Edito Newsletter n° 14 • Un vote historique
Le 12 Octobre devrait rester dans l’histoire. En votant à l’unanimité l’interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires, les députés français ont édicté la première loi de ce genre au monde. Après avoir voté en mai dernier l’interdiction des phtalates, des alkylphénols et des parabènes, ils ont confirmé qu’ils avaient pris la pleine mesure de la question des perturbateurs endocriniens. L’ANSES a, elle aussi, pris en compte le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens en publiant un rapport, le 27 septembre dernier, qui reconnaît les effets du bisphénol A aux faibles doses. La France se retrouve ainsi être le pays pionnier en la matière. La voie est maintenant tracée pour une loi qui traite de l’ensemble des perturbateurs endocriniens. C’est ce qu’a fait le sénateur américain John Kerry, ancien candidat démocrate à la présidence, en déposant un projet de loi devant le Sénat américain dont l’objectif est ainsi formulé : « l’organisme d’aucun parent ne doit être contaminé par un perturbateur endocrinien ».
Ce sera l’objectif du RES pour 2012 : obtenir une loi Kerry à la française. Le fait que le vote du 12 octobre ait été acquis à l’unanimité laisse espérer une issue positive. Il est heureux en effet que la question des perturbateurs endocriniens soit comprise comme une question non partisane. Ce n’est pas qu’une affaire de loi, c’est toute la société qui doit se mobiliser en ce sens, car éliminer les perturbateurs endocriniens de notre environnement représente une mutation profonde. L’enjeu est la hauteur de cette mutation, car il s’agit de notre santé et de celle des générations futures.
Edito Newsletter n° 13 • La toxicité du bisphénol à faible dose enfin reconnue
A sa création, le 3 Mars 2009, le RES avait annoncé que sa première campagne porterait sur le BPA car cette molécule était emblématique des enjeux autour de la question des perturbateurs endocriniens, et plus largement de la nécessité de mettre la question environnement santé au cœur des politiques de santé et d’environnement.
Une veille scientifique a donc été organisée à partir de Mai 2009, dont les résultats ont été envoyés tous les 3 mois aux Ministres de la Santé et de l’Ecologie, ainsi qu’à la direction de l’AFSSA, (devenue ensuite ANSES), puis aux responsables des groupes politiques des 2 assemblées. Cette veille a révélé que l’écrasante majorité des publications scientifiques sur les 2 ans (150 sur 158) concluait à un impact sanitaire du BPA, notamment à des doses très inférieures à la Dose Journalière Admissible préconisée par l’AFSSA et l’agence européenne l’EFSA. Malgré l’évidence scientifique, les 2 agences ont continué à défendre la position de l’industrie chimique qui consistait à écarter 95% de la littérature pour ne retenir que les études faites selon un protocole obsolète (dit des « Bonnes Pratiques de Laboratoire »), qui ne permet pas de voir les effets à faible dose. Ceux-ci étaient donc purement et simplement niés.
Cette fiction vient aujourd’hui de céder. L’ANSES a publié un rapport qui prend en compte l’ensemble de la littérature scientifique et aboutit donc aux conclusions que défendait le RES depuis le début, à savoir que la DJA actuelle n’est pas protectrice et qu’il est urgent d’agir pour éviter la contamination de la population la plus sensible, qui est celle des nourrissons. Cette expertise reconnaît le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens, sujet qui avait fait l’objet du colloque organisé par le RES à l’invitation des députés Gérard Bapt (PS) et Bérengère Polletti (UMP) le 14 septembre 2010 à l’Assemblée Nationale et dont les résultats sont aujourd’hui disponibles.
Fort heureusement, les parlementaires n’ont pas attendu pour prendre des décisions pour protéger la population : une première loi interdisant les biberons au BPA a été votée en juin 2010, à l’initiative du sénateur radical Yvon Colin, puis une autre loi à l’initiative du député Nouveau Centre Yvan Lachaud, interdisant 3 groupes de PE. Dernière décision en date, la Commission des Affaires Sociales a voté la proposition de loi du député Gérard Bapt interdisant l’utilisation du BPA dans les contenants alimentaires. Gérard Bapt avait été le premier maire à interdire les biberons dans sa commune et d’autres mairies, à la suite de celle de Paris dès Mars 2009, avaient pris la décision de les retirer des crèches.
Le RES se réjouit de cette évolution qui traduit la prise de conscience de l’enjeu des perturbateurs endocriniens. Ce mouvement ne doit pas s’arrêter. D’autres facteurs de risque sont aujourd’hui bien identifiés qui justifient de prendre des mesures réglementaires, notamment l’aspartame, le mercure dentaire, le perchloréthylène dans les pressings ou les pesticides. D’autres maladies sont encore largement ignorées comme les maladies de l’hypersensibilité ou neurodéveloppementales. Ce sont les sujets qui vont être portés par le RES et ses organisations dans les mois à venir.
C’est une mutation de notre façon de produire et de consommer qui est en jeu. Ce sera au cœur du colloque sur la Chimie Saine que le RES organisera à Lyon en septembre 2012. Il y a urgence car l’épidémie de maladies chroniques impacte la quasi-totalité de la planète, comme la récente conférence des Nations Unies à New York vient de le rappeler et agir sur les causes identifiées, notamment chimiques, est la seule façon de la faire reculer.
A sa création, le 3 Mars 2009, le RES avait annoncé que sa première campagne porterait sur le BPA car cette molécule était emblématique des enjeux autour de la question des perturbateurs endocriniens, et plus largement de la nécessité de mettre la question environnement santé au cœur des politiques de santé et d’environnement.
Une veille scientifique a donc été organisée à partir de Mai 2009, dont les résultats ont été envoyés tous les 3 mois aux Ministres de la Santé et de l’Ecologie, ainsi qu’à la direction de l’AFSSA, (devenue ensuite ANSES), puis aux responsables des groupes politiques des 2 assemblées. Cette veille a révélé que l’écrasante majorité des publications scientifiques sur les 2 ans (150 sur 158) concluait à un impact sanitaire du BPA, notamment à des doses très inférieures à la Dose Journalière Admissible préconisée par l’AFSSA et l’agence européenne l’EFSA. Malgré l’évidence scientifique, les 2 agences ont continué à défendre la position de l’industrie chimique qui consistait à écarter 95% de la littérature pour ne retenir que les études faites selon un protocole obsolète (dit des « Bonnes Pratiques de Laboratoire »), qui ne permet pas de voir les effets à faible dose. Ceux-ci étaient donc purement et simplement niés.
Cette fiction vient aujourd’hui de céder. L’ANSES a publié un rapport qui prend en compte l’ensemble de la littérature scientifique et aboutit donc aux conclusions que défendait le RES depuis le début, à savoir que la DJA actuelle n’est pas protectrice et qu’il est urgent d’agir pour éviter la contamination de la population la plus sensible, qui est celle des nourrissons. Cette expertise reconnaît le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens, sujet qui avait fait l’objet du colloque organisé par le RES à l’invitation des députés Gérard Bapt (PS) et Bérengère Polletti (UMP) le 14 septembre 2010 à l’Assemblée Nationale et dont les résultats sont aujourd’hui disponibles.
Fort heureusement, les parlementaires n’ont pas attendu pour prendre des décisions pour protéger la population : une première loi interdisant les biberons au BPA a été votée en juin 2010, à l’initiative du sénateur radical Yvon Colin, puis une autre loi à l’initiative du député Nouveau Centre Yvan Lachaud, interdisant 3 groupes de PE. Dernière décision en date, la Commission des Affaires Sociales a voté la proposition de loi du député Gérard Bapt interdisant l’utilisation du BPA dans les contenants alimentaires. Gérard Bapt avait été le premier maire à interdire les biberons dans sa commune et d’autres mairies, à la suite de celle de Paris dès Mars 2009, avaient pris la décision de les retirer des crèches.
Le RES se réjouit de cette évolution qui traduit la prise de conscience de l’enjeu des perturbateurs endocriniens. Ce mouvement ne doit pas s’arrêter. D’autres facteurs de risque sont aujourd’hui bien identifiés qui justifient de prendre des mesures réglementaires, notamment l’aspartame, le mercure dentaire, le perchloréthylène dans les pressings ou les pesticides. D’autres maladies sont encore largement ignorées comme les maladies de l’hypersensibilité ou neurodéveloppementales. Ce sont les sujets qui vont être portés par le RES et ses organisations dans les mois à venir.
C’est une mutation de notre façon de produire et de consommer qui est en jeu. Ce sera au cœur du colloque sur la Chimie Saine que le RES organisera à Lyon en septembre 2012. Il y a urgence car l’épidémie de maladies chroniques impacte la quasi-totalité de la planète, comme la récente conférence des Nations Unies à New York vient de le rappeler et agir sur les causes identifiées, notamment chimiques, est la seule façon de la faire reculer.
Edito Newsletter n° 12 • De la loi Lachaud à Fukushima : le principe de précaution plus que jamais d’actualité !
