Le rapport « Kortenkamp » fait le point sur l’évaluation des perturbateurs endocriniens
Une étude sur l’état de l’art de l’évaluation des perturbateurs endocriniens a été commandée par la Direction Générale de l’Environnement en 2009 afin de fournir une base pour :
1. l’élaboration de critères scientifiques pour l’identification des perturbateurs endocriniens, et
2. l’examen et la révision éventuelle de la stratégie communautaire sur les perturbateurs endocriniens.
Les objectifs de l’étude étaient les suivants :
1. examiner les connaissances scientifiques publiées dans la littérature au cours des 10 dernières années et dans les rapports de plus de 80 projets financés par FP ;
2. d’examiner les approches pour l’évaluation des perturbateurs endocriniens utilisés dans certains États membres, dans les grandes économies concurrentes en dehors de l’UE et dans les instances internationales;
3. tirer des conclusions et répondre aux questions de politique pertinentes.
L’étude a été finalisée par le contractant fin janvier 2012 :
- « State of the art assessment of endocrine disruptors » (en anglais)
- « Annex 1 : Summary of the state of the science » (en anglais)
- « Annex 2 : Summary of expert consultations on approaches to the regulatory assessment of endocrine disrupters » (en anglais)
- « Annex 3 : Comparative analysis of endpoints and assays by human health and wildlife endpoint » (en anglais)
Le Perchloroéthylène, un cancérigène dans la ville

La journée mondiale contre le cancer du 4 février est l’occasion pour le Réseau Environnement Santé, l’association Génération Futures et l’association de défense des victimes d’émanations de perchloroéthylène des pressings (ADVEPP) d’attirer l’attention sur le cas du perchloroéthylène solvant utilisé dans les pressings, comme symbole de l’absence de politique sérieuse de lutte contre les causes environnementales du cancer.
Conférence de presse
« Le Perchloroéthylène, un cancérigène dans la ville »
Jeudi 16 février 2012 à 10h30
Mairie du 2e, 8 rue de la banque 75002 Paris – Salle d’exposition
Le cancer constitue la première cause de mortalité en France. Le nombre de nouveaux cas a doublé en 25 ans, dont 1/3 seulement sont liés au changement démographique.
Or, aujourd’hui la question des causes environnementales du cancer n’est pas prise au sérieux par les pouvoirs publics dans notre pays. Le cas du perchloroéthylène en est le triste exemple. Solvant toxique encore utilisé dans plus de 90% des pressings (cancérogène, mais aussi neurotoxique, hépatotoxique et néphrotoxique), il intoxique les travailleurs et les riverains.
Les preuves de sa dangerosité ne sont désormais plus à démontrer, au vu des données épidémiologiques chez les travailleurs et les riverains, données cohérentes avec les très nombreuses données expérimentales sur le sujet. Le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) a classé le perchloroéthylène cancérogène probable chez l’homme.
Il est inacceptable qu’une telle substance continue d’être utilisée alors même que des alternatives existent. Le gouvernement doit agir au plus vite en interdisant le perchloroéthylène dans les nouvelles installations de nettoyage à sec au lieu de croire à un usage contrôlé. Les cas d’intoxication, y compris mortels, comme celui de Mme Bernard à Nice en 2010 pour lequel le gérant du pressing vient d’être mis en examen, montrent qu’il n’y a pas d’usage contrôlé possible.
Les Etats Unis ont interdit les nouvelles installations en 2006. La France ne doit pas être en retrait par rapport aux Etats Unis de George Bush.
Téléchargez le dossier de presse de la conférence
Communiqué de presse (14/02/12) : La sécurité des aliments déterminée par des données et des experts liés à l’industrie?

L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) est lourdement critiquée dans un nouveau rapport publié aujourd’hui par Corporate Europe Observatory (CEO) et Earth Open Source (EOS), qui montre que cette administration se base sur des données et des experts en provenance de l’industrie pour évaluer la sécurité des aliments, soulevant de sérieux doutes quant à l’indépendance de ses recommandations. [1]
Le Réseau Environnement Santé (RES) et Générations Futures (GF), deux ONG françaises spécialisées dans les questions de santé environnementale touchant notamment à la sécurité des produits chimiques, se sont senties pleinement concernées par cette problématique essentielle du manque d’indépendance de l’expertise de l’EFSA. C’est pourquoi elles ont collaboré avec CEO et EOS pour traduire leur rapport en français et le diffuser en France aujourd’hui.
Le rapport paraît alors que l’EFSA, qui célèbre son 10ème anniversaire cette année, fait l’objet d’enquêtes de la part de la Cour des Comptes Européenne et d’eurodéputés, ainsi que d’une évaluation officielle de la Commission Européenne.
Nina Holland, de Corporate Europe Observatory, explique :
« Notre enquête montre que les intérêts industriels ont pénétré au cœur même de l’EFSA. La fréquence des conflits d’intérêts au sein du conseil d’administration et des panels d’experts, ainsi que le fait de se baser largement sur des études de l’industrie, sapent la capacité de l’EFSA à agir conformément à l’intérêt public en matière de sécurité alimentaire. Le fonctionnement de l’EFSA doit être complètement révisé ».
Des personnalités liées à l’industrie siègent dans nombre de comités scientifiques de l’EFSA. Selon le rapport, ceci donne lieu, et de manière fondamentale, à des conflits d’intérêts dans la façon dont l’autorité européenne évalue les données. En particulier, il est montré que des experts de l’EFSA ont des liens avec le lobby industriel ILSI (Institut International des Sciences de la Vie), financé par les principales entreprises de biotechnologie et de l’agroalimentaire.
Le rapport révèle comment des membres des panels de l’EFSA, notamment celui sur les emballages alimentaires, ont omis d’inclure leurs liens avec l’ILSI dans leurs déclarations d’intérêts, en violation des règles existantes de l’EFSA en la matière. L’EFSA a déjà négligé d’intervenir en de tels cas par le passé.
Les recommandations de l’EFSA ont été critiquées en de nombreuses occasions. Des produits tels que l’Aspartame (un édulcorant), le Glyphosate (un herbicide) et le composé chimique Bisphénol A, utilisé dans les plastiques, auraient été approuvés en dépit des réserves soulevées par des études scientifiques indépendantes.
Les méthodes par lesquelles l’EFSA a approuvé la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora ont également fait l’objet de critiques.
Le rapport en appelle à des critères plus stricts pour la sélection des experts, de façon à bannir les conflits d’intérêts avec l’industrie parmi ceux-ci, ainsi qu’à revoir de façon urgente la législation européenne encadrant le fonctionnement de l’EFSA, y compris l’utilisation des données de l’industrie pour les évaluations de risques. En effet, il est fréquent que des scientifiques indépendants ne puissent même pas remettre en cause les tests de l’industrie parce que le matériel de ceux-ci est considéré par cette dernière comme une information couverte par le secret commercial.
Claire Robinson, d’Earth Open Source, ajoute :
« Le fait pour l’EFSA de se baser sur les données de l’industrie et d’écarter des recherches indépendantes pourrait mettre la santé publique en danger. Cette année, l’EFSA a accédé à une demande de Monsanto en relevant la limite acceptable pour les résidus de glyphosate sur les lentilles par un facteur 100-150. C’est se placer 6 fois au-dessus de la dose quotidienne pour une exposition sans risques telle que déterminée par des études indépendantes que l’EFSA a écartées. »
La Commission Européenne est censée revoir le règlement fondateur de l’EFSA en 2012, et la Cour des Comptes Européenne doit publier prochainement son rapport sur les conflits d’intérêt à l’EFSA ainsi que pour d’autres agences de l’UE.
[1].[1] Conflits indigestes – une decennie d’influence industrielle à l’EFSA, Corporate Europe Observatory and Earth Open Source traduit par RES et Générations futures, Fevrier 2012.
Principaux points du rapport :
− L’EFSA a adopté des concepts créés par le lobby industriel ILSI qui ont affaibli l’évaluation des risques posés par des substances chimiques et des organismes génétiquement modifiés
− L’EFSA base en grande partie ses évaluations de produits dangereux sur des études scientifiques produites par l’industrie mais qui ne sont souvent ni revues par les pairs ni mêmes publiées
− L’EFSA ignore ou écarte des données scientifiques indépendantes signalant des risques pour les produits et substances qu’elle évalue
− L’EFSA a diminué la portée d’une loi démocratiquement votée qui insistait pour qu’elle prenne en compte des données scientifiques indépendantes dans ses évaluations de risque
− L’EFSA a ignoré les avertissements de scientifiques indépendants à propos du bisphénol A, un composé chimique pour les emballages alimentaires, à propos de l’aspartame (un édulcorant), et du glyphosate (un herbicide qui est le principal ingrédient du Roundup)
− L’EFSA a accédé à une demande de Monsanto en relevant la limite acceptable pour les résidus de glyphosate sur les lentilles par un facteur 100-150, un niveau 6 fois supérieur à la dose quotidienne pour une exposition sans risques telle qu’établie par des études indépendantes que l’EFSA a écartées
− L’EFSA se base fréquemment sur des études scientifiques de l’industrie, non sur des études indépendantes, pour déterminer des « niveaux sans risques » de substances dangereuses
− L’EFSA est dangereusement sous-équipée pour faire face à une charge de travail en constante augmentation
− Les experts de l’EFSA ne sont pas rémunérés mais sont des bénévoles qui doivent lire des quantités importantes de données industrielles pendant leur temps libre
− L’EFSA ne vérifie pas les déclarations d’intérêt. Lorsque des intérêts sont trouvés qui n’ont pas été déclarés, l’EFSA n’intervient pas. L’exemple le plus récent en date concerne le panel pour les emballages alimentaires
− L’UE se prépare à incorporer au sein de sa réglementation officielle la méthode discréditée de l’ « évaluation comparative » pour évaluer les risques posés par les OGM, une approche créée par Harry Kuiper, membre de l’ILSI et président du panel sur les OGM au sein de l’EFSA. Une réunion des parties prenantes se tiendra à Bruxelles le mardi 14 février. Ceci indique comment l’UE et l’EFSA travaillent de concert pour laisser l’industrie édicter les règles.
− Le rapport de la Cour des Comptes Européenne sur l’EFSA doit paraître en mars
− La Commission Européenne a prévu de réviser le règlement fondateur de l’EFSA dans la deuxième moitié de cette année, et a lancé une évaluation officielle de l’EFSA en préparation
− Huit panels sur 10 de l’EFSA vont être renouvelés. Les décisions seront prises au prochain conseil d’administration de la mi-mars. Le 5 mars, l’EFSA publiera ses nouvelles règles sur la gestion des conflits d’intérêts, mais il n’en est pas attendu grand-chose de nouveau.
− Les eurodéputés discuteront à nouveau de l’EFSA le 24 mars prochain (commission budgétaire).
Un film d’animation de 3 minutes produit par Corporate Europe Observatory souligne quelques-uns des principaux problèmes de l’EFSA : http://vimeo.com/33337250
Communiqué de presse (9 février 2012) – BPA et Diabète : confirmations chez l’Homme
3 études récentes confirment que le Bisphénol A est impliqué dans le diabète de type 2 chez l’homme.
Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit pas assez d’insuline ou lorsque l’organisme n’est pas capable d’utiliser efficacement l’insuline qu’il produit. Il en résulte une concentration accrue de glucose dans le sang (hyperglycémie).
La responsabilité d’un certain nombre de substances chimiques dites « diabétogènes », dont le Bisphénol A, est de plus en plus mise en évidence. L’étude la plus récente a été publiée le 8 février dans la revue PLoS ONE (« action insulinotrope rapide des faibles doses de bisphénol-A sur des îlots de Langerhans de souris et humains : le rôle de récepteur des oestrogènes ») (Consultez l’étude) [1]. Les auteurs font partie de l’équipe du Dr Angel Nadal de l’Université Miguel Hernandez Elche à Alicante, Espagne, qui a déjà publié de nombreux travaux sur BPA, diabète et obésité.
