujourd’hui pour leur caractère de perturbateurs endocriniens (PE), et au vu des données nouvelles, que l’action réglementaire est plus que jamais nécessaire sur l’ensemble de cette famille de substances, comme sur l’ensemble des PE.
- Des sources d’expositions multiples (articles PVC, cosmétiques, médicaments, matériel médical, air intérieur…) conduisant à une imprégnation généralisée de la population et une exposition particulièrement critique pour le nourrisson prématuré,
- De nombreuses preuves expérimentales chez l’animal et/ou chez l’homme le liant aux 4 grandes familles de pathologies associées aux PE : cancers, troubles métaboliques, atteintes à la reproduction, troubles neurocomportementaux.
Face à cela, la réglementation actuelle est insuffisante. Au niveau français, les agences de sécurité sanitaire doivent se saisir des données existantes pour protéger la santé de tous. Au niveau européen, la révision de Reach doit permettre de combler les lacunes qui laissent cette situation de faillite réglementaire perdurer.
- Brochure d’informations sur les perturbateurs endocriniens
- Les différentes sources d’expositions aux phtalates
- Les phtalates : Effets sur la santé et exposition – Données scientifiques 2011
- Publications du Dr Shanna Swan : Sélection
- Hold-up sur la fertilité! – Retrouvez les enregistrements audio du colloque
Tribune dans Mediapart – Amalgames dentaires : un dossier plombé par les conflits d’intérêts
«17 tonnes [de mercure dentaire] sont placées chaque année dans la bouche des Français», dénoncent Michèle Rivasi, députée européenne (EE-LV), André Cicolella (chercheur), André Picot et Marie Grosman (experts) ainsi que Charlie Brown, André Lefranc, représentants d’associations engagées contre l’utilisation de «ce matériau très toxique». Selon eux, «l’Afssaps semble ici avoir choisi de défendre les intérêts privés d’une corporation plutôt que ceux de santé publique».
Après le Mediator, l’actualité récente a braqué ses projecteurs sur deux nouveaux scandales de santé: les prothèses PIP à base de silicones industrielles, qui présentent un taux de fuites et de ruptures élevé; et les prothèses de la hanche contenant du chrome et du cobalt, accusées de présenter des risques liés à la libération d’ions métalliques toxiques. Ces deux produits sont des dispositifs médicaux et, à ce titre, ils ne sont soumis à aucune autorisation de mise sur le marché (AMM). Ils sont donc implantés dans l’organisme sans avoir subi de tests toxicologiques adaptés.
Les matériaux dentaires sont aussi des dispositifs médicaux, implantés dans toutes les bouches. Le plus ancien et le plus fréquent d’entre eux est l’amalgame dentaire, couramment dénommé plombage, bien qu’il ne contienne aucune trace de plomb: des dizaines de millions de Français en portent. Peu d’entre eux pourtant savent qu’il est constitué pour moitié de mercure, métal hautement toxique. S’ils étaient soumis avant leur mise sur le marché à des études toxicologiques, comme le sont les médicaments et les pesticides, jamais les amalgames n’obtiendraient leur AMM: le mercure inorganique, sous ses différentes espèces chimiques, est en effet neurotoxique, néphrotoxique, immunotoxique, mais aussi génotoxique et perturbateur endocrinien. Certaines espèces chimiques du mercure sont classées cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), c’est-à-dire dangereuses pour notre génome et la reproduction. Ses propriétés et sa capacité à s’accumuler dans l’organisme tout au long de la vie, notamment dans le cerveau, expliquent qu’on l’ait peu à peu interdit dans une majorité de produits et procédés industriels.
Une réunion déterminante le 26 mars à Bruxelles
Dans le but d’abaisser drastiquement l’exposition des Européens à ce métal et à ses composés, l’Union européenne (UE) a adopté en 2005 une stratégie communautaire sur le mercure, qui est en cours de révision. Elle organise le 26 mars 2012 à Bruxelles une réunion qui sera déterminante pour l’avenir de l’amalgame dentaire. Les parties prenantes s’appuieront sur une «étude sur le potentiel de réduction de la pollution au mercure des amalgames dentaires et des piles» publiée le 5 mars dernier par une société d’expertise environnementale, Bio Intelligence Service (Biois). L’étude préconise la sortie de l’amalgame de l’UE entre 2013 et 2018. Elle rappelle que les plombages sont de loin les principaux contributeurs à la charge corporelle en mercure, qu’ils sont soupçonnés d’être impliqués dans la survenue de maladies neurologiques dont la maladie d’Alzheimer, des pathologies auto-immunes, des malformations de la descendance etc., et que les assistantes dentaires qui les manipulent peuvent en subir les conséquences. Le rapport insiste sur la pollution environnementale: les déchets d’amalgames européens représentent environ 50 tonnes/an, et contribuent fortement à la contamination de l’air, des eaux et du sol. Il affirme enfin que des alternatives efficaces et abordables sont disponibles et que leur longévité dépasse souvent celle des amalgames. Ce rapport fait suite à celui du Conseil de l’Europe (mai 2011) qui recommandait aussi d’en finir avec l’amalgame.
Communiqué de presse (20 mars 2012) – Obésité/Diabète: un 2nd rapport met en cause la pollution chimique
Programmés pour l’obésité et le diabète ?
