Journée Mondiale de l’Environnement : Parlons Santé !

A l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement,
la Mutuelle Familiale et ses partenaires en région organisent
DES ANIMATIONS / PROJECTION D’UN FILM / DÉBAT
sur le thème : « Parlons santé »
en partenariat avec le Réseau Environnement Santé
Le sujet : Par le biais de notre alimentation, de la respiration ou en contact direct, nous sommes exposés quotidiennement à des centaines de substances chimiques. Les femmes enceintes et les enfants doivent tout particulièrement être protégés de ces expositions répétées.
L’initiative : Pour sensibiliser à ces questions, la Mutuelle Familiale et ses partenaires en région ont construit un événement avec des animations et la projection d’un film, suivie d’un débat, sur les thèmes de la Santé, de l’Environnement et de l’Alimentation.
Pourquoi parler Santé lors de la Journée Mondiale de l’Environnement ?
L’explosion des maladies chroniques, qui provoque 63% des décès dans le monde, inquiète l’Organisme Mondial de la Santé qui la qualifie « d’épidémie ». En effet, 1 homme sur 2 et 1 femme sur 3 sont touchés par le cancer, plus de 6 millions d’adultes sont affectés par l’obésité, soit 14.5% des Français de plus de 18 ans, plus de 2 millions par le diabète de type 2. Le nombre d’asthmatiques a doublé en 20 ans. En 40 ans, le taux de spermatozoïdes a chuté de moitié tandis que les malformations génitales augmentent et que les tumeurs des testicules ont été multipliées par quatre.
Les travaux des scientifiques mettent de plus en plus en évidence le rôle prépondérant des polluants chimiques notamment ceux provenant de substances de type perturbateurs endocriniens : PHTALATES, RETARDATEURS DE FLAMMES BROMES, PARABENS, BISPHÉNOL A. Si nous rajoutons les pesticides dans notre assiette, le cocktail est détonant !
C’est d’ailleurs l’objet du documentaire « la Grande Invasion » de Stéphane Horel dans lequel des scientifiques connus et reconnus tentent de tirer le signal d’alarme, en mettant en évidence le fâcheux inconvénient qu’ont ces substances chimiques de cambrioler notre intimité hormonale.
Le constat, plutôt grave, n’empêche pas le film de prendre le parti du second degré. Oscillant entre humour grinçant et poésie, des animations en papiers collés montrent les destins parallèles des humains et des animaux de laboratoire.
Réalisatrice : Stéphane Horel, journaliste documentariste.
Prix du meilleur film au festival Cine con Ciencia à Montevideo (Uruguay) – octobre 2011.
Prix du film d’investigation au festival Ecollywood de Lille – novembre 2011.
Retrouvez le programme de la journée par région :
A Paris (Mairie du 10e), le mardi 5 juin 2012 de 14h à 22h
A Thourotte (Picardie), le lundi 4 juin 2012 à partir de 14h
A Conflans-en-Jarnisy (Lorraine), le 5 juin 2012 à partir de 14h
A Lons-le-Saunier (Franche-Comté), le 6 juin 2012 à partir de 14h30
A Reims (Champagne-Ardenne), le 5 juin 2012 à partir de 19h
A Lorient (Bretagne), le 5 juin 2012 à partir de 18h
Cliquez sur les liens pour accéder aux programmes.
Hold-up sur la fertilité! – Retrouvez les enregistrements audio du colloque
Écouter ou ré-écouter les interventions lors de cette après-midi exceptionnelle :
Introduction d’André Cicolella, Président du Réseau Environnement Santé (RES)
Etat de la recherche scientifique sur les phtalates et les effets des perturbateurs endocriniens sur la reproduction
- René Habert, directeur du laboratoire de développement des gonades CEA/Inserm
Quelles politiques de recherche scientifique et de santé publique pour faire face aux enjeux des perturbateurs endocriniens ?
Table-ronde des ONG : agir maintenant sur les perturbateurs endocriniens
- Yannick Vicaire, Chargé de mission, Réseau Environnement Santé (RES) / EDC NGOs group
- Wiebke Winkler, Chargée de réseau, Comité Développement Durable en Santé (C2DS)
Communiqué de presse (16 mai 2012) – La prévention des maladies chroniques : c’est maintenant !

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Prévenir les maladies courantes en prévenant
les expositions environnementales précoces : le changement, c’est maintenant !