« L’organisme d’aucun parent ne doit être contaminé par un perturbateur endocrinien ». Proposition ambitieuse, irréaliste même ? C’est pourtant celle qui figure dans le projet de loi déposé par le sénateur américain John Kerry, ancien candidat démocrate aux élections présidentielles, devant le sénat américain en décembre 2009[1] . Cette proposition a commencé à devenir réalité en France depuis le 3 mai, date du vote par les députés de la loi présentée par le député Nouveau Centre Yvan Lachaud. L’exposé des motifs de cette loi fait d’ailleurs référence explicitement au projet de loi Kerry. Venant après leur vote d’interdiction du bisphénol A dans les biberons, les députés posent de nouveau un acte politique fort. Le message est clair : il y a suffisamment de données scientifiques pour considérer que les perturbateurs endocriniens représentent un problème majeur de santé publique et il est temps d’agir pour éliminer de notre environnement ces facteurs de risque qui contribuent à l’épidémie de maladies chroniques.
Le message est aussi très clair en direction des agences de sécurité sanitaire, dont la frilosité est ainsi de nouveau mise en évidence. Un an après l’interdiction des biberons au BPA, l’ANSES n’a toujours pas modifié sa position officielle, qui est toujours celle d‘une faiblesse des preuves scientifiques ni même sa DJA. Position en contradiction complète avec la réalité de la littérature scientifique comme le démontre le suivi que réalise le RES depuis 2 ans (95% des études parues sont positives).
Il faut maintenant espérer que les sénateurs voteront également la loi Lachaud, ce qui serait cohérent avec l’initiative qu’ils avaient été les premiers à prendre, concernant l’interdiction des biberons au BPA. Il faut se réjouir aussi de voir que ce vote transcende le clivage gauche droite. L’épidémie de maladies chroniques est, comme l’a rappelé encore récemment la directrice générale de l’OMS Margaret Chan, une « catastrophe imminente » et l’ensemble des forces politiques doit en être consciente pour mettre en œuvre des politiques basées sur le principe de précaution.
Il ne devrait pas y avoir de développement technologique qui n’ait été évalué auparavant. On le vérifie encore avec la question des Champs Electro-Magnétiques. Les données scientifiques sont suffisantes pour justifier la récente décision du Centre International de Recherche sur le Cancer de les classer en cancérogènes possibles. La logique aurait voulu que l’on commence par les évaluer avant d’exposer toute la population. La catastrophe de Fukushima nous rappelle au même moment jusqu’où peut mener cette conception du progrès incontrôlé. C’est le sens de notre combat.
[1] Voir la traduction en français sur le site du RES
http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2010/05/projetloikerry.pdf
Réponse à Jean-François Narbonne
Réponse aux critiques de Jean-François Narbonne sur le film de Marie-Monique Robin « Notre poison quotidien »
André Cicolella, porte-parole du Réseau Environnement Santé 02/04/11
Jean-François Narbonne diffuse dans différents interviews la thèse selon laquelle le film de Marie-Monique ROBIN « Notre poison quotidien » est un « journalisme de manipulation » (lepost.fr) et « un tissu de contre-vérités » (la nutrition.fr). Le Réseau Environnement Santé est également mis en cause, accusé lui-aussi de véhiculer des contre-vérités scientifiques.
Le grand intérêt du film de Marie-Monique Robin est d’expliquer de façon simple la façon dont sont aujourd’hui déterminées les normes qui sont censées protéger la santé des citoyens. Elle apporte des preuves irréfutables du dysfonctionnement de l’expertise des agences française (AFSSA devenue depuis ANSES) et européenne (EFSA) sur les dossiers Bisphénol A et aspartame et plus largement montre l’absence de prise en compte du changement de paradigme des perturbateurs endocriniens dans la réglementation.
Jean-François Narbonne affirme que « la rigueur scientifique a toujours été (sa) référence », mais :
- Pourquoi est-il totalement muet sur les faits que relate le film à propos des études frelatées menées par l’industrie qui servent aujourd’hui encore à calculer la DJA (Dose Journalière Admissible) de l’aspartame ?
- Pourquoi fait-il l’impasse sur les progrès scientifiques qui permettent aujourd’hui de considérer comme obsolètes les façons de faire déterminées dans les années 70 , mais qu’il continue néanmoins de défendre ?
Ces questions ne sont pas, comme le voudrait Jean-François Narbonne, l’affaire d’une poignée de spécialistes, mais doivent être celle des milliards de citoyens qui sont exposés à ces risques et ont par conséquence le droit de savoir comment travaillent les agences de sécurité sanitaire. C’est le rôle des journalistes dans une démocratie de rendre compréhensible pour le grand public des questions qui peuvent apparaître complexes et l’exposé de Marie-Monique Robin ne comporte aucune erreur. Son film a parfaitement rempli ce rôle en procédant de façon rigoureuse. Lire la suite de cette entrée »
Notre poison quotidien
Notre Poison Quotidien est une grande enquête qui démontre comment l’industrie chimique empoisonne nos assiettes.
A travers son film et son livre, Marie Monique Robin tente de répondre à une question fondamentale : comment les produits chimiques qui contaminent notre chaîne alimentaire sont-ils testés, évalués, puis réglementés ? et en allant encore plus loin : existe-t-il un lien entre l’exposition à ces substances et l’augmentation des maladies dans les pays occidentaux, telles que le cancer, les maladies auto-immunes, les maladies neurologiques, les troubles de la reproduction ou le diabète ?
Pour répondre à cette question, elle a recueilli les témoignages de tous les experts impliqués dans le système de règlementation, la recherche ou l’utilisation des produits chimiques. En résulte une enquête fournie où la réalisatrice mets chacun face à ses contradictions et établie le lien entre santé et environnement.
Le Réseau Environnement santé
Pourquoi le Réseau Environnement Santé ?
La question de la relation entre Environnement et Santé suscite une interrogation croissante dans l’opinion, en raison de l’augmentation régulière de maladies chroniques comme le cancer, le diabète, les atteintes de la reproduction, l’asthme, les allergies, les troubles mentaux et neurologiques… et de l’émergence de maladies nouvelles comme l’hypersensibilité chimique.
Les connaissances scientifiques mettent de plus en plus en évidence le poids des facteurs environnementaux dans ces maladies. Malgré cela, ces questions sont encore souvent considérées comme marginales.
Le Réseau Environnement Santé s’est créé pour changer ce point de vue et mettre les questions d’environnement et de santé au coeur des politiques publiques. Pour y parvenir, le RES mène des campagnes sur les grandes questions de santé et d’environnement.
Le RES agit pour une meilleure prise en compte des données scientifiques validées et pour la mise en oeuvre du principe de précaution.
Les projets du Réseau Environnement Santé
Le RES mène 4 projets majeurs :
- Perturbateurs endocriniens (PE)
L’objectif est de faire reconnaître les perturbateurs endocriniens comme des polluants majeurs et leur catégorie (PE) au même niveau que celle des CMR : Cancérogène Mutagène Reprotoxique.
- Maladies chroniques (MC)
L’objectif est de mettre en évidence l’importance du lien entre environnement et maladies chroniques.
- Maladies émergentes – Risques émergents (ME-RE)
L’objectif est de donner de la visibilité aux Nouvelles Maladies de l’Environnement et enclencher un travail de prise en charge clinique et de recherche.
- Alimentation Environnement (AE)
L’objectif est d’illustrer l’approche multi-milieux du lien entre l’environnement, l’alimentation et la santé.
Edito Newsletter n° 11 • Mediator, Bisphenol A, Aspartame……C’est la culture des agences de sécurité sanitaire qui doit changer !
Aujourd’hui le Médiator. Hier, le sang contaminé et l’amiante. On sait ce que coûte le retard de la prise de décision en matière de sécurité sanitaire. Cela n’aurait évidemment aucun sens d’agir sur la base d’indices limités, mais quand les études expérimentales et épidémiologiques sont en cohérence, la protection de la santé publique doit s’imposer aux intérêts privés. Le plus souvent, les industriels ont pour logique de retarder la prise de décision, en générant le doute au plan scientifique ou en faisant pression pour faire taire les lanceurs d’alerte.
Le Mediator n’est évidemment pas un cas isolé pour l’AFSSAPS. Celle-ci n’a toujours pas pris de décision concernant les parabens dans les cosmétiques bébés ou le mercure dentaire malgré l’évidence croissante des preuves scientifiques. L’ANSES a la même attitude sur le dossier du bisphénol A ou des édulcorants. Les parlementaires français ont voté l’interdiction du BPA dans les biberons en juin, suivis par la Commission Européenne en septembre, mais l’ANSES et son homologue européen l’EFSA n’ont toujours pas officiellement changé leur position. Pour elles, le BPA ne représente pas de risque pour la population, ce qui va à l’encontre de 95 % des études scientifiques.
Même situation pour l’aspartame et les édulcorants. Le RES a invité en janvier Morando Soffritti, Directeur Scientifique de l’Institut Ramazzini de Bologne pour présenter les derniers résultats acquis par son Institut sur l’aspartame. Pour la 3ème fois en effet, les études sur le rongeur montrent que l’exposition chronique à l’aspartame induit des cancers, y compris à des doses proches de celles correspondant à la consommation humaine, mais l’ANSES refuse de les prendre en considération et maintient une DJA, qui repose sur des études des années 70 non publiées, menées dans des conditions douteuses qui ont été dénoncées devant le Sénat américain en 1989 …et qui ne respectent pas le protocole des BPL et pour cause puisqu’elles ont été faites avant que les BPL soient codifiées. Une contradiction que l’ANSES doit très vite corriger en réexaminant l’ensemble des études de cancérogénicité avec la même grille d’analyse.