Cette dernière étude montre qu’au niveau d’imprégnation en Bisphénol A correspondant à celui de la population humaine en général, on observe une libération d’insuline chez l’homme supérieure à celle induite chez la souris. Ce phénomène contribue au diabète de type 2.
L’étude apporte également la preuve que les résultats chez la souris peuvent être extrapolés à l’homme et que l’homme est plus sensible que la souris.
Les auteurs concluent que le BPA doit être considéré comme un facteur de risque de troubles métaboliques chez l’homme, ce que deux autres études récentes viennent de confirmer.
Une étude publiée également en février menée en Chine auprès de 3390 adultes âgés de 40 ans ou plus trouve une association significative entre imprégnation au Bisphénol A et obésité [2].
Une étude publiée en décembre menée aux Etats Unis sur la population du grand programme NHANES (National Health and Nutritional Examination Survey) 2003-2008 a montré que les diabétiques ont un niveau d’imprégnation plus élevé en bisphénol A [3]. L’association diabète-BPA était retrouvée chez les personnes de poids normal ou en surpoids, indépendamment des facteurs de risque traditionnel du diabète.
Compte-tenu de son utilisation dans le monde entier, le bisphénol A apparaît de plus en plus impliqué dans l’épidémie mondiale de diabète, au côté des facteurs classiques que sont alimentation et sédentarité. En 1995, le diabète touchait 30 millions dans le monde. Aujourd’hui il affecte aujourd’hui près de 220 millions de personnes et les prévisions sont de 366 millions d’ici 2030.
Au vu de ces nouvelles études, le RES presse instamment le gouvernement d’inscrire la loi BPA sur l’agenda du Sénat pour son adoption rapide avant la fin des sessions parlementaires.
Les autorités sanitaires françaises doivent aussi déployer plus de fermeté auprès de la Commission européenne et de l’agence européenne, l’EFSA pour que l’interdiction se généralise à l’échelle européenne. Enfin, ces études montrent qu’au-delà du BPA, il faut mettre la question des perturbateurs endocriniens au coeur des politiques de santé publique. Les PE apparaissent plus que jamais comme une clé essentielle pour agir sur la prévention des cancers, des désordres métaboliques (obésité-diabète), des troubles de la reproduction et neuro-comportementaux.
[1]. Soriano S, Alonso-Magdalena P, Garcı´a-Are´valo M, Novials A, Muhammed SJ, et al. (2012) Rapid Insulinotropic Action of Low Doses of Bisphenol-A on Mouse and Human Islets of Langerhans: Role of Estrogen Receptor b. PLoS ONE 7(2): e31109. doi:10.1371/journal.pone.0031109
[2]. Wang T, Li M, Chen B, Xu M, Xu Y, Huang Y, Lu J, Chen Y, Wang W, Li X, Liu Y, Bi Y, Lai S, Ning G. Urinary Bisphenol A (BPA) Concentration Associates with Obesity and Insulin Resistance. J Clin Endocrinol Metab. 2012 Feb;97(2):E223-7. Epub 2011 Nov 16.
[3]. Shankar A, Teppala S. Relationship between urinary bisphenol A levels and diabetes mellitus.
J Clin Endocrinol Metab. 2011 Dec;96(12):3822-6. Epub 2011 Sep 28.
Qui veut la peau du registre des malformations des nouveaux-nés ?
Le fait d’être exposé, in utero, à des substances toxiques (pesticides par exemple) constitue, on le sait, l’une des causes des maladies qui touchent la population dans son ensemble. Dans la région Rhône-Alpes, une petite équipe d’épidémiologistes et de statisticiens travaille quotidiennement à réunir des informations. Cela leur permet de détecter d’éventuelles épidémies de malformations et faire des recherches sur les facteurs de risques environnementaux.
Une décision soudaine, annoncée le 15 décembre par le Comité national des registres, vient mettre un coup d’arrêt brutal et inattendu au Registre des Malformations congénitales de Rhône-Alpes, qui existe depuis 1973 et cessera toute activité d’ici fin 2011. Les motifs avancés par l’InVS à l’appui de cette décision sont très allusifs et ne correspondent pas à la réalité.
Pourquoi veut-on détruire en France de tels outils de veille en santé-environnement ? Quand monte la température, pourquoi casser le thermomètre ? A qui profite cette décision brutale et incompréhensible ? Alors même que le Grenelle et le Plan National Santé Environnement ont insisté sur l’urgence de mieux connaître les facteurs reprotoxiques qui affectent les nouveaux-nés, la décision brutale de l’InVS de fermer le REMERA constitue aujourd’hui un véritable scandale.
- Plus d’infos sur le registre REMERA : http://remera.fr/
- Lire l’article consacré à ce sujet dans La Recherche
- Consultez l’avis défavorable émis par le Comité National des Registres
- La réaction du registre REMERA :
leur lettre au Comité National des Registres
leur lettre à Laurent Wauquiez, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
- Les associations réagissent :
Notre courrier aux directeurs de l’INSERM et de l’InVS
Nos courriers aux ministres de la santé, de l’environnement et de la recherche
Santé Environnement : après l’arrêt du programme recherche de l’ANR, la fermeture du registre des malformations en Rhône-Alpes
Il y a quelques semaines, l’Agence nationale de la recherche (ANR) rayait des tablettes pour 2012 le programme consacré à la santé environnementale « Contaminants et environnement : métrologie, santé, adaptabilité, comportements et usages » (CESA). Décision prise en catimini à la demande du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche sans que le conseil scientifique de l’ANR n’ait été associé.
Aujourd’hui, c’est le Registre des Malformations congénitales de Rhône-Alpes (REMERA) qui perd sa qualification ce qui entraîne ipso facto son arrêt au 1er janvier 2012. Le REMERA existe pourtant depuis 1973. Il avait fait l’objet d’un audit positif le 5 septembre dernier diligenté par le Comité National des Registres, présidé alternativement par l’Inserm et par l’InVS, qui sont aussi les 2 principaux financeurs du registre, mais aucun rapport d’audit n’a été communiqué officiellement.
L’annonce est faite à 15 jours de la mise en œuvre. Le procédé est autant contestable sur la forme et sur le fond.
Fermer un registre de malformations, c’est se priver d’un outil pour mieux comprendre le lien avec l’environnement. C’est vraisemblablement l’objectif recherché, l’argument budgétaire étant un prétexte, car s’il est un domaine qui ne doit pas être touché par les restrictions budgétaires, c’est bien celui-là, car c’est un investissement qui permet à la fois des gains de santé et des gains économiques.
Ces décisions sont en totale contradiction avec l’objectif affiché par le Plan National Santé Environnement.
Le Réseau Environnement Santé, l’association Générations Futures et la Fondation Sciences Citoyennes demandent au Comité National des Registres de s’expliquer sur la forme et sur le fond de sa décision.
Ils demandent aux Ministres en charge de la santé, de l’écologie et de la recherche d’intervenir pour que la décision concernant le REMERA soit revue.
Ils renouvellent leur demande pour que soit organisée rapidement avec toutes les parties prenantes une table ronde sur la politique de recherche en santé environnement.
Communiqué 14/12/2011 : Le BPA interdit dans les contenants alimentaires, mais pas dans les canalisations d’eau potable ?

Le BPA interdit dans les contenants alimentaires, mais pas dans les canalisations d’eau potable ?
Paris/Göteborg – 14 Décembre 2011 :
Depuis le printemps 2011, l’Union européenne a interdit le Bisphénol A (BPA) dans les biberons et la France a récemment étendu cette disposition aux conserves et cannettes alimentaires à l’échéance 2014. Mais qu’en est-il du risque de contamination de l’eau potable via les canalisations adduction d’eau potable restaurées par la méthode de « réhabilitation par gainage » aussi appelée relining ?
« Par le passé, la population a pu être affectée par l’utilisation du plomb dans les aqueducs ou plus récemment par celle du cuivre dans les canalisations d’eau potable. Nos connaissances actuelles devraient nous prémunir contre l’utilisation de matériaux susceptibles de laisser migrer des substances dangereuses dans notre système d’eau potable » explique le professeur Åke Bergman, de l’Université de Stockholm.
Réhabiliter de vieilles conduites d’eau de l’intérieur par gainage époxy est une solution moins coûteuse et plus facile que de creuser et de remplacer les tuyaux. Cependant, il est possible d’observer une migration du BPA dans l’eau potable si la résine époxy ajoutée dans le tuyau n’a pas durci correctement.
« Nous ne savons pas si ce lessivage du BPA dans l’eau potable est une source de contamination courante, mais nous savons que ce phénomène existe. L’ANSES doit se pencher sur ce problème dans son travail de caractérisation des expositions et il y a un besoin urgent d’une règlementation à l’échelle européenne » commente Yannick Vicaire, pour le Réseau Environnement Santé (RES).
La décision de restaurer de vieilles canalisations par gainage époxy ou d’utiliser d’autres méthodes dépend en général des propriétaires et gestionnaires de logement. Chemsec, WECF et le RES invitent ces acteurs et les régies des eaux à se pencher sur la question de la sécurité du relining et à exiger des alternatives plus sûres (remplacement des tuyaux notamment).
« Nous sommes inquiets de voir se multiplier le recours au gainage avec des résines époxy. Nous déconseillons le recours à cette pratique et encourageons les entreprises à développer et utiliser des solutions alternatives », plaide Danielle Freilich de la Fédération suédoise du bâtiment ; une position qu’il serait intéressant de voir adopter par son homologue française.
Le BPA est un des produits chimiques les plus largement fabriqués au monde, principalement utilisé dans les matériaux plastiques. Même à faibles doses, il est lié à des effets sanitaires graves comme le cancer, l’obésité et les problèmes de fertilité.
« Le bisphénol A ou des produits chimiques aux effets similaires ne doivent pas être utilisés pour la restauration des conduites d’eau potable par relining. Cette pratique fait courir un risque aux consommateurs d’eau du robinet . Le bisphénol A est un perturbateur endocrinien et des précautions doivent être prises pour éviter toute exposition humaine, en particulier des enfants, plus vulnérables », souligne Elisabeth Ruffinengo de WECF.
Voir aussi notre fiche d’information sur la question du BPA et du relining téléchargeable : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/12/RES-relining-comment-wecf2.pdf
[1]. Agence National de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
[2]. Sveriges Byggindustrier, http://www.bygg.org/
[3]. En 2007, la consommation d’eau potable en France s’élevait à 5,8 millions de m3. Source : Agences de l’eau / SOeS – 2010 (Données 2007)
Santé Environnement – il faut aussi développer la recherche : Participez à la Pétition
En votant à l’unanimité le 12 Octobre dernier l’interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires, les députés français ont édicté la première loi de ce genre au monde. Après avoir voté en mai dernier l’interdiction des phtalates, des alkylphénols et des parabènes, ils ont confirmé qu’ils avaient pris la pleine mesure de la question des perturbateurs endocriniens. L’ANSES a, elle aussi, pris en compte le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens en publiant un rapport, le 27 septembre dernier, qui reconnaît les effets du bisphénol A aux faibles doses. La France se retrouve ainsi être le pays pionnier en la matière.
Les perturbateurs endocriniens ne sont qu’une partie du vaste problème que représente l’épidémie de maladies chroniques dont le constat a été fait les 19 et 20 septembre 2011 à l’occasion de l’Assemblée Générale de l’ONU. Le communiqué final signé par les 193 Etats, dont la France stipule : « Nous, chefs d’État et de gouvernement et représentants d’État et de gouvernement [...] reconnaissons que le fardeau et la menace que les maladies non transmissibles représentent à l’échelle mondiale constituent l’un des principaux défis pour le développement au XXIe siècle, en ce qu’il vient remettre en cause le développement social et économique dans le monde entier et compromettre la réalisation des objectifs de développement arrêtés sur le plan international ».