Paris/Bruxelles, le 16 mai 2012,
L’exposition à des contaminants environnementaux au cours de la vie utérine peut provoquer le déclenchement tardif de maladies graves chez de nombreux individus, selon une déclaration de consensus publiée lors du congrès scientifique PPTox, qui se termine aujourd’hui à Paris.
Cette version provisoire du consensus, encore ouverte aux commentaires des participants, reflète les conclusions du congrès, « PPTox III, maladies liées aux stress environnementaux au cours du développement : preuves et mécanismes », tenu à Paris les 14-16 mai 2012. La réunion a été suivie par plus de 250 participants, dont beaucoup d’entre eux sont des chercheurs de premier plan sur les liens entre expositions précoces et maladies [1]. Le texte de consensus souligne que les déséquilibres nutritionnels, les infections, le stress, et l’exposition aux produits chimiques, y compris les contaminants présents dans notre environnement, sont autant de facteurs qui peuvent agir sur l’enfant dans l’utérus et augmenter le risque de développement futur de maladies chroniques.
La déclaration intitulée « Origines développementales des dysfonctions et maladies non transmissibles : implications pour la recherche et la santé publique », a été présentée à la session finale de la conférence PPTox. Rédigée par un groupe d’experts scientifiques internationaux [2], elle décrit comment les déséquilibres nutritionnels et l’exposition à certains produits chimiques au cours du développement pré et postnatal conduisent au développement de maladies chez les adultes, y compris le cancer et le diabète, et comment la prévention des impacts à long terme sur la santé doit être mise en œuvre.
Parmi les points importants :
• Les stades précoces du développement (en particulier in utero) sont particulièrement sensibles aux perturbations induites par l’exposition aux produits chimiques avec des conséquences potentielles néfastes pour la santé, exprimées après une période de latence, comme l’obésité, le diabète, les troubles neuro-développementaux, la puberté précoce, les cancers hormonaux-dépendants, (sein, prostate et testicules). Plusieurs troubles affectant la reproduction ont également tous été liés à des expositions chimiques : testicules non descendus, baisse de la qualité du sperme, syndrome de sous-fécondité des ovaires polykystiques, fibrome utérin, …
• Les produits chimiques appelés perturbateurs endocriniens sont particulièrement préoccupants car ils détournent les hormones indigènes qui transportent les signaux d’une cellule du corps à l’autre. Ces perturbateurs endocriniens (PE) peuvent avoir des effets à des doses très faibles qui ne sont pas prévisibles à partir des tests effectués à des doses élevées. On estime que 900 produits chimiques sont couramment suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.
• Toutes les maladies complexes ont une composante environnementale. La part que les scientifiques attribuent uniquement à la variation génétique fixe ne cesse de se réduire au profit d’une meilleure compréhension du rôle des influences environnementales [3].
• Les maladies et les dysfonctionnements provoqués par l’augmentation de la susceptibilité au stade précoce du développement peuvent ne se manifester que des années ou des décennies plus tard et dépendront de l’exposition et du moment où elle intervient dans le développement.
Exemples de maladies:
• Diabète et obésité: l’exposition précoce aux contaminants chimiques environnementaux a été liée à un risque accru d’obésité et de diabète. On recense aujourd’hui environ 20 substances chimiques qualifiées d’obésogènes car elles peuvent conduire à un risque accru de gain de poids au cours de la vie.
• REPRODUCTION: Le développement du système reproductif humain commence vers la fin du premier trimestre de la vie utérine. Une grande variété de dysfonctions et de maladies affectant la reproduction, comme la cryptorchidie, le faible compte de spermatozoïdes, le syndrome des ovaires polykystiques et le cancer des testicules ont été liées à des expositions développementales aux perturbateurs endocriniens.
Le texte de consensus émet les recommandations suivantes pour les politiques publiques :
• Parce que les stades précoces du développement sont particulièrement sensibles aux perturbations, avec des conséquences néfastes sur la santé, les stratégies de recherche scientifique et de prévention des maladies devraient toutes deux se concentrer sur ces étapes de la vie qui sont les plus vulnérables.
• Un changement de politique au profit de la « prévention primaire » est nécessaire.