Le RES avait également communiqué à cette occasion sur les résultats d’une enquête danoise menée auprès de 60 000 femmes enceintes mettant en évidence un lien entre naissance prématurée et consommation de boissons light, en écartant tout facteur de confusion connu. Néanmoins, l’ANSES n’estime pas suffisants ces résultats, au motif qu’il peut subsister un doute sur l’origine des naissances prématurées. Mais s’il y a doute, le doute devrait profiter à la protection de la santé humaine et non aux fabricants d’aspartame ou de boissons light, à plus forte raison quand il s’agit de la protection de la santé de l’enfant.
Dans cette newsletter, vous trouverez le compte-rendu du congrès tenu en avril dernier sur les maladies de l’hypersensibilité. L’activité du RES ne se limite pas à quelques dossiers phares de substances chimiques, mais elle vise aussi à une meilleure prise en compte des maladies environnementales.
Face aux perturbateurs endocriniens, le principe de précaution en débat (entretien avec Marianne Buhler dans Profession Gynécologue)
Un colloque, organisé à l’Assemblée nationale à l’initiative du Réseau Santé Environnement, a permis de faire le point sur l’impact sanitaire des perturbateurs endocriniens sous le regard du Dr Marianne Buhler.
Les nouvelles données épidémiologiques, cliniques, expérimentales et fondamentales, acquises ces dernières années sur les perturbateurs endocriniens, ne devraient-elles pas conduire à une autre approche de l’évaluation et de la gestion du risque sanitaire et environnemental ? Cette question a été au cœur d’un colloque sur les perturbateurs endocriniens, qui s’est tenu le 14 septembre à l’Assemblée nationale à l’initiative du Réseau Environnement Santé avec le soutien de deux députés, Bérengère Poletti, présidente du Comité de suivi du Programme National Santé Environnement (II) et Gérard Bapt, président du Groupe d’études « Santé Environnementale ». « Ce colloque a confirmé que les risques liés aux perturbateurs endocriniens sont de plus en plus affirmés. Cela devrait conduire les agences sanitaires à se mobiliser, notamment pour délivrer des recommandations vis-à-vis des publics les plus fragiles, en particulier les nourrissons et les femmes enceintes », souligne le Dr Marianne Buhler, gynécologue à Paris et membre du Réseau Environnement Santé.
Ce colloque a aussi permis de démontrer que les responsables politiques, ou du moins certains d’entre eux, se préoccupent désormais clairement de la nécessité de réfléchir à l’utilisation du « principe de précaution » face aux nouveaux risques environnementaux dans le domaine de la santé. « Au moment où nous sommes assaillis par des centaines de substances chimiques industrielles, les dimensions « d’exposition dans la durée » et « d’exposition multiple » conduisent à prendre en considération le risque pour la santé humaine au delà des critères toxicologiques classiques pour lesquels le niveau du risque est corrélé à l’effet immédiat ou à court terme, en fonction de la dose d’exposition », ont souligné, dans un texte d’introduction au colloque, Bérangère Poletti et Gérard Bapt. « C’est un point très important », indique le docteur Buhler. « Avec les perturbateurs endocriniens, comme souvent en matière de santé environnementale, il est extrêmement difficile de faire des études sur l’homme, ajoute-elle. Comme on ne peut pas trouver d’individus, exempts de tous polluants, il n’est pas possible de faire de groupe témoin. Mais aujourd’hui, on est clairement en train de changer de paradigme : pendant très longtemps, en effet, on a estimé que, d’une certaine manière, c’était « la dose qui faisait le poison » et que plus la dose était élevée, plus le risque était important. Aujourd’hui, on sait que ce schéma ne fonctionne pas avec les perturbateurs endocriniens. Là, on est davantage dans un problème de durée d’exposition et de périodes d’exposition avec des risques avec de faibles doses ».
Une des prestations les plus remarquées lors du colloque a été celle d’Ana Soto, professeur de biologie cellulaire à la faculté de médecine de l’université Tufts à Boston et grande spécialiste de santé environnementale. « En raison des propriétés partagées des substances chimiques et des similarités des récepteurs et des enzymes impliquées dans le processus de synthèse de libération puis de dégradation des hormones, aucun système endocrinien ne peut être protégé de l’action des perturbateurs endocriniens », a indiqué, dans le résumé de sa présentation, le Pr Soto. « Les preuves de résultats préoccupants en matière de reproduction (infertilité, cancer, malformations) venant de l’exposition aux perturbateurs endocriniens sont fortes, auxquelles il faut ajouter un nombre croissant d’effets surs les systèmes autres qu’endocriniens, comme des effets thyroïdiens, neuroendocriniens, sur l’obésité, le métabolisme, sur l’insuline et l’homéostasie du glucose », a ajouté dans ce texte la scientifique américaine.
Tout au long du colloque, l’impact sanitaire des perturbateurs endocriniens a été passé au crible dans différents domaines. Le Pr Patrick Fenichel (CHU, Inserm Nice) a évoqué la question des cancers, en soulignant que le rôle des perturbateurs endocriniens environnementaux (PEE) dans la physiopathologie des cancers s’appuie sur plusieurs éléments. Il a rappelé que l’exposition in-utéro au Distilbène a été à l’origine d’un cancer rare (le cancer du vagin) chez des jeunes filles et a entraîné une multiplication par trois des cancers du sein chez les femmes de plus de 50 ans. « De nombreuses études cas/témoins, bien que d’interprétation difficiles et soumises à de nombreux biais, mettent en évidence une relation avec les taux de PEE dans le sang, le tissu graisseux ou la tumeur (cancer du sein et PCB, PAH et dioxine ; cancer de la prostate et Chlordecone ; cancer du testicule et PCB, HCB ou Chlordane dans le sang de la mère » a souligné le Pr Fenichel dans le résumé de sa présentation. Ce médecin a aussi évoqué des modèles animaux in vivo, permettant chez des rongeurs, après exposition fœtale ou périnatale de DES ou de Bisphénol A, de reproduire des lésions précancéreuses mammaires ou prostatiques chez l’adulte. « Bien que de nombreuses interrogations subsistent (mécanismes d’actions, effets synergiques, susceptibilité génétique), ces différents éléments orientent vers une nouvelle évaluation de la chimiotoxicité des PEE au cours de la cancérogénèse, afin de prendre en compte l’exposition à de faibles doses dans des périodes d’exposition critiques, la synergie entre les molécules et l’induction de modifications épigénétiques stables ne touchant pas à la structure du génome mais susceptibles de participer à la transformation maligne et /ou à la promotion tumorale » a indiqué le Pr Fénichel.
Autre sujet moins souvent abordé en général : les perturbateurs endocriniens et les maladies métaboliques. C’est Robert Barouki, directeur de recherche à l’Inserm, qui est intervenu sur le sujet. Il a notamment indiqué que plusieurs études épidémiologiques, dont certaines portant sur un très grand nombre d’individus, ont montré une corrélation entre certains éléments du syndrome métabolique et la présence dans le sang ou les urines de polluants ou leurs métabolites. « Citons, par exemple, le BPA, les phtalates et les polluants organiques persistants comme les PCB et les dioxines. Cependant, les facteurs de risques retrouvés ne sont pas très élevés et, par ailleurs, ces études ne permettent pas d’établir un lien de causalité, notamment parce que nous ne disposons pas en général d’une estimation de la contamination passée », a souligné, dans le résumé de sa présentation, Robert Barouki. Dans la foulée, il a relevé que des travaux de toxicologie chez l’animal ou dans des systèmes de cellule en culture permettent d’établir les mécanismes à l’origine des perturbations métaboliques. « Ainsi les polluants interfèrent avec les effets des hormones stéroïdes, des hormones thyroïdiennes, de l’insuline ou des récepteurs impliqués dans des fonctions métaboliques comme les récepteurs PPAR et AhR. De même, ces polluants favorisent l’inflammation qui est un des facteurs importants contribuant aux maladies métaboliques et à l’obésité. L’ensemble de ces données est compatible avec une contribution des polluants aux maladies métaboliques, mais les arguments doivent être examinés au cas par cas en tenant compte des doses utilisées et de la transposabilité des observations du laboratoire à l’homme », a indiqué Robert Barouki.
Parmi les autres points marquants, le Dr Buhler cite les données sur les perturbateurs endocriniens et les fonctions intestinales avec une présentation d’Eric Houdeau de l’INRA (Toulouse). « Il a expliqué que pendant la vie fœtale, le colon est complètement immature. Il est naïf, il n’a aucune bactérie. C’est pendant les 10 premiers jours de la vie qu’il va être colonisé par ces bactéries. Si durant cette période cruciale, des substances telles que le bisphénol diminuent la perméabilité cellulaire du colon, la colonisation bactérienne va pouvoir s’en trouver modifiée avec un risque de modification de la flore intestinale et de survenue des problèmes inflammatoires pour la vie entière », explique le Dr Buhler.
Celle-ci estime que ce colloque a également permis d’avancer sur la question de la chlordécone. « On sait que, globalement, dans une population entière exposée à la chlordécone pendant la vie intra-utérine, tout le monde ensuite ne fait pas un cancer. En revanche, si vous avez été exposé à la chlordécone et que, par la suite, pendant la vie adulte, vous subissez de nouveau une exposition à un polluant, vous avez un risque élevé de développer un cancer. Il y une hypersensibilité qui modifie le risque pendant la vie adulte », indique le Dr Buhler.