Les perturbateurs endocriniens mis en cause dans un second rapport
L’association britannique CHEM Trust publie aujourd’hui un rapport intitulé « Panorama scientifique des liens entre exposition chimique et risques d’obésité et de diabète »[1], qui parvient aux mêmes conclusions que le rapport du RES « Evaluation du lien entre environnement chimique, obésité et diabète (ECOD) ».
Les auteurs du rapport CHEM Trust, les professeurs Miquel Porta et Duk-Hee Lee, ont passé en revue 240 publications scientifiques et dressent le même constat que le rapport ECOD publié par le Réseau Environnement Santé, mercredi dernier : le modèle énergétique (nutrition-sédentarité) ne suffit pas à expliquer les épidémies mondiales actuelles d’obésité et de diabète ; des substances chimiques polluantes obésogènes et diabétogènes sont également à l’œuvre.
Les auteurs, à l’instar du RES, insistent sur l’action délétère des perturbateurs endocriniens qui aux stades les plus vulnérables du développement peuvent programmer irréversiblement l’organisme humain à l’obésité et au diabète. « Il faut passer d’une approche centrée sur le mode de vie, le diagnostic et le traitement à une approche appliquant des mesures de prévention à toute la population, telles qu’une alimentation exempte de contaminants persistants et l’élimination de l’exposition à des produits chimiques impliqués dans l’obésité et le diabète » écrivent-ils.
« C’est le changement de paradigme en santé publique que nous appelons de nos vœux. Par leur contribution multiple aux grandes épidémies non-infectieuses (maladies métaboliques, cancers) et aux atteintes à la reproduction, les perturbateurs endocriniens sont à la fois une menace à appréhender d’urgence et une opportunité pour replacer prévention et précaution au cœur des politiques publiques » commente André Cicolella, Président du Réseau Environnement Santé.
Les frais de prise en charge du diabète représentent, à eux seuls, en moyenne 10% du budget santé des états européens. Il ne fait pas de doute que la prévention s’impose aussi du point de vue économique.
- Le résumé et les conclusions du rapport de CHEM Trust sont disponibles en français sur : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2012/03/resume_chemtrust_diabete_obesite.pdf
- La rapport de CHEM Trust « Panorama scientifique des liens entre exposition chimique et risques d’obésité et de diabète » disponible en anglais sur : http://www.chemtrust.org.uk/documents/CHEM%20Trust%20Obesity%20&%20Diabetes%20Full%20Report.pdf
- Les ONG européennes diffusent une brochure grand public sur les enjeux environnementaux des maladies métaboliques : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2012/03/Brochure_grand_public_diabete_obesite.pdf
- Rapport et dossier de presse du rapport ECOD du RES : http://reseau-environnement-sante.fr/2012/03/14/dossiers-par-themes/communique-de-presse-14-mars-2012-obesitediabete-ne-plus-sous-estimer-les-polluants-chimiques/
[1]. Titre original du rapport : “Review of the science linking chemical exposures to the human risk of obesity and diabetes”
Communiqué de presse (14 mars 2012) – Obésité/Diabète: ne plus sous-estimer les polluants chimiques
Rapport ECOD :
Agir contre les perturbateurs endocriniens, une piste de prévention
de l’obésité et du diabète à explorer d’urgence
Le Réseau Environnement Santé publie aujourd’hui le rapport ECOD qui dresse un panorama des données scientifiques disponibles sur les liens entre l’épidémie d’obésité et de diabète et l’exposition aux polluants chimiques.
Nous sommes aujourd’hui confrontés à une épidémie de maladies métaboliques.
L’Organisation Mondiale de la Santé estime à près de 700 millions le nombre de personnes obèses d’ici à 2015, avec une augmentation de 75% en 10 ans. En France, selon l’étude ObEpi (2009), 32% des plus de 18 ans, soit 14 millions de personnes, sont en surpoids et 14,5%, soit 6,5 millions, sont considérées comme obèses, cette proportion ayant doublé entre 1997 et 2009.
Le diabète est une des conséquences majeures de l’obésité, mais a aussi ses causes propres. En France, son incidence a presque doublé entre 2000 et 2008 et atteint près de 1,8 millions de personnes. Le coût annuel supplémentaire du diabète est en France de 1 milliard d’euros.
Depuis les années 80, les pouvoirs publics ont mis l’accent sur les mesures hygiéno-diététiques pour lutter contre l’obésité et le diabète, une alimentation trop riche et une sédentarité accrue étant retenues comme les deux facteurs de l’épidémie. Mais cette politique ne parvient pas à enrayer la croissance des maladies métaboliques.
La pollution chimique apparait comme un facteur explicatif complémentaire.
Le rapport du RES « Évaluation du lien entre environnement chimique, obésité et diabète (ECOD) » dresse un panorama des nombreuses études scientifiques qui mettent en évidence l’action perturbatrice de polluants chimiques diabétogènes et obésogènes sur le métabolisme glucido-lipidique. Parmi ces substances, plusieurs polluants organiques agissent par un mécanisme de perturbation endocrine. « Le tissu adipeux ne peut plus être considéré comme un simple lieu de stockage de réserve calorique, mais doit être également considéré comme un organe sous contrôle hormonal. A ce titre, il est donc susceptible d’être aussi la cible des perturbateurs endocriniens » explique Gilles Nalbone, directeur de recherche émérite à l’INSERM et membre du RES.