• L’amélioration de la nutrition et la réduction des expositions environnementales aux produits chimiques sont essentielles avant et pendant la grossesse et dans les premières années de la vie. Ce changement de politique est susceptible d’avoir un impact très important sur la fréquence des maladies chroniques et les coûts des soins de santé, tout en augmentant en même temps la qualité de vie de la population dans son ensemble.
Les autorités de réglementation et les organisations de la société civile ont été appelées à tenir compte de la déclaration de consensus dans l’élaboration future des politiques nationales et communautaires.
Robert Barouki, de l’Université Paris Descartes et co-président du comité organisateur du congrès déclare: « Nous disposons aujourd’hui des preuves scientifiques, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Les déséquilibres nutritionnels ou l’exposition à certains produits chimiques au cours de la période prénatale pourraient avoir des conséquences pour la santé future de l’individu. Bien que nous ne sachions pas encore l’ampleur exacte des conséquences, les faits scientifiques sont là et mûrs pour soutenir l’action publique ».
Genon Jensen, Directrice exécutive de HEAL (Alliance pour la Santé et l’Environnement) a déclaré que cinq groupes de la société civile (HEAL, Réseau Environnement Santé, Générations Futures, WECF, et CHEM Trust) saluent et appuient le texte de consensus. Les ONG de la société civile soulignent leur intention de porter cet appel au cours des discussions à venir sur la révision de la stratégie de l’UE sur les perturbateurs endocriniens ainsi que vers d’autres instances politiques pertinentes. « La déclaration de consensus donne une orientation importante pour les discussions futures et les décisions stratégiques sur les perturbateurs endocriniens. Il montre que plus d’attention doit être accordée à la prévention des expositions nocives pendant les périodes sensibles du développement humain. Jusqu’à présent, malgré les preuves de plus en plus nombreuses des dommages causés par les PE, les changements dans l’action réglementaire sont lents et encore inefficaces. Nous nous attendons à ce que cette importante déclaration fonde un rééquilibrage des efforts de santé publique vers la prévention primaire trop négligée par rapport aux stratégies courantes privilégiant exclusivement la détection et le traitement des maladies avec le fardeau humain et financier que cela implique », déclare-t-elle.
Pour André Cicolella, président et porte-parole du Réseau Environnement Santé, « nous sommes dans une situation de faillite multiple tant pour la sauvegarde de notre système de santé, menacé par l’explosion des coûts de prise en charge, que pour l’expression du droit à la santé des générations actuelles et futures. La bonne nouvelle, c’est que la science nous indique une solution de règlement de la crise. Il incombe au Président nouvellement élu, non seulement de maintenir le leadership que la France a adopté en Europe et dans le monde en commençant à agir sur les perturbateurs endocriniens comme le BPA, mais aussi à insuffler un programme ambitieux de recherche scientifique, de réformes de santé publique et de mutation du tissu industriel à la hauteur de l’urgence et des enjeux que soulève cette déclaration. Pour la jeunesse de France, dont François Hollande a fait sa priorité, c’est un choix historique incontournable. »
La déclaration de consensus sera publiée dans la prestigieuse publication en ligne « Environmental Health » (prévu début de Juin 2012).
[1]. Détails de la conférence à http://www.toxicology.org/ai/meet/cct_pptoxiii.asp
[2]. La déclaration de consensus a été écrite par Robert Barouki, INSERM UMR-S 747, Université Paris Descartes, Paris 06, 75270 France ; Peter D. Gluckman, Université d’Auckland, Private Bag 92019, Auckland 01142, Nouvelle-Zélande ; Philippe Grandjean, Médecine Environnementale, Université du Sud Danemark, 5000 Odense, Danemark et Harvard School of Public Health, Boston, MA 02215, Etats-Unis ; Mark Hanson, Université de Southampton, Mailpoint 887, Southampton General Hospital, SO16 6YD, Royaume-Uni; Jerrold J Heindel, Institut national des sciences de la santé environnementale, PO Box 12233, Research Triangle Park, NC 27709, États-Unis. La déclaration de consensus projet est soumise aux commentaires des participants au congrès jusqu’au 28 mai 2012, puis sera ouverte à signature.
[3]. Une des raisons qui soutient cette conclusion est l’augmentation substantielle de l’incidence de nombreuses maladies chroniques au cours des 20-40 dernières années, un intervalle de temps beaucoup trop court pour être attribuable aux modifications génétiques.