Au final, au vu de ce colloque, quelles recommandations concrètes peut-on délivrer aux gynécologues ? « Plus que ce jamais, cette journée confirme la nécessité de délivrer quelques messages simples aux femmes enceintes : éviter de réchauffer des aliments dans des récipients en plastique ; éviter d’utiliser des cosmétiques avec des perturbateurs endocriniens ; limiter au maximum l’absorption de pesticides en mangeant plutôt du bio ; éviter autant que possible le bisphénol qu’on trouve aussi bien dans les cannettes, les bouteilles d’eau réutilisables et bien sûr les biberons. Il s’agit de conseils pratiques qui, à mon sens, mériteraient d’être mis en avant par les agences sanitaires. Mais, pour l’instant, il ne semble pas que cela soit d’actualité. Trop souvent encore, on entend dans les instances officielles toujours le même argument : « on ne sait pas tout, on ne peut pas prendre position ». C’est une attitude très contestable sur le plan de la santé publique. Car même s’il reste encore des incertitudes, il y a beaucoup d’éléments, aujourd’hui en notre possession, pour s’engager dans une application raisonnable du principe de précaution », estime le Dr Buhler.
Antoine DALAT
D’après un entretien avec le Dr Marianne Buhler, gynécologue à Paris et membre du Réseau Environnement Santé et les présentations écrites des participants au colloque.
Article extrait du numéro d’octobre 2010 de Profession Gynécologue
Edito Newsletter n° 10 • BPA : 95 % des études montrent un impact, mais l’EFSA continue de ne rien voir
L’agence européenne en charge de la sécurité sanitaire de l’alimentation (EFSA) vient de réaffirmer fin septembre qu’il n’y a aucun élément nouveau concernant la toxicité du BPA. Elle maintient en conséquence la DJA (Dose Journalière Admissible) à 50 µg/kg/j. Décision surprenante, car les données scientifiques continuent de s’accumuler comme le montre le bilan de la veille scientifique effectuée par le RES depuis Mai 2009 : sur 85 études publiées dont 30 chez l’homme, 80 démontrent un impact. Chez l’animal, les effets sont constatés le plus souvent au niveau d’exposition correspondant à celui de la population humaine, soit très en dessous de la DJA de l’EFSA. On observe par exemple une transformation précancéreuse des cellules mammaires chez la souris à une dose 2000 fois plus faible que la DJA préconisée par l’EFSA. Une nouvelle étude publiée en juillet vient de confirmer que l’exposition pendant la gestation augmente la survenue des tumeurs mammaires à l’âge adulte. L’affaire du distilbène a montré que ce type d’effet observé chez l’animal est tout à fait extrapolable à l’homme, puisque l’on constate aujourd’hui un excès de cancer du sein chez les filles dont la mère a utilisé cette hormone de synthèse pendant sa grossesse.
L’EFSA ne respecte visiblement pas les principes de la déontologie de l’expertise scientifique, dont le premier est de prendre en considération toute la littérature scientifique. Le dossier s’alourdit pour cette agence qui vient d’être mise en cause par le député européen José Bové au sujet du conflit d’intérêt de son actuelle présidente que celle-ci avait dissimulé (Elle était par ailleurs dans une organisation de lobbying pour l’industrie agro-alimentaire). Le RES a demandé une commission d’enquête parlementaire européenne sur l’EFSA et a déjà témoigné lors d’une audition sur l’expertise des agences européennes le 26 Octobre dernier organisée à Bruxelles par les députées européennes Michèle Rivasi et Corinne Lepage, en présence des représentants des agences et de la DG Santé. Le débat sur le BPA va se transférer de plus en plus au niveau européen. La Commission Européenne va en effet devoir choisir : étendre à l’ensemble des pays la décision d’interdiction prise en France et au Danemark ou désavouer ces deux pays ? La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a annoncé qu’il n’était pas question de revenir sur la décision de la France. Nous nous réjouissons de cette fermeté.
L’affaire n’est pas cependant terminée au niveau français. Le vote des députés français interdisant les biberons au BPA ne peut être qu’une étape. Il ne serait pas cohérent de protéger uniquement les nouveau-nés nourris au biberon, sans se préoccuper de ceux nourris au lait maternel, alors que celui-ci s’avère souvent plus contaminé que le biberon. Il faut évidemment protéger aussi le nouveau-né dès le stade fœtal, car l’essentiel de l’impact sanitaire observé chez l’animal provient de la contamination pendant la gestation.
La seule mesure cohérente à prendre est donc d’empêcher la contamination maternelle et pour cela interdire le BPA dans tous les contenants alimentaires. La récente publication par une équipe de l’INRA Toulouse d’une éventuelle source de contamination via les papiers au BPA montre que cette mesure n’est d’ailleurs peut-être pas suffisante. Il y a des sources d’expositions professionnelles qui peuvent aussi être importantes. Le débat parlementaire promis par la secrétaire d’Etat Valérie Létard avant le 1er janvier devra en tenir compte. Plus largement, c’est le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens qui doit être pris en compte par les agences de sécurité sanitaire. Le colloque organisé par le RES à l’Assemblée nationale, à l’invitation des députés Gérard Bapt et Bérengère Poletti, a permis de montrer que les données scientifiques aujourd’hui étaient suffisantes pour que soient changés les principes qui régissent l’évaluation des risques sanitaires.
C’est une rupture majeure avec le vieux principe de Paracelse élaboré au 16ème siècle : « la dose fait le poison ». Aujourd’hui il faut considérer que « la période fait le poison » , mais aussi que « les faibles doses peuvent avoir plus d’impact que les fortes doses ».
C’est tout le sens de l’action du RES : mettre dans le débat public l’avancée des connaissances scientifiques pour obtenir une meilleure protection de la santé de la population.
Tribune dans le Monde du 24 septembre 2010 : « L’espérance de vie n’augmentera plus »
| 23.09.10 | 14h32« Espérance de vie » : cette expression est un abus de langage. A moins d’être un démographe ou un statisticien, on l’interprète spontanément comme l’âge jusqu’auquel nous pouvons espérer vivre, alors qu’il ne s’agit que de la photographie de la durée moyenne de la vie à un moment donné. Il ne devient une « espérance » qu’à la condition de faire l’hypothèse que les taux de mortalité resteront stables ou diminueront, si l’on prévoit une augmentation de cette espérance.
Il est vrai que, selon cette définition, l’espérance de vie à la naissance n’a cessé d’augmenter depuis un siècle. Elle est aujourd’hui de 84,5 ans pour les femmes et 77,8 ans pour les hommes, principalement en raison de la baisse considérable de la mortalité infantile et des progrès spectaculaires de l’hygiène et de la médecine, qui ont permis de faire reculer les maladies infectieuses, causes dominantes de mortalité autrefois. Depuis dix ans, les gains d’espérance de vie ont été de trois années pour les hommes et de deux années pour les femmes. Ce sont ces chiffres qui sont mis aujourd’hui dans le débat public pour justifier l’allongement de l’âge de la retraite.
Mais ce tableau idyllique doit être complété par des indicateurs moins souriants, comme celui de l’espérance de vie en bonne santé, et là, surprise, celle-ci n’est, selon l’Insee, que de 63,1 ans pour les hommes et de 64,2 ans pour les femmes. Rappelons que l’Insee a une définition déjà restrictive de ce qu’est une bonne santé : « Absence de limitation d’activités (dans les gestes de la vie quotidienne) et absence d’incapacité. » Ainsi, une personne en rémission d’un cancer, un diabétique correctement soigné ou quelqu’un ayant eu un pontage coronarien sont en bonne santé.
Tout démontre que l’espérance de vie en bonne santé et encore plus l’espérance de vie tout court sont menacées par la montée des maladies chroniques qui se sont substituées aux maladies infectieuses comme cause dominante de mortalité et de morbidité. C’est ce qu’il est convenu d’appeler « la transition épidémiologique ». L’OMS qualifie cette « épidémie » de maladies chroniques comme « l’un des principaux défis du XXIe siècle ». La France n’est pas épargnée, comme le montre la croissance des affections de longue durée (ALD) du régime général de l’assurance-maladie (90 % de la population), dont les maladies cardio-vasculaires, les cancers et le diabète représentent les trois quarts.
Sur la période 2000-2008, alors qu’il n’y a pas eu de changement majeur de nomenclature, le nombre de nouveaux cas d’ALD chaque année (incidence) a augmenté de 37,8 %, dont 11,4 % seulement étaient liés au changement démographique. Le nombre total de cas (prévalence) est passé de 11,9 % de la population, en 2004, à 14,6 % en 2008, soit une augmentation de 23 % en quatre ans. Or la mortalité des personnes en ALD, à âge et sexe égaux, est 2,9 fois supérieure à celle des personnes qui n’en souffrent pas (5,8 fois plus avant 70 ans).