La prévention doit aussi porter sur l’exposition chimique
Actuellement la dimension pollution chimique/obésité/diabète n’est prise en compte dans aucun des plans nationaux de santé publique : le Plan National Santé Environnement (PNSE) ne se préoccupe pas d’alimentation ; le Plan National Nutrition Santé et le Plan Obésité ne se préoccupent pas de la pollution chimique. « Notre rapport vise à intéresser les autorités sanitaires à cette piste encore ignorée : les données sont aujourd’hui suffisantes pour prendre en considération la pollution chimique comme un axe complémentaire de lutte contre l’épidémie d’obésité et de diabète » déclare André Cicolella porte-parole du RES ; « c’est aussi une pierre de plus dans le jardin des législateurs français et européens pour agir globalement sur les perturbateurs endocriniens ».
Il faut aussi se préoccuper de la protection des malades du point de vue de leur exposition aux substances obésogènes et diabétogènes. Ceci devrait faire l’objet de recommandations de la part de la Haute Autorité de Santé complémentaires des mesures hygiéno-diététiques classiques.
Consultez le dossier de presse du rapport ECOD (en français)
Lire le rapport ECOD complet (en français)
Read English summary ECOD and table of matters
Communiqué de presse (9 mars 2012) – Des substances perturbatrices du système endocrinien dans des produits de consommation courante.
Une nouvelle étude américaine publiée le 8 mars met en évidence la présence de cocktails de substances perturbatrices du système endocrinien dans de nombreux produits de la vie quotidienne. Generations Futures demande une exposition 0 du public aux perturbateurs endocriniens (PE)!
L’étude : L’étude, publiée dans la revue de référence américaine, Environmental Health Perspectives, est centrée sur la recherche dans des produits de la vie courante de substances perturbatrices du système endocrinien et/ou pouvant être liées à l’asthme. Les scientifiques ont testé 213 produits commerciaux, aussi variés que de la litière pour chat, des tais d’oreiller, des rideaux de douche, des nettoyants de surface, du liquide vaisselle, du shampoing, du rouge à lèvre, du dentifrice, de la crème solaire….représentants 50 types de produits différents. Ils y ont recherchés des substances comme : des parabènes, des phtalates, le bisphénol A, le triclosan, les éthanolamines, des alkylphénols, des fragrances, des éthers de glycol, des cyclosiloxanes….
Les résultats ? 55 substances chimiques ont été retrouvées, ce qui montre une exposition du public à une gamme très large de polluants. Ainsi les produits en PVC contenaient plus de 10% de DEHP (un phtalate) et pourraient ainsi constituer une source importante de DEHP dans les intérieurs. Dans d’autres produits comme les produits parfumés, les crèmes solaires, les désodorisants… les concentrations et le nombre de substances trouvées étaient les plus élevés Certains produits qui ne contenaient pas les phtalates les plus courants présentaient d’autres congénères moins étudiés (mais également dotés de propriétés PE) – ce qui laisse suggérer des efforts de substitution mal éclairés.
L’étude conclut sur deux points :
- Les personnes étant exposées dans la vie de tous les jours à des mélanges complexes de polluants PE, il y a lieu de tester les mélanges pour évaluer leur toxicité, ce qui n’est pas fait actuellement.
- Les consommateurs pourraient éviter ces composés indésirables s’ils étaient informés par un étiquetage complet.
«Les européens sont eux aussi exposés à ces cocktails de perturbateurs endocriniens dans leur vie de tous les jours. Il serait intéressant de reproduire cette étude prospective sur les produits de consommation du marché européen. Générations Futures et le RES demandent au gouvernement qui sera désigné au lendemain du 6 mai de tout mettre en œuvre pour que la réglementation européenne prévoit une substitution systématique des produits chimiques perturbateurs endocriniens dans les produits de consommation courante, afin de protéger la santé du public, en particulier vis-à-vis de l’exposition dans la période périnatale. » déclare François VEILLERETTE, Porte Parole de Générations Futures.
«Les candidats à l’élection présidentielle doivent absolument comprendre que l’élimination de l’exposition aux PE est une mesure essentielle de santé publique, qui renforcera la prévention des pathologies chroniques et soulagera financièrement notre système d’assurance-maladie » ajoute André Cicolella, Président du Réseau Environnement Santé, « il faut fixer un objectif clair : l’absence de PE dans l’organisme des parents d’ici une génération, seule garante d’une exposition nulle de la génération suivante ».
Lien vers l’étude en anglais :
http://ehp03.niehs.nih.gov/article/info%3Adoi%2F10.1289%2Fehp.1104052#Ahead%20of%20Print%20%28AOP%29
Télécharger le communiqué de presse : en version pdf
Le rapport « Kortenkamp » fait le point sur l’évaluation des perturbateurs endocriniens
Une étude sur l’état de l’art de l’évaluation des perturbateurs endocriniens a été commandée par la Direction Générale de l’Environnement en 2009 afin de fournir une base pour :
1. l’élaboration de critères scientifiques pour l’identification des perturbateurs endocriniens, et
2. l’examen et la révision éventuelle de la stratégie communautaire sur les perturbateurs endocriniens.