Communiqué de presse (19 avril 2012) – Pressings : l’interdiction du perchlo annoncée par le Ministère de la Santé

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Pressings : l’interdiction du perchlo annoncée par le Ministère de la Santé
Paris, le 19 avril 2012,
Une délégation du Réseau Environnement Santé (RES), de l’association Générations Futures et de l’Association des Victimes des Émanations de Perchloroéthylène des Pressings (ADVEPP) a été reçue à sa demande aujourd’hui par le Directeur Général de la Santé.
Celui-ci a annoncé le principe de l’interdiction du perchlo dans les pressings selon les modalités suivantes :
- Interdiction immédiate dans les installations nouvelles
- Fermeture immédiate des installations induisant une contamination des riverains supérieure à 1250 microgrammes par mètre cube (1250 µg/m3)
- Arrêt au 1er janvier 2014 des installations de plus de 15 ans
- Arrêt des installations existantes dites non NF au 1er janvier 2018
- Arrêt des installations NF au 1er janvier 2022
Le principe d’un suivi de ces mesures avec nos 3 associations a été acté. La prochaine réunion est prévue fin juin.
Le RES, l’ADVEPP et Générations Futures demandaient que la norme définie par l’Agence de Protection de l’Environnement des États-Unis à 40 µg/m3 soit prise en compte en France. Elles se félicitent néanmoins du changement radical de la politique du Ministère de la Santé qui ne défend plus l’usage contrôlé du perchlo mais accepte le principe de son remplacement.
Le RES, l’ADVEPP et Générations Futures vont continuer à agir pour préserver la santé des riverains et des travailleurs des pressings. Elles les appellent à se manifester auprès des Agences Régionales de Santé et des Préfectures pour obtenir un contrôle de leur contamination.
Scandales sanitaires : les ONG interpellent les candidats
Médiator, pesticides, amiante, antennes-relais, bisphénol A…
Dans les crises sanitaires passées ou à venir, les victimes font toutes le même constat : en tant que citoyen ou consommateur, leur santé a fait figure de variable d’ajustement face à des intérêts « supérieurs » pour développer au plus vite un produits ou une technologie.
Pour réformer ce système et mettre fin aux crises sanitaires, les ONG interpelleront les candidats aux élections présidentielles autour de 25 propositions pour en finir avec les scandales sanitaires.
PROGRAMME du 16 AVRIL 2012 au SENAT
Mot de Bienvenue (10h30-10h35)
Leila Aïchi, Sénatrice de Paris
25 propositions pour en finir avec les scandales sanitaires (10h35-11h30)
André Cicolella, Président du Réseau Environnement Santé
François Veillerette, Porte-parole de Générations Futures
Etienne Cendrier, Porte-parole de Robin des Toits
Franck Laval, Président d’Ecologie Sans Frontière
La parole aux candidats ou à leurs représentants (11h30-12h30)
Réactions et solutions pour mettre fin aux scandales sanitaires
- Une loi pour réformer la sécurité sanitaire
Conférence (10 avril 2012) – Hold-up sur la fertilité !
Omniprésents dans notre quotidien les phtalates soulèvent depuis longtemps de nombreuses préoccupations et sont devenus emblématiques du débat autour de Reach, la nouvelle réglementation chimique communautaire. C’est aujourd’hui pour leur caractère de perturbateurs endocriniens (PE), et au vu des données nouvelles, que l’action réglementaire est plus que jamais nécessaire sur l’ensemble de cette famille de substances, comme sur l’ensemble des PE.
- Des sources d’expositions multiples (articles PVC, cosmétiques, médicaments, matériel médical, air intérieur…) conduisant à une imprégnation généralisée de la population et une exposition particulièrement critique pour le nourrisson prématuré,
- De nombreuses preuves expérimentales chez l’animal et/ou chez l’homme le liant aux 4 grandes familles de pathologies associées aux PE : cancers, troubles métaboliques, atteintes à la reproduction, troubles neurocomportementaux.
Face à cela, la réglementation actuelle est insuffisante. Au niveau français, les agences de sécurité sanitaire doivent se saisir des données existantes pour protéger la santé de tous. Au niveau européen, la révision de Reach doit permettre de combler les lacunes qui laissent cette situation de faillite réglementaire perdurer.