Comprendre la nature du lien entre santé et environnement et rendre cet environnement moins pathogène nécessite un énorme effort de recherche interdisciplinaire mobilisant de très nombreuses disciplines scientifiques. Il est donc surprenant qu’au moment où la France s’engage enfin sur cette voie, le principal opérateur de recherche, l’Agence nationale de la recherche (ANR), envoie un signal contraire en rayant des tablettes pour 2012 le programme consacré à la santé environnementale » Contaminants et environnement : métrologie, santé, adaptabilité, comportements et usages » (CESA).
Cette décision est d’autant plus surprenante qu’elle a été prise en catimini à la demande du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et du directeur du programme CESA sans que le conseil scientifique de l’ANR, n’ait été associé en amont de ce report.
Le Réseau Environnement Santé (RES) et la Fondation Sciences Citoyennes (FSC) demandent aux Ministres en charge de la Recherche, de la Santé et de l’Ecologie d’intervenir auprès de l’ANR non seulement pour rétablir ce programme et permettre de poursuivre les travaux en cours sur un court terme, mais aussi pour développer des laboratoires universitaires pérennes et indépendants dans ce domaine afin d’assurer une recherche de long terme associée à un enseignement de qualité.
Le RES et la FSC demandent que soit organisée le plus rapidement possible une table ronde réunissant toutes les parties prenantes pour élaborer un plan stratégique de recherche en santé environnement.
Participez vous aussi à la Pétition pour le maintien du programme CESA de l’ANR en 2012 : http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=ANRCESA
L’EFSA de nouveau mise en cause !
Le Médiateur européen demande à l’EFSA de reconnaitre sa défaillance.
Une responsable de l’Autorité européenne de sécurité des aliments est partie travailler pour l’industrie de la biotechnologie
« Le médiateur européen a statué le 8 décembre dernier en faveur d’une plainte déposée par Testbiotech contre l’EFSA et son approche du pantouflage. L’affaire concerne un ancien cadre supérieur de l’EFSA, le Dr Suzy Renckens, qui occupait le poste de chef de l’unité responsable de l’évaluation des risques concernant les plantes génétiquement modifiées. Le Dr Renckens a ensuite pris un poste chez Syngenta, une société qui produit et commercialise ce type de plante. Le Médiateur Européen a accepté la plainte de Testbiotech et a déclaré que « l’EFSA devrait reconnaitre qu’elle a échoué dans l’application des règles de procédure et dans la réalisation d’une évaluation suffisamment approfondie des éventuels conflits d’intérêts découlant du passage d’un ancien membre de son personnel à une entreprise de biotechnologie. »
« La décision du Médiateur montre clairement que l’EFSA a manqué à ses obligations » explique Christoph Then de Testbiotech, « Nous sommes très inquiets du fait que l’EFSA et la Commission ont essayé de nier leurs responsabilités dans le cas présent en rejetant nos plaintes initiales. L’Autorité, mais aussi la Commission européenne qui soutient l’EFSA, minent la confiance dans les institutions européennes. En conséquence, elles mettent en péril la protection des consommateurs et de l’environnement ».
Bisphénol A : L’EFSA persiste et signe son discrédit !
L’ANSES avait accompli son aggiornamento en reconnaissant les effets des faibles doses de BPA dans son rapport du 27 septembre [1], une vraie révolution dans le monde de l’évaluation des risques qui avait reçu une attention planétaire. La confrontation avec l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) était très attendue. Dans son communiqué et les rapports publiés hier sur son site [2], celle-ci continue de nier la réalité écrasante des données scientifiques, émanant pourtant de plus de 600 études.
La veille scientifique menée par le RES depuis Mai 2009 met en évidence que sur 193 études publiées, 96% montrent des effets. Une bonne partie des études expérimentales chez l’animal (31 sur 118) surviennent à des doses inférieures à la DJA de 50 microgrammes /kilo/jour défendue par l’EFSA. Les études chez l’homme sont au nombre de 69 dont 67 sont positives. Le nombre continue d’augmenter rapidement. Rien que sur la période octobre-novembre 2011, 4 études épidémiologiques ont été publiées sur des pathologies majeures qui avaient été par ailleurs mises en évidence chez l’animal depuis plusieurs années :
Obésité-diabète. Une étude chinoise montre un taux d’obésité et de diabète lié au degré d’imprégnation en BPA. Une étude américaine retrouve cet effet, bien que de façon moins nette cependant.
Troubles du comportement. Une étude américaine montre que l’exposition maternelle pendant la grossesse se traduit par des comportements agressifs chez les filles de 3 ans.
Reproduction. Une étude chinoise en milieu professionnel montre que plus les mères sont imprégnées en BPA, plus on constate une féminisation des jeunes garçons, mesurée à la naissance par la réduction de la distance ano-génitale.
« Il est parfaitement absurde de voir l’EFSA avancer comme argument que l’on ne peut tenir compte des études épidémiologiques pour fixer des DJA. C’est évidemment l’inverse qui est vrai : ces études épidémiologiques montrent que l’on observe des effets sur la santé, au niveau d’imprégnation de la population humaine en général ce qui est la preuve que l’actuelle DJA ne protège pas la population » commente André Cicolella, président du Réseau Environnement Santé.
Ces études confirment le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens, à savoir que c’est « la période qui fait le poison » alors que l’EFSA s’accroche à l’ancien modèle selon lequel « c’est la dose qui fait le poison » . « L’ANSES a fait le choix de la toxicologie du 21 ème siècle, alors que l’EFSA en reste à la toxicologie des années 60 » résume André Cicolella. « En niant la réalité des données scientifiques, pour ne retenir que 2 études publiées par l’industrie chimique selon un protocole obsolète, l’EFSA se comporte comme une officine de l’industrie. 11 membres sur 20 du comité qui a statué sur le BPA sont en situation de conflits d’intérêts. »
Le RES appelle la Commission Européenne et le Parlement européen à intervenir d’urgence pour que l’EFSA retrouve un mode de fonctionnement en mesure de garantir la protection de la santé des Européens. « La position de l’EFSA s’inscrit également en négation des principes entérinés par l’article 57 de REACH de primauté de l’évitement du danger à la source pour la gestion du risque chimique : les perturbateurs endocriniens relèvent d’ores et déjà du principe de substitution et les ONG européennes continueront d’œuvrer à une clarification et un renforcement de ces dispositions » conclut Yannick Vicaire, en charge des questions européennes pour le RES.
Consultez les faits marquants de la veille juillet-septembre du RES : http://reseau-environnement-sante.fr/?p=3378
Consultez l’intégralité de la veille juillet-septembre du RES : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/12/veille_BPA_juil-sept-2011.pdf
[1]. « Effets sanitaires du Bisphénol A » – Rapport d’expertise collective – Septembre 2011 ANSES http://www.anses.fr/PN0801.htm
[2]. http://www.efsa.europa.eu/en/press/news/111201.htm
Lettre ouverte à Xavier Bertrand
A l’occasion de la journée mondiale de la prématurité, le RES a envoyé un courrier à Xavier Bertrand accompagnée d’une note de cadrage sur le lien entre prématurité et boissons light gazeuses (lire la note de cadrage)

Réseau Environnement Santé
148 rue du Faubourg Saint-Denis
75010 Paris
Paris, 15 novembre 2011,
Monsieur Xavier BERTRAND
Ministre de la santé
Ministère de la Santé et du Travail
Objet : Aspartame – Les dangers pour la femme enceinte
Monsieur le Ministre,
Le 16 octobre 2011, vous avez affirmé à propos de l’aspartame : « s’il y avait un rapport qui disait clairement « cela représente un danger, il faut retirer », je n’hésiterais pas à le faire, mais ce n’est pas le cas ». Il y a un an, une étude réalisée auprès de 60 000 femmes enceintes par une équipe danoise mettait en évidence un taux plus élevé de naissance prématurée tardive (soit entre les 32 e et 36 e semaines d’aménorrhée), proportionnel à la consommation de boissons gazeuses avec édulcorants.
Depuis la publication de l’étude danoise, plusieurs études sont venues confirmer les risques pour la santé consécutifs à la naissance prématurée tardive, dont vous trouverez l’analyse dans la note ci-jointe. Vous avez déclaré, à propos de l’affaire du Mediator, que le doute devait désormais profiter au malade. Dans le cas présent, il nous semble que le doute devrait profiter au consommateur.
Plus de 12 mois se sont déjà écoulés, soit environ 700 000 naissances supplémentaires sans que les mères n’aient été alertées du risque. Les données scientifiques sont suffisantes pour agir, c’est-à-dire, à tout le moins, pour diffuser des conseils de prudence auprès des femmes enceintes.
Nous vous prions d’agréer Monsieur, l’expression de nos sentiments dévoués à la cause de la santé environnementale.
Dr Laurent Chevallier
Responsable commission alimentation du RES
André Cicolella
Président et porte-parole du RES
PS : Nous vous rappelons par ailleurs notre demande que l’actuelle Dose Journalière Admissible de l’aspartame soit définie scientifiquement et de façon transparente ce qui n’est pas le cas actuellement, car elle repose sur des études non publiées dans la littérature scientifique et dont il est avéré qu’elles ont été menées dans des conditions qui auraient dû normalement conduire à les invalider. La DJA devrait être calculée sur la base d’études respectant les critères scientifiques actuels comme celles mettant en évidence le caractère cancérogène de l’aspartame chez le rat et la souris, notamment à partir d’une exposition in utero. [1]
[1]. Note envoyée à l’ANSES en février 2011, disponible sur http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/11/REPONSE-RES-ANSES-Aspartame.pdf
Dossier de Presse (27 octobre 2011) – Mercure Dentaire : la position isolée et incohérente de la France
Les associations NAMD, ATC et le RES ainsi que Jean Huss, auteur d’un rapport du Conseil de l’Europe sur les risques sanitaires des métaux lourds, ont tenu une conférence de presse jeudi 27 octobre 2011 pour dénoncer la position isolée et incohérente de la France sur ce dossier.
Retrouvez plus d’infos et mes références scientifiques disponibles sur le sujet dans le Dossier de Presse
Communiqué de presse (12 octobre 2011) – Bisphénol A : le volontarisme français doit servir l’Europe !
Le RES se réjouit du vote à la quasi unanimité [1] des députés pour interdire le Bisphénol A dans les contenants alimentaires. Cette mesure devrait réduire significativement l’exposition quotidienne à ce perturbateur endocrinien [2] et contribuer à diminuer l’intoxication du fœtus via la contamination maternelle. Les preuves sont aujourd’hui accablantes pour montrer que cette exposition pendant la grossesse induit des effets sanitaires graves pendant l’enfance et à l’âge adulte (cancer, diabète-obésité, troubles de la reproduction et du comportement).
Les regards doivent maintenant se tourner vers la scène européenne où les institutions communautaires ne se distinguent pas par leur volontarisme sur les enjeux des perturbateurs endocriniens. Pour André Cicolella, porte-parole du RES, c’est, en premier lieu, la crédibilité de l’Agence européenne de sécurité alimentaire, l’EFSA, qui est remise en question : « L’EFSA ne peut continuer de nier la réalité des connaissances scientifiques en maintenant une Dose Journalière Admissible qui ne tient pas compte des centaines d’études montrant des effets aux faibles doses. Si, à la suite de l’ANSES, l’agence n’accomplit pas rapidement son aggiornamento, les institutions européennes devront déclencher des investigations sur la déontologie de l’expertise au sein de l’EFSA ».
« Après la loi sur les biberons au BPA, puis l’adoption de la loi Lachaud, qui a interdit 3 groupes de perturbateurs endocriniens (alkylphénols, parabènes et phtalates), le vote d’aujourd’hui met le gouvernement français en position et en devoir de faire évoluer la position de la Commission européenne » constate Yannick Vicaire, chargé de mission au RES. « La France doit insuffler la dynamique qui fait défaut à l’échelle européenne en fédérant d’autres Etats-membres pour travailler à l’élaboration urgente d’une réponse globale aux enjeux des perturbateurs endocriniens ».