L’obésité, qui engendre une diminution d’espérance de vie de cinq à quinze ans, est une composante majeure de l’ »épidémie » de maladies chroniques. Lors d’une conférence sur l’obésité en juillet 2009, Bill Clinton déclarait que la jeune génération pourrait être « la première de l’histoire à avoir une plus faible espérance de vie que ses parents ». Cette déclaration faisait écho à celle de David Byrne, commissaire européen à la santé, quelques années plus tôt, en septembre 2004 : « L’obésité infantile pourrait être à l’origine d’un désastre sanitaire dans l’avenir. » Selon un rapport de l’International Obesity Task Force de mars 2005, un enfant sur cinq est en surpoids ou obèse en Europe, ce qui devrait conduire à une surmortalité à l’âge adulte de 50 % à 80 %.
L’augmentation actuelle de l’espérance de vie à la naissance est essentiellement celle des personnes nées au début du XXe siècle, principalement en milieu rural, dans un environnement peu pollué et avec un mode de vie plutôt sain au moins jusqu’à l’âge adulte. La tendance actuelle, en matière d’espérance de vie, risque de s’inverser lorsque les générations nées après guerre vont vieillir. Ces dernières ont vécu dans un univers totalement différent de celui de leurs aînés. Polluées dès la vie foetale par les substances chimiques de synthèse, elles ont mangé, souvent dès la naissance, une nourriture plus ou moins déséquilibrée (trop de sucre, d’aliments raffinés, de produits appauvris par des transformations industrielles, etc.), effet amplifié par le développement de la sédentarité.
Tous ces facteurs ont conduit à l’ »épidémie » d’obésité. Cette génération a aujourd’hui moins de 60 ans, trop tôt, sauf exception, pour mourir du cancer, de maladies cardio-vasculaires ou du diabète, mais le fléchissement du progrès de l’espérance de vie en bonne santé en France, la régression déjà observée de celle-ci dans des pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou l’Italie montrent que la tendance séculaire à la progression de l’espérance de vie est en train de s’inverser.
Ainsi les prédictions de l’Insee, pour qui l’espérance de vie va continuer à croître au moins jusqu’en 2050, reposent sur des données fondées sur l’impact du recul des maladies infectieuses, sans prendre en compte la réalité actuelle des maladies chroniques. Un peu comme l’état-major de l’armée française avant- guerre croyait aux vertus de sa ligne Maginot sans voir que l’environnement avait changé depuis le précédent conflit. Avec le résultat qu’on sait.
Claude Aubert, agronome, auteur de « L’Espérance de vie : la fin des illusions » (Terre vivante, 2006) ;
André Cicolella, chimiste toxicologue, président du Réseau Environnement Santé ;
Laurent Chevallier, médecin nutritionniste attaché au CHU de Montpellier.
Article paru dans l’édition du 24.09.10
Partenariat Mutualité française – RES
Le 21 juin dernier Jean-Pierre DAVANT président de la Fédération Nationale de la Mutualité Française (FNMF) et André CICOLELLA, président du RES ont signé un protocole de coopération.
Cet accord porte sur 4 aspects : Formation-Information, Campagnes grand public, Réalisation d’un état des lieux sur les connaissances des causes environnementales des maladies chroniques, Développement de la recherche en santé et environnement.
Cet engagement de la FNMF en commun avec le RES sur la question santé environnement montre que la question santé environnement est de plus en plus comprise comme une question centrale de la politique de santé.
Cela repose sur l’analyse que l’épidémie de maladies chroniques provient pour une large part de causes environnementales, même si beaucoup de facteurs restent encore à identifier.
La majeure partie de la croissance des dépenses de santé provient en effet du poids de plus en plus important des dépenses liées aux Affections de Longue Durée (90 % des dépenses nouvelles en 2008). Comprendre les raisons de cette progression et agir sur les causes environnementales est la clef pour faire face à cette crise sanitaire et assurer la pérennité des système d’assurance maladie.
Cet accord de coopération a pour ambition d’y contribuer.
Lire l’article de l’AFIM sur le partenariat RES-Mutualité Française
Edito Newsletter n° 9 • Bisphénol A : encore un effort pour prendre une décision logique !
En votant l’interdiction du Bisphénol A dans les biberons, les députés ont clairement reconnu que le BPA était bien une substance chimique dangereuse pour la santé, mais ils se sont curieusement arrêtés au milieu du gué. Comment expliquer qu’il faut protéger les bébés nourris au biberon et ne pas se soucier de ceux nourris au sein maternel, alors que le lait maternel est plus contaminé que le lait passé au biberon ?
La seule décision logique est d’interdire le BPA dans les contenants alimentaires pour éliminer la contamination maternelle.
Celle-ci provient essentiellement de l’alimentation via le revêtement intérieur des conserves et cannettes de boissons.
Plusieurs Etats américains ont déjà pris cette décision.
Les procédés de remplacement existent et sont déjà mis en oeuvre au Japon et aux Etats Unis depuis plus de 10 ans.
Plus largement, l’affaire du BPA illustre la question des perturbateurs endocriniens, ces substances qui perturbent le fonctionnement du système hormonal et qui sont très présentes dans notre environnement moderne. C’est ce qui explique qu’elles imprègnent l’homme et tout l’écosystème.
Leur impact sanitaire est de mieux en mieux compris. Elles sont impliquées dans toutes les grandes maladies chroniques : cancer, maladies cardio-vasculaires, reproduction, diabète et obésité, troubles du comportement… et c’est l’exposition pendant la gestation qui est déterminante, ce qui remet en cause le vieux paradigme « C’est la dose qui fait le poison » qui fonde aujourd’hui notre réglementation.Ce sera le thème du colloque « Perturbateurs Endocriniens » qui se tiendra à l’Assemblée Nationale le 14 septembre prochain à l’invitation des députés Gérard Bapt et Bérengère Poletti, et dont le RES assure l’organisation. La secrétaire d’Etat Valérie Letard a fixé aux députés un rendez-vous en janvier 2011 pour revoir le dossier BPA.
D’ici là, c’est important que se développe une large mobilisation citoyenne pour dire aux députés de prendre la décision qui s’impose, celle de l’interdiction du BPA dans les contenants alimentaires. C’est l’appel que lance aujourd’hui le RES.
Partenariat RES – Mutuelle Familiale : 1e actions sur le Bisphénol A et l’Hypersensibilité
Le partenariat Mutuelle Familiale – RES a été officialisé en mars 2010 à la Maison de la Mutualité :
● Présentation du partenariat par la présidente de la Mutuelle Familiale
● Présentation du partenariat par le président du Réseau Environnement Santé
● Plaquette de prévention pour les parents sur le Bisphénol A
● Plaquette d’invitation au colloque du 21 avril sur les maladies de l’Hypersensibilité
Retour sur l’intervention de HEAL à la déclaration finale de la conférence de l’OMS à Parme (10-12 mars 2010)
« En tant que HEAL, regroupement de plus de 60 ONG européennes, nous apportons notre soutien à la déclaration de Parme et aux propositions institutionnelles. Nous tenons à saluer les conditions qui nous ont permis d’apporter notre contribution et notre expertise au travail préparatoire.
Ces conférences santé-environnement ont eu un rôle majeur depuis 20 ans pour amener les gouvernements à se doter d’une politique dans ce domaine et à faire en sorte que chaque citoyen européen soit plus conscient de ces enjeux. Mais, malgré tous ces efforts, nous devons constater que les maladies chroniques, dont nous savons qu’elles sont majoritairement d’origine environnementale, continuent de progresser. Il n’y a pas un seul pays européen où ont régressé le cancer ou le diabète, pour ne citer que les plus importantes de ces maladies chroniques. Le fait que le cancer de l’enfant progresse montre bien que c’est l’environnement actuel qui est en cause.
Relever ce défi de la croissance des maladies chroniques devrait être dès maintenant notre objectif, mais pour atteindre cet objectif, il nous faut changer de paradigme : il faut considérer que la crise sanitaire est une crise écologique de même importance que la crise climatique. Un exemple de la nécessité de changer ce paradigme, c’est de prendre enfin en considération les risques émergents comme les perturbateurs endocriniens. Il existe une masse de données scientifiques suffisantes pour considérer que ces perturbateurs endocriniens sont fortement impliqués dans la croissance des maladies chroniques. Nous souhaitons que ce soit un thème central de la prochaine conférence ».
André Cicolella, Porte-Parole du RES, membre de HEAL (Health and Environment Alliance -Alliance pour l’Environnement et la Santé).
En savoir + sur le « climat » de la conférence de l’OMS à Parme en mars 2010 : lire l’article de Valérie Xhonneux de la Fédération Inter-Environnement Wallonie
Laurent Chevallier : Ses ordonnances alimentaires
Cholestérol, cancer, alzheimer, dépression… Le docteur Laurent Chevallier publie «Mes ordonnances alimentaires» aux Editions. Les Liens qui libèrent. Comment se nourrir sainement et prévenir les maladies.