- Brochure d’informations sur les perturbateurs endocriniens
- Les différentes sources d’expositions aux phtalates
- Les phtalates : Effets sur la santé et exposition – Données scientifiques 2011
- Publications du Dr Shanna Swan : Sélection
- Hold-up sur la fertilité! – Retrouvez les enregistrements audio du colloque
Communiqué de presse (30 mars 2012) – Hypersensibilité électromagnétique : Pour une garantie de la déontologie dans l’étude et la prise en charge
Hypersensibilité électromagnétique :
Pour une garantie de la déontologie dans l’étude et la prise en charge
Le quotidien du médecin du 27 mars nous apprend que l’Académie nationale de médecine, par la voix du Professeur André Aurengo, apporte son soutien aux orientations de l’étude Cochin de prise en charge de l’hypersensibilité électromagnétique, lancée par l’AP-HP et pilotée par le Professeur Choudat.
Ce soutien inconditionnel – en contradiction apparente avec les missions de l’Académie de médecine et ses critères de multidisciplinarité et d’indépendance – pose effectivement de graves questions d’un point de vue scientifique et médical.
Comment l’Académie de médecine, se basant sur une fausse citation du rapport de l’AFFSET 2009[1], peut-elle soutenir qu’il n’existe aucun argument pour retenir d’autre hypothèse que l’origine psychologique de cette hypersensibilité, ignorant l’existence de travaux indiquant le contraire ? Peut-elle encore méconnaître l’existence de signaux d’alerte observables dans les études de cas, les enquêtes citoyennes et les témoignages convergents dans le monde entier ? Peut-elle ignorer les changements de paradigmes en cours dans des pays comme le Canada ou les Etats-Unis en matière de maladies émergentes liées à des hypersensibilités environnementales ?
Comment l’Académie de médecine peut-elle soutenir un seul traitement symptomatique et soutien psychothérapique alors que des travaux d’objectivation des troubles ont été initiés, que des mécanismes biologiques sont évoqués et que l’on sait, dans le cas des hypersensibilités environnementales, que plus la mise à l’abri et la prise en charge globale sont précoces, meilleures sont les chances d’amélioration de l’état des personnes sensibles et qu’à l’inverse, une éviction tardive augmente les risques d’atteintes irréversibles ?
Comment se fait-il que l’Académie de médecine se saisisse de cette question alors que l’ANSES[2], dans sa mission de mise à jour de l’expertise scientifique, en a fait une question prioritaire ? Que ce thème est régulièrement abordé dans le cadre du comité de dialogue « Radiofréquences et santé » auquel plusieurs d’entre nous participent activement et que les approches novatrices de l’hypersensibilité électromagnétique font partie des questions posées à la recherche ?
Refuser de prendre en compte ces signaux d’alerte serait prendre de graves responsabilités quant à l’apparition de nouveaux cas qui n’auraient pu en conséquence, bénéficier d’une prévention adaptée et quant à l’aggravation de l’état de santé des personnes déjà hypersensibles.
Nous réitérons nos demandes au Ministre de la Santé de réorienter l’étude de manière constructive, de sortir de l’opacité du protocole de prise en charge et d’assurer une information objective du corps médical (voir communiqué du 16 février 2012 Etude Cochin sur l’électrosensibilité ou chronique d’un résultat annoncé ).
Dans ce contexte et dans l’attente des clarifications nécessaires, nous ne pouvons recommander à l’heure actuelle aux électrosensibles de s’engager dans l’étude Cochin. Nous serons particulièrement vigilants quant à la déontologie de cette étude et n’hésiterons pas à en dénoncer les carences.
Enfin, afin d’alerter les autorités de santé sur les réalités du terrain, nous appelons à témoigner dans le cadre notre opération VISIBILITÉ toute personne qui expérimente des troubles, légers ou graves, en relation avec les champs électromagnétiques : hypersensibles, riverains d’antennes, de lignes électriques, usagers de technologie sans fil…
[1] Rapport AFFSET 2009 : http://www.anses.fr/ET/DocumentsET/Rapport_RF_final_25_091109_web.pdf
[2] Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail
Plus d’informations :
Conseil de Paris : vœu à l’unanimité pour l’abandon du perchloroéthylène dans les pressings
Le Conseil de Paris a adopté lundi 19 mars 2012 à l’unanimité un vœu des élus EELV demandant que l’utilisation par les pressings du perchloroéthylène, jugé « cancérogène probable », soit progressivement remplacé au profit de « technologies alternatives ».