Contrairement aux affirmations des industriels, les solutions de remplacement existent. Le RES a publié une note sur la question [3]. Notamment, une société américaine Eden Foods (http://www.edenfoods.com/) utilise un procédé sans BPA depuis avril 1999. Par ailleurs, l’Etat du Connecticut a décidé d’interdire le BPA dans les contenants alimentaires réutilisables en juin 2010 et cette mesure est entrée en application le 1er Octobre 2011. Cela montre que la mise en œuvre peut se faire très rapidement.
La loi adoptée par les députés n’est qu’un premier pas dans la réduction de l’exposition au BPA. Il est urgent que l’ANSES identifie les autres sources, y compris alimentaires, susceptibles de constituer des priorités en termes d’exposition pour l’ensemble de la population ou pour des secteurs professionnels spécifiques : matériel médical, instruments de musique, papiers thermiques, revêtements des canalisations d’eau ou de cuves à vin, etc. L’ANSES doit aussi mieux caractériser l’exposition environnementale indirecte, en particulier via l’alimentation (poissons et crustacés) ou la pollution intérieure.
[1]. 2 votes contre sur 348 suffrages exprimés
[2]. L’étude du Breast Cancer Fund a montré qu’un régime alimentaire duquel on élimine les sources « intentionnelles » de BPA conduit en quelques jours à une réduction de plus de moitié du niveau de BPA détecté dans les urines. http://ehp03.niehs.nih.gov/article/info:doi/10.1289/ehp.1003170
[3]. Panorama des alternatives disponibles au Bisphénol A dans les matériaux de contact alimentaire http://reseau-environnement-sante.fr/?p=3019
Communiqué de presse (7 octobre 2011) : Interdiction du BPA, le RES salue la décision de Xavier Bertrand
Le RES se réjouit que le ministre de la santé Xavier Bertrand ait pris position hier à l’Assemblée Nationale pour l’interdiction du Bisphénol A (BPA) dans tous les contenants alimentaires, et « dès 2013″ pour ceux concernant les enfants de moins de 3 ans.
Il appartient désormais aux députés de voter le 12 octobre prochain l’interdiction du BPA dans les contenants alimentaires avec une mise en application dès que possible et ce afin de diminuer rapidement l’intoxication des fœtus via la contamination maternelle. Les preuves sont aujourd’hui accablantes pour montrer que l’exposition par le biais de l’alimentation pendant la grossesse induit des effets sanitaires graves pendant l’enfance et à l’âge adulte (cancer, diabète-obésité, troubles de la reproduction et du comportement).
Contrairement aux affirmations des industriels, les solutions de remplacement existent. Le RES a publié une note sur la question [1]. Notamment, une société américaine Eden Foods [2] utilise un procédé sans BPA depuis avril 1999.
Par ailleurs, l’Etat du Connecticut a décidé d’interdire le BPA dans les contenants alimentaires réutilisables en juin 2010 et cette mesure est entrée en application le 1er Octobre 2011. Cela montre que la mise en œuvre peut se faire très rapidement.
[1]. http://reseau-environnement-sante.fr/?p=3019
[2]. http://www.edenfoods.com/
Communiqué de presse (27 septembre 2011) : La reconnaissance par l’ANSES de la toxicité à faible dose du BPA ouvre la voie à son interdiction
L’ANSES a rendu public deux nouveaux rapports sur les effets et les usages du bisphénol A. Selon le Réseau Environnement Santé, leurs conclusions devraient conduire à une extension de l’interdiction de ce perturbateur endocrinien.
Les rapports, intitulés « Effets sanitaires du bisphénol A » et « Connaissances relatives aux usages du bisphénol A », représentent une rupture avec ce qui avait été la méthode de l’ANSES jusqu’à présent, à savoir ne prendre en considération que les études menées selon le protocole des Bonnes Pratiques de Laboratoire, un protocole obsolète datant des années 70. Comme l’illustrait régulièrement la veille scientifique effectuée depuis mai 2009 par le RES, cette méthode revenait à éliminer des centaines d’études montrant des effets sanitaires aux faibles doses (95% des études parues depuis mai 2009) pour ne retenir qu’une poignée d’études ne montrant pas d’effets à fortes doses (5% des études)[1]. La caractéristique des perturbateurs endocriniens est en effet d’avoir des effets plus forts à faible dose qu’à forte dose. L’ANSES reconnaît également que la période la plus sensible est celle de la gestation et que la priorité est d’empêcher la contamination du fœtus.
« Le RES se félicite de ce changement de doctrine de l’ANSES, une demande que nous portons depuis notre création, il y a 3 ans » commente André Cicolella, porte-parole du RES. « Il faut maintenant que l’ANSES aille jusqu’au bout de sa démarche en fixant une nouvelle Dose Journalière Admissible (DJA) à partir de la littérature scientifique actuelle. En appliquant les règles habituelles en évaluation des risques, celle-ci devrait être 2 millions de fois plus faible que l’actuelle DJA ».
Une telle réévaluation de la DJA revient de fait à interdire l’utilisation du BPA en priorité dans les matériaux susceptibles de contaminer l’homme : boîtes de conserve, canettes de boisson, petit électroménager de cuisine et autres usages de contact alimentaire, matériel médical… « L’actuelle DJA a servi jusqu’à présent de rempart à l’industrie agro-alimentaire contre toute politique de substitution du BPA et de fin de non-recevoir à nos interpellations » déclare Yannick Vicaire, chargé de mission chimie-procédés, « nous demandons à l’industrie d’anticiper l’inéluctable évolution réglementaire. Les alternatives existent ; tout retard serait injustifiable au vu des enjeux sanitaires pour le fœtus et le nourrisson ».
Le RES demande aux autorités publiques de tirer toutes les conclusions de ces nouveaux rapports : l’extension de l’interdiction du BPA à échéance d’un an, une campagne de communication auprès des femmes enceintes et des acteurs de santé publique, ainsi qu’un accompagnement des associations professionnelles dans le choix et l’évaluation des alternatives. Le RES va continuer sa campagne au sein du réseau européen HEAL pour qu’à la suite de l’ANSES, l’agence européenne de sécurité alimentaire, l’EFSA, réévalue sa position sur le BPA.
[1]. Veille scientifique BPA du RES disponible sur http://reseau-environnement-sante.fr/?p=2899
Communiqué de presse (16 septembre 2011) : Perturbateurs endocriniens dans les poussières domestiques – l’UE doit faire le ménage !

Un rapport réalisé par une coalition d’associations environnementales met en évidence la contamination de nos logis par les perturbateurs endocriniens, un phénomène généralisé qui nécessite une action urgente des autorités européennes.
A l’initiative de Chemsec et de la Swedish Society for Nature Conservation (SSNC), le rapport « Home Sweet Home – dusty surprises under the bed » révèle les résultats d’analyse de poussières domestiques prélevées dans des chambres à coucher de foyers européens (Allemagne, Belgique, Hongrie, Italie, République Tchèque, Suède), africains (Afrique du Sud, Kenya, Ouganda, Tanzanie) et asiatiques (Malaisie, Philippines)[1] . Tous les prélèvements contenaient un mélange de perturbateurs endocriniens (PE), ces substances toxiques associées à une grande variété de désordres sanitaires tels que les atteintes à la fertilité, des cancers ou des troubles neurocomportementaux. Les foyers européens testés recelaient les niveaux les plus importants de nonylphénol ou de certains phtalates, deux familles de PE reprotoxiques dont les députés français ont voté récemment l’interdiction contre l’avis du gouvernement[2].
La sécurité sanitaire de l’environnement intérieur est un enjeu majeur car les européens passent en moyenne plus de 90% de leur temps dans un espace fermé. L’exposition à des substances chimiques est susceptible d’y être des milliers de fois plus élevée qu’en extérieur. Les PE sont libérés par une grande variété de produits de consommation présents dans les foyers : ameublement, électronique, cosmétiques, jouets… La contamination des poussières domestiques expose plus particulièrement la petite enfance qui vit au ras du sol et constitue aussi un groupe plus vulnérable aux effets toxiques des PE sur le développement. Il existe bien sûr d’autres sources d’exposition dans l’environnement intérieur que le rapport n’a pas investigué ; malgré cela, dans certains prélèvements le niveau total de phtalates était déjà supérieur à celui recommandé comme sûr par les autorités sanitaires[3].
Pour les ONG, ce rapport constitue un rappel supplémentaire des responsabilités qui incombent aux autorités sanitaires et aux législateurs européens, mais aussi aux entreprises qui incorporent ces substances dans leurs articles. A cette fin, les ONG alimentent la liste SIN (substitution immédiate nécessaire), une liste noire de produits chimiques que les Etats-Membres de l’UE doivent appuyer pour leur interdiction par le règlement Reach et dont les entreprises doivent se servir pour assainir les produits qu’elles commercialisent[4].
En conclusion, le rapport rappelle les nombreux enjeux scientifiques et réglementaires du débat sur les PE, comme les critères de définition même des PE et la nécessité d’établir de nouvelles méthodologies d’évaluation des risques qui prennent en compte les faibles doses et les effets cocktails, des travaux que l’UE peine à faire avancer dans des délais raisonnables et qui rencontrent une résistance importante des groupes de pression industriels.
Le rapport « Home Sweet Home – dusty surprises under the bed » est disponible en anglais sur le site de Chemsec : http://www.chemsec.org/news/news-2011/808-%20mix-of-hazardous-chemicals-under-your-bed-EU-needs-to-act
[1]. Les ONG suivantes ont participé aux prélèvements européens : European Public Health Alliance et Health and Environment Alliance en Belgique, Clean Air Action Group en Hongrie, AMICA en Italie, BUND en Allemagne, Society for Sustainable Living en Tchéquie et la SSNC en Suède.
[2]. Proposition de loi « Lachaud » visant à interdire les l’utilisation des phtalates, des parabènes et des alkylphénols, adoptée par l’Assemblée Nationale en 1ère lecture le 3 mai 2011.
[3]. Les phtalates BBP, DBP, DEHP et DINP, en considérant l’effet cocktail, c-a-d la toxicité du mélange et non pas seulement des substances prises individuellement.
[4]. La liste SIN, dont Chemsec assure la maintenance, contient 378 substances chimiques qui remplissent les critères de « substances extrêmement préoccupantes » de Reach. La dernière actualisation en mai a versé 22 substances à la liste sur la base de leurs seules propriétés de perturbation endocrinienne. http://reseau-environnement-sante.fr/2011/05/03/ressources/communique-de-presse-03-mai-2011-%E2%80%93-les-ong-identifient-22-perturbateurs-hormonaux-a-reglementer-d%E2%80%99urgence/
Communiqué de presse (13 septembre 2011) : Des ONG demandent le renvoi de deux experts de l’EFSA qui n’ont pas déclaré leurs liens avec l’industrie agroalimentaire
De nouvelles recherches révèlent aujourd’hui d’autres conflits d’intérêts parmi les experts qui conseillent l’Autorité européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) sur la sécurité des additifs alimentaires, y compris l’aspartame [1].
L’enquête menée par l’Observatoire Européen de l’Entreprise (Corporate European Observatory CEO) et le Réseau Environnement Santé (RES) montre que deux des nouveaux experts, nommés par l’EFSA au sein du groupe scientifique chargé d’examiner les additifs alimentaires, ont omis de déclarer des activités de conseil pour l’Institut International des Sciences de la Vie (ILSI – International Life Sciences Institute), un groupe de réflexion et de pression financé par l’industrie agroalimentaire.
Le CEO et le RES ont écrit à l’EFSA pour exiger le renvoi des deux experts. Ils ont aussi écrit au commissaire de l’UE, Maroš Šefčovič, pour l’exhorter à mettre en place de nouvelles règles, plus strictes, pour régir les conflits d’intérêts au sein des agences de l’UE [2].
Selon ces nouvelles recherches, Ricardo Crebelli, directeur de recherche à l’Institut italien de la Santé, et Ursula Gundert-Remy, ancien expert médical à l’Institut Fédéral allemand pour l’Evaluation des Risques, ont été conseillers de l’ILSI au cours des cinq dernières années. Ursula Gundert-Remy a été nommée conseillère scientifique à la Fondation pour la Recherche de l’ILSI à Washington en 2005, et Riccardo Crebelli a été membre d’un comité scientifique sur la sécurité des emballages alimentaires mis en place par l’ILSI en 2008.
