Communiqué de presse (9 février 2012) – BPA et Diabète : confirmations chez l’Homme
3 études récentes confirment que le Bisphénol A est impliqué dans le diabète de type 2 chez l’homme.
Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit pas assez d’insuline ou lorsque l’organisme n’est pas capable d’utiliser efficacement l’insuline qu’il produit. Il en résulte une concentration accrue de glucose dans le sang (hyperglycémie).
La responsabilité d’un certain nombre de substances chimiques dites « diabétogènes », dont le Bisphénol A, est de plus en plus mise en évidence. L’étude la plus récente a été publiée le 8 février dans la revue PLoS ONE (« action insulinotrope rapide des faibles doses de bisphénol-A sur des îlots de Langerhans de souris et humains : le rôle de récepteur des oestrogènes ») (Consultez l’étude) [1]. Les auteurs font partie de l’équipe du Dr Angel Nadal de l’Université Miguel Hernandez Elche à Alicante, Espagne, qui a déjà publié de nombreux travaux sur BPA, diabète et obésité.
Cette dernière étude montre qu’au niveau d’imprégnation en Bisphénol A correspondant à celui de la population humaine en général, on observe une libération d’insuline chez l’homme supérieure à celle induite chez la souris. Ce phénomène contribue au diabète de type 2.
L’étude apporte également la preuve que les résultats chez la souris peuvent être extrapolés à l’homme et que l’homme est plus sensible que la souris.
Les auteurs concluent que le BPA doit être considéré comme un facteur de risque de troubles métaboliques chez l’homme, ce que deux autres études récentes viennent de confirmer.
Une étude publiée également en février menée en Chine auprès de 3390 adultes âgés de 40 ans ou plus trouve une association significative entre imprégnation au Bisphénol A et obésité [2].
Une étude publiée en décembre menée aux Etats Unis sur la population du grand programme NHANES (National Health and Nutritional Examination Survey) 2003-2008 a montré que les diabétiques ont un niveau d’imprégnation plus élevé en bisphénol A [3]. L’association diabète-BPA était retrouvée chez les personnes de poids normal ou en surpoids, indépendamment des facteurs de risque traditionnel du diabète.
Compte-tenu de son utilisation dans le monde entier, le bisphénol A apparaît de plus en plus impliqué dans l’épidémie mondiale de diabète, au côté des facteurs classiques que sont alimentation et sédentarité. En 1995, le diabète touchait 30 millions dans le monde. Aujourd’hui il affecte aujourd’hui près de 220 millions de personnes et les prévisions sont de 366 millions d’ici 2030.
Au vu de ces nouvelles études, le RES presse instamment le gouvernement d’inscrire la loi BPA sur l’agenda du Sénat pour son adoption rapide avant la fin des sessions parlementaires.
Les autorités sanitaires françaises doivent aussi déployer plus de fermeté auprès de la Commission européenne et de l’agence européenne, l’EFSA pour que l’interdiction se généralise à l’échelle européenne. Enfin, ces études montrent qu’au-delà du BPA, il faut mettre la question des perturbateurs endocriniens au coeur des politiques de santé publique. Les PE apparaissent plus que jamais comme une clé essentielle pour agir sur la prévention des cancers, des désordres métaboliques (obésité-diabète), des troubles de la reproduction et neuro-comportementaux.
[1]. Soriano S, Alonso-Magdalena P, Garcı´a-Are´valo M, Novials A, Muhammed SJ, et al. (2012) Rapid Insulinotropic Action of Low Doses of Bisphenol-A on Mouse and Human Islets of Langerhans: Role of Estrogen Receptor b. PLoS ONE 7(2): e31109. doi:10.1371/journal.pone.0031109
[2]. Wang T, Li M, Chen B, Xu M, Xu Y, Huang Y, Lu J, Chen Y, Wang W, Li X, Liu Y, Bi Y, Lai S, Ning G. Urinary Bisphenol A (BPA) Concentration Associates with Obesity and Insulin Resistance. J Clin Endocrinol Metab. 2012 Feb;97(2):E223-7. Epub 2011 Nov 16.
[3]. Shankar A, Teppala S. Relationship between urinary bisphenol A levels and diabetes mellitus.
J Clin Endocrinol Metab. 2011 Dec;96(12):3822-6. Epub 2011 Sep 28.
Le RES se réjouit du vote des sénateurs belges pour l’interdiction du Bisphénol A
Le Sénat belge a approuvé jeudi l’extension à tous les contenants alimentaires pour bébés de l’interdiction du composé chimique Bisphénol A, édictée jusqu’ici par l’Europe pour les seuls biberons.
Le texte prévoit l’interdiction du commerce, de la mise en commerce et de la fabrication de contenants destinés aux denrées alimentaires pour les enfants de 0 à 3 ans et contenant du bisphénol A, un composé chimique controversé utilisé dans la fabrication de plastiques alimentaires.
Sont visés plus spécifiquement les pots alimentaires, boîtes de conserve, etc. L’interdiction sera d’application dès le 1er janvier 2013, ce qui permettra au secteur de prendre les dispositions utiles pour se conformer à la nouvelle législation.
« Les études montrent que les enfants sont particulièrement sensibles à ce produit qui peut induire des problèmes graves de santé comme une puberté précoce, des malformations génitales, des troubles comportementaux, voire des facilités de cancer », rappelle Philippe Mahoux.
Ce dernier souhaitait une interdiction très large. Un amendement du sénateur Jacques Brotchi (MR) l’a cependant limitée aux contenants destinés aux enfants de moins de 3 ans, la littérature scientifique ne confirmant aucune toxicité avérée au-delà de cet âge. « En période de crise, il n’est pas non plus opportun de bouleverser le secteur alimentaire belge », a ajouté M. Brotchi.