« Le perchloroéthylène est un solvant utilisé dans 90% des pressings, dans le cadre du nettoyage à sec des vêtements et textiles de maison. Sa toxicité est connue : cancérogène probable, il nuit aux reins et au système nerveux », ont rappelé les élus verts de Paris.
Passage à travers les murs – Ses vapeurs « sont susceptibles de migrer à travers le béton et les planchers et d’exposer les riverains à des irritations des voies respiratoires et des yeux, des vertiges, des nausées, des maux de têtes, et même parfois conduire à la perte de connaissance et à la mort », ont-ils aussi rappelé dans un communiqué. A Nice, la septuagénaire José-Anne Bernard qui vivait au-dessus d’un pressing, en est vraisemblablement décédée en décembre 2009, ont-ils souligné.
« Des pays comme les États-Unis ou le Danemark ont déjà programmé pour 2020 l’abandon du perchloroéthylène et interdit l’installation de nouveaux pressings utilisant ce solvant », a rappelé Denis Baupin, adjoint au maire en charge de l’Environnement.
La ville lanceuse d’alerte – M. Baupin s’est félicité ensuite que, « comme pour le Bisphénol dans les biberons, la ville joue son rôle de lanceur d’alerte et de précurseur lorsque l’état est aux abonnés absents ».
Le vœu des écologistes préconise « la mise en place d’actions de sensibilisation et de formation pour les professionnels, la recherche de dispositifs d’aide publique à la conversion technologique, des diagnostics portant sur la qualité de l’air et l’exposition des travailleurs et des riverains ».
Le produit, interdit dans les nouvelles installations au Danemark et aux États-Unis, est un solvant utilisé pour le nettoyage à sec. Classé depuis 1995 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme cancérogène probable, il peut avoir des effets neurologiques et un impact sur les reins et le foie.
Source AFP.
Communiqué de presse (20 mars 2012) – Obésité/Diabète: un 2nd rapport met en cause la pollution chimique
Programmés pour l’obésité et le diabète ?
Les perturbateurs endocriniens mis en cause dans un second rapport
L’association britannique CHEM Trust publie aujourd’hui un rapport intitulé « Panorama scientifique des liens entre exposition chimique et risques d’obésité et de diabète »[1], qui parvient aux mêmes conclusions que le rapport du RES « Evaluation du lien entre environnement chimique, obésité et diabète (ECOD) ».
Les auteurs du rapport CHEM Trust, les professeurs Miquel Porta et Duk-Hee Lee, ont passé en revue 240 publications scientifiques et dressent le même constat que le rapport ECOD publié par le Réseau Environnement Santé, mercredi dernier : le modèle énergétique (nutrition-sédentarité) ne suffit pas à expliquer les épidémies mondiales actuelles d’obésité et de diabète ; des substances chimiques polluantes obésogènes et diabétogènes sont également à l’œuvre.
Les auteurs, à l’instar du RES, insistent sur l’action délétère des perturbateurs endocriniens qui aux stades les plus vulnérables du développement peuvent programmer irréversiblement l’organisme humain à l’obésité et au diabète. « Il faut passer d’une approche centrée sur le mode de vie, le diagnostic et le traitement à une approche appliquant des mesures de prévention à toute la population, telles qu’une alimentation exempte de contaminants persistants et l’élimination de l’exposition à des produits chimiques impliqués dans l’obésité et le diabète » écrivent-ils.
« C’est le changement de paradigme en santé publique que nous appelons de nos vœux. Par leur contribution multiple aux grandes épidémies non-infectieuses (maladies métaboliques, cancers) et aux atteintes à la reproduction, les perturbateurs endocriniens sont à la fois une menace à appréhender d’urgence et une opportunité pour replacer prévention et précaution au cœur des politiques publiques » commente André Cicolella, Président du Réseau Environnement Santé.
Les frais de prise en charge du diabète représentent, à eux seuls, en moyenne 10% du budget santé des états européens. Il ne fait pas de doute que la prévention s’impose aussi du point de vue économique.