Les objectifs de l’étude étaient les suivants :
1. examiner les connaissances scientifiques publiées dans la littérature au cours des 10 dernières années et dans les rapports de plus de 80 projets financés par FP ;
2. d’examiner les approches pour l’évaluation des perturbateurs endocriniens utilisés dans certains États membres, dans les grandes économies concurrentes en dehors de l’UE et dans les instances internationales;
3. tirer des conclusions et répondre aux questions de politique pertinentes.
L’étude a été finalisée par le contractant fin janvier 2012 :
- « State of the art assessment of endocrine disruptors » (en anglais)
- « Annex 1 : Summary of the state of the science » (en anglais)
- « Annex 2 : Summary of expert consultations on approaches to the regulatory assessment of endocrine disrupters » (en anglais)
- « Annex 3 : Comparative analysis of endpoints and assays by human health and wildlife endpoint » (en anglais)
Mercure : Bulletin de veille scientifique n°1
(Veille scientifique réalisée par l’association Non au Mercure Dentaire)
CHAMP DE L’INVESTIGATION
Cette veille scientifique a porté sur 34 études, dont 4 sont parues dans des revues dentaires. Elle ne s’est pas intéressée à tous les aspects de la toxicité du mercure contenu dans les amalgames dentaires. les auteurs se sont concentrés sur deux problématiques :
1) La contribution des amalgames dentaires à une intoxication au mercure
• 4 études n’observent pas de corrélation : 3 de ces études sont parues dans des revues dentaires.
• 1 étude, également parue dans une revue dentaire, entend montrer que les plaintes liées aux amalgames seraient le fait de personnes ayant vécu un événement stressant.
• 8 études mettent au contraire en évidence une corrélation.
• 1 étude s’intéresse à la pollution environnementale due aux amalgames, soulignant que le mercure n’est pas seul incriminé ; d’autres métaux, tels que l’argent, l’étain, le cuivre ou le zinc sont relargués dans l’environnement depuis les cabinets dentaires ; ces métaux ont ensuite un impact sanitaire.
Les sources de financement s’avèrent déterminantes : selon que l’étude paraît dans des revues dentaires (financées par les fabricants d’amalgames et affiliées à la FDI ou à l’IARC) ou dans des revues traitant spécifiquement de toxicologie ou d’environnement, on doit s’attendre à obtenir des résultats opposés – de même que les études sur les effets du tabagisme financées par des cigarettiers n’observaient aucune incidence du tabac sur les pathologies qu’on l’accusait d’occasionner.
2) Le lien entre mercure et diverses pathologies
Nous nous sommes principalement intéressés au mercure métallique, sans exclure cependant des études particulièrement significatives portant sur le chlorure de mercure (équivalent à Hg2+) ou le méthylmercure.
En 2011, sur 20 études recensées, 18 ont confirmé ou identifié une relation entre le mercure et un certain nombre de pathologies.
• 2 études n’observent pas de corrélation entre le mercure inorganique et la Sclérose Latérale Amyotrophique. L’une d’elles n’exclut pas, cependant, la possibilité que les métaux soient des facteurs étiologiques ; elle émet l’hypothèse que des facteurs génétiques entrent également en jeu.
• 6 études mettent en évidence la relation entre le mercure inorganique et l’autisme ou d’autres troubles du développement neurologique.
• 7 études montrent l’impact du mercure « même à de faibles doses », sur les maladies cardiovasculaires.
• 1 étude montre l’impact du mercure sur la stéatose hépatique.
• 1 étude montre l’impact du mercure sur le diabète.
• 1 étude montre l’impact du mercure sur la Sclérose en Plaques.
• 1 étude confirme que la femme enceinte transmet le mercure au fœtus ; 1 autre montre les effets neurotoxiques du mercure sur l’organisme en formation.
Communiqué de presse (9 février 2012) – BPA et Diabète : confirmations chez l’Homme
3 études récentes confirment que le Bisphénol A est impliqué dans le diabète de type 2 chez l’homme.
Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit pas assez d’insuline ou lorsque l’organisme n’est pas capable d’utiliser efficacement l’insuline qu’il produit. Il en résulte une concentration accrue de glucose dans le sang (hyperglycémie).
La responsabilité d’un certain nombre de substances chimiques dites « diabétogènes », dont le Bisphénol A, est de plus en plus mise en évidence. L’étude la plus récente a été publiée le 8 février dans la revue PLoS ONE (« action insulinotrope rapide des faibles doses de bisphénol-A sur des îlots de Langerhans de souris et humains : le rôle de récepteur des oestrogènes ») (Consultez l’étude) [1]. Les auteurs font partie de l’équipe du Dr Angel Nadal de l’Université Miguel Hernandez Elche à Alicante, Espagne, qui a déjà publié de nombreux travaux sur BPA, diabète et obésité.
Cette dernière étude montre qu’au niveau d’imprégnation en Bisphénol A correspondant à celui de la population humaine en général, on observe une libération d’insuline chez l’homme supérieure à celle induite chez la souris. Ce phénomène contribue au diabète de type 2.
L’étude apporte également la preuve que les résultats chez la souris peuvent être extrapolés à l’homme et que l’homme est plus sensible que la souris.
Les auteurs concluent que le BPA doit être considéré comme un facteur de risque de troubles métaboliques chez l’homme, ce que deux autres études récentes viennent de confirmer.
Une étude publiée également en février menée en Chine auprès de 3390 adultes âgés de 40 ans ou plus trouve une association significative entre imprégnation au Bisphénol A et obésité [2].
Une étude publiée en décembre menée aux Etats Unis sur la population du grand programme NHANES (National Health and Nutritional Examination Survey) 2003-2008 a montré que les diabétiques ont un niveau d’imprégnation plus élevé en bisphénol A [3]. L’association diabète-BPA était retrouvée chez les personnes de poids normal ou en surpoids, indépendamment des facteurs de risque traditionnel du diabète.
Compte-tenu de son utilisation dans le monde entier, le bisphénol A apparaît de plus en plus impliqué dans l’épidémie mondiale de diabète, au côté des facteurs classiques que sont alimentation et sédentarité. En 1995, le diabète touchait 30 millions dans le monde. Aujourd’hui il affecte aujourd’hui près de 220 millions de personnes et les prévisions sont de 366 millions d’ici 2030.
Au vu de ces nouvelles études, le RES presse instamment le gouvernement d’inscrire la loi BPA sur l’agenda du Sénat pour son adoption rapide avant la fin des sessions parlementaires.
Les autorités sanitaires françaises doivent aussi déployer plus de fermeté auprès de la Commission européenne et de l’agence européenne, l’EFSA pour que l’interdiction se généralise à l’échelle européenne. Enfin, ces études montrent qu’au-delà du BPA, il faut mettre la question des perturbateurs endocriniens au coeur des politiques de santé publique. Les PE apparaissent plus que jamais comme une clé essentielle pour agir sur la prévention des cancers, des désordres métaboliques (obésité-diabète), des troubles de la reproduction et neuro-comportementaux.
[1]. Soriano S, Alonso-Magdalena P, Garcı´a-Are´valo M, Novials A, Muhammed SJ, et al. (2012) Rapid Insulinotropic Action of Low Doses of Bisphenol-A on Mouse and Human Islets of Langerhans: Role of Estrogen Receptor b. PLoS ONE 7(2): e31109. doi:10.1371/journal.pone.0031109
[2]. Wang T, Li M, Chen B, Xu M, Xu Y, Huang Y, Lu J, Chen Y, Wang W, Li X, Liu Y, Bi Y, Lai S, Ning G. Urinary Bisphenol A (BPA) Concentration Associates with Obesity and Insulin Resistance. J Clin Endocrinol Metab. 2012 Feb;97(2):E223-7. Epub 2011 Nov 16.
[3]. Shankar A, Teppala S. Relationship between urinary bisphenol A levels and diabetes mellitus.
J Clin Endocrinol Metab. 2011 Dec;96(12):3822-6. Epub 2011 Sep 28.
Le RES se réjouit du vote des sénateurs belges pour l’interdiction du Bisphénol A
Le Sénat belge a approuvé jeudi l’extension à tous les contenants alimentaires pour bébés de l’interdiction du composé chimique Bisphénol A, édictée jusqu’ici par l’Europe pour les seuls biberons.
Le texte prévoit l’interdiction du commerce, de la mise en commerce et de la fabrication de contenants destinés aux denrées alimentaires pour les enfants de 0 à 3 ans et contenant du bisphénol A, un composé chimique controversé utilisé dans la fabrication de plastiques alimentaires.
Sont visés plus spécifiquement les pots alimentaires, boîtes de conserve, etc. L’interdiction sera d’application dès le 1er janvier 2013, ce qui permettra au secteur de prendre les dispositions utiles pour se conformer à la nouvelle législation.
« Les études montrent que les enfants sont particulièrement sensibles à ce produit qui peut induire des problèmes graves de santé comme une puberté précoce, des malformations génitales, des troubles comportementaux, voire des facilités de cancer », rappelle Philippe Mahoux.
Ce dernier souhaitait une interdiction très large. Un amendement du sénateur Jacques Brotchi (MR) l’a cependant limitée aux contenants destinés aux enfants de moins de 3 ans, la littérature scientifique ne confirmant aucune toxicité avérée au-delà de cet âge. « En période de crise, il n’est pas non plus opportun de bouleverser le secteur alimentaire belge », a ajouté M. Brotchi.
La portée limitée de l’interdiction a entraîné l’abstention d’Ecolo, qui reproche notamment au texte de ne pas prendre en considération le cas où la mère utilise de tels contenants, au risque d’une intoxication in utero ou via l’allaitement.
M. Mahoux a appelé à la poursuite de la recherche scientifique et à un travail de prévention à mener par les Communautés. Le texte doit encore passer à la Chambre.
Traitement des eaux usées : A Saint-Pourçain, on traitera aussi les résidus médicamenteux
Le traitement des eaux usées est un enjeu capital pour la préservation de l’environnement. Saint-Pourçain a décidé d’aller plus loin en construisant un équipement capable de traiter les micropolluants. Il sera le premier de ce type mis en service dans l’Hexagone.
Un étrange ballet de voitures commence à inquiéter les riverains de la rue de Rachailler. Un étrange ballet de curieux désireux, semble-t-il, d’en connaître un peu plus sur la future station d’épuration ultra-moderne et innovante mise en chantier depuis novembre et qui remplacera l’actuelle, totalement dépassée et hors normes.