Les nouvelles preuves font suite à des cas d’abus de confiance similaires dévoilés en juin dernier. Quatre membres du même groupe scientifique de l’EFSA ont « actualisé » leur déclaration d’intérêts à la suite d’un rapport du CEO qui révèle leurs activités de consultant pour l’ILSI [3]. Ce rapport indique également que 11 des 20 experts du groupe ont un conflit d’intérêts tel que défini par l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE). Lire la suite de cette entrée »
Lettre ouverte à Ban Ki Moon, secretaire général de l’ONU et au Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS
En vue de la prochaine conférence de l’ONU-OMS prévue à New York les 18 et 19 septembre sur l’épidémie de maladies chroniques, Annie Sasco et André Cicolella ont rédigé une lettre ouverte. Cette lettre, à destination du secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon et de la directrice générale de l’OMS Margaret Chan, invite les autorités à inclure les maladies mentales et les troubles de la reproduction au rang des maladies chroniques et plaide pour une prise en compte de la pollution chimique.
Lire le texte dans sa version française ou dans sa version anglaise
Toutes les informations sur le site de l’OMS
200 experts signent un lettre ouverte pour reclamer l’arret de l’amiante au Canada
Plus de 200 médecins et chercheurs ont signé une lettre ouverte pour réclamer l’arrêt de l’utilisation de l’amiante au Canada.
Le RES est signataire et soutient cette action.
Du bisphénol S dans les tickets de caisse
Le RES se félicitait il y a peu de la suppression du bisphénol A (BPA) des tickets de caisse de deux grandes chaînes de supermarchés : Carrefour et Super U. Plusieurs études ont en effet montré que le BPA, présent sous sa forme libre dans le papier thermique, peut traverser la barrière cutanée, exposant ainsi en priorité les hôtes et hôtesses de caisse au perturbateur endocrinien.
Lors de l’émission « On en parle » du 29 juillet dernier sur la Radio Suisse Romande, le journaliste Yves-Alain Cornu rapporte que Carrefour a tout simplement remplacé le Bisphénol A par du Bisphénol S, substance parente au BPA et considérée comme une alternative « inacceptable » par l’Office Fédéral de la Santé Publique Suisse, selon le journaliste (Voir l’article). En effet, quelques études montreraient que le BPS a une activité oestrogénique, tout comme son cousin le BPA.
Mais qu’en est-il vraiment ?
Quelques études montrent que le BPS a une activité oestrogénique comparable à celle du BPA, tout comme nombre d’autres bisphénols d’ailleurs.
Ces études sont certes peu nombreuses en regard des centaines publiées sur le BPA, mais au vu de ces résultats, il y a lieu de penser que le BPS est une alternative inadaptée car tout aussi néfaste que le bisphénol A . Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires pour évaluer l’impact sanitaire de ce nouveau papier thermique.
Hommage à David Servan-Schreiber et son engagement pour la prévention environnementale du cancer
Le neuropsychiatre David Servan-Schreiber nous a quittés le 24 juillet 2011 à l’âge de 50 ans d’une tumeur cérébrale qu’il aura combattue pendant 20 ans.
Le RES souhaite rendre hommage à son courage ainsi qu’à son engagement pionnier. David Servan-Schreiber fut l’un des premiers professionnels de santé à avoir questionné la prévention des cancers et porté à la connaissance du grand public les causes environnementales de la croissance des maladies chroniques telles que le cancer. N’hésitant pas à prêter sa notoriété et sa crédibilité scientifique à la cause du principe de précaution, il fut un soutien et un collaborateur indéfectible de nombreuses ONG. Il avait encouragé la création du RES dont il partageait la vision : combattre l’épidémie de maladies chroniques à la source[1]. En 2008, il avait lancé avec plusieurs scientifiques, une mise en garde concernant les dangers des téléphones portables.
David Servan-Schreiber militait aussi pour que chaque individu reprenne le pouvoir sur sa santé. Par ses ouvrages populaires, « Guérir » et « Anticancer », il a su s’adresser à des milliers de personnes affectées directement ou indirectement par une maladie qui touche aujourd’hui un homme sur deux, une femme sur trois. Il a porté un message d’espoir mais aussi, le premier, des propositions pour accompagner le traitement ou la prévention du cancer sur le terrain environnemental, en particulier celui de l’alimentation.
Les membres du RES adressent leurs sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Il appartient à chacun de s’inspirer de l’homme et de son combat contre la maladie ; le RES va, de son côté, continuer d’œuvrer pour que son message de prévention lui survive.
Un logo pour informer les femmes enceintes
QUELLES PRÉCAUTIONS faut-il prendre vis-à-vis des perturbateurs endocriniens ? En mai dernier, contre toute attente et malgré l’opposition du gouvernement, la proposition de loi d’Yvan Lachaud (Nouveau Centre), qui visait à interdire « la fabrication, l’importation, la vente ou l’offre de produits contenant des phtalates, des parabènes ou des alkyphénols », était adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale. Toutefois, cette interdiction totale, sans discrimination d’utilisation, est « inapplicable », estime Gilbert Barbier (RDSE), dont le rapport sur les perturbateurs endocriniens vient d’être approuvé par les membres de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.
Face aux données scientifiques qui « rendent crédible un lien de causalité » entre certaines maladies (comme les cancers) et l’action de substances perturbant le système endocrinien, il reste cependant nécessaire d’agir, plaide le chirurgien, qui milite pour une « interdiction raisonnée ». Dans le cadre de la législation européenne, des mesures d’interdiction doivent être envisagées en fonction « des produits, des usages, des possibilités de substitution et d’une balance bénéfice-risque ». Gilbert Barbier demande ainsi l’accélération du retrait des phtalates à « chaîne courte » (DEHP) dans les applications médicales à destination des femmes enceintes et des jeunes enfants. Car plus que l’effet de dose, c’est bien la « fenêtre d’exposition » qui pose problème. La grossesse et la prime enfance constituent particulièrement une période de fragilité.
Pas de seuil.
« La question des perturbateurs endocriniens remet en cause la toxicologie classique selon laquelle il existe un lien entre la dose et l’effet d’un poison », poursuit le sénateur. Lire la suite de cette entrée »
Communiqué de presse (13 juillet 2011) : La DJA de l’Aspartame réévaluée pour septembre 2011
La DJA de l’Aspartame réévaluée pour septembre 2011 : l’actuelle DJA doit donc être considérée officiellement comme caduque
Le Réseau Environnement Santé (RES) vient de recevoir en date du 6 juillet une réponse de la Commission Européenne (Direction générale de la santé et des consommateurs-DG SANCO) suite à sa demande d’annulation de l’actuelle DJA, en raison de la non publication et de la qualité douteuse des études ayant servi à fixer cette DJA.
La DG SANCO reconnaît de fait l’urgence d’établir une nouvelle DJA en annonçant maintenant une réévaluation complète pour septembre 2011. Rappelons que cette évaluation n’était prévue initialement qu’en 2020 et avait été avancée suite aux courriers du RES à juillet 2012.
Dans ce courrier, la DG SANCO nous informe par ailleurs que « la Commission a transmis une copie des dossiers qui sont en sa possession et qui ont été recueillis auprès des archives historiques de la Commission à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ainsi qu’à Madame Lepage, Madame Liotard et à Monsieur Chountis, Membres du Parlement européen. (…) La Commission confirme également que les études originales, comprenant les données brutes ont été transmises à l’EFSA par l’industrie, suite à un appel public pour recueillir des données scientifiques ».
Conférence de Presse – L’aspartame, un nouveau dysfonctionnement du système de sécurité sanitaire
A l’invitation des Député-es Gérard Bapt et Anny Poursinoff,
En présence de Corinne Lepage, Députée européenne
Conférence de Presse
organisée par le Réseau Environnement Santé et Générations futures
« L’ASPARTAME, UN NOUVEAU DYSFONCTIONNEMENT DU SYSTÈME DE SÉCURITÉ SANITAIRE »
Mercredi 29 juin 2011 à 9h30
Assemblée Nationale – Salon Visconti, 101 rue de l’Université 75007 Paris
Aujourd’hui près de 200 millions de personnes dans le monde consomment de l’aspartame. Or cette substance n’est pas sans incidence sur la santé : naissance prématurée, cancer… La Dose Journalière Admissible (DJA) de cet édulcorant repose sur des études non publiées, introuvables et de qualité douteuse.
Trois parlementaires lancent un appel à la prudence et demandent la réévaluation complète et immédiate de cet édulcorant.
Programme
• André Cicolella, Président et Porte-parole du RES et François Veillerette, Porte-parole de Générations Futures: « La DJA actuelle de l’Aspartame repose sur des études faussées et n’a donc aucune base scientifique».
• Dr Laurent Chevallier, Responsable de la Commission Alimentation du RES : « L’Appel des chefs de service à bannir l’aspartame ».
• Corinne Lepage, Députée Européenne – Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe. « La proposition d’étiquetage de la Commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire du Parlement européen : un appel à la prudence ».
• Anny Poursinoff, Députée des Yvelines – Europe Écologie Les Verts : « le silence du Ministre de la Santé »
• Gérard Bapt, Président du groupe d’études parlementaire « Santé Environnementale », Député de Haute Garonne – Parti Socialiste : « L’aspartame : travailler aussi sur la sécurité sanitaire environnementale ».
Consultez le dossier de presse
J.Bressler :
Le Dr Jerome Bressler travaillait pour la FDA (Agence américaine chargée de la sécurité sanitaire des aliments et des médicaments). En 1977, il dirigea un groupe de travail qui devait essayer de valider l’authenticité des des principales études que les laboratoires Searle –la compagnie pharmaceutique détentrice du brevet de l’aspartame– avaient fourni à la FDA. Le Dr Bressler trouva alors 52 affirmations contradictoires dans les études chargées de démontrer l’innocuité de l’aspartame. Lors de la retranscription du rapport, la FDA a laissé de côté les faits les plus accablants (20% du rapport).
Le rapport Bressler révèle les manipulations que Searle avait mises en œuvre afin que la FDA ne découvre pas la dangerosité de l’aspartame. Lors des essais, ils ont non seulement éliminé les néoplasmes mais ont aussi excisé les tumeurs du cerveau des rats avant de les réintégrer dans l’étude. A leur mort, les animaux étaient « ressuscités » sur le papier. Le rapport mentionne que 98 des 196 animaux sont morts pendant l’une des études de Searle mais n’ont été autopsiés que bien plus tard, à savoir plus d’un an après leur mort pour certains cas. Les comptes rendus concernant environ 30 animaux montraient des différences importantes entre les observations originales figurant sur les fiches de pathologies et les observations finalement soumises à la FDA. De nombreuses autres incohérences sont à signaler : on a trouvé un polype de l’utérus et des néoplasmes ovariens chez les animaux, mais ces derniers n’ont pas été déclarés ou diagnostiqués dans les rapports de Searle. Les enquêteurs de la FDA ont trouvé des polypes utérins liés à la dose chez 15% des 34 animaux.
- le rapport Bressler dans sa totalité
Jacqueline Verrett :
Le Dr Jacqueline Verrett, ancienne toxicologue de la FDA, a fait partie de la Commission chargée de vérifier l’authenticité des recherches faites par Searle afin d’établir l’innocuité de l’aspartame. Elle a témoigné devant le Congrès américain contre l’aspartame et a déclaré sous serment que tous les tests effectués par Searle pour tenter d’obtenir l’approbation de la substance chimique étaient un désastre et auraient dû être rejetés. Mais en septembre 1977, le comité de la FDA déclara que les écarts entre les données brutes de Searle et leurs observations n’étaient pas si conséquents. Le Dr Verrett a déclaré que l’Agence semblait vouloir atténuer ce qu’ils avaient réellement trouvé…
- le témoignage de Jacqueline Verrett
Communiqué de presse (10 juin 2011) : le RES se réjouit de la reconnaissance juridique du caractère transgénérationnel des perturbateurs endocriniens tels que le distilbène
En donnant raison à une victime de 3e génération du distilbène, la justice inscrit pour la 1ère fois dans le droit l’état de la connaissance scientifique sur l’effet transgénérationnel des perturbateurs endocriniens (PE) tels que le distilbène.
Ce phénomène est en effet aujourd’hui clairement démontré scientifiquement. Chez les rongeurs : l’exposition des mères pendant leur grossesse se traduit par des effets retrouvés sur les 3 générations suivantes pour le distilbène, mais aussi pour d’autres PE comme le bisphénol A. Chez l’humain, l’équipe du Professeur Charles Sultan, a mis en évidence pour la 1ère fois il y a quelques semaines, un tel effet chez les petits-fils des femmes exposées au distilbène pendant leur grossesse.
Face à ce constat, la loi Lachaud adoptée par l’Assemblée Nationale, le 3 mai, visant à interdire trois familles de PE (parabènes, phthalates, akylphénols) apporte une réponse courageuse qui doit être saluée et aboutir rapidement.
Les députés rappellent que les présomptions pesant sur ce type de substances chimiques plaident pour l’action préventive sans attendre la mise en évidence d’effets transgénérationnels chez l’homme pour toutes les subtsances. Les sénateurs ont maintenant la responsabilité d’apporter leur contribution à cette action en validant ce choix, comme ils ont su le faire en interdisant, il y a un an, les biberons au bisphénol A.
C’est aussi la responsabilité du gouvernement de mettre maintenant cette loi à l’ordre du jour du Sénat. « Le gouvernement doit faire sien ce principe fondamental : la protection de la santé des générations futures passe par l’absence de contamination des générations présentes par les perturbateurs hormonaux » rappelle André Cicolella, président du RES.
Cette nouvelle jurisprudence Distilbène, en reconnaissant le changement de paradigme toxicologique propre aux perturbateurs endocriniens, ouvre la voie de l’action juridique sur toutes les pathologies chroniques liées à l’exposition précoce à ces substances.
« La présence de perturbateurs hormonaux dans l’environnement et les produits de consommation constitue un risque sanitaire pour l’ensemble de la population. Depuis aujourd’hui, elle constitue aussi un risque juridique pour les entreprises qui les produisent et/ou les diffusent. Les initiatives volontaires d’élimination et de remplacement de ces substances doivent se multiplier, sans attendre les avancées réglementaires, comme la grande distribution a commencé à le faire pour les tickets de caisse au bisphénol, par exemple » prévient Yannick Vicaire, chargé de mission chimie-procédés au RES.
Le CIRC classe les radiofréquences comme potentiellement cancérigènes
Le RES salue la décision du Centre international de recherche sur le Cancer (CIRC) de classer les champs de radiofréquences électromagnétiques comme présentant des risques cancérigènes pour l’homme. Cette décision est le résultat d’une réunion organisée à Lyon en présence d’une trentaine d’experts internationaux. Cette annonce témoigne de la prise en compte des données scientifiques et de la reconnaissance des risques de cancer lors de l’exposition prolongé.
Consultez le communiqué du CIRC (en anglais)
Lire la lettre ouverte envoyée par un regroupement d’ONG à l’attention du directeur du CIRC
Plus d’informations sur :
Communiqué de presse (26 mai 2011) – ASPARTAME : Les études ayant servi à fixer la DJA (Dose Journalière Admissible) sont « introuvables » selon l’Agence Européenne de La Sécurité Alimentaire (EFSA)
Le Réseau Environnement Santé (RES) vient de recevoir une réponse en date du 24 mai de l’agence sanitaire européenne pour l’alimentation (EFSA) à sa demande d’obtenir communication des études sur lesquelles repose la DJA (Dose Journalière Admissible) de l’aspartame.
Mr Hugues Kenigswald, chef de l’unité responsable du dossier écrit dans cette lettre : « L’EFSA ne dispose pas du dossier de demande d’autorisation de l’aspartame en Europe [...] les contacts que nous avons eu à ce sujet avec nos collègues de la Commission Européenne semblent indiquer que la Commission européenne ne dispose plus de ce dossier ». Lire le courrier de l’EFSA.
Rappelons les faits :
1. Les études qui fondent la DJA n’ont jamais été publiées dans une revue scientifique
La DJA a été fixée à 40 mg/kg/J en 1980 par le JEFCA (Comité mixte FAO/OMS d’experts des additifs alimentaires) [1] (« La dose sans effet a été évaluée d’après les études sur l’animal, à 4 g/kg. La DJA pour l’aspartame a été fixée à 40 mg/kg »). L’AFSSA, dans son rapport de 2002, fait référence à 3 études expérimentales de cancérogénicité, dont 2 publiées avant 1980, qui sont donc celles qui ont servi à définir la DJA de 40 mg/kg/j[2] . L’EFSA a repris en 2002 la position de l’AFSSA.
Ni le JEFCA, ni l’AFSSA, ni l’EFSA ne donnent une référence de publication dans des journaux scientifiques. La seule référence fournie est celle de l’agence américaine FDA. Le RES a demandé à l’ANSES communication de ces études, sans avoir reçu de réponse à ce jour.
2. Ces études ont été menées dans des conditions qui devraient conduire à les invalider :
Une responsable de la FDA américaine Jacqueline Verrett a témoigné sous serment devant le congrès américain en 1989 sur la qualité des études soumises :[3]
« Aucun protocole n’était écrit avant que l’étude ne soit mise en route ; les animaux n’étaient pas étiquetés de façon permanente pour éviter des mélanges [...] il y avait un mesurage sporadique de la consommation alimentaire et/ou un report inadéquat de la consommation et du poids des animaux ; des tumeurs étaient enlevées et les animaux étaient remis dans l’étude ; des animaux étaient enregistrés comme morts, mais des enregistrements ultérieurs les classaient comme vivants [...] Au moins une de ces aberrations auraient suffi à annuler cette étude destinée à évaluer un additif alimentaire [...].Il est impensable que n’importe quel toxicologue, après une évaluation objective des données résultant d’une telle étude puisse conclure autre chose que l’étude était ininterprétable et sans valeur et qu’elle devrait être refaite ».
La vidéo de ce témoignage est visible dans le documentaire de Marie-Monique Robin diffusé sur Arte en mars dernier « Notre poison quotidien » Ce témoignage a été rappelé par le RES à Mr Kenigswald, ce qui n’a suscité aucune remarque de sa part.
3. 3 études de cancérogénèse ont été publiées depuis 2006 par l’Institut Ramazzini qui montrent un effet cancérogène chez le rat et la souris, notamment à partir de doses proches de la consommation humaine. Ces études ont été publiées dans les meilleures revues scientifiques. Elles ont été néanmoins écartées par l’AFSSA, puis l’ANSES, et l’EFSA encore récemment au motif de faiblesses méthodologiques.
4. La consommation de boissons avec édulcorant peut induire un risque d’accouchement prématuré selon une étude prospective portant sur 59 334 femmes danoises enceintes. Le risque d’accouchement prématuré existe pour une consommation quotidienne d’au moins une boisson gazeuse light. Un tel résultat n’est pas observé avec les boissons sucrées.
En conclusion :
Le RES demande à l’ANSES et à l’EFSA de cesser de prendre appui sur des études non publiées, « introuvables » et de qualité douteuse pour fixer la DJA de l’aspartame.
Le RES prend acte de l’annonce faite par l’EFSA d’étudier ce dossier avec une réévaluation attendue « d’ici l’été 2012 ».
D’ici là le RES réitère sa demande que des recommandations officielles soient données pour les femmes enceintes tels que proposés dans le communiqué du 24 mai 2011 signés par des sages femmes, médecins et universitaires : « Il existe suffisamment d’éléments en terme de bénéfice /risque pour déconseiller aux femmes enceintes de consommer quotidiennement des édulcorants intenses pendant la grossesse ».
[1] Evaluation de certains additifs alimentaires 24ème rapport du comité mixte FAO/OMS d’experts des additifs alimentaires n° 653 (1980)
[2] RAPPORT de l’Agence française de Sécurité Sanitaire des Aliments sur la question d’un éventuel lien entre exposition à l’aspartame et tumeurs du cerveau (2002)
[3] Devra Davis « The secret history of the war on cancer” p 421 (Basic Books Ed New York 2007)
Lire les courriers de l’EFSA et de l’ANSES sur cette question.
Communiqué de Presse (24 mai 2011) – Pas de produits à base d’édulcorants chez la femme enceinte
Nous, médecins et sages-femmes, avons à ce jour suffisamment d’éléments en terme de bénéfice/risque pour déconseiller aux femmes enceintes de consommer quotidiennement des édulcorants intenses pendant la grossesse.
Le bénéfice d’une consommation d’édulcorants n’est pas démontré, notamment en termes de contrôle du poids, et en l’état de nos connaissances on ne peut que déconseiller d’utiliser des produits dont l’innocuité n’est pas suffisamment établie. En effet la consommation de boissons avec édulcorant peut induire un risque d’accouchement prématuré selon une étude prospective portant sur 59 334 femmes danoises enceintes (1). Le risque d’accouchement prématuré existe pour une consommation quotidienne d’au moins une boisson gazeuse light. Un tel résultat n’est pas observé avec les boissons sucrées.
Cette étude financée par l’Europe est parue en septembre 2010 dans la revue à comité de lecture The American Journal of Clinical Nutrition. L’agence sanitaire française (ANSES) a réagi le 11 janvier 2011 et a indiqué par un communiqué, le 14 mars 2011, que « les résultats de l’étude montrent une relation dose-effet statistiquement significative entre la consommation de boissons gazeuses édulcorées et la fréquence des accouchements prématurés. Cette relation provient essentiellement des accouchements prématurés provoqués » (2).L’ accouchement prématuré (avant la 37 e semaine d’aménorrhée) est une des complications majeures des grossesses et est la principale cause de morbidité périnatale et de mortalité ; dans l’étude, la prématurité induite l’a donc été pour des raisons médicales, ce qui signait la gravité de la situation. Même si cette étude a, comme toute étude épidémiologique, ses limites, sa portée est importante.
Il est judicieux que l’ANSES soit en train de mettre en place un groupe de travail sur cette thématique, mais les recommandations issues de celui-ci ne seront rendues que dans un an. D’ici là, l’ensemble des médecins et sages-femmes devraient déconseiller aux femmes enceintes de consommer des boissons gazeuses light pendant leur grossesse de façon quotidienne et la prudence devrait s’imposer pour toute prise d’édulcorant pendant cette période. Nous attendons également que les agences française (ANSES) et européenne (EFSA) publient et rendent accessibles les études ayant permis de fixer la dose journalière admissible d’aspartame à 40mg/kg de poids corporel, certaines d’entre elles n’ayant jamais été publiées dans des revues scientifiques.
(1) Halldorsson TI, Strom M, Petersen SB, Olsen SF. Intake of artificially sweetened soft drinks and risk of preterm delivery: a prospective cohort study in 59,334 Danish pregnant women.Am J Clin Nutr. 2010 Sep;92(3):626-33. Epub 2010 Jun 30
(2) ANSES saisine2011-SA-0015, 14 mars 2011
Agnès Boyer, sage-femme, membre du conseil de l’ordre départemental des sages-femmes de l’Hérault
Dr Marianne Buhler, gynécologue, membre du Réseau Environnement Santé, Paris
Valérie Courtin-Laniel, sage-femme, Directrice de l’école de sages-femmes, Nîmes
Dr Laurent Chevallier, nutrition, Responsable de la commission alimentation du Réseau Environnement Santé, Praticien attaché au CHU de Montpellier
Dr Thierry Harvey, Chef de service de la maternité des Diaconesses, Paris XIIe
Pr Pierre Mares, Chef de service de gynécologie obstétrique, CHU de Nîmes
Communiqué de presse (10 Mai 2011) – Les associations de malades et le RES demandent à l’OMS la reconnaissance des Maladies environnementales

12 Mai 2011
Journée Mondiale des Maladies d’origine environnementale
Paris, 10 Mai 2011,
Le 12 mai est la Journée Mondiale des maladies environnementales : Syndrome d’hypersensibilité chimique multiple (MCS) – Electrosensibilité (EHS) – Syndrome de fatigue chronique – Syndrome de Fibromyalgie – Syndrome d’intoxication aux métaux lourds.
Les associations de malades de pathologies environnementales demandent à être enfin reconnues par l’Organisation Mondiale de la Santé.
Les personnes victimes d’hypersensibilité environnementale éprouvent habituellement une variété de symptômes invalidants allant des troubles neurologiques aux difficultés respiratoires et digestives en passant par des troubles immunologiques, dermatologiques, endocriniens, cardiovasculaires ou encore larmoiement et écoulement nasal, des maux de tête, de la fatigue…
L’hypersensibilité environnementale peut apparaître graduellement à la suite d’une exposition chronique à des concentrations même très faibles de produits chimiques (notamment syndrome des bâtiments malsains) ou encore se manifester soudainement après une exposition majeure (par exemple lors d’une catastrophe écologique ou d’un déversement de produits chimiques) et/ou en réponse aux rayonnements électromagnétiques présents dans notre vie quotidienne.
Cette affection peut être provoquée par des facteurs comme les moisissures, les pesticides, les solvants, les produits chimiques qui se dégagent des tapis ou des meubles, le mercure qui s’échappe des amalgames dentaires, et les phénomènes électromagnétiques, seuls ou combinés (source : rapport demandé par la Commission canadienne des droits de la personne – 2007).
Le 6 mai 2011, différentes associations européennes de malades se sont réunies à Würzburg en Allemagne afin de se fédérer et ainsi permettre une meilleure reconnaissance de ces syndromes au niveau européen ;
Le 13 mai 2011, une délégation d’un regroupement international sur ce sujet sera reçue à l’O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé) par le Dr María Neira, Directrice de Santé Publique et d’Environnement, pour une reconnaissance officielle par l’O.M.S. du Syndrome de l’Hypersensibilité Chimique Multiple et du Syndrome de l’Electrosensibilité, à l’instar du Syndrome de Fatigue Chronique et du Syndrome de Fibromyalgie répertoriés dans la classification internationale des maladies – ICD10 :
Selon Francesca R Orlando un des porte-paroles des associations de malades représentées le 13 mai (Vice Présidente de l’association italienne A.M.I.C.A) : « Actuellement les personnes avec MCS ou EHS sont traitées de manière symptomatique puisque les médecins n’ont pas de formation en médecine environnementale, mais la preuve la plus indiscutable de l´origine environnementale de ces deux maladies est que si on évite les agents déclenchants – chimiques et EMF- les symptômes s’atténuent. La reconnaissance par l’OMS aidera à la recherche médicale dans ce domaine ».
« Cette reconnaissance permettra également une meilleure prise en charge des maladies au niveau national” ajoutent Catherine Lemasson et Marion Tayol, responsables de l’association française des hypersensibles chimiques : SOS-MCS.
Précisions de l’Appel pour la reconnaissance officielle par l’O.M.S. des maladies environnementales du 13 Mai 2011:
• 26 pays, plus de 200 experts de santé environnementale, plus de 240 ONG, fondations et partenariats du domaine de la santé environnementale et de l’environnement ont rejoint ce regroupement international : http://www.asquifyde.es/noticia-detalle.aspx?noticia=1291
• le Réseau Environnement Santé et ses associations partenaires : Fibromyalgie France, Non au Mercure Dentaire, Robin des Toits, SOS M.C.S. sont signataires de cet appel.
Contacts :
- Fibromyalgie France, http://www.fibromyalgie-france.org
- SOS MCS,http://www.sosmcs.org
- Non au Mercure dentaire, http://www.non-au-mercure-dentaire.org
- Robin des Toits, http://www.robindestoits.org
- RES, http://www.reseau-environnement-sante.fr
Communiqué de Presse (03 mai 2011) – Vote historique sur 3 familles de perturbateurs endocriniens
Le Réseau Environnement Santé se félicite de l’adoption en 1ère lecture de la proposition de loi du député Yvan Lachaud, visant à interdire l’utilisation des phtalates, des parabènes et des alkylphénols. En mars, la proposition avait été rejetée en Commission des affaires sociales. L’Assemblée Nationale, en séance plénière, vient de lui accorder une majorité absolue.
« En ce jour où les ONG pressent la Commission et les Etats-membre de l’Union européenne à enfin agir sur les perturbateurs endocriniens, le vote lucide et courageux des députés français ne pouvait pas leur faire meilleur écho » se réjouit André Cicolella, porte-parole du Réseau Environnement Santé.
Le RES invite les sénateurs à confirmer ce vote historique. « Avec ce vote, les parlementaires entrent dans la modernité des enjeux de santé publique qu’incarne la question des perturbateurs endocriniens. Nous attendons du gouvernement et des autorités sanitaires qu’ils osent à leur tour franchir cette ligne de rupture » conclut André Cicolella.
Communiqué de Presse (03 mai 2011) – Les ONG identifient 22 perturbateurs hormonaux à réglementer d’urgence

Les ONG identifient 22 perturbateurs hormonaux à réglementer d’urgence
Bruxelles, le 3 mai 2011 : Une coalition d’ONG menée par Chemsec[1] a publié aujourd’hui une version actualisée de la Liste SIN[2] , un document désormais incontournable listant les substances chimiques dangereuses prioritaires pour les associations de défense de l’environnement, de la santé publique, des droits des femmes et des consommateurs. La version 2.0 comprend maintenant 22 perturbateurs endocriniens supplémentaires, ingrédients courants de nombreux produits et biens de consommation, qui relèvent du règlement Reach[3] en tant que « substances chimiques extrêmement préoccupantes ». Les associations françaises appellent le gouvernement français et la Commission européenne à prendre leurs responsabilités et à agir, de manière urgente et prioritaire, sur ces substances dans le cadre de Reach.
Les perturbateurs endocriniens (PE), des produits chimiques qui interfèrent avec le système hormonal, sont de plus en plus associés à tout un ensemble d’impacts sanitaires dont certains cancers, le diabète, les troubles comportementaux ou du déficit de l’attention, ainsi que les atteintes à la fertilité.
Les 27 Etats-membres de l’UE se sont accordés dans le cadre de la procédure d’autorisation de Reach à limiter strictement les usages des substances extrêmement préoccupantes (ou SVHC)[4]. Néanmoins, ce processus est lent et, à ce jour, seulement 46 substances ont été identifiées comme SVHC et versées à la « liste candidate » de Reach, et aucune d’entre elles sur la base des seules propriétés de perturbation endocrinienne. « Nous encourageons instamment la Commission européenne et la France[5] à enfin nominer des PE sur la liste candidate de Reach et l’actualisation de notre Liste SIN leur indique aujourd’hui clairement par lesquels commencer » déclare Yannick Vicaire du Réseau Environnement Santé.
L’intérêt de la liste SIN. Sur la liste SIN (Substitution Immédiate Nécessaire), figurent des substances chimiques toutes identifiées comme SVHC selon les critères de Reach. En coordination avec les ONG, ChemSec a continué de développer cette liste pour refléter les travaux scientifiques récents sur les PE : la version 2.0 est ainsi augmentée de 22 substances identifiées comme SVHC, selon les critères de Reach, sur la base exclusive de leurs propriétés de perturbation endocrinienne. Des substances comme le Bisphénol A, les PFOA /PFOS, ou les retardateurs de flammes polybromés faisaient déjà partie de la liste SIN 1.0 établie en 2008. Les perturbateurs endocriniens sont couramment incorporés dans de nombreux produits de consommation et la liste SIN s’adresse également aux fabricants désireux d’anticiper la réglementation et de prévenir les risques d’exposition des consommateurs. « Une démarche de substitution des produits figurant sur la liste SIN permettra aux fabricants et distributeurs de produits de consommation d’éviter les risques juridiques et les incertitudes financières, et d’améliorer leur image de marque » explique Yannick Vicaire.
« La nouvelle Liste SIN contient en particulier plusieurs filtres UV utilisés dans les produits solaires ainsi que deux parabènes utilisés dans les cosmétiques. Or les femmes enceintes et les enfants, parmi les plus vulnérables, comptent parmi les utilisateurs de ces produits et y sont donc largement exposés : la règlementation européenne devrait assurer la protection de leur santé » déclare Elisabeth Ruffinengo de WECF France. Parmi les autres PE, figurent notamment le perchloroéthylène du nettoyage à sec, le BHA, additif alimentaire mis en évidence dans le rapport Menu Toxique de Générations Futures, et trois phtalates dont le DEP, présent dans de très nombreux parfums.
Et en France ? En France, la question de l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé fait régulièrement parler d’elle mais sans que des mesures appropriées ne viennent réduire l’exposition de l’ensemble de la population: le consommateur reste mal informé et surtout mal protégé. Car malgré l’identification de plusieurs substances prioritaires par les organismes de recherche et de veille sanitaire, les évaluations se poursuivent sans déboucher sur une action pourtant bien nécessaire. Aujourd’hui, l’initiative n’émane ni du gouvernement, ni des agences de sécurité sanitaire mais de propositions parlementaires comme celles des députés Olivier Jardé, Gérard Bapt ou Yvan Lachaud.
[1] www.chemsec.org
[2] Pour en savoir plus : www.sinlist.org. Substitution Immédiate Nécessaire. La liste SIN 2.0 sera présentée aujourd’hui à l’occasion d’une audience publique sur les PE à Bruxelles réunissant des représentants d’entreprises, des scientifiques et des représentants de la Commission européenne et des Etats-membres.
[3] Enregistrement, Evaluation, Autorisation des Substances chimiques
[4] La réglementation chimique européenne REACH stipule que les Substances extrêmement préoccupantes sont les substances soit 1) cancérigènes, mutagènes, ou toxiques pour la reproduction (CMR), 2) persistantes, bioaccumulables et toxiques (PBT), ou 3) « les substances, telles que celles présentant des propriétés de perturbation endocrinienne […] qui soulèvent un niveau de préoccupation équivalent » (REACH article 57).
[5] Les autorités françaises sont tout de même les 2emes contributeurs à la Liste Candidate de Reach mais se concentrent jusqu’à maintenant sur des CMR classiques.
Communiqué de Presse (19 avril 2011) – Perturbateurs Endocriniens : les pouvoirs publics doivent agir sans attendre.
L’INSERM a procédé à une analyse exhaustive de la littérature sur la base de 1200 articles pour 5 familles de perturbateurs endocriniens. Ceci montre que l’on dispose aujourd’hui de nombreuses données expérimentales sur les perturbateurs endocriniens qui permettent de prendre des décisions fondées sur la science pour protéger la population.[1]
Les données humaines sont moins nombreuses que les données chez l’animal. Ceci étant, elles existent. Par exemple, la veille scientifique faite par le RES à partir de la base de données Medline depuis Mai 2009 pour le Bisphénol A montre que sur 121 études , 119 (95,20 %) montrent des effets 76 chez l’animal et 43 chez l’homme (Effets sanitaires : 21 ; effets sur cellules in vitro: 22).
Si du point de vue de la certitude scientifique, des connaissances nouvelles sont peut-être souhaitables, le degré de connaissance sur la toxicité des perturbateurs endocriniens, et surtout sur leur mode d’action spécifique, est tel aujourd’hui que l’attentisme des pouvoirs publics n’est pas acceptable. Il faut rappeler en effet qu’avec les perturbateurs endocriniens, ce n’est plus « la dose qui fait le poison » , mais c’est « la période qui fait le poison », c’est-à-dire que la période de gestation est la période critique et que cette exposition de l’enfant avant sa naissance fera sentir ses effets lorsqu’il aura atteint l’âge adulte, mais aussi qu’elle affectera ses descendants.