Il en va du manger sain comme du prêt-à-porter. Une mode semble chasser l’autre. Rappelons-nous, il fut un temps où les fruits et les légumes étaient déconseillés ! Gorgés d’eau, ils semblaient n’avoir aucun intérêt nutritionnel. C’était aux Etats-Unis dans les années 1930 et à l’époque on ne calculait pas encore les teneurs en minéraux et vitamines… Dans les années 1960, on n’avait pas réussi sa vie ni fait bombance si on ne consommait pas de viande midi et soir. Aujourd’hui, rien de meilleur et de plus chic qu’un repas végétarien. Depuis les années 1970, le sucre et le gras sont descendus aux enfers de la diététique à mesure que grimpaient diabète et cholestérol. Ces derniers mois, ce sont les effets du vin qui échauffent les esprits. Et le lait ! Et le bio ! La confusion s’installe. « La science avance par le dépassement de contradictions successives, rappelle Jean-Pierre Poulain, professeur de sociologie à l’université de Toulouse. Mais derrière la cacophonie apparente, il existe aujourd’hui un consensus : des fruits et des légumes, pas trop d’alcool, pas de grignotage. » Et de l’exercice physique. «La nutrigénétique nous réserve des surprises, prévient pourtant le sociologue (1). Nous ne sommes pas égaux devant les aliments, car la machine n’est pas réglée de la même façon pour tous… »
Seule certitude, l’alimentation est en partie responsable de nos grands maux : l’épidémie, l’obésité, la montée en flèche des cancers, la multiplication des maladies cardio-vasculaires… La nouveauté ? Les médecins ne désignent plus seulement les aliments interdits. Ils en recommandent certains. Avec, en tête de liste, les fruits et les légumes pour leurs vertus anticancérigènes. Et bien d’autres : l’incontournable David Servan-Schreiber n’est pas pour rien dans l’explosion des ventes des oméga 3, du curcuma, du brocolis ou du thé vert. La liste magique est-elle exclusive et définitive ? Si l’Institut national du Cancer recommande ces denrées, il insiste aussi sur l’indispensable diversification de l’alimentation. Celui qui se nourrirait exclusivement d’ail et de choux mettrait sa santé en danger… Sans être curatifs, certains aliments sont tout simplement protecteurs. Il est maintenant admis que 30% des 100 000 nouveaux cas de cancers déclarés en France chaque année pourraient être évités en modifiant le contenu de son assiette.
La santé par les aliments ? Ce n’est pas si sorcier. Les ordonnances alimentaires du «Nouvel Observateur» guidé par le nutritionniste Laurent Chevallier vous aideront. Vous apprendrez à vous méfier des effets de certains composants chimiques dont use et abuse l’industrie agroalimentaire. «Trop d’additifs sur une étiquette ? Changez de rayon », dit en substance le docteur Chevallier, cet hédoniste languedocien qui ne déteste pas ouvrir une bonne bouteille. Santé !
Laurent Chevallier est également président de la Commission Alimentation du Réseau Environnement Santé
Lire son interview dans le Monde du 5 mars 2010 « On tente de nous imposer un ordre chimique »
Au fait, quel est le lien entre notre environnement et notre santé ? Entre le BPA et des maladies chroniques comme le cancer ?
Essayons de mieux comprendre le lien entre notre environnement et notre santé, et ainsi savoir comment agir chacun à notre niveau pour les préserver…
Selon les études les plus récentes reconnues par l’ensemble de la communauté scientifique, le changement climatique est causé en large partie par nos activités humaines. Ces activités émettrices de CO2 désignent les opérations effectuées tout au long de la chaîne de conception, production, transformation, distribution et élimination de la plupart des produits agricoles, domestiques et industriels.
Poussées par le progrès technique, ces activités intensifiées depuis la 2e moitié du XXe siècle ont générées, en plus de la pollution de l’air (dont l’effet de serre fait partie), d’autres pollutions : radioactive[1], chimique[2] et électro-magnétique[3]. Par pollution, on entend « dégradation des cycles de vie des composantes de l’environnement (hommes, animaux et végétaux) ». Polluer l’environnement signifie donc dégrader la santé de ces composantes d’une manière générale et la santé humaine en particulier.
La pollution chimique de notre environnement et ainsi de nos organismes est largement due à la mise sur le marché de + de 100 000 substances chimiques pour la quasi-totalité non évaluées. Ces milliers de substances deviennent des facteurs environnementaux auxquelles les humains sont exposés à leur insu, à la différence des facteurs générés par des comportements individuels de type tabac, alcool ou drogues. Ces facteurs contaminent notre alimentation (du sol à l’assiette), l’eau (à cause des activités industrielles, agricoles et domestiques) et l’air (à la maison, dans les transports…).
Nos organismes se retrouvent ainsi exposés à des substances présentes dans notre environnement quotidien via des effets dits cumulatifs ou « cocktails » qui mériteraient d’être mieux connus. C’est ainsi que le PFOA et le PFOS, ces composés perfluorés issus des produits domestiques comme les poêles, les cartons à pizza ou à pop corn, les tissus anti-salissure se retrouvent à 97 % dans l’eau des cours d’eau et contaminent tout l’écosystème: les espèces animales les plus chargées sont les ours blancs, les dauphins …et même les pandas !
Le règlement européen REACH commence à orchestrer l’évaluation de ces substances mais à un rythme si lent qu’il faudrait + de 50 ans pour limiter ou éliminer leur utilisation dans les produits sur le marché.
Le bisphénol A (ou BPA) présent dans de nombreux plastiques est aussi particulièrement emblématique car son action toxique se fait sur le système hormonal. Il fait partie de ce groupe de substances appelées perturbateurs endocriniens parce qu’elles agissent même à très faible dose comme des hormones. Ces perturbateurs endocriniens dérèglent ainsi le développement de l’embryon et du fœtus et le fonctionnement des grandes fonctions de l’organisme. Ainsi, l’exposition au BPA au stade fœtal ou en bas âge peut augmenter une prédisposition aux cancers et d’autres maladies chroniques en affectant la programmation génétique du développement des individus.
Malgré un nombre accablant de preuves scientifiques faisant le lien entre l’exposition au BPA (migration du BPA des plastiques alimentaires vers le contenu des plastiques qui passe dans notre alimentation) et ses effets sur la santé humaine et sur les animaux (près de 500 études montrent maintenant un impact du type cancer, diabète, obésité, atteinte de la reproduction, troubles du comportement, maladies cardio-vasculaires…), le gouvernement français tarde encore à demander son interdiction au niveau national et dans le cadre de REACH.
Or, l’épidémie de maladies chroniques ne cesse de progresser. Le cancer, par exemple, touche aujourd’hui dans leur vie 1 homme sur 2, 1 femme sur 3, soit 2 couples sur 3 en France »[4], et selon l’institut américain National Institute of Environmental Health Sciences, 2 cancers sur 3 sont liés à l’environnement » [5]
Cette situation est d’autant plus intolérable au regard du manque de réactivité des agences sanitaires et des nombreuses alternatives saines que l’industrie a d’ores et déjà développées.
Nous tou(te)s, citoyens, consommateurs, parents… pouvons agir !
● en restant vigilant dans nos actes de consommation et en nous informant auprès de sites de notoriété scientifique (par ex : site du RES , Breast Cancer UK …) ;
● en demandant aux industriels (ex de lettre) d’éliminer de leurs produits les substances suspectés de perturber notre système immunitaire ;
● en interpellant les gouvernements (ex de pétition) en faveur de :
- l’interdiction de ces substances,
- l’étiquetage des produits de consommation courante tenant compte de leurs effets sur la santé et l’environnement,
- la mise en place d’un système cohérent de traitement et d’élimination des produits en fin de vie susceptibles de contenir ces substances (exigeons un progrès technique au service du traitement et de l’élimination des produits contaminés, refusons l’envoi de nos déchets polluants et toxiques dans les pays du Sud !).
Bien d’autres actions citoyennes peuvent être engagées au niveau de chacun(e).
[2] http://www.mdrgf.org/7.somchim.html
[4] Fonds mondial de recherche contre le cancer : http://www.fmrc.fr/sinformer/les_statistiques.php
Réseau Environnement Santé : http://www.reseau-environnement-sante.fr/images/PDF/critiquepnse2.pdf
[5] SOURCE : Rapport « Cancer and the environment » 2003 NCI NIEHS (Lichtenstein 2000)
Aux Etats Unis, le NCI National Cancer Institute (NCI) et le NIEHS (National Institute of Environmental Health Sciences) donnent une estimation de 2 cancers sur 3 liés à l’environnement, en définissant l’environnement dans un sens large (approche multimilieux) : « It is estimated that as many as two-thirds of all cancer cases are linked to environmental causes. This number may even be higher ». Rapport « Cancer and the environment » 2003 NCI NIEHS (Lichtenstein 2000)
Hommage à Henri Pézerat
Le RES tient à rendre hommage à un toxicologue de renommée internationale Henri Pézerat, précurseur de la lutte contre les ravages de l’amiante, qui est décédé le 16 février 2009.Il a contribué aux luttes pour l’interdiction mondiale de l’amiante et pris une grande place dans les campagnes contres les cancers professionnels dus aux produits chimiques cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (Cmr) ou aux métaux lourds…
Henri Pézerat – directeur de recherches honoraire du Cnrs – a été parmi les premiers a dénoncer le scandale de l’amiante. Il a notamment été de ceux qui ont révélé la présence massive de ce minéral dangereux dans les locaux de l’université de Jussieu, à Paris. Il était tout aussi impliqué contre les risques liés aux nouvelles fibres céramiques réfractaires, risque qu’il estimait pire que ceux de l’amiante.