La portée limitée de l’interdiction a entraîné l’abstention d’Ecolo, qui reproche notamment au texte de ne pas prendre en considération le cas où la mère utilise de tels contenants, au risque d’une intoxication in utero ou via l’allaitement.
M. Mahoux a appelé à la poursuite de la recherche scientifique et à un travail de prévention à mener par les Communautés. Le texte doit encore passer à la Chambre.
Communiqué 14/12/2011 : Le BPA interdit dans les contenants alimentaires, mais pas dans les canalisations d’eau potable ?

Le BPA interdit dans les contenants alimentaires, mais pas dans les canalisations d’eau potable ?
Paris/Göteborg – 14 Décembre 2011 :
Depuis le printemps 2011, l’Union européenne a interdit le Bisphénol A (BPA) dans les biberons et la France a récemment étendu cette disposition aux conserves et cannettes alimentaires à l’échéance 2014. Mais qu’en est-il du risque de contamination de l’eau potable via les canalisations adduction d’eau potable restaurées par la méthode de « réhabilitation par gainage » aussi appelée relining ?
« Par le passé, la population a pu être affectée par l’utilisation du plomb dans les aqueducs ou plus récemment par celle du cuivre dans les canalisations d’eau potable. Nos connaissances actuelles devraient nous prémunir contre l’utilisation de matériaux susceptibles de laisser migrer des substances dangereuses dans notre système d’eau potable » explique le professeur Åke Bergman, de l’Université de Stockholm.
Réhabiliter de vieilles conduites d’eau de l’intérieur par gainage époxy est une solution moins coûteuse et plus facile que de creuser et de remplacer les tuyaux. Cependant, il est possible d’observer une migration du BPA dans l’eau potable si la résine époxy ajoutée dans le tuyau n’a pas durci correctement.
« Nous ne savons pas si ce lessivage du BPA dans l’eau potable est une source de contamination courante, mais nous savons que ce phénomène existe. L’ANSES doit se pencher sur ce problème dans son travail de caractérisation des expositions et il y a un besoin urgent d’une règlementation à l’échelle européenne » commente Yannick Vicaire, pour le Réseau Environnement Santé (RES).
La décision de restaurer de vieilles canalisations par gainage époxy ou d’utiliser d’autres méthodes dépend en général des propriétaires et gestionnaires de logement. Chemsec, WECF et le RES invitent ces acteurs et les régies des eaux à se pencher sur la question de la sécurité du relining et à exiger des alternatives plus sûres (remplacement des tuyaux notamment).
« Nous sommes inquiets de voir se multiplier le recours au gainage avec des résines époxy. Nous déconseillons le recours à cette pratique et encourageons les entreprises à développer et utiliser des solutions alternatives », plaide Danielle Freilich de la Fédération suédoise du bâtiment ; une position qu’il serait intéressant de voir adopter par son homologue française.
Le BPA est un des produits chimiques les plus largement fabriqués au monde, principalement utilisé dans les matériaux plastiques. Même à faibles doses, il est lié à des effets sanitaires graves comme le cancer, l’obésité et les problèmes de fertilité.
« Le bisphénol A ou des produits chimiques aux effets similaires ne doivent pas être utilisés pour la restauration des conduites d’eau potable par relining. Cette pratique fait courir un risque aux consommateurs d’eau du robinet . Le bisphénol A est un perturbateur endocrinien et des précautions doivent être prises pour éviter toute exposition humaine, en particulier des enfants, plus vulnérables », souligne Elisabeth Ruffinengo de WECF.
Voir aussi notre fiche d’information sur la question du BPA et du relining téléchargeable : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/12/RES-relining-comment-wecf2.pdf
[1]. Agence National de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
[2]. Sveriges Byggindustrier, http://www.bygg.org/
[3]. En 2007, la consommation d’eau potable en France s’élevait à 5,8 millions de m3. Source : Agences de l’eau / SOeS – 2010 (Données 2007)
Du bisphénol A dans les canalisations d’eau potable : explications
La réhabilitation des canalisations d’adduction d’eau potable par la technique dite du gainage (ou relining) pourrait entraîner le lessivage de ce produit chimique préoccupant qu’est le Bisphénol A (BPA) dans l’eau potable. Le gainage est une méthode moins onéreuse et de plus en plus courante pour réhabiliter les canalisations d’eau dégradées plutôt que de les remplacer.
Plusieurs témoignages sur la diffusion de BPA à partir de conduites d’eau potable gainées par relining… (lire la suite)
Bulletin de veille scientifique bisphénol A (BPA) n°11
FAITS MARQUANTS
A/ Bilan global de la veille effectuée depuis Mai 2009
Nombre d’études chez l’homme et l’animal
montrant des effets : 185 (96 %)
• Chez l’animal : 118 dont 31 in vivo à une dose < DJA (EFSA)
• Chez l’homme : 67 (Effets sanitaires : 34 ; effets sur cellules in vitro: 33)
ne montrant pas d’effets : 8
• Chez l’animal : 6
• Chez l’homme : 2
B/ Bilan détaillé de la veille effectuée de juillet à septembre 2011
EFFETS CHEZ L’HOMME
Effets physiopathologiques :
- L’exposition masculine au BPA pourrait affecter la qualité des embryons lors d’une FIV.
- Une étude chinoise portant sur 153 enfants apporte la première preuve épidémiologique que l’exposition in utero au BPA peut affecter le développement génital masculin.
- L’exposition au BPA pendant la grossesse affecte le comportement et le contrôle des émotions des enfants à l’âge de 3 ans, surtout chez les petites filles.
- Une association inverse a été observée entre les marqueurs urinaires du BPA et les taux des hormones thyroïdiennes T4 et TSH totales dans un échantillon représentatif d’adultes et d’adolescents américains issu de la NHANES 2007-2008.
- Contamination du lait maternel et du fœtus aux PCB, DDE, dibutylphtalate, hexachlorobenzène et au bisphénol A, avec mise en évidence d’une corrélation faible négative entre la TSH et l’exposition in utero au BPA.