La récente publication par l’équipe du Professeur Sultan à Montpellier sur les malformations observées chez les petits-enfants des femmes ayant été exposées au Distilbène apporte une confirmation de ce fait. Elle confirme que les effets observés chez l’animal permettent de prévoir les effets chez l’homme.
Le RES demande que les Perturbateurs Endocriniens soient reconnus en tant que tels par la classification de l’Union Européenne et que l’exposition humaine soit réduite au maximum.
La déclaration du Ministre de la Santé, repoussant encore à la fin de l’année toute décision, engage à l’avenir sa responsabilité vis-à-vis des victimes.
[1]. Communiqué de Presse – INSERM – Reproduction et environnement – 14/04/2011
Communiqué de presse (18 avril 2011) – Gaz de schiste : contrefeux industriels et contre-vérités »
L’Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole a adressé le 11 avril 2011 une « Lettre ouverte aux députés, en particulier aux 124 signataires de la proposition de loi n°3301 » [1] . Le RES s’élève avec force contre cette lettre fournissant des arguments mensongers destinés à justifier la fracturation hydraulique utilisée dans l’extraction des gaz de schiste. Il y est dit : « Les produits chimiques (597 au total) cancérigènes [...] sont abandonnés depuis quelques années au profit de produits issus de l’industrie agroalimentaire, tels des dérivés de l’agar-agar utilisés pour gélifier ice-creams et confitures ». Aucune référence scientifique témoignant de cette soi-disant nouvelle composition n’est donnée.
Il est scandaleux d’avancer de tels arguments sachant que l’agence de protection de l’environnement des USA (EPA) a sorti en Février 2011 un projet d’étude [2] visant à réévaluer l’impact sanitaire et environnemental de la fracturation hydraulique et qu’il est très précisément donné la liste de tous les produits chimiques (plus de 500) qui seront étudiés dans ce rapport. Il n’y est nulle part question de mélanges à base d’agar-agar ! On trouve, par contre, des toxiques cancérigènes ou reprotoxiques reconnus comme le benzène, l’éthylbenzène, le toluène, le xylène, le naphtalène, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, du formaldéhyde, des éthers de glycol etc.
Les auteurs de cette lettre se réfugient derrière le fait que les produits chimiques injectés ne représentent « que » 0,5% du volume injecté. On sait qu’une séquence d’hydrofracturation consomme entre 15 et 20 millions de litres d’eau et qu’un puits est hydrofracturé entre 15 et 20 fois : Cela représente donc au total un volume de produits chimiques injectés entre 1,12 et 2 millions de litres par forage. Est-ce si négligeable ? A quelles concentrations sont ces produits ? Les industriels restent silencieux sur ce sujet et maintiennent un flou total.
On sait, par contre, que ce mélange contient aussi des perturbateurs endocriniens [3] qui sont toxicologiquement actifs à de très faibles concentrations. Ces produits chimiques sont de plus en plus clairement associés au développement de multiples pathologies chroniques portant atteinte aux écosystèmes et à la santé publique. « L’élimination de notre exposition aux perturbateurs endocriniens est un enjeu majeur de santé publique. Est-il pensable de développer une technologie dépendante de leur dispersion dans l’environnement sur la seule base de la confiance dans un soi-disant confinement dont l’expérience américaine démontre bien l’absence complète de maîtrise ? » interroge Gilles Nalbone du Réseau Environnement Santé.
Le RES salue les propositions de lois sur l’interdiction d’exploration des gaz de schistes et appelle les parlementaires à ne pas se laisser déstabiliser par la tribune pleine de mépris et de suffisance qui leur a été adressée. Le RES reste néanmoins très vigilant face au risque de réintroduction d’une technologie d’extraction dans une version prétendument « acceptable sur le plan environnemental et sanitaire », car il est difficile d’imaginer une fracturation hydraulique « propre » : les quantités d’eau consommées, les pollutions induites et la prolongation des énergies carbonées en dépit de l’urgence climatique ne feront jamais des gaz et huiles de schiste l’eldorado évoqué dans le courrier des industriels mais promettent plus sûrement un cycle infernal de destructions, de gaspillages et de contaminations.
[3]. Voir les données rassemblées par les scientifiques de TEDX : http://www.endocrinedisruption.com/chemicals.multistate.php
Une mère contre le distilbène – Interview de Marie-Odile Gobillard
Marie-Odile Gobillard-Soyer se bat pour que soit reconnu le lien entre les hormones artificielles prises pendant ses grossesses et les maladies psychiques de ses enfants.
Il y a le scandale du Mediator, et les autres. Celui du Distilbène, par exemple. Prescrite aux femmes enceintes pour leur éviter une fausse couche, cette hormone de synthèse a provoqué des malformations génitales, des stérilités, des cancers… chez les enfants exposés in utero. En France, environ 200 000 futures mamans en ont pris entre 1950 et 1977, année de son interdiction.
Mais le Distilbène a peut-être fait d’autres dégâts. « Nos enfants sont atteints de schizo-phrénie, de troubles du comportement alimentaire, de dépressions », affirme Marie-Odile Go-bil¬lard-Soyer, présidente de l’association Hhorages* (Halte aux hormones artificielles pour les grossesses).
Cette mère sait de quoi elle parle. Après une fausse couche, sa gynécologue lui prescrit du Distilbène, de l’Ethinyl-Estradiol, une autre hormone artificielle, et des injections de progestérone retard.
« Le Distilbène était un peu le médicament à la mode à l’époque, se souvient Marie-Odile. J’en ai pris pour mes deux grossesses. J’ai eu deux beaux bébés, Valérie puis Nicolas. Tout allait parfaitement bien jusqu’à ce que, vers dix-huit ans, ma fille devienne anorexique et que, à peu près au même âge, mon fils soit diagnostiqué ¬border-line, à la limite de la schizophrénie. Ils se sont suicidés à trois ans d’intervalle. »
Marie-Odile Gobillard-Soyer a longtemps pensé que ce drame était lié à son divorce. Mais en 1998, à la suite d’un appel à témoignages, elle rencontre Claude Legrand. Cet ingénieur à la retraite ne croit pas au hasard : pour lui, c’est sûr, les troubles dont sont atteints ses trois enfants ont un rapport avec le Distilbène que son épouse a pris scrupuleusement quand elle les attendait.
« Ce jour-là, mon sang n’a fait qu’un tour, raconte Marie-Odile. Il avait épluché des tonnes de publications internationales et découvert que non seulement le Distilbène n’était pas plus efficace qu’un placebo, mais qu’il était loin d’être inoffensif pour le cerveau. »
Claude Legrand décède en 2000. Marie-Odile Gobillard-Soyer et trois autres mères décident de continuer son combat et créent Hhorages. Depuis dix ans, elles recueillent les données, analysent, alertent… L’association rassemble aujourd’hui 1 152 témoignages de mères, qui, toutes, ont pris des hormones de synthèse.
Sur 1 611 enfants qui ont été en contact in utero avec le Distilbène, 881 souffrent de troubles psychotiques, 431 ont, en plus, des malformations génitales ou des maladies somatiques, 171 des troubles somatiques seuls. 122 seulement ne présentent aucun problème.
La seconde génération aussi
« Pour moi, la responsabilité du Distilbène est indiscutable », affirme Marie-Odile, par ailleurs ancienne chercheuse en biologie moléculaire et ex-directrice émérite au Cnrs.
Si, pour l’heure, rien n’est prouvé scientifiquement, les résultats de certains travaux laissent perplexe. Dès 1977, en effet, une étude publiée dans Nature avance que l’exposition prénatale aux œstrogènes synthétiques et à la progestérone pourrait affecter la personnalité. En 1983, un chercheur anglais constate qu’il y a deux fois plus d’anxiété et de dépressions chez les personnes exposées in utero que chez les autres.
En 1993, un autre chercheur note que sur des frères imprégnés durant la grossesse, 20 % ont une dépression majeure… Pure coïncidence ?
Pour en avoir le cœur net, Hhorages participe actuellement à une recherche sur l’influence des traitements hormonaux sur le développement cérébral pendant la grossesse, menée avec l’hôpital Sainte-Anne à Paris.
Tout aussi inquiétant, le produit continue à faire des ravages à la seconde génération. Une étude réalisée par le Pr Charles Sultan, endocrinologue à Montpellier, à partir de plusieurs familles de l’association, révèle qu’il y a 8 fois plus d’hypospadias (malformation de la verge) chez les petits-fils des « femmes Distilbène ».
A force de ténacité, le 21 janvier dernier, 6 membres d’Hhorages ont été reçus par la commission de pharmacovigilance de l’Afssaps. Un groupe de travail composé d’experts de l’agence et de l’association doit se constituer en avril. Trois plaintes ont d’ores et déjà été déposées au civil et au pénal, dont celle de Marie-Odile.
« Je me bats pour la reconnaissance du lien entre le Distilbène et les maladies psychiques de nos enfants et pour la réparation des dommages causés. Beaucoup de victimes sont à la charge de leurs parents. Que vont-ils devenir quand ceux-ci vont mourir ? Les familles sont dévastées par la souffrance, les mères culpabilisent. Les coupables, ce sont les laboratoires, c’est à eux de payer. »
Source : Viva magazine
Communiqué de presse (2 mars 2011) – Gaz de Schiste : Un risque sanitaire
Le Réseau Environnement Santé fait part de son opposition aux projets d’exploration des gaz de schiste en raison du risque sanitaire qu’ils induisent :
- Pollution de l’eau : la technique de l’hydrofracturation sous forte pression utilisée pour extraire les gaz de schiste à de très grandes profondeurs (2-3000m) emploie de l’eau, du sable et des produits chimiques. Sur les 944 produits chimiques identifiés utilisés comme acides, bactéricides, fragmenteurs, stabilisateurs d’argile, réducteurs de corrosion, moussants, anti-moussants, agents de soutènement…. la composition complète n’est connue que dans 14% des cas, mais, sur cet échantillon, près de la moitié des substances chimiques composant ces produits sont des perturbateurs endocriniens et autres produits classés CMR (Cancérigène, Mutagène Reprotoxique)[1]. Le risque de contamination des nappes phréatiques est réel, puisque 40% de l’eau injectée est perdue et que des problèmes de fuites ont déjà été mis en évidence aux USA, où ces procédés sont utilisés depuis une dizaine d’années. L’Etat de New-York a d’ailleurs demandé un moratoire par crainte d’une pollution irréversible de l’eau potable qui alimente New York. Il vient d’être révélé que des minerais radioactifs présents dans les couches profondes pouvaient être entrainés dans les eaux de forage récupérées[2].
- Pollution de l’air : des pollutions liées aux torchères de gaz sont constatées. Les eaux de forages récupérées (environ 60%) et stockées dans des bassins de décantation à ciel ouvert favorisent l’évaporation de substances volatiles entrainant une pollution chimique qui pourrait être dommageable pour la santé des populations riveraines au vue de ce qui a déjà rapporté dans les zones de forage (troubles respiratoires, allergies, maux de tête, pelades et décès prématurés chez le bétail). De plus, l’important trafic journalier des camions utilisés pour amener l’eau, le sable, les produits chimiques et ramener le gaz et les eaux polluées, apporte aussi son lot de pollutions et de nuisances (bruit, sécurité, …).
Le RES condamne une politique énergétique qui consiste à piller les dernières ressources fossiles pour une justification énergétique non débattue démocratiquement, au risque de souiller irréversiblement des ressources en eau qui nécessitent au contraire plus que jamais une politique de protection et de préservation. Le RES ne peut que s’opposer à cette technologie qui va ajouter de la pollution à la pollution. La recherche de solutions à la crise énergétique ne peut se faire sans prendre en considération le coût sanitaire. Cette question doit être clairement identifiée.
Le RES apporte son soutien à la coordination des collectifs régionaux mise en place pour empêcher l’installation des puits de forage de gaz de schiste.
[2]. http://www.journaldelenvironnement.net/article/gaz-de-schiste-et-en-plus-c-est-radioactif,21825