« Il y a même des gens qui viennent de Paris », affirme Emmanuel Ferrand, l’adjoint à l’urbanisme et aménagement de l’espace, assainissement et réseaux, et patrimoine communal, en charge du projet.
Pour l’heure, seuls sont visibles les terrassements et les premières fondations des futurs locaux. Le plus intéressant arrivera un peu plus tard. Cette nouvelle station, construite par la société orléanaise Ternois, comprendra une partie classique du traitement des eaux, mais aussi un traitement des micropolluants, ceux qu’on appelle plus scientifiquement les perturbateurs endocriniens.
Cette nouvelle station d’épuration de Saint-Pourçain est pour l’heure le seul projet de ce type en construction en France. Il devrait être opérationnel dès cet automne.
1-Un traitement classique. L’actuelle station d’épuration n’est plus aux normes depuis 1996, notamment pour le traitement de l’azote et du phosphore. La nouvelle station comprendra une partie dite de traitement classique, pour l’azote et le phosphore. Elle sera d’une capacité de traitement équivalente à 9.000 habitants alors qu’actuellement, l’ancien équipement traite l’équivalent de 6.000 habitants : « Nous avons vu plus large, explique Emmanuel Ferrand, avec en perspective un développement de l’habitat sur la commune et surtout l’arrivée de nouvelles entreprises ».
Qui veut la peau du registre des malformations des nouveaux-nés ?
Le fait d’être exposé, in utero, à des substances toxiques (pesticides par exemple) constitue, on le sait, l’une des causes des maladies qui touchent la population dans son ensemble. Dans la région Rhône-Alpes, une petite équipe d’épidémiologistes et de statisticiens travaille quotidiennement à réunir des informations. Cela leur permet de détecter d’éventuelles épidémies de malformations et faire des recherches sur les facteurs de risques environnementaux.
Une décision soudaine, annoncée le 15 décembre par le Comité national des registres, vient mettre un coup d’arrêt brutal et inattendu au Registre des Malformations congénitales de Rhône-Alpes, qui existe depuis 1973 et cessera toute activité d’ici fin 2011. Les motifs avancés par l’InVS à l’appui de cette décision sont très allusifs et ne correspondent pas à la réalité.
Pourquoi veut-on détruire en France de tels outils de veille en santé-environnement ? Quand monte la température, pourquoi casser le thermomètre ? A qui profite cette décision brutale et incompréhensible ? Alors même que le Grenelle et le Plan National Santé Environnement ont insisté sur l’urgence de mieux connaître les facteurs reprotoxiques qui affectent les nouveaux-nés, la décision brutale de l’InVS de fermer le REMERA constitue aujourd’hui un véritable scandale.
- Plus d’infos sur le registre REMERA : http://remera.fr/
- Lire l’article consacré à ce sujet dans La Recherche
- Consultez l’avis défavorable émis par le Comité National des Registres
- La réaction du registre REMERA :
leur lettre au Comité National des Registres
leur lettre à Laurent Wauquiez, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
- Les associations réagissent :
Notre courrier aux directeurs de l’INSERM et de l’InVS
Nos courriers aux ministres de la santé, de l’environnement et de la recherche
Les PE, les effets cocktails et les nanos, priorités danoises de l’UE en 2012
Michel Schilling a présenté les priorités du Danemark au cours de sa présidence de l’UE au 1er semestre 2012 (extraits)
A partir du 1er Janvier de l’année prochaine, le Danemark assumera la présidence de l’UE pour les six mois suivants. Cela nous donne un certain nombre d’obligations, mais cela nous donne aussi des possibilités.
C’est un souhait très fort du gouvernement danois de faciliter une transformation verte de l’UE en une société plus écologique et plus économe en ressources. La présidence nous donne une possibilité de suivi de la stratégie Europe 2020 vers une économie verte pour l’Europe afin d’atteindre cet objectif. Nous considérons la «Feuille de route pour une Resource Efficient Europe » de la Commission comme une pierre angulaire dans la transformation verte qui est nécessaire pour guider l’Europe non seulement hors de la crise climatique et de la crise des ressources, mais aussi hors de la crise financière actuelle. Nous proposons de faire du septième programme d’action pour l’environnement (7EAP), renforcé et plus ciblé, un instrument important pour atteindre ces objectifs.
L’octylphénol, 1er PE inscrit sur la liste candidate de REACH
Le comité de l’ECHA s’accorde pour inscrire l’octylphénol comme SVHC (substance extrêmement préoccupante) au titre de ses propriétés endocrines
Le comité des États membres (MSC) de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a rendu une décision unanime lors de sa réunion le 13 décembre dernier d’ajouter le 4-tert-octylphénol à la liste candidate de Reach – c’est la première substance relevant de la catégorie dite « soulevant un niveau de préoccupation équivalent » définie par l’article 57 (f) du règlement REACH. Le Comité a également décidé de clarifier l’identité de fibres céramiques réfractaires déjà inscrites sur la liste candidate. Elles seront désormais inscrites comme « fibres céramiques réfractaires aluminosilicates » et « fibres réfractaires zircone aluminosilicates. Auparavant, le Comité s’est accordé par procédure écrite sur neuf autres substances pour lesquelles les observations du public ont été reçus pendant la consultation.
Communiqué 14/12/2011 : Le BPA interdit dans les contenants alimentaires, mais pas dans les canalisations d’eau potable ?

Le BPA interdit dans les contenants alimentaires, mais pas dans les canalisations d’eau potable ?
Paris/Göteborg – 14 Décembre 2011 :
Depuis le printemps 2011, l’Union européenne a interdit le Bisphénol A (BPA) dans les biberons et la France a récemment étendu cette disposition aux conserves et cannettes alimentaires à l’échéance 2014. Mais qu’en est-il du risque de contamination de l’eau potable via les canalisations adduction d’eau potable restaurées par la méthode de « réhabilitation par gainage » aussi appelée relining ?
« Par le passé, la population a pu être affectée par l’utilisation du plomb dans les aqueducs ou plus récemment par celle du cuivre dans les canalisations d’eau potable. Nos connaissances actuelles devraient nous prémunir contre l’utilisation de matériaux susceptibles de laisser migrer des substances dangereuses dans notre système d’eau potable » explique le professeur Åke Bergman, de l’Université de Stockholm.
Réhabiliter de vieilles conduites d’eau de l’intérieur par gainage époxy est une solution moins coûteuse et plus facile que de creuser et de remplacer les tuyaux. Cependant, il est possible d’observer une migration du BPA dans l’eau potable si la résine époxy ajoutée dans le tuyau n’a pas durci correctement.
« Nous ne savons pas si ce lessivage du BPA dans l’eau potable est une source de contamination courante, mais nous savons que ce phénomène existe. L’ANSES doit se pencher sur ce problème dans son travail de caractérisation des expositions et il y a un besoin urgent d’une règlementation à l’échelle européenne » commente Yannick Vicaire, pour le Réseau Environnement Santé (RES).
La décision de restaurer de vieilles canalisations par gainage époxy ou d’utiliser d’autres méthodes dépend en général des propriétaires et gestionnaires de logement. Chemsec, WECF et le RES invitent ces acteurs et les régies des eaux à se pencher sur la question de la sécurité du relining et à exiger des alternatives plus sûres (remplacement des tuyaux notamment).
« Nous sommes inquiets de voir se multiplier le recours au gainage avec des résines époxy. Nous déconseillons le recours à cette pratique et encourageons les entreprises à développer et utiliser des solutions alternatives », plaide Danielle Freilich de la Fédération suédoise du bâtiment ; une position qu’il serait intéressant de voir adopter par son homologue française.
Le BPA est un des produits chimiques les plus largement fabriqués au monde, principalement utilisé dans les matériaux plastiques. Même à faibles doses, il est lié à des effets sanitaires graves comme le cancer, l’obésité et les problèmes de fertilité.
« Le bisphénol A ou des produits chimiques aux effets similaires ne doivent pas être utilisés pour la restauration des conduites d’eau potable par relining. Cette pratique fait courir un risque aux consommateurs d’eau du robinet . Le bisphénol A est un perturbateur endocrinien et des précautions doivent être prises pour éviter toute exposition humaine, en particulier des enfants, plus vulnérables », souligne Elisabeth Ruffinengo de WECF.
Voir aussi notre fiche d’information sur la question du BPA et du relining téléchargeable : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/12/RES-relining-comment-wecf2.pdf
[1]. Agence National de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
[2]. Sveriges Byggindustrier, http://www.bygg.org/
[3]. En 2007, la consommation d’eau potable en France s’élevait à 5,8 millions de m3. Source : Agences de l’eau / SOeS – 2010 (Données 2007)
Du bisphénol A dans les canalisations d’eau potable : explications
La réhabilitation des canalisations d’adduction d’eau potable par la technique dite du gainage (ou relining) pourrait entraîner le lessivage de ce produit chimique préoccupant qu’est le Bisphénol A (BPA) dans l’eau potable. Le gainage est une méthode moins onéreuse et de plus en plus courante pour réhabiliter les canalisations d’eau dégradées plutôt que de les remplacer.
Plusieurs témoignages sur la diffusion de BPA à partir de conduites d’eau potable gainées par relining… (lire la suite)
Bulletin de veille scientifique bisphénol A (BPA) n°11
FAITS MARQUANTS
A/ Bilan global de la veille effectuée depuis Mai 2009
Nombre d’études chez l’homme et l’animal
montrant des effets : 185 (96 %)
• Chez l’animal : 118 dont 31 in vivo à une dose < DJA (EFSA)
• Chez l’homme : 67 (Effets sanitaires : 34 ; effets sur cellules in vitro: 33)
ne montrant pas d’effets : 8
• Chez l’animal : 6
• Chez l’homme : 2
B/ Bilan détaillé de la veille effectuée de juillet à septembre 2011
EFFETS CHEZ L’HOMME
Effets physiopathologiques :
- L’exposition masculine au BPA pourrait affecter la qualité des embryons lors d’une FIV.
- Une étude chinoise portant sur 153 enfants apporte la première preuve épidémiologique que l’exposition in utero au BPA peut affecter le développement génital masculin.
- L’exposition au BPA pendant la grossesse affecte le comportement et le contrôle des émotions des enfants à l’âge de 3 ans, surtout chez les petites filles.
- Une association inverse a été observée entre les marqueurs urinaires du BPA et les taux des hormones thyroïdiennes T4 et TSH totales dans un échantillon représentatif d’adultes et d’adolescents américains issu de la NHANES 2007-2008.
- Contamination du lait maternel et du fœtus aux PCB, DDE, dibutylphtalate, hexachlorobenzène et au bisphénol A, avec mise en évidence d’une corrélation faible négative entre la TSH et l’exposition in utero au BPA.
- Comme avec les études expérimentales, le BPA active les voies de signalisation médiées par les récepteurs nucléaires chez l’homme, preuve que le BPA agit comme un xénoestrogène chez l’humain.
- Une étude chinoise portant sur 3423 participants n’a pas trouvé d’association significative entre les niveaux urinaires de BPA et les cas de diabète de type 2 auto-déclarés.
- Chez l’homme, les niveaux de BPA urinaires sont associés au diabète sucré, indépendamment des traditionnels facteurs de risques liés au diabète.
Effets in vitro :
- Des observations renforcent les données d’un impact probable sur le cancer mammaire de faibles doses de BPA et de Méthylparabène, telles que celles détectées chez l’humain (dans le sang, le placenta, le lait…).
- Le BPA agit comme une substance toxique avec des implications particulières pour les phases critiques de la prophase méiotique, ainsi que pour la survie des ovocytes.
- Une étude menée sur des microsomes testiculaires humains et de rats montre que le BPA inhibe certaines voies enzymatiques de la stéroïdogenèse. Certaines voies enzymatiques humaines sont plus sensibles au BPA que celles du rat.
Perfluorés : Bulletin de veille scientifique n°3
RISQUES LIES AUX PERFLUORES:
ARTICLES PARUS DE JUILLET A SEPTEMBRE 2011
DANS LA LITTERATURE SCIENTIFIQUE (Source PubMed)
FAITS MARQUANTS
CHEZ L’HOMME
Effet physiopathologiques :
- Chez les femmes enceintes exposées aux fumées de cigarettes et aux perfluorés le niveau méthylation globale de l’ADN, mesurée dans le sang de cordon, est inversement corrélé à la concentration de PFOA mais pas de PFOS.
- L’exposition prénatale aux polluants (fumée de cigarette, métaux lourds, polluants organiques et perfluorés) et l’état psychique maternel peut altérer la santé des enfants évaluée à l’âge de 5 ans.
- Il existe une relation inverse entre les niveaux maternels de PFOS du sérum et l’hormone T3 du cordon fœtal. Il en va de même avec l’acide perfluorotridécanoique (PFTrDA) maternel et la T3/T4 du fœtus, ce qui pourrait présenter un risque pour son développement.
EXPOSITION ENVIRONNEMENTALE
- Contamination significative de certains poissons dans les baies de Hong-Kong et Xiamen par les composés perfluorés (PFOS, PFOA, PFNA, PFDA, PFUdA and PFTrDA).
Phtalates : Bulletin de veille scientifique n°3
RISQUES LIES AUX PHTALATES :
ARTICLES PARUS DE JUILLET A SEPTEMBRE 2011
DANS LA LITTERATURE SCIENTIFIQUE (Source PubMed)
FAITS MARQUANTS
CHEZ L’HOMME
Effet physiopathologiques :
- Sur 6246 garçons nouveau-nés de la région niçoise, 1,6% des garçons présentent une cryptorchidie associée à d’autres anomalies (micropénis) et à des risques familiaux et environnementaux (antirouilles et phtalates) conjoints.
- L’exposition prénatale à certains phtalates (DEHP notamment), peut avoir une répercussion négative sur le développement neurocomportemental des nouveau-nés âgés 26 semaines.
- Une étude de l’INSERM n’a pas trouvé d’association de type « monotone » entre les métabolites de phtalates présents dans l’urine de femmes enceintes et le poids de naissance de leurs garçons, à l’inverse des résultats positifs trouvés avec certains phénols.
Etudes in vitro :
- Le phthalate de diéthylhexyle (DEHP) et le phthalate de monoéthylhexyle (MEHP) ont la capacité d’induire l’apoptose dans les cellules du système immunitaire aux concentrations trouvées dans l’environnement.
CHEZ l’ANIMAL
Chez le rat :
- Le DEHP administré à des rats en post natal aurait un impact négatif sur le développement de l’hippocampe (J16 à J22) chez les mâles mais pas chez les femelles.
- Les phtalates de DHPP et DnOP ont un effet toxique sur le développement à partir de 0,25g/kg/j correspondant à la Dose Minimale ayant un Effet Indésirable Observé (DMEIO).
Chez la souris :
- Le phthalate de dibenzyle (DBzP) est plus toxique que le phtalate de benzyle et de butyle (BBP) et ne devrait donc pas être utilisé comme plastifiant alternatif.
EXPOSITION ENVIRONNEMENTALE
Etudes d’imprégnation humaine :
- En Allemagne, 18 métabolites de phthalates sur 21 ont été détectés dans l’excrétion urinaire de 104 mères et leurs enfants en âge d’être scolarisés, les niveaux les plus élevés étant ceux du DIBP et du DEHP.
Contamination environnementales
- Des phtalates ont été retrouvés dans les eaux embouteillées en contenant plastique avec des concentrations plus élevées lorsque les bouteilles sont stockées à 4°C ou si elles sont stockées à l’extérieur. (rôle de la température et/ou du soleil dans la dégradation des phtalates avec le temps).