- Comme avec les études expérimentales, le BPA active les voies de signalisation médiées par les récepteurs nucléaires chez l’homme, preuve que le BPA agit comme un xénoestrogène chez l’humain.
- Une étude chinoise portant sur 3423 participants n’a pas trouvé d’association significative entre les niveaux urinaires de BPA et les cas de diabète de type 2 auto-déclarés.
- Chez l’homme, les niveaux de BPA urinaires sont associés au diabète sucré, indépendamment des traditionnels facteurs de risques liés au diabète.
Effets in vitro :
- Des observations renforcent les données d’un impact probable sur le cancer mammaire de faibles doses de BPA et de Méthylparabène, telles que celles détectées chez l’humain (dans le sang, le placenta, le lait…).
- Le BPA agit comme une substance toxique avec des implications particulières pour les phases critiques de la prophase méiotique, ainsi que pour la survie des ovocytes.
- Une étude menée sur des microsomes testiculaires humains et de rats montre que le BPA inhibe certaines voies enzymatiques de la stéroïdogenèse. Certaines voies enzymatiques humaines sont plus sensibles au BPA que celles du rat.
Bisphénol A : L’EFSA persiste et signe son discrédit !
L’ANSES avait accompli son aggiornamento en reconnaissant les effets des faibles doses de BPA dans son rapport du 27 septembre [1], une vraie révolution dans le monde de l’évaluation des risques qui avait reçu une attention planétaire. La confrontation avec l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) était très attendue. Dans son communiqué et les rapports publiés hier sur son site [2], celle-ci continue de nier la réalité écrasante des données scientifiques, émanant pourtant de plus de 600 études.
La veille scientifique menée par le RES depuis Mai 2009 met en évidence que sur 193 études publiées, 96% montrent des effets. Une bonne partie des études expérimentales chez l’animal (31 sur 118) surviennent à des doses inférieures à la DJA de 50 microgrammes /kilo/jour défendue par l’EFSA. Les études chez l’homme sont au nombre de 69 dont 67 sont positives. Le nombre continue d’augmenter rapidement. Rien que sur la période octobre-novembre 2011, 4 études épidémiologiques ont été publiées sur des pathologies majeures qui avaient été par ailleurs mises en évidence chez l’animal depuis plusieurs années :
Obésité-diabète. Une étude chinoise montre un taux d’obésité et de diabète lié au degré d’imprégnation en BPA. Une étude américaine retrouve cet effet, bien que de façon moins nette cependant.
Troubles du comportement. Une étude américaine montre que l’exposition maternelle pendant la grossesse se traduit par des comportements agressifs chez les filles de 3 ans.
Reproduction. Une étude chinoise en milieu professionnel montre que plus les mères sont imprégnées en BPA, plus on constate une féminisation des jeunes garçons, mesurée à la naissance par la réduction de la distance ano-génitale.
« Il est parfaitement absurde de voir l’EFSA avancer comme argument que l’on ne peut tenir compte des études épidémiologiques pour fixer des DJA. C’est évidemment l’inverse qui est vrai : ces études épidémiologiques montrent que l’on observe des effets sur la santé, au niveau d’imprégnation de la population humaine en général ce qui est la preuve que l’actuelle DJA ne protège pas la population » commente André Cicolella, président du Réseau Environnement Santé.
Ces études confirment le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens, à savoir que c’est « la période qui fait le poison » alors que l’EFSA s’accroche à l’ancien modèle selon lequel « c’est la dose qui fait le poison » . « L’ANSES a fait le choix de la toxicologie du 21 ème siècle, alors que l’EFSA en reste à la toxicologie des années 60 » résume André Cicolella. « En niant la réalité des données scientifiques, pour ne retenir que 2 études publiées par l’industrie chimique selon un protocole obsolète, l’EFSA se comporte comme une officine de l’industrie. 11 membres sur 20 du comité qui a statué sur le BPA sont en situation de conflits d’intérêts. »
Le RES appelle la Commission Européenne et le Parlement européen à intervenir d’urgence pour que l’EFSA retrouve un mode de fonctionnement en mesure de garantir la protection de la santé des Européens. « La position de l’EFSA s’inscrit également en négation des principes entérinés par l’article 57 de REACH de primauté de l’évitement du danger à la source pour la gestion du risque chimique : les perturbateurs endocriniens relèvent d’ores et déjà du principe de substitution et les ONG européennes continueront d’œuvrer à une clarification et un renforcement de ces dispositions » conclut Yannick Vicaire, en charge des questions européennes pour le RES.
Consultez les faits marquants de la veille juillet-septembre du RES : http://reseau-environnement-sante.fr/?p=3378
Consultez l’intégralité de la veille juillet-septembre du RES : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/12/veille_BPA_juil-sept-2011.pdf
[1]. « Effets sanitaires du Bisphénol A » – Rapport d’expertise collective – Septembre 2011 ANSES http://www.anses.fr/PN0801.htm
[2]. http://www.efsa.europa.eu/en/press/news/111201.htm
Quelles alternatives au BPA dans les contenants alimentaires ?
Dans tout processus d’interdiction d’une substance vient la difficile étape de sa substitution. Dans cette optique, le RES a réalisé un panorama des alternatives disponibles au Bisphénol A dans les matériaux de contact alimentaire.
Le RES ne prétend ni indiquer aux industriels ou aux autorités quelles alternatives choisir, ni cautionner l’ensemble des matériaux présentés dans cette note. Ce panorama non exhaustif n’a d’autre vocation que la démonstration que l’immobilisme n’est pas de mise ; à chacun ensuite de jouer son rôle pour évaluer, développer, valider ou simplement adopter – lorsqu’à l’instar du verre il s’agit de matériaux bien connus – ces solutions de remplacement.
Bulletin de veille scientifique bisphénol A (BPA) n°10
FAITS MARQUANTS
A/ Bilan global de la veille effectuée depuis Mai 2009
Nombre d’études chez l’homme et l’animal
Montrant des effets : 150 (95 %)
• Chez l’animal : 96 dont 28 in vivo à une dose < DJA (EFSA)
• Chez l’homme : 54 (Effets sanitaires : 26 ; effets sur cellules in vitro: 28)
Ne montrant pas d’effets : 8
• Chez l’animal : 6
• Chez l’homme : 2
B/ Bilan détaillé de la veille effectuée d’avril à juin 2011
EFFETS CHEZ L’HOMME :
Effet physiopathologiques :
- Le BPA et certains phtalates pourraient jouer un rôle dans le développement de l’athérosclérose.
- L’obésité chez la population adulte américaine est associée avec une exposition au BPA plus élevée.
Effets in vitro :
- Les bisphénols poly-halogénés, ainsi que certains de leurs métabolites, sont des perturbateurs potentiels de l’activité du PPARy.
EFFETS CHEZ L’ANIMAL :
Chez le rat :
- Une exposition à de faibles concentrations de BPA pendant les périodes prénatale et postnatale précoce prédispose au cancer mammaire.
- L’exposition prénatale au BPA modifie l’environnement endocrinien de la glande mammaire ainsi que son processus angiogénique et pourrait expliquer les lésions pré-néoplasiques se développant ultérieurement.
- Le BPA pourrait avoir des effets néfastes sur la spermatogénèse.
- Le BPA agit sur l’axe reproducteur de l’adulte mâle lorsqu’il a été exposé au composé chimique durant la période pré- et postnatale.
- L’exposition périnatale à une faible dose de BPA (50 µg) diminue la tolérance au glucose des sujets à l’âge adulte. Elle prédispose au syndrome métabolique chez ceux qui ont un régime riche en graisses. Ces effets néfastes n’ont pas lieu avec une exposition à des doses plus élevées de BPA.
Du bisphénol S dans les tickets de caisse
Le RES se félicitait il y a peu de la suppression du bisphénol A (BPA) des tickets de caisse de deux grandes chaînes de supermarchés : Carrefour et Super U. Plusieurs études ont en effet montré que le BPA, présent sous sa forme libre dans le papier thermique, peut traverser la barrière cutanée, exposant ainsi en priorité les hôtes et hôtesses de caisse au perturbateur endocrinien.
Lors de l’émission « On en parle » du 29 juillet dernier sur la Radio Suisse Romande, le journaliste Yves-Alain Cornu rapporte que Carrefour a tout simplement remplacé le Bisphénol A par du Bisphénol S, substance parente au BPA et considérée comme une alternative « inacceptable » par l’Office Fédéral de la Santé Publique Suisse, selon le journaliste (Voir l’article). En effet, quelques études montreraient que le BPS a une activité oestrogénique, tout comme son cousin le BPA.
Mais qu’en est-il vraiment ?
Quelques études montrent que le BPS a une activité oestrogénique comparable à celle du BPA, tout comme nombre d’autres bisphénols d’ailleurs.
Ces études sont certes peu nombreuses en regard des centaines publiées sur le BPA, mais au vu de ces résultats, il y a lieu de penser que le BPS est une alternative inadaptée car tout aussi néfaste que le bisphénol A . Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires pour évaluer l’impact sanitaire de ce nouveau papier thermique.
Bulletin de veille scientifique BPA n°9
FAITS MARQUANTS
Bilan global de la veille effectuée depuis Mai 2009
Nombre d’études chez l’homme et l’animal
montrant des effets : 119 (95,20 %)
- Chez l’animal : 76 dont 22 in vivo à une dose < DJA (EFSA)
- Chez l’homme : 43 (Effets sanitaires : 21 ; effets sur cellules in vitro: 22)
ne montrant pas d’effets : 6
- Chez l’animal : 5
- Chez l’homme : 1
Bilan détaillé de la veille effectuée de janvier à mars 2011
EFFETS CHEZ L’HOMME :
Effet physiopathologiques :
● Augmentation des niveaux sanguins de Bisphénol A (BPA) chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) corrélé avec les taux de testostérone et d’androstènedione.
● Diminution du poids de naissance chez les enfants exposés in utero au BPA.
● L’absorption percutanée du bisphénol A chez l’homme, notamment par contact dans le milieu professionnel, pourrait atteindre une valeur pour laquelle des effets ont été observés chez l’animal.
Effets in vitro :
● Augmentation de la prolifération cellulaire OVCAR-3 et diminution de l’activité de la caspase-3 sans effet sur la fragmentation de l’ADN.
● Perturbation des fonctions des fibroblastes du stroma endométrial et du métabolisme des oestrogènes.
● De très faibles doses de bisphénol A stimulent la prolifération des cellules de séminome (cancéreuses).
● Modifications de l’expression des gènes cibles répondeurs des cellules du cancer de l’ovaire humain.
● Interférence avec la stéroïdogenèse cellulaire humaine.
EFFETS CHEZ L’ANIMAL :
Chez le rat :
● Altérations fonctionnelles de l’amygdale basolatérale pouvant être responsable de l’hyperactivité et du déficit d’attention.
● Dysfonctionnement cognitif et augmentation du stress oxydatif. Ces effets peuvent être atténués par l’administration de N-acétylcystéine.
● Baisse des performances reproductives à l’âge adulte suite à une exposition précoce à des doses environnementales de BPA.
● L’exposition périnatale de rates à une faible dose de BPA entraîne une augmentation des neurones à kisseptine de l’AVPv chez la descendance mâle entraînant la mise en place d’un système de libération de LH.
● Augmentation de la taille de la prostate et aggravation de l’hyperplasie bénigne de la prostate induite par la testostérone suite à une exposition au BPA environnementale de 10µg/kg/j.
● Troubles de la fonction cardiaque induits par la diminution de la contractilité auriculaire.
Six mesures toutes simples pour éviter la présence de BPA et de phtalates dans les aliments
Les plastiques utilisés couramment pour la fabrication des contenants alimentaires peuvent libérer de manière incontrôlée des produits chimiques perturbateurs endocriniens qui pénètrent alors dans les aliments et dans les boissons.
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Le Bisphénol A (BPA) est une substance chimique fréquemment utilisée dans la composition des bouteilles en plastique rigide et dans celle du revêtement intérieur en résine epoxy que l’on trouve dans les boîtes de conserve et les canettes. Des études en laboratoire ont clairement établi la nature des effets du BPA sur le développement du cerveau, et également sur le cancer du sein et le cancer de la prostate. Les phtalates – par exemple le phtalate de di (2éthylhexyle) (DHEP) – sont des substances chimiques utilisées dans la fabrication des plastiques souples, dont font partie les films alimentaires. Il a été démontré lors d’études en laboratoire et également chez l’homme, que le DHEP a une incidence négative sur le développement de la fonction reproductrice mâle, la qualité du sperme, et les niveaux d’hormones mâles. |
Les scientifiques poursuivent actuellement leurs travaux sur les effets de ces produits chimiques sur la santé. Dans le même temps, afin de jouer la carte de la prudence et de réduire votre exposition à ces produits, nous proposons de mettre en pratique une démarche qui comprend six mesures toutes simples.
1 . Évitez les conserves
Le BPA et les phtalates migrent depuis le revêtement intérieur des boîtes de conserve et des emballages plastiques, puis pénètrent dans les aliments et les boissons. Bien entendu, il n’est pas réaliste de faire systématiquement l’impasse sur tous les emballages alimentaires : faites toutefois, autant que possible, le choix d’aliments frais ou surgelés en lieu et place des aliments en conserve.
2 . Mangez chez vous
Des études ont démontré que les personnes qui prennent davantage de repas à l’extérieur présentent des taux de BPA plus élevés. Afin de réduire votre exposition, arrangez vous pour cuisiner plus souvent chez vous et utilisez des produits frais. Si vous êtes effectivement amené(e) à manger à l’extérieur, choisissez des restaurants qui servent des produits frais.
3 . Veillez aux modes de stockage
Les aliments et les boissons stockés dans du plastique concentrent les substances chimiques contenues dans les boîtes et les barquettes, tout particulièrement si les aliments sont gras ou acides. A l’avenir, efforcez-vous plutôt de stocker vos restes de repas dans des récipients en verre ou en inox.
4 . Evitez le plastique au four micro-ondes
Les élévations de températures augmentent le taux de produits chimiques qui migrent vers les aliments et les boissons. Lors du passage d’aliments au four micro-ondes, il est donc indispensable d’utiliser des récipients en verre résistant à la chaleur, type Pyrex, ou en céramique ; l’alternative consiste à réchauffer les aliments sur la plaque de cuisson. La mention « Compatible micro-ondes » signifie que le récipient peut effectivement passer au four micro-ondes, mais n’exclut en aucun cas les risques pour votre santé.
5 . Passez votre café à l’ancienne
Il est tout à fait possible que les cafetières électriques automatiques aient du BPA et des phtalates dans leurs bacs plastique et leurs tubulures. Quand vous passez votre café, arrangez-vous pour utiliser une cafetière à piston : vous vous ferez plaisir sans absorber de BPA.
6 . Passez à l’action
Chacun d’entre nous peut, bien sûr, prendre les mesures qui s’imposent pour réduire sa propre exposition. Mais il est important de se regrouper et d’agir ensemble pour réclamer des emballages alimentaires qui soient plus sains pour tout un chacun.
Breast Cancer Fund (www.breastcancerfund.org) et Safer Chemicals, Health Families (www.saferchemicals.org) mènent aux Etats-Unis des actions concertées au plan national afin que les substances chimiques suspectes soient supprimées des emballages alimentaires et de tout autre type de produit.
Source :
Le changement d’alimentation peut réduire le taux d’imprégnation du corps humain au BPA
Une étude américaine publiée le 30 mars 2011 dans la revue scientifique Environmental Health Perspectives montre que l’arrêt de la consommation d’aliments en conserve ou emballés dans des plastiques alimentaires à base de polycarbonate (PC) permet de réduire le taux d’imprégnation du corps humain au BPA.
Pendant 3 jours, 5 familles américaines ont ainsi reçu des produits alimentaires frais et avaient pour interdiction de consommer des aliments ou boissons en conserve ou des plats préparés hors domicile. Les effets ont été significatifs. Le taux de BPA a chuté de 60% en moyenne.
Source EHP : http://ehp03.niehs.nih.gov/article/info:doi/10.1289/ehp.1003170
Carrefour : Plus de tickets de caisse à base de Bisphénol A
Les magasins Carrefour ont tenu leurs engagements. Leurs tickets de caisse possèdent aujourd’hui la mention « Papier garanti sans Bisphénol A ». Le Réseau Environnement Santé salue cette action et espère une généralisation à tout le secteur de la distribution.
D’une manière plus générale, le RES réitère son invitation aux secteurs concernés de la distribution et de la production alimentaires à substituer le BPA dans tous les articles susceptibles de participer à l’absorption quotidienne de ce perturbateur endocrinien.
Colloque « Perturbateurs Endocriniens et Biodiversité » – 28 Avril 2011
Découvrez le dossier de présentation du colloque « Perturbateurs Endocriniens et Biodiversité » organisé le 28 avril 2011 par le RES et le WWF au Muséum national d’Histoire naturelle.
Consultez le compte-rendu du colloque
Lire la déclaration de Wingspread
En exclusivité, Theo Colborn nous adresse un message, lire son message
La diversité biologique face au risque chimique : nécessité d’un changement de paradigme, le rapport du WWF
Toutes les présentations du colloque (en cours de réalisation) :
● André Cicolella – Perturbateurs Endocriniens : Changement de paradigme dans la Biodiversité ?