Edito Newsletter n° 7 • De la Grippe A au Bisphénol A
D’un côté la grippe A avec des moyens considérables mobilisés pour une épidémie qui sera 10 fois moins meurtrière que la grippe saisonnière, mais la vaccination aura exposé des millions de personnes à des risques diffus et mal cernés. De l’autre, le Bisphénol A, et, au moins jusqu’à ces derniers jours, une absence totale d’action de la part de la ministre de la santé, alors que cette substance contamine toute la population et qu’elle induit des impacts sanitaires graves chez l’animal suite à des expositions qui correspondent à celles de la population humaine. Il est donc vraisemblable que c’est le cas chez l’homme, ce que les dernières études confirment. C’est donc une bombe à retardement qui commence à exploser et qui va exploser dans les années à venir.
Jamais la nécessité de changer de logique en santé publique n’aura été aussi criante. C’est le sens du combat du RES. Notre action sur le BPA a commencé à faire bouger la ministre de la santé, qui vient de reconnaître qu’il peut y avoir une interrogation suite au revirement de la FDA aux Etats-Unis, mais le BPA n’est pas le seul problème.
Il y a beaucoup d’autres perturbateurs endocriniens (PE) comme lui qui ont contaminé l’homme et tout l’écosystème, des perfluorés aux phtalates. Le RES tiendra une journée à l’automne sur les perturbateurs endocriniens avec la participation d’Ana Soto et Carlos Sonnenschein, les deux chercheurs américains qui sont à l’origine de la prise de conscience des risques liés aux PE. Vos suggestions et propositions quant à l’organisation d’une telle journée sont les bienvenues !
Autre problème que va porter le RES en 2010, celui des maladies de l’hypersensibilité.
Une journée sera organisée à Paris le 21 avril avec déjà deux intervenants qui ont donné leur accord : le Prof. Martin Pall spécialiste américain de l’hypersensibilité chimique et le Dr Peter Ohnsorge, président de l’association allemande de médecine environnementale.
Mettre la question santé et environnement au cœur des politiques de santé est de plus en plus urgent !
Principe de précaution : face à face dans Le Monde Magazine avec A. Aurengo et A. Cicolella
A lire l’article spécial du Monde Magazine (15 janvier 2010) : Principe de précaution : quelles limites ?
Edito Newsletter n°5 • Actualité chargée sur cancer et environnement cet été.
L’AFSSET a présenté son rapport sur le sujet, qui traduit une prise de distance avec les précédents rapports officiels, notamment celui de l’Académie de Médecine, même s’il reste bien timide sur la question des perturbateurs endocriniens. L’AFSSET dit cependant clairement qu’il faut prendre en compte des facteurs de risque pour lesquels les connaissances scientifiques ne sont pas complètement établies. C’est le bon sens même, mais c’est bien de le dire.
Autre autorité mise en cause, l’INCa (Institut National du Cancer) dont le rapport « Alcool et Cancer » qui préconisait l’abstinence totale est contesté par le Haut Comité de Santé Publique. Le HCSP rappelle qu’il faut avoir une vue globale sur les impacts de la consommation alcoolique. Réaction salutaire, là aussi au vu des données scientifiques et également si on veut éviter un rejet de la santé publique par nos concitoyens.
Le CIRC classe (enfin) en cancérogène chez l’homme l’exposition aux UV via les cabines de bronzage, ce qui permet de mettre dans le débat public le fait que ces cancers de la peau sont ceux qui ont le plus augmenté au cours des 2 dernières décennies.
Au même moment, l’émission « Envoyé Spécial » se fait l’écho des données scientifiques sur les risques liés à l’utilisation des perturbateurs endocriniens dans les filtres UV, ce qui peut avoir pour conséquence un impact non seulement en termes de cancers de la peau, mais aussi de cancers liés à ces substances, comme le cancer du sein.
Ces débats vont dans le bon sens, celui d’une meilleure prise en compte du lien avec l’environnement. On ne peut que regretter que le PNSE2 sorti en ce même mois de juillet n’ait pas cette ambition. Le Grenelle de la Mer et le Grenelle des Ondes viennent de se terminer, avec des résultats divers, mais ils ont eu le mérite de permettre un débat public sur ces questions. A l’évidence, il faut un Grenelle Environnement Santé pour que le débat sur le lien environnement-santé ait lieu en France.
Edito Newsletter n°4 • Bisphénol A : Il faut tenir compte des données scientifiques d’aujourd’hui !
La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a déclaré lundi 15 juin en réponse à Gérard Bapt, président du groupe Santé environnementale à l’Assemblée, lors de la discussion parlementaire du Grenelle 1 qu’elle avait demandé à l’AFSSA de reprendre l’expertise sur le dossier BPA. Le RES se réjouit de cette annonce. Il était temps.
Les données scientifiques s’accumulent et on dispose aujourd’hui de plusieurs centaines d’études qui, à près de 90 %, concluent à un effet.
Le récent congrès de la société américaine d’endocrinologie vient de prendre position pour dire que l’exposition au BPA comme à d’autres perturbateurs endocriniens devrait être évitée.
De nouvelles études sur la toxicité du BPA ont été présentées à ce congrès. Il n’en est que plus surprenant de voir l’AFSSA et ses homologues européen (AESA) ou américain (FDA) continuer de s’appuyer sur 2 études négatives publiées par une même auteure travaillant pour l’industrie chimique et dont le référentiel datant de 30 ans est incapable de mettre en évidence les effets du type perturbation endocrinienne.
Pourquoi un tel refus de prendre en considération la réalité des données scientifiques ?
La presse américaine a publié deux types de documents qui apportent une indication sur les raisons de cette étrange attitude :
- des mails échangés entre l’ancienne direction de la FDA et l’industrie chimique révélant une franche connivence
- le compte-rendu de la réunion tenue le 31 Mai entre l’industrie chimique, l’industrie de l’emballage et des grandes sociétés comme Coca-Cola, Alcoa et Del Monte pour mettre au point une stratégie de lobbying pour s’opposer aux mesures législatives en cours.
4 Etats américains ont pris ou vont prendre en effet une décision d’interdiction dans les plastiques alimentaires. La ville de Chicago a déjà pris une décision de même nature.
Les parlementaires américains ont réagi à la publication de ces informations en demandant à la FDA de réexaminer sa position, ce qu’elle va faire, et ont sommé l’industrie de l’emballage de fournir les échanges internes sur ce sujet.
En France, les députés du groupe santé environnementale se sont saisis de la question en organisant une audition publique le 3 juin, à laquelle le RES avait été convié, avec l’AFSSA, l’industrie et le Prof. Fénichel, endocrinologue et chercheur Inserm.
Cela a permis de mettre en évidence la faiblesse de la base scientifique de l’AFSSA. Le député Gérard Bapt, a ensuite interpellé Roselyne Bachelot par une question orale, mais sans succès.
La mobilisation doit donc continuer.
La ville de Nantes a rejoint Paris et Toulouse en éliminant les biberons au Bisphénol A.
Les professionnels de santé commencent eux aussi à bouger. La Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale a publié la lettre aux gynécologues rédigée par les gynécologues et pédiatres de la CNMSE, membre du RES.
Le RES s’est constitué pour diffuser l’information scientifique validée. Il va continuer à le faire en direction de l’opinion publique et des professionnels de santé, mais aussi en envoyant tous les 15 jours une analyse des données scientifiques nouvelles à la Ministre de la Santé et à la directrice de l’AFSSA.
Les trompettes de la science finiront bien par faire tomber la muraille du Jéricho ministériel.
Nouveaux Membres
Voici les associations qui partagent l’Appel du Réseau Environnement Santé et ont décidé de rejoindre les membres fondateurs du RES :
• APRES (Association Promotion Recherche Environnement Santé Publique)
• Collectif Vigilance Franklin
• Hhorages
• Non au Mercure Dentaire
• Oxygène pour l’Ondaine
• Appel de la Jeunesse
• ATC Toxicologie
• AVIE (association de défense des victimes de l’incinération des déchets et de leur environnement)
• Fibromyalgie France
• ADVEPP (association de défense des victimes d’émanations de perchloroéthylène des pressings)
• Veille au grain-Bourgogne
• A.C.A.L.P (Association Citoyenne Active de Lutte contre les Pollutions)
• CRAPSE 59-62 (Coordination Régionale Associations des Professions Santé-Environnement 59-62)
Edito Newsletter n°3 • « Le Roi est nu »
On se souvient du conte d’Andersen « Les habits neufs de l’Empereur » où toute une ville faisait semblant de croire que le roi était habillé avec une étoffe nouvelle miraculeuse, puisque c’est ce que disait le roi, jusqu’à ce qu’un petit enfant s’écrie au passage du roi « Le Roi est nu! » et tout le monde alors de tomber d’accord avec lui….
L’AFSSA, et son homologue européen l’AESA, sont aujourd’hui des rois nus. Ces agences continuent d’asséner que la norme européenne concernant le Bisphénol A (la DJA) s’appuie sur des études fiables et qu’il n’y a aucun risque lié à son utilisation dans les plastiques alimentaires. Argument développé par la ministre de la santé en réponse à la question orale du député Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde. L’industrie chimique renchérit.
La délégation du RES reçue le 7 Mai dernier par la directrice de l’AFSSA, Madame Pascale Briand a eu droit à ce discours. Et pourtant, les études s’accumulent pour démontrer une action du BPA (plus de 200 études chez l’animal « in vivo » et plus de 200 études sur tests cellulaires « in vitro » publiées à la date de janvier 2009). Les dernières études montrent que les prématurés sont 10 fois plus imprégnés que la population générale. Une étude chez le rat montre que l’exposition de l’arrière grand-mère a un impact sur la spermatogénèse de ses arrière-petit-fils.