- Le résumé et les conclusions du rapport de CHEM Trust sont disponibles en français sur : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2012/03/resume_chemtrust_diabete_obesite.pdf
- La rapport de CHEM Trust « Panorama scientifique des liens entre exposition chimique et risques d’obésité et de diabète » disponible en anglais sur : http://www.chemtrust.org.uk/documents/CHEM%20Trust%20Obesity%20&%20Diabetes%20Full%20Report.pdf
- Les ONG européennes diffusent une brochure grand public sur les enjeux environnementaux des maladies métaboliques : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2012/03/Brochure_grand_public_diabete_obesite.pdf
- Rapport et dossier de presse du rapport ECOD du RES : http://reseau-environnement-sante.fr/2012/03/14/dossiers-par-themes/communique-de-presse-14-mars-2012-obesitediabete-ne-plus-sous-estimer-les-polluants-chimiques/
[1]. Titre original du rapport : “Review of the science linking chemical exposures to the human risk of obesity and diabetes”
Communiqué de presse (14 mars 2012) – Obésité/Diabète: ne plus sous-estimer les polluants chimiques
Rapport ECOD :
Agir contre les perturbateurs endocriniens, une piste de prévention
de l’obésité et du diabète à explorer d’urgence
Le Réseau Environnement Santé publie aujourd’hui le rapport ECOD qui dresse un panorama des données scientifiques disponibles sur les liens entre l’épidémie d’obésité et de diabète et l’exposition aux polluants chimiques.
Nous sommes aujourd’hui confrontés à une épidémie de maladies métaboliques.
L’Organisation Mondiale de la Santé estime à près de 700 millions le nombre de personnes obèses d’ici à 2015, avec une augmentation de 75% en 10 ans. En France, selon l’étude ObEpi (2009), 32% des plus de 18 ans, soit 14 millions de personnes, sont en surpoids et 14,5%, soit 6,5 millions, sont considérées comme obèses, cette proportion ayant doublé entre 1997 et 2009.
Le diabète est une des conséquences majeures de l’obésité, mais a aussi ses causes propres. En France, son incidence a presque doublé entre 2000 et 2008 et atteint près de 1,8 millions de personnes. Le coût annuel supplémentaire du diabète est en France de 1 milliard d’euros.
Depuis les années 80, les pouvoirs publics ont mis l’accent sur les mesures hygiéno-diététiques pour lutter contre l’obésité et le diabète, une alimentation trop riche et une sédentarité accrue étant retenues comme les deux facteurs de l’épidémie. Mais cette politique ne parvient pas à enrayer la croissance des maladies métaboliques.
La pollution chimique apparait comme un facteur explicatif complémentaire.
Le rapport du RES « Évaluation du lien entre environnement chimique, obésité et diabète (ECOD) » dresse un panorama des nombreuses études scientifiques qui mettent en évidence l’action perturbatrice de polluants chimiques diabétogènes et obésogènes sur le métabolisme glucido-lipidique. Parmi ces substances, plusieurs polluants organiques agissent par un mécanisme de perturbation endocrine. « Le tissu adipeux ne peut plus être considéré comme un simple lieu de stockage de réserve calorique, mais doit être également considéré comme un organe sous contrôle hormonal. A ce titre, il est donc susceptible d’être aussi la cible des perturbateurs endocriniens » explique Gilles Nalbone, directeur de recherche émérite à l’INSERM et membre du RES.
La prévention doit aussi porter sur l’exposition chimique
Actuellement la dimension pollution chimique/obésité/diabète n’est prise en compte dans aucun des plans nationaux de santé publique : le Plan National Santé Environnement (PNSE) ne se préoccupe pas d’alimentation ; le Plan National Nutrition Santé et le Plan Obésité ne se préoccupent pas de la pollution chimique. « Notre rapport vise à intéresser les autorités sanitaires à cette piste encore ignorée : les données sont aujourd’hui suffisantes pour prendre en considération la pollution chimique comme un axe complémentaire de lutte contre l’épidémie d’obésité et de diabète » déclare André Cicolella porte-parole du RES ; « c’est aussi une pierre de plus dans le jardin des législateurs français et européens pour agir globalement sur les perturbateurs endocriniens ».
Il faut aussi se préoccuper de la protection des malades du point de vue de leur exposition aux substances obésogènes et diabétogènes. Ceci devrait faire l’objet de recommandations de la part de la Haute Autorité de Santé complémentaires des mesures hygiéno-diététiques classiques.
Consultez le dossier de presse du rapport ECOD (en français)
Lire le rapport ECOD complet (en français)
Read English summary ECOD and table of matters
Communiqué de presse (9 mars 2012) – Des substances perturbatrices du système endocrinien dans des produits de consommation courante.