● Jeanne Garric : L’évaluation des impacts sur la reproduction en écotoxicologie(aquatique)
● Denis Couvet – Les suivis de populations, et l’impact des perturbateurs endocriniens sur le fonctionnement des écosystèmes
● Marc Chevreuil – Caractérisation de la diffusion des perturbateurs endocriniens et des dangers sanitaires et environnementaux
● Sandrine Charles – Modélisation et écotoxicologie prédictives – enjeux puis spécificités liées aux PEs
Écouter ou réécouter les interventions du colloque
Bulletin de veille scientifique BPA n°8
FAITS MARQUANTS
Bilan global de la veille effectuée depuis Mai 2009
Nombre d’études chez l’homme et l’animal montrant des effets : 101 (94,40 %)
- Chez l’animal : 65 dont 16 in vivo à une dose < DJA (EFSA)
- Chez l’homme : 36 (Effets sanitaires : 19 ; effets sur cellules in vitro: 17) ne montrant pas d’effets : 6
- Chez l’animal : 5
- Chez l’homme : 1
Bilan détaillé de la veille effectuée d’octobre à décembre 2010
Chez l’homme :
● Une étude montre que les femmes qui ont donné naissance prématurément auraient des concentrations urinaires de bisphénol A (BPA) plus élevées que celles ayant donné naissance après 37 semaines de gestation.
● Confirmation d’un l’impact négatif du bisphénol a sur la reproduction humaine :
→ Altération de la qualité du sperme chez des hommes exposés professionnellement au BPA (Etude dirigée par l’Institut Kaiser Permanente, Californie).
→ Interférence du BPA avec la qualité des ovocytes chez les femmes devant subir une fécondation in vitro. Cette étude vient conforter les résultats de Mok-Lin et al. (diminu tion de la réponse ovarienne associée aux concentrations urinaires de BPA).
Chez l’animal :
● Des concentrations très faibles de bisphénol A sont suffisantes pour perturber l’action des oestrogènes endogènes
● L’exposition au BPA durant les périodes de développement fœtale et périnatale a des effets néfastes sur la reproduction à l’âge adulte et sur le système neuronal.
Exposition :
● Confirmation de l’exposition généralisée et continuelle de la population canadienne.
● Le bisphénol A peut être détecté dans des échantillons de foie fœtal humain dès le troisième mois de la vie du foetus1.
● Imprégnation de plusieurs espèces de poissons comestibles par le bisphénol a en mer méditerranée et donc risque pour le consommateur de développer des pathologies endocriniennes.
● Confirmation de l’imprégnation des aliments en boîte mais aussi frais par le BPA.
● Migration du BPA depuis les obturations dentaires pendant la mastication.
● Confirmation de la pollution des eaux de surface et de certains lacs au BPA (USA) ; A Chypre, le BPA est détecté dans les eaux souterraines ainsi que dans l’eau potable.
● Confirmation de la contamination de l’eau en bouteille par des perturbateurs endocriniens (France, Allemagne et Italie). Du BPA a été détecté dans l’eau en bouteille en Grèce.
Métabolisme :
● Le BPA est facilement absorbé et métabolisé par la peau
Communiqué de Presse (27 janvier 2011) : Bisphénol A et tickets de caisse : le tour de Carrefour !
Le Réseau Environnement Santé salue la décision de Carrefour de substituer à son tour ses tickets de caisse à base de Bisphénol A.
Selon une exclusivité du site, www.lsa-conso.fr[1], c’est au tour des 1600 succursales Carrefour d’éliminer le Bisphénol A dans leurs tickets de caisse. Carrefour s’aligne ainsi sur la décision récente de Système U avec une échéance également fixée au mois de février[2]. Ce faisant, les deux groupes de distribution précèdent les législateurs en matière de prévention des risques professionnels et d’application du principe de précaution. « Le RES se réjouit de ce mouvement qui, nous l’espérons, se généralisera à tout le secteur de la distribution. Voilà une mesure que l’Etat devrait reprendre à son compte pour éliminer définitivement cette source d’exposition de la population au BPA » déclare Yannick Vicaire.
D’une manière plus générale, le RES réitère son invitation aux secteurs concernés de la distribution et de la production alimentaires à substituer le BPA dans tous les articles susceptibles de participer à l’absorption quotidienne de ce perturbateur endocrinien. Le RES entend ainsi interpeller l’ensemble des acteurs économiques afin d’obtenir des informations publiques sur leurs usages et leurs politiques vis-à-vis du Bisphénol A et permettre aux consommateurs de faire un choix éclairé.
Communiqué de Presse (16 décembre 2010) : Les magasins U ouvrent la voie de la substitution et de l’interdiction du Bisphénol A, au-delà des seuls biberons
Le Réseau Environnement Santé salue la décision des magasins U de substituer le papier thermique à base de Bisphénol A dans ses tickets de caisse et rappelle les acteurs économiques et législatifs à leurs responsabilités.
Selon une information diffusée par le site d’informations sur la grande distribution, www.LSA.fr, les 1400 magasins U ont mandaté leur fournisseur de matériel de caisse NCR pour parvenir à la substitution complète des tickets de caisse au Bisphénol A d’ici le 1er février 2011, dans un souci de protection de la santé du personnel exposé à ces tickets[1]. Une étude récente de l’INRA[2] a, en effet, montré que la manipulation de papier thermique traité au Bisphénol A pouvait constituer une source d’exposition significative à ce perturbateur endocrinien.
Le RES salue, dans cette décision des Magasins U, un acte fort de responsabilité sociale envers les salariés concernés et invite toutes les entreprises utilisatrices de papiers thermiques à base de Bisphénol A à répliquer cet engagement. « La substitution de ces tickets de caisse aura des conséquences positives immédiates en réduisant l’exposition au Bisphénol A des salariés qui les manipulent quotidiennement, mais aussi, dans le cas des femmes en âge de procréer, en réduisant les risques de développement de maladies chroniques pour leurs futurs enfants » se félicite André Cicolella, président du RES, « les utilisateurs de Bisphénol A, tous usages confondus, devraient inventorier les éventuelles expositions professionnelles et adopter, s’il y a lieu, une démarche similaire ».
Pour le RES néanmoins, la décision des Magasins U en appelle d’autres. « Les consommateurs ne comprendraient pas que les Magasins U substituent le Bisphénol A dans le papier thermique mais pas dans le revêtement des conserves de marque U » avertit Yannick Vicaire, chargé de mission au RES. Le Bisphénol A fait l’objet d’une interdiction provisoire en France limitée pour l’instant aux seuls biberons, une restriction que la Commission européenne a repris à son compte mais qui ne garantit pas une prévention suffisante de l’exposition à ce perturbateur endocrinien présent, entre autres, dans de nombreux matériaux de contact alimentaire. « Faudra-t-il qu’à l’instar des Magasins U, l’initiative volontaire des acteurs économiques précède l’action de l’Etat, garant de la santé publique ? » s’étonne Yannick Vicaire, « les parlementaires et le gouvernement doivent franchir le Rubicon et généraliser au plus vite l’interdiction du Bisphénol A dans tous les usages susceptibles de contribuer à l’exposition de la population ou d’une catégorie particulière, comme le personnel de caisse ».
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[1] http://www.lsa-conso.fr/u-supprime-ses-tickets-de-caisse-au-bisphenol-a,118063
[2] http://www.inra.fr/presse/bisphenol_a_penetrerait_organisme_par_peau
Les magasins U suppriment les tickets de caisse contenant du Bisphenol A
Le Réseau Environnement Santé (RES) salue la décision des Magasins U qui prévoient d’utiliser des rouleaux de papier de caisse sans Bisphénol A à partir du 1er février 2011
Compte tenu des incertitudes sanitaires autour du composant chimique Bisphénol A, les 1400 Magasins U ont décidé de substituer à partir du 1er février 2011 les rouleaux de caisse thermique par « un type de support dépourvu de cette substance potentiellement nocive ». C’est le fournisseur du matériel de caisse, NCR, qui va procéder au remplacement.
Le Bisphénol A est un composé chimique entrant dans la fabrication de certains plastiques et classé comme perturbateur endocrinien. Son utilisation fait polémique (lsa 2162, pp 14/18) dans le secteur des conserves où il est utilisé dans les vernis qui tapissent les boîtes, mais aussi, depuis peu, sur les tickets de caisse. Une étude récente de l’Inra de Toulouse tendrait à montrer que le Bisphénol A pourrait passer par le toucher, d’où l’inquiétude pour les vendeurs et caissières qui manipulent des milliers de tickets.
A notre connaissance, Système U est la première enseigne à adopter une telle mesure de prévention.
Une autre étude menées par des chercheurs appartenant aux ONG américaines Safer Chemicals, Safer Families et la Washington Toxic Coalition, rendue publique début décembre démontrerait que la moitié des 22 tickets de caisse étudiés étaient recouverts d’une couche importante de bisphénol A. »Etant donné que le bisphénol A est présent dans le papier thermique (utilisé pour faire les tickets de caisse, ndlr) sous forme de pellicule, nous soupçonnions que (ce produit) peut facilement se propager de ces tickets vers d’autres objets », expliquent les chercheurs dans cette étude. Selon eux, tenir en main un ticket de caisse pendant 10 secondes permet à près de 2,5 microgrammes de bisphénol A de passer du ticket vers les doigts. Cette quantité est multipliée par 15 lorsqu’une personne frotte un ticket de caisse entre ses doigts, indique encore l’étude.
Source : LSA, par Jérôme Parigi http://www.lsa-conso.fr/u-supprime-ses-tickets-de-caisse-au-bisphenol-a,118063
L’Union Européenne interdit les biberons contenant du bisphénol A
(voir le commentaire du RES au bas de l’article)
La Commission européenne veut interdire le Bisphénol A dans les biberons
La Commission européenne a déclaré qu’elle souhaite introduire une interdiction à l’échelle régionale concernant l’utilisation du Bisphénol A (BPA) dans les biberons et a entamé des discussions avec les Etats membres sur la question.
La décision d’interdire l’utilisation de la substance chimique dans les biberons en polycarbonate fait suite au dernier avis émis par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) fin Septembre. Depuis lors, la Commission semble avoir considéré la question comme prioritaire et elle s’est réunie un avec les représentants nationaux en charge du dossier certain nombre de fois.
« Quelques réunions ont eu lieu avec les parties prenantes, et la Commission a l’intention de s’orienter vers une interdiction du BPA dans les biberons, » a indiqué Frédéric Vincent, porte-parole ‘Santé et Politique des Consommateurs’ de la Commission Européenne, à FoodProductionDaily.com. « La Commission s’est engagée à une interdiction du BPA dans les biberons mais elle devra être discutée par les Etats membres. »
Il a ajouté que John Dalli, Commissaire Européen en charge de la Santé et de la Protection des Consommateurs, est préoccupé par l’inclusion continue du Bisphénol A dans les bouteilles en polycarbonate depuis sa nomination cette année, mais a souligné que les discussions avec les Etats membres étaient « toujours en cours ».
«À l’heure actuelle il n’y a aucune indication permettant de savoir quel sera l’avis des Etats membres, mais nous savons que deux nations, la France et le Danemark, font déjà pression pour cela», a indiqué Vincent.
Le porte-parole a déclaré que la Commission travaillait sur des propositions plus détaillées et qu’elle prendrait une décision sur la question avant l’été 2011.
Incertitudes
Le mois dernier, le Commissaire Dalli a signalé que Bruxelles pourrait se préparer à prendre des mesures lorsque les incertitudes mises en évidence par l’organisme de contrôle de la sécurité des aliments seraient examinées par des experts venant de toute l’Union Européenne.
Bien que l’avis de l’organisme de contrôle basé à Parme ait maintenu le niveau actuel de la Dose Journalière Tolérable, il a également mis en évidence des zones d’incertitude, qui, d’après John Dalli, n’ont pas exclu le fait que la substance chimique pouvait affecter négativement le développement, la réponse immunitaire ou la promotion des tumeurs. La Commission a déclaré qu’elle envisagerait des mesures pour minimiser l’exposition des nourrissons à la substance chimique.
Le BPA est utilisé dans une gamme de matériaux en contact avec les aliments, y compris les biberons en polycarbonate et le revêtement époxy des boîtes de conserve pour les aliments et les boissons. Son utilisation continuelle dans la fabrication des emballages est un sujet de débat féroce à travers le monde.
Alors que les autorités de sécurité alimentaire aux États-Unis et en Europe ont déclaré que la substance chimique ne présente pas de risques pour la santé aux niveaux d’exposition actuels, la France et le Danemark ont interdit unilatéralement la substance dans les biberons et le Canada l’a ajoutée à sa liste de substances toxiques.
La semaine dernière, il est ressorti d’une réunion d’experts organisée par l’Organisation Mondiale de la Santé que les niveaux de BPA présents dans les aliments étaient trop faibles pour causer des effets néfastes sur la santé.
Traduction réalisée par le RES
(source : www.foodqualitynews.com)
Commentaire:
Pour le RES et André Cicolella, c’est une bonne nouvelle qui montre que notre action a fait bouger les choses au niveau européen. Bonne nouvelle aussi de constater que le rapport récent de l’OMS, aussi douteux que ceux de l’Agence Européenne, ne soit pas pris au sérieux par la Commission.
Reste à compléter cette 1ère décision pour obtenir une protection de l’ensemble des nourrissons et pas seulement ceux nourris au biberon (ceux nourris au sein maternel et même avant , les foetus …qui sont eux aussi contaminés en raison de la contamination maternelle) .
Ce sera le sens de notre démarche auprès de la nouvelle ministre de l’Ecologie, dont on peut attendre qu’elle soit en cohérence avec les positions qu’elle défendait il y a 2 ans comme secrétaire d’Etat.
Bulletin de veille scientifique BPA n°7
FAITS MARQUANTS
Bilan global de la veille effectuée depuis Mai 2009
Bilan détaillé de la veille effectuée de Juin à Septembre 2010
Chez l’homme :
● Confirmation dans un groupe d’hommes suivis en consultation de fertilité de la baisse de la qualité du sperme en fonction de l’imprégnation en BPA, mais aussi mise en évidence des lésions de l’ADN des spermatozoïdes.
● Interférence du BPA avec l’effet protecteur de l’oestradiol dans le cas de l’ostéoarthrite. Cette donnée vient s’ajouter aux effets perturbateurs du BPA déjà décrits dans d’autres traitements médicaux (Chimiothérapie du cancer du sein et du cancer de la prostate ; Fécondation in vitro).
→ Les professionnels de santé devraient être alertés pour protéger leurs patients en leur faisant faire un bilan BPA avant tout traitement.
Chez l’animal :
● De nouvelles études confirment les effets consécutifs à l’exposition pendant la gestation : troubles du comportement, obésité, troubles de la reproduction et susceptibilité au cancer mammaire. Dans ce dernier cas, l’effet est observé pour une exposition 20 fois plus faible que l’actuelle DJA de l’agence européenne EFSA.
→ Ces résultats invalident la DJA de 50 µg/kg/j de l’agence européenne EFSA
Exposition :
● Plusieurs études évoquent la contamination via les résines dentaires à base de BPA
● Confirmation de la contamination des boîtes de conserve au Canada et en Belgique
● Mise en évidence de la contamination de l’eau de nappe
● Question posée sur la contamination via les papiers thermiques
● Une étude de biomonitoring montre que les femmes les plus imprégnées en BPA sont les caissières et celles consommant des boîtes de conserve 1 fois par jour
● Confirmation de la pertinence du biomonitoring pour évaluer le risque pour la population
→ Nécessité de mieux connaître toutes les sources de BPA via le travail ou la consommation
Bisphénol A dans les tickets de caisse : Quel risque pour notre santé ? Voir le 20h de TF1
Le réseau Environnement Santé précise que la présence de Bisphenol A (BPA) dans les tickets de caisse en papier thermique reste une voie d’exposition tout à fait secondaire par rapport à la voie alimentaire (boîtes de conserve et cannettes, récipients alimentaires en plastique) qui reste la principale source de contamination au composé chimique. Le risque pour le consommateur est quasi nul dans le cas présent.
Les professionnels sont en revanche davantage exposés. C’est pourquoi nous demandons une évaluation de leur exposition réelle au BPA par des mesures de concentrations urinaires puisque aucune étude sérieuse ne s’est encore penchée sur la question.
Interview d’André Cicolella et du Dr Eric Houdeau :
Reportage sur le Bisphénol A : Interview du Dr Houdeau, intervenant au Colloque sur les PE le 14 septembre 2010
Entretien avec le Dr Eric Houdeau, chercheur dans l’Unité de Neuro-Gastroentérologie et Nutrition du Pôle de Toxicologie Alimentaire de l’INRA de Toulouse.
Le Dr Houdeau interviendra lors du Colloque sur les Perturbateurs Endocriniens le 14 septembre 2010 (voir la plaquette)
Extrait du reportage d’ARTE :
BPA Bisphénol A partout dans nos emballagesenvoyé par samsamsong. – Linfo internationale vidéo.
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