Au même moment, on découvre que les études issues de l’industrie sur lesquelles s’appuient les agences pour définir leur norme présentent de sérieux défauts, comme l’a relevé le site « Our Stolen Future ». Le RES sera reçu au Ministère de la Santé le 9 Juin.
Nous continuerons d’affirmer que le roi est nu : Non, la DJA européenne n’est pas fiable et il y a suffisamment de preuves qui démontrent au contraire que le BPA représente un problème de santé majeur et c’est pour cela que nous demandons son interdiction dans les plastiques alimentaires.
Edito Newsletter n°2 • Nouvelles données sur le Bisphénol A
Il favorise le développement d’un cancer spécifique de l’enfant, le neuroblastome. Nouvelle importante car le cancer de l’enfant progresse régulièrement de 1% en Europe depuis 30 ans selon une étude du CIRC parue en 2004.
Deux autres études montrent un effet sur le développement neurologique. L’une porte sur le rat et l’autre sur le singe. Elles montrent des effets à des doses plus faibles que la DJA (Dose Journalière Autorisée). Ce sont là des arguments de poids qui devraient amener l’AFSSA, et son homologue européenne, à revoir leurs positions et à informer Mme Bachelot.
Le RES sera reçu par la directrice de l’AFSSA, Mme Briand, le 7 mai prochain. Et c’est évidemment le point que nous allons aborder avec elle : Comment se fait-il que l’AFSSA ne respecte pas les règles de bonnes pratiques en matière d’évaluation des risques ?
Ces règles prévoient que l’on définisse les normes en prenant les effets chez l’animal, et en appliquant la règle qui veut que le nourrisson soit plus sensible que l’adulte, et l’espèce humaine plus sensible que le rat ou la souris.
Le site Rue 89 a commencé à donner une explication : plusieurs membres du comité qui a pris la décision sont en situation de conflit d’intérêt évident. Quand on travaille pour Arkema, fabricant de polycarbonate, première source de Bisphénol A, il y a manifestement un conflit d’intérêt. L’article L1323-9 du Code la Santé Publique indique « Les membres des commissions et conseils siégeant auprès de l’agence ne peuvent [...] prendre part ni aux délibérations, ni aux votes de ces instances s’ils ont un intérêt direct ou indirect à l’affaire examinée». La délibération de l’AFSSA concernant le Bisphénol A doit donc être annulée.
La décision de la Mairie de Paris d’abandonner les biberons à base de BPA montre que la société a compris qu’il est invraisemblable de continuer à intoxiquer quasiment tous les nourrissons avec un perturbateur endocrinien comme le BPA.
Ce n’est qu’une première étape, car la contamination de l’enfant se fait par sa mère, comme le montrent des dizaines d’études menées chez le rat, la souris et le singe. On n’arrive pas à imprégner 93 % de la population (comme c’est le cas aux Etats-Unis) sans que les sources soient multiples.
C’est aujourd’hui la priorité : une contamination zéro.
Edito Newsletter n°1 • Le Réseau Environnement Santé
Le Réseau Environnement Santé a été lancé il y a un mois exactement. Pour la première fois des ONG écologistes, des associations de scientifiques, de professionnels de santé et de malades se sont unies sur un objectif commun, celui de mettre la question environnement santé au coeur des politiques de santé et d’environnement. A cette occasion a été lancée une campagne pour demander l’interdiction du BisPhénol A dans les plastiques alimentaires, car cette affaire est emblématique des enjeux actuels. Un premier objectif a été atteint. En un mois, le Réseau a été identifié par les médias, mais aussi par de nombreuses associations et de citoyens comme porteurs d’une logique nouvelle.
En ce qui concerne le Bisphénol A, la situation change aussi, puisque un certain nombre d’industriels ont annoncé qu’ils retiraient les biberons en BPA du marché. La déclaration de Madame Bachelot sur l’existence d’études fiables concluant à l’innocuité du BisPhénol A n’en est que plus stupéfiante, car c’est l’inverse qui est vrai. Les données scientifiques s’accumulent pour montrer que le BPA représente un problème majeur de santé publique, mais ce n’est visiblement pas suffisant. Il faut donc que la mobilisation citoyenne continue pour faire interdire le BPA dans les plastiques alimentaires et notamment la cyberaction 304. La contamination n’est en effet pas uniquement liée aux biberons. Elle touche quasiment toute la population et notamment les femmes enceintes qui contaminent ainsi leur enfant via le lait maternel. On notera le silence assourdissant de l’Agence de sécurité sanitaire responsable, l’AFSSA qui depuis un mois n’a rien trouvé à dire sur le sujet. Le RES a écrit à la directrice de l’AFSSA. Aucune réponse à ce jour. Devant de tels dysfonctionnements, le RES demande un rendez vous à la Ministre de la Santé.
Le Plan National Santé Environnement fournit une autre occasion d’agir pour avoir des politiques publiques moins timorées et moins soumises à l’influence des lobbies économiques. Nous avons caractérisé ce plan comme un « plan pour les années 2010 avec les idées des années 70», c’est à dire un plan qui ne s’appuie pas sur le principe de précaution. Il va donc falloir se mobiliser pour obtenir un Grenelle Environnement Santé. Par contre, le Plan Cancer semble tenir compte de notre demande d’un volet environnement.
Notre ambition est grande, mais ces résultats acquis en à peine un mois montrent qu’il est possible de faire changer les choses.
3 mars 2009 – L’appel du RES
Les membres du Réseau ont lancé cet appel
« Nous affirmons qu’il est urgent de changer de logique et de considérer comme primordiale la relation de l’homme à son écosystème afin de mettre la santé environnementale au cœur de la politique de santé. Nous appelons à constituer un Réseau Environnement Santé pour rassembler tous ceux qui se reconnaissent dans cet objectif : associations, syndicats et personnes (citoyens, professionnels de santé et scientifiques). Le RES se donne pour but d’agir pour peser sur les politiques publiques, mais aussi sur les producteurs de risques, lesquels, malgré des progrès comme le mouvement pour la chimie verte, restent encore très largement guidés par une politique de négation de leur responsabilité. L’objectif du RES est aussi d’agir au niveau européen avec les forces regroupées dans l’Alliance pour la Santé et l’Environnement et plus largement au niveau mondial avec tous ceux qui luttent pour promouvoir le lien Santé-Environnement ».
Nous avons besoin de VOUS !
POURQUOI AIDER LE RES ?
L’épidémie de maladies chroniques est réelle et bien présente parmi notre entourage et touche des personnes de plus en plus jeunes! Il faut combattre les causes de cette épidémie en mettant véritablement le lien environnement-santé au coeur des politiques de santé et d’environnement.
C’est l’objectif du Réseau Environnement Santé !
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Mais au fait, quel est le lien entre l’environnement et la santé? entre le bisphénol A et des maladies chroniques comme le cancer?
La gestion du RES étant désintéressée, le RES est reconnu d’intérêt général depuis le 2 février 2010. Les donateurs et adhérents du RES peuvent donc bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu correspondant à 66% du don effectué dans la limite de 20% du revenu imposable.
Membres du RES
LES MEMBRES DU RES
Pour la première fois en France, des ONG, des professionnels de la santé, des malades, des scientifiques et des citoyens se rassemblent dans un Réseau Environnement Santé.
MEMBRES FONDATEURS
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Le Réseau Environnement Santé (RES) est lancé sous l’égide de l’Alliance pour la Planète et plus particulièrement des ONG suivantes : |
| Présente dans de nombreux campus. Le porte parole est Menard Hugues. Dernières Campagnes de Fac Verte : « du Bio dans mon RU » et « du Soleil sur mon campus » |
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Regroupe des membres scientifiques d’organisations de la région Nord. Le représentant est Alfred Leclercq. Localement Nord Ecologie Conseil se préoccupe plus particulièrement des pollutions des sites Seveso et réclame des moyens de recherche, notamment des registres de cancer et de jumeaux.
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Regroupe des membres professionnels de l’agriculture, de la transformation et de la certification biologique. La représentante est Maria Pelletier. Objectif Bio interpelle les élus français pour le développement de l’Agriculture Biologique et défend le cahier des charges AB. |
Les autres membres fondateurs sont respectivement des associations de professionnels de la santé et des associations de malades et de victimes :
Les réseaux européens HEAL et WECF soutiennent le Réseau Environnement Santé :
La liste des membres n’est pas limitative et l’adhésion est ouverte à toute association ou toute personne qui partage les objectifs du Réseau définis dans l’Appel. Contactez-nous!
Le réseau : pour aller + loin
● Les objectifs et le fonctionnement du RES :
Le RES a pour but de mettre le lien environnement-santé au coeur des politiques de l’environnement et au coeur des politiques de la santé.
● Rôle des membres du RES :
Peut devenir membre du RES toute personne physique ou morale ou tout Organisme de la société civile.
● Rôle du Comité scientifique :
L’Association se dote d’un comité scientifique. Ce comité est composé d’experts ayant été sollicités par l’Association. Les membres du comité veillent à la cohérence de l’information scientifique diffusée via le site de l’association et plus largement ils pourront, sous réserve de l’accord du CA ou de son Président, prendre position es qualité au nom de l’association.
Vous souhaitez lire les statuts ? contactez-nous!