Une nouvelle étude américaine publiée le 8 mars met en évidence la présence de cocktails de substances perturbatrices du système endocrinien dans de nombreux produits de la vie quotidienne. Generations Futures demande une exposition 0 du public aux perturbateurs endocriniens (PE)!
L’étude : L’étude, publiée dans la revue de référence américaine, Environmental Health Perspectives, est centrée sur la recherche dans des produits de la vie courante de substances perturbatrices du système endocrinien et/ou pouvant être liées à l’asthme. Les scientifiques ont testé 213 produits commerciaux, aussi variés que de la litière pour chat, des tais d’oreiller, des rideaux de douche, des nettoyants de surface, du liquide vaisselle, du shampoing, du rouge à lèvre, du dentifrice, de la crème solaire….représentants 50 types de produits différents. Ils y ont recherchés des substances comme : des parabènes, des phtalates, le bisphénol A, le triclosan, les éthanolamines, des alkylphénols, des fragrances, des éthers de glycol, des cyclosiloxanes….
Les résultats ? 55 substances chimiques ont été retrouvées, ce qui montre une exposition du public à une gamme très large de polluants. Ainsi les produits en PVC contenaient plus de 10% de DEHP (un phtalate) et pourraient ainsi constituer une source importante de DEHP dans les intérieurs. Dans d’autres produits comme les produits parfumés, les crèmes solaires, les désodorisants… les concentrations et le nombre de substances trouvées étaient les plus élevés Certains produits qui ne contenaient pas les phtalates les plus courants présentaient d’autres congénères moins étudiés (mais également dotés de propriétés PE) – ce qui laisse suggérer des efforts de substitution mal éclairés.
L’étude conclut sur deux points :
- Les personnes étant exposées dans la vie de tous les jours à des mélanges complexes de polluants PE, il y a lieu de tester les mélanges pour évaluer leur toxicité, ce qui n’est pas fait actuellement.
- Les consommateurs pourraient éviter ces composés indésirables s’ils étaient informés par un étiquetage complet.
«Les européens sont eux aussi exposés à ces cocktails de perturbateurs endocriniens dans leur vie de tous les jours. Il serait intéressant de reproduire cette étude prospective sur les produits de consommation du marché européen. Générations Futures et le RES demandent au gouvernement qui sera désigné au lendemain du 6 mai de tout mettre en œuvre pour que la réglementation européenne prévoit une substitution systématique des produits chimiques perturbateurs endocriniens dans les produits de consommation courante, afin de protéger la santé du public, en particulier vis-à-vis de l’exposition dans la période périnatale. » déclare François VEILLERETTE, Porte Parole de Générations Futures.
«Les candidats à l’élection présidentielle doivent absolument comprendre que l’élimination de l’exposition aux PE est une mesure essentielle de santé publique, qui renforcera la prévention des pathologies chroniques et soulagera financièrement notre système d’assurance-maladie » ajoute André Cicolella, Président du Réseau Environnement Santé, « il faut fixer un objectif clair : l’absence de PE dans l’organisme des parents d’ici une génération, seule garante d’une exposition nulle de la génération suivante ».
Lien vers l’étude en anglais :
http://ehp03.niehs.nih.gov/article/info%3Adoi%2F10.1289%2Fehp.1104052#Ahead%20of%20Print%20%28AOP%29
Télécharger le communiqué de presse : en version pdf
Le rapport « Kortenkamp » fait le point sur l’évaluation des perturbateurs endocriniens
Une étude sur l’état de l’art de l’évaluation des perturbateurs endocriniens a été commandée par la Direction Générale de l’Environnement en 2009 afin de fournir une base pour :
1. l’élaboration de critères scientifiques pour l’identification des perturbateurs endocriniens, et
2. l’examen et la révision éventuelle de la stratégie communautaire sur les perturbateurs endocriniens.
Les objectifs de l’étude étaient les suivants :
1. examiner les connaissances scientifiques publiées dans la littérature au cours des 10 dernières années et dans les rapports de plus de 80 projets financés par FP ;
2. d’examiner les approches pour l’évaluation des perturbateurs endocriniens utilisés dans certains États membres, dans les grandes économies concurrentes en dehors de l’UE et dans les instances internationales;
3. tirer des conclusions et répondre aux questions de politique pertinentes.
L’étude a été finalisée par le contractant fin janvier 2012 :
- « State of the art assessment of endocrine disruptors » (en anglