Communiqué de presse (16 mai 2012) – La prévention des maladies chroniques : c’est maintenant !

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Prévenir les maladies courantes en prévenant
les expositions environnementales précoces : le changement, c’est maintenant !
Paris/Bruxelles, le 16 mai 2012,
L’exposition à des contaminants environnementaux au cours de la vie utérine peut provoquer le déclenchement tardif de maladies graves chez de nombreux individus, selon une déclaration de consensus publiée lors du congrès scientifique PPTox, qui se termine aujourd’hui à Paris.
Cette version provisoire du consensus, encore ouverte aux commentaires des participants, reflète les conclusions du congrès, « PPTox III, maladies liées aux stress environnementaux au cours du développement : preuves et mécanismes », tenu à Paris les 14-16 mai 2012. La réunion a été suivie par plus de 250 participants, dont beaucoup d’entre eux sont des chercheurs de premier plan sur les liens entre expositions précoces et maladies [1]. Le texte de consensus souligne que les déséquilibres nutritionnels, les infections, le stress, et l’exposition aux produits chimiques, y compris les contaminants présents dans notre environnement, sont autant de facteurs qui peuvent agir sur l’enfant dans l’utérus et augmenter le risque de développement futur de maladies chroniques.
La déclaration intitulée « Origines développementales des dysfonctions et maladies non transmissibles : implications pour la recherche et la santé publique », a été présentée à la session finale de la conférence PPTox. Rédigée par un groupe d’experts scientifiques internationaux [2], elle décrit comment les déséquilibres nutritionnels et l’exposition à certains produits chimiques au cours du développement pré et postnatal conduisent au développement de maladies chez les adultes, y compris le cancer et le diabète, et comment la prévention des impacts à long terme sur la santé doit être mise en œuvre.
Parmi les points importants :
• Les stades précoces du développement (en particulier in utero) sont particulièrement sensibles aux perturbations induites par l’exposition aux produits chimiques avec des conséquences potentielles néfastes pour la santé, exprimées après une période de latence, comme l’obésité, le diabète, les troubles neuro-développementaux, la puberté précoce, les cancers hormonaux-dépendants, (sein, prostate et testicules). Plusieurs troubles affectant la reproduction ont également tous été liés à des expositions chimiques : testicules non descendus, baisse de la qualité du sperme, syndrome de sous-fécondité des ovaires polykystiques, fibrome utérin, …
• Les produits chimiques appelés perturbateurs endocriniens sont particulièrement préoccupants car ils détournent les hormones indigènes qui transportent les signaux d’une cellule du corps à l’autre. Ces perturbateurs endocriniens (PE) peuvent avoir des effets à des doses très faibles qui ne sont pas prévisibles à partir des tests effectués à des doses élevées. On estime que 900 produits chimiques sont couramment suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.
• Toutes les maladies complexes ont une composante environnementale. La part que les scientifiques attribuent uniquement à la variation génétique fixe ne cesse de se réduire au profit d’une meilleure compréhension du rôle des influences environnementales [3].
• Les maladies et les dysfonctionnements provoqués par l’augmentation de la susceptibilité au stade précoce du développement peuvent ne se manifester que des années ou des décennies plus tard et dépendront de l’exposition et du moment où elle intervient dans le développement.
Exemples de maladies:
• Diabète et obésité: l’exposition précoce aux contaminants chimiques environnementaux a été liée à un risque accru d’obésité et de diabète. On recense aujourd’hui environ 20 substances chimiques qualifiées d’obésogènes car elles peuvent conduire à un risque accru de gain de poids au cours de la vie.
• REPRODUCTION: Le développement du système reproductif humain commence vers la fin du premier trimestre de la vie utérine. Une grande variété de dysfonctions et de maladies affectant la reproduction, comme la cryptorchidie, le faible compte de spermatozoïdes, le syndrome des ovaires polykystiques et le cancer des testicules ont été liées à des expositions développementales aux perturbateurs endocriniens.
Le texte de consensus émet les recommandations suivantes pour les politiques publiques :
• Parce que les stades précoces du développement sont particulièrement sensibles aux perturbations, avec des conséquences néfastes sur la santé, les stratégies de recherche scientifique et de prévention des maladies devraient toutes deux se concentrer sur ces étapes de la vie qui sont les plus vulnérables.
• Un changement de politique au profit de la « prévention primaire » est nécessaire.
• L’amélioration de la nutrition et la réduction des expositions environnementales aux produits chimiques sont essentielles avant et pendant la grossesse et dans les premières années de la vie. Ce changement de politique est susceptible d’avoir un impact très important sur la fréquence des maladies chroniques et les coûts des soins de santé, tout en augmentant en même temps la qualité de vie de la population dans son ensemble.
Les autorités de réglementation et les organisations de la société civile ont été appelées à tenir compte de la déclaration de consensus dans l’élaboration future des politiques nationales et communautaires.
Robert Barouki, de l’Université Paris Descartes et co-président du comité organisateur du congrès déclare: « Nous disposons aujourd’hui des preuves scientifiques, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Les déséquilibres nutritionnels ou l’exposition à certains produits chimiques au cours de la période prénatale pourraient avoir des conséquences pour la santé future de l’individu. Bien que nous ne sachions pas encore l’ampleur exacte des conséquences, les faits scientifiques sont là et mûrs pour soutenir l’action publique ».
Genon Jensen, Directrice exécutive de HEAL (Alliance pour la Santé et l’Environnement) a déclaré que cinq groupes de la société civile (HEAL, Réseau Environnement Santé, Générations Futures, WECF, et CHEM Trust) saluent et appuient le texte de consensus. Les ONG de la société civile soulignent leur intention de porter cet appel au cours des discussions à venir sur la révision de la stratégie de l’UE sur les perturbateurs endocriniens ainsi que vers d’autres instances politiques pertinentes. « La déclaration de consensus donne une orientation importante pour les discussions futures et les décisions stratégiques sur les perturbateurs endocriniens. Il montre que plus d’attention doit être accordée à la prévention des expositions nocives pendant les périodes sensibles du développement humain. Jusqu’à présent, malgré les preuves de plus en plus nombreuses des dommages causés par les PE, les changements dans l’action réglementaire sont lents et encore inefficaces. Nous nous attendons à ce que cette importante déclaration fonde un rééquilibrage des efforts de santé publique vers la prévention primaire trop négligée par rapport aux stratégies courantes privilégiant exclusivement la détection et le traitement des maladies avec le fardeau humain et financier que cela implique », déclare-t-elle.
Pour André Cicolella, président et porte-parole du Réseau Environnement Santé, « nous sommes dans une situation de faillite multiple tant pour la sauvegarde de notre système de santé, menacé par l’explosion des coûts de prise en charge, que pour l’expression du droit à la santé des générations actuelles et futures. La bonne nouvelle, c’est que la science nous indique une solution de règlement de la crise. Il incombe au Président nouvellement élu, non seulement de maintenir le leadership que la France a adopté en Europe et dans le monde en commençant à agir sur les perturbateurs endocriniens comme le BPA, mais aussi à insuffler un programme ambitieux de recherche scientifique, de réformes de santé publique et de mutation du tissu industriel à la hauteur de l’urgence et des enjeux que soulève cette déclaration. Pour la jeunesse de France, dont François Hollande a fait sa priorité, c’est un choix historique incontournable. »
La déclaration de consensus sera publiée dans la prestigieuse publication en ligne « Environmental Health » (prévu début de Juin 2012).
[1]. Détails de la conférence à http://www.toxicology.org/ai/meet/cct_pptoxiii.asp
[2]. La déclaration de consensus a été écrite par Robert Barouki, INSERM UMR-S 747, Université Paris Descartes, Paris 06, 75270 France ; Peter D. Gluckman, Université d’Auckland, Private Bag 92019, Auckland 01142, Nouvelle-Zélande ; Philippe Grandjean, Médecine Environnementale, Université du Sud Danemark, 5000 Odense, Danemark et Harvard School of Public Health, Boston, MA 02215, Etats-Unis ; Mark Hanson, Université de Southampton, Mailpoint 887, Southampton General Hospital, SO16 6YD, Royaume-Uni; Jerrold J Heindel, Institut national des sciences de la santé environnementale, PO Box 12233, Research Triangle Park, NC 27709, États-Unis. La déclaration de consensus projet est soumise aux commentaires des participants au congrès jusqu’au 28 mai 2012, puis sera ouverte à signature.
[3]. Une des raisons qui soutient cette conclusion est l’augmentation substantielle de l’incidence de nombreuses maladies chroniques au cours des 20-40 dernières années, un intervalle de temps beaucoup trop court pour être attribuable aux modifications génétiques.
Communiqué de presse (30 mars 2012) – Hypersensibilité électromagnétique : Pour une garantie de la déontologie dans l’étude et la prise en charge
Hypersensibilité électromagnétique :
Pour une garantie de la déontologie dans l’étude et la prise en charge
Le quotidien du médecin du 27 mars nous apprend que l’Académie nationale de médecine, par la voix du Professeur André Aurengo, apporte son soutien aux orientations de l’étude Cochin de prise en charge de l’hypersensibilité électromagnétique, lancée par l’AP-HP et pilotée par le Professeur Choudat.
Ce soutien inconditionnel – en contradiction apparente avec les missions de l’Académie de médecine et ses critères de multidisciplinarité et d’indépendance – pose effectivement de graves questions d’un point de vue scientifique et médical.
Comment l’Académie de médecine, se basant sur une fausse citation du rapport de l’AFFSET 2009[1], peut-elle soutenir qu’il n’existe aucun argument pour retenir d’autre hypothèse que l’origine psychologique de cette hypersensibilité, ignorant l’existence de travaux indiquant le contraire ? Peut-elle encore méconnaître l’existence de signaux d’alerte observables dans les études de cas, les enquêtes citoyennes et les témoignages convergents dans le monde entier ? Peut-elle ignorer les changements de paradigmes en cours dans des pays comme le Canada ou les Etats-Unis en matière de maladies émergentes liées à des hypersensibilités environnementales ?
Comment l’Académie de médecine peut-elle soutenir un seul traitement symptomatique et soutien psychothérapique alors que des travaux d’objectivation des troubles ont été initiés, que des mécanismes biologiques sont évoqués et que l’on sait, dans le cas des hypersensibilités environnementales, que plus la mise à l’abri et la prise en charge globale sont précoces, meilleures sont les chances d’amélioration de l’état des personnes sensibles et qu’à l’inverse, une éviction tardive augmente les risques d’atteintes irréversibles ?
Comment se fait-il que l’Académie de médecine se saisisse de cette question alors que l’ANSES[2], dans sa mission de mise à jour de l’expertise scientifique, en a fait une question prioritaire ? Que ce thème est régulièrement abordé dans le cadre du comité de dialogue « Radiofréquences et santé » auquel plusieurs d’entre nous participent activement et que les approches novatrices de l’hypersensibilité électromagnétique font partie des questions posées à la recherche ?
Refuser de prendre en compte ces signaux d’alerte serait prendre de graves responsabilités quant à l’apparition de nouveaux cas qui n’auraient pu en conséquence, bénéficier d’une prévention adaptée et quant à l’aggravation de l’état de santé des personnes déjà hypersensibles.
Nous réitérons nos demandes au Ministre de la Santé de réorienter l’étude de manière constructive, de sortir de l’opacité du protocole de prise en charge et d’assurer une information objective du corps médical (voir communiqué du 16 février 2012 Etude Cochin sur l’électrosensibilité ou chronique d’un résultat annoncé ).
Dans ce contexte et dans l’attente des clarifications nécessaires, nous ne pouvons recommander à l’heure actuelle aux électrosensibles de s’engager dans l’étude Cochin. Nous serons particulièrement vigilants quant à la déontologie de cette étude et n’hésiterons pas à en dénoncer les carences.
Enfin, afin d’alerter les autorités de santé sur les réalités du terrain, nous appelons à témoigner dans le cadre notre opération VISIBILITÉ toute personne qui expérimente des troubles, légers ou graves, en relation avec les champs électromagnétiques : hypersensibles, riverains d’antennes, de lignes électriques, usagers de technologie sans fil…
[1] Rapport AFFSET 2009 : http://www.anses.fr/ET/DocumentsET/Rapport_RF_final_25_091109_web.pdf
[2] Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail
Plus d’informations :
Dépliant – Obésité/Diabète : le rôle des polluants chimiques
Le modèle énergétique (nutrition-sédentarité) ne suffit pas à expliquer les épidémies mondiales actuelles d’obésité et de diabète ; des substances chimiques polluantes obésogènes et diabétogènes sont également à l’œuvre. Deux rapports récents, de l’ONG CHEM Trust et du Réseau Environnement Santé (RES), soulignent le rôle que peuvent jouer des substances chimiques auxquelles nous sommes quotidiennement exposé-e-s dans l’augmentation des cas de diabète et d’obésité dans la population.
Communiqué de presse (20 mars 2012) – Obésité/Diabète: un 2nd rapport met en cause la pollution chimique
Programmés pour l’obésité et le diabète ?
Les perturbateurs endocriniens mis en cause dans un second rapport
L’association britannique CHEM Trust publie aujourd’hui un rapport intitulé « Panorama scientifique des liens entre exposition chimique et risques d’obésité et de diabète »[1], qui parvient aux mêmes conclusions que le rapport du RES « Evaluation du lien entre environnement chimique, obésité et diabète (ECOD) ».
Les auteurs du rapport CHEM Trust, les professeurs Miquel Porta et Duk-Hee Lee, ont passé en revue 240 publications scientifiques et dressent le même constat que le rapport ECOD publié par le Réseau Environnement Santé, mercredi dernier : le modèle énergétique (nutrition-sédentarité) ne suffit pas à expliquer les épidémies mondiales actuelles d’obésité et de diabète ; des substances chimiques polluantes obésogènes et diabétogènes sont également à l’œuvre.
Les auteurs, à l’instar du RES, insistent sur l’action délétère des perturbateurs endocriniens qui aux stades les plus vulnérables du développement peuvent programmer irréversiblement l’organisme humain à l’obésité et au diabète. « Il faut passer d’une approche centrée sur le mode de vie, le diagnostic et le traitement à une approche appliquant des mesures de prévention à toute la population, telles qu’une alimentation exempte de contaminants persistants et l’élimination de l’exposition à des produits chimiques impliqués dans l’obésité et le diabète » écrivent-ils.
« C’est le changement de paradigme en santé publique que nous appelons de nos vœux. Par leur contribution multiple aux grandes épidémies non-infectieuses (maladies métaboliques, cancers) et aux atteintes à la reproduction, les perturbateurs endocriniens sont à la fois une menace à appréhender d’urgence et une opportunité pour replacer prévention et précaution au cœur des politiques publiques » commente André Cicolella, Président du Réseau Environnement Santé.
Les frais de prise en charge du diabète représentent, à eux seuls, en moyenne 10% du budget santé des états européens. Il ne fait pas de doute que la prévention s’impose aussi du point de vue économique.
- Le résumé et les conclusions du rapport de CHEM Trust sont disponibles en français sur : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2012/03/resume_chemtrust_diabete_obesite.pdf
- La rapport de CHEM Trust « Panorama scientifique des liens entre exposition chimique et risques d’obésité et de diabète » disponible en anglais sur : http://www.chemtrust.org.uk/documents/CHEM%20Trust%20Obesity%20&%20Diabetes%20Full%20Report.pdf
- Les ONG européennes diffusent une brochure grand public sur les enjeux environnementaux des maladies métaboliques : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2012/03/Brochure_grand_public_diabete_obesite.pdf
- Rapport et dossier de presse du rapport ECOD du RES : http://reseau-environnement-sante.fr/2012/03/14/dossiers-par-themes/communique-de-presse-14-mars-2012-obesitediabete-ne-plus-sous-estimer-les-polluants-chimiques/
[1]. Titre original du rapport : “Review of the science linking chemical exposures to the human risk of obesity and diabetes”
Communiqué de presse (14 mars 2012) – Obésité/Diabète: ne plus sous-estimer les polluants chimiques
Rapport ECOD :
Agir contre les perturbateurs endocriniens, une piste de prévention
de l’obésité et du diabète à explorer d’urgence
Le Réseau Environnement Santé publie aujourd’hui le rapport ECOD qui dresse un panorama des données scientifiques disponibles sur les liens entre l’épidémie d’obésité et de diabète et l’exposition aux polluants chimiques.
Nous sommes aujourd’hui confrontés à une épidémie de maladies métaboliques.
L’Organisation Mondiale de la Santé estime à près de 700 millions le nombre de personnes obèses d’ici à 2015, avec une augmentation de 75% en 10 ans. En France, selon l’étude ObEpi (2009), 32% des plus de 18 ans, soit 14 millions de personnes, sont en surpoids et 14,5%, soit 6,5 millions, sont considérées comme obèses, cette proportion ayant doublé entre 1997 et 2009.
Le diabète est une des conséquences majeures de l’obésité, mais a aussi ses causes propres. En France, son incidence a presque doublé entre 2000 et 2008 et atteint près de 1,8 millions de personnes. Le coût annuel supplémentaire du diabète est en France de 1 milliard d’euros.
Depuis les années 80, les pouvoirs publics ont mis l’accent sur les mesures hygiéno-diététiques pour lutter contre l’obésité et le diabète, une alimentation trop riche et une sédentarité accrue étant retenues comme les deux facteurs de l’épidémie. Mais cette politique ne parvient pas à enrayer la croissance des maladies métaboliques.
La pollution chimique apparait comme un facteur explicatif complémentaire.
Le rapport du RES « Évaluation du lien entre environnement chimique, obésité et diabète (ECOD) » dresse un panorama des nombreuses études scientifiques qui mettent en évidence l’action perturbatrice de polluants chimiques diabétogènes et obésogènes sur le métabolisme glucido-lipidique. Parmi ces substances, plusieurs polluants organiques agissent par un mécanisme de perturbation endocrine. « Le tissu adipeux ne peut plus être considéré comme un simple lieu de stockage de réserve calorique, mais doit être également considéré comme un organe sous contrôle hormonal. A ce titre, il est donc susceptible d’être aussi la cible des perturbateurs endocriniens » explique Gilles Nalbone, directeur de recherche émérite à l’INSERM et membre du RES.
La prévention doit aussi porter sur l’exposition chimique
Actuellement la dimension pollution chimique/obésité/diabète n’est prise en compte dans aucun des plans nationaux de santé publique : le Plan National Santé Environnement (PNSE) ne se préoccupe pas d’alimentation ; le Plan National Nutrition Santé et le Plan Obésité ne se préoccupent pas de la pollution chimique. « Notre rapport vise à intéresser les autorités sanitaires à cette piste encore ignorée : les données sont aujourd’hui suffisantes pour prendre en considération la pollution chimique comme un axe complémentaire de lutte contre l’épidémie d’obésité et de diabète » déclare André Cicolella porte-parole du RES ; « c’est aussi une pierre de plus dans le jardin des législateurs français et européens pour agir globalement sur les perturbateurs endocriniens ».
Il faut aussi se préoccuper de la protection des malades du point de vue de leur exposition aux substances obésogènes et diabétogènes. Ceci devrait faire l’objet de recommandations de la part de la Haute Autorité de Santé complémentaires des mesures hygiéno-diététiques classiques.
Consultez le dossier de presse du rapport ECOD (en français)
Lire le rapport ECOD complet (en français)
Read English summary ECOD and table of matters
Le rapport « Kortenkamp » fait le point sur l’évaluation des perturbateurs endocriniens
Une étude sur l’état de l’art de l’évaluation des perturbateurs endocriniens a été commandée par la Direction Générale de l’Environnement en 2009 afin de fournir une base pour :
1. l’élaboration de critères scientifiques pour l’identification des perturbateurs endocriniens, et
2. l’examen et la révision éventuelle de la stratégie communautaire sur les perturbateurs endocriniens.
Les objectifs de l’étude étaient les suivants :
1. examiner les connaissances scientifiques publiées dans la littérature au cours des 10 dernières années et dans les rapports de plus de 80 projets financés par FP ;
2. d’examiner les approches pour l’évaluation des perturbateurs endocriniens utilisés dans certains États membres, dans les grandes économies concurrentes en dehors de l’UE et dans les instances internationales;
3. tirer des conclusions et répondre aux questions de politique pertinentes.
L’étude a été finalisée par le contractant fin janvier 2012 :
- « State of the art assessment of endocrine disruptors » (en anglais)
- « Annex 1 : Summary of the state of the science » (en anglais)
- « Annex 2 : Summary of expert consultations on approaches to the regulatory assessment of endocrine disrupters » (en anglais)
- « Annex 3 : Comparative analysis of endpoints and assays by human health and wildlife endpoint » (en anglais)
Lettre ouverte à Ban Ki Moon, secretaire général de l’ONU et au Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS
En vue de la prochaine conférence de l’ONU-OMS prévue à New York les 18 et 19 septembre sur l’épidémie de maladies chroniques, Annie Sasco et André Cicolella ont rédigé une lettre ouverte. Cette lettre, à destination du secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon et de la directrice générale de l’OMS Margaret Chan, invite les autorités à inclure les maladies mentales et les troubles de la reproduction au rang des maladies chroniques et plaide pour une prise en compte de la pollution chimique.
Lire le texte dans sa version française ou dans sa version anglaise
Toutes les informations sur le site de l’OMS
Les actes du colloque – Maladies de l’Hypersensibilité : Quelles causes environnementales ?
Pour lire les Actes du colloque qui s’est tenu à la Mutualité Française : Consulter le document
Martin PALL : le cycle NO/ONOO des maladies de l’hypersensibilité confirmé par une équipe romaine
Portland. Oregon. 5 Juillet 2010
A Rome, une équipe de chercheurs indépendants vient de confirmer le mécanisme physiologique de l’hypersensibilité chimique multiple (MCS) proposé par le biochimiste Martin L Pall.
L’hypersensibilité chimique multiple (MCS), aussi connue sous les noms de « Sensibilité chimique » ou encore de « Perte de tolérance induite par les produits toxiques « (TILT), est une maladie déclenchée par une exposition à un agent chimique toxique. Cette exposition engendre une atteinte toxique du cerveau qui génère une très forte sensibilité à toute une série d’agents chimiques impliqués dans l’initialisation de la maladie. D’autres réactions de sensibilité sont également observables dans diverses parties du corps.
« Les études épidémiologiques montrent que la MCS est un trouble terriblement commun, bien plus encore que ne le sont les diabètes » indique M. Pall, Professeur Emérite en Biochimie et en Sciences médicales fondamentales à l’université de l’état de Washington.
« L’étude de la littérature scientifique existante ainsi que les recherches que j’ai conduites durant les 11 dernières années montrent que le mécanisme central de la MCS est probablement un mécanisme biochimique en « cercle vicieux » connu sous l’appellation de cycle NO/ONOO-. »
Le travail de Pall a été publié dans de nombreux livres et articles. Tout récemment, la revue de renommée internationale « General and Applied Toxicology, 3em édition, 2009 » qui s’adresse aux toxicologues professionnels, lui a consacré un chapitre entier.
Le cycle NO/ONOO-
Le cycle NO/ONOO- (prononcé Non Oh Non !) est ainsi nommé d’après les structures chimiques de l’oxyde nitrique (NO) et du peroxynitrite (ONOO-).
Chez les patients atteints de MCS ainsi que dans d’autres maladies de la même famille, on observe une présence très importante de certains éléments en lien les uns avec les autres et qui sont au coeur de ce mécanisme biochimique en « cercle vicieux ».
La plupart des composés présents dans le cycle se retrouve à des taux particulièrement élevés chez les personnes souffrant du syndrome de fatigue chronique ou de la fibromyalgie . La même observation est faite sur le modèle animal MCS mais un certain nombre de ces éléments n’a pas encore été mesuré chez les patients MCS.
L’étude récente réalisée par l’équipe Romaine (De luca et al, avril 2010 Epub) est particulièrement probante quant à la question de la théorie du cycle NO/ONOO- car elle démontre que 3 éléments du cycle sont plus élevés chez les patients atteints de MCS que chez la population générale. Ces éléments sont : les cytokines inflammatoires, l’oxyde nitrique et le stress oxydatif. Ces résultats corroborent le mécanisme de la maladie proposé par M. Pall.
Bien qu’ils aient été observés chez l’animal MCS, les taux élevés de cytokines inflammatoires et d’oxyde nitrique n’ont encore jamais été mesurés sur les patients MCS. Deux études plus anciennes ont mis en évidence le stress oxydatif de ces patients mais les données fournies par l’étude de De Luca et de son équipe sont bien plus détaillées. Ces nouvelles données confirment ainsi que le cycle NO/ONOO- est bien le mécanisme de la MCS.
Le cycle NO/ONOO- nous est aussi très utile pour comprendre le rôle joué par les agents chimiques dans la MCS ou pour comprendre le rôle du traitement. On pense que chacune des 7 classes d’agents chimiques impliquées dans la MCS agit indirectement en augmentant l’activité des récepteurs NMDA ( récepteurs au glutamate qui controlent la plasticité synaptique et la fonction de mémorisation).
Cette activité conduit elle même à de rapides élévations des taux de calcium intracellulaire (Ca²+), d’oxyde nitrique et de peroxynitrite. Tout ceci conduit à une importante stimulation du cycle NO/ONOO-.
De nombreux éléments utilisés dans le traitement des patients MCS par les médecins environnementaux régulent à la baisse différentes parties du cycle et sont donc en partie corroborées par ce mécanisme » explique Martin Pall.
« Aussi peut-on considérer que le mécanisme du cycle NO/ONOO- confirme bien les approches thérapeutiques utilisées en médecine environnementale aux USA, en Allemagne et d’autres zones de l’Europe, ainsi que dans d’autres pays ».
Contact : Martin L Pall, PhD
Professeur émérite en Biochimie et en Sciences médicales fondamentales Université de l’état de Washington
1- 503-232-3883
TRADUCTION :
Catherine HOCHART
Etude Lavergne : fréquence de l’hypersensibilité chimique multiple, de la fatigue chronique et de la fibromyalgie
Etude clinique Lavergne au Canada
Lire à partir de la page 2 en français
→ 5% de la population canadienne sont atteints d’hypersensibilité chimique mutliple, de fatigue chronique ou de fibromyalgie.
Journée sur les maladies de l’Hypersensibilité
Rappel du programme de la journée du 21 avril 2010 à la Mutualité Française à paris
SUITES DU COLLOQUE :
● Retrouver également la vidéo de Dominique Belpomme sur le site de Robin des Toits
et en ligne sur le site du RES :
● la vidéo en français de « MCS : comment les expositions chimiques peuvent affecter votre santé? » réalisée par Alison Johnson
● les vidéos d’intervenants du colloque : Martin Pall, Francis Chateaureynaud…
N’hésitez pas à vous tenir informé de la date de diffusion des actes et des vidéos du colloque en vous abonnant à la Lettre d’info du RES
En attendant, retrouver :
● le résumé des interventions du colloque dans le Dossier de Presse du colloque (notamment Martin Pall, Dominique Belpomme, Peter Ohnsorge…)
● les présentations des intervenants du colloque :
Si vous êtes victime du syndrôme d’hypersensibilité chimique multiple ou d’hypersensibilité à d’autres facteurs (ondes électromagnétiques…), merci de nous apporter votre témoignage sur votre vie quotidienne.
Les informations communiquées par cet appel à témoignage seront traitées de façon strictement anonyme et serviront de base à l’enquête menée auprès des malades pour mieux comprendre les symptômes et les facteurs déclenchants de ces symptômes.
Cette enquête donnera lieu à un colloque bilan de ces témoignages en 2011 en vue de concrétiser le plan d’action et de prise en charge de ces maladies.
INFOS PRATIQUES :
Retrouver sur le site de Robin des Toits comment désactiver son WI-FI chez soi
bientôt + d’infos pratiques en ligne…
- Lire la Revue de Presse du colloque
RAPPEL : Action 24 du Plan National Santé Environnement :
Améliorer la prise en charge des personnes atteintes d’hypersensibilité aux facteurs environnementaux, notamment les ondes électromagnétiques, en développant des protocoles de prises en charge en lien et en informant les professionnels de santé et en développant la recherche.
Expliquer les maladies inexpliquées
C’est le titre de l’ouvrage de Martin Pall publié en 2007. Martin Pall est professeur de Biochimie à l’Université de Washington à Pullman (USA).
Son livre traite des maladies inexpliquées, ces maladies que l’on peut appeler aussi les « nouvelles maladies de l’environnement ». Il est centré sur celles qui ont pour nom syndrome d’hypersensibilité, fibromyalgie, syndrome de la guerre du Golfe, syndrome de fatigue chronique, stress post-traumatique, et pour lesquelles il propose un mécanisme explicatif commun.
La thèse, qu’il a présentée lors du colloque « Un autre regard sur le cancer » qui s’est tenu à Aix en Provence en avril dernier, peut, comme toute nouvelle thèse scientifique, être discutée (cf note 1). Mais elle a le mérite d’adopter une position vis-à-vis de ces maladies en rupture avec la position dominante en France qui est celle du déni et du renvoi sur des problèmes psychologiques.
Ces maladies affectent des millions personnes à travers le monde et il n’est pas possible de continuer à les ignorer. Ce sera le thème d’une première journée scientifique organisée par le RES (maladies liées à l’hypersensibilité).
D’autres maladies qui ont en commun cette négation de leur réalité seront le sujet d’une seconde journée scientifique du RES. Il s’agira alors d’aborder des troubles psychiatriques liés aux traitements hormonaux, des affections neurologiques liées au mercure dentaire et plus globalement des affections mentales ou neurodégénératives dont la cause environnementale reste largement niée en France.
Chaque journée sera organisée autour d’un grand témoin pour apporter un état des lieux des données scientifiques : le Prof. Martin Pall pour la 1ère journée, prévue en janvier 2010, le Prof. Boyd Halley de l’Université du Kentucky pour la seconde prévue en avril, 2010 ont accepté l’invitation du RES.
Ces journées seront organisées sous la responsabilité des associations SOS-MCS, HHORAGES (Halte aux HORmones Artificielles pour les GrossessES ) et NAMD (Non au Mercure Dentaire) membres du RES.
Nous reviendrons plus en détail dans un prochain numéro de notre lettre d’information sur ces deux initiatives.
Mais dès maintenant, le RES lance un appel à témoignages et réactions, aussi bien en direction des malades que des scientifiques et acteurs du monde médical. N’hésitez pas à nous contacter ! → res.contact@free.fr
Pour en savoir plus sur ces maladies émergentes, on peut notamment se reporter aux sites:
http://non-au-mercure-dentaire.org/
http://www.contaminations-chimiques.info/
Note 1 : Sur les travaux du Docteur Martin Pall lire :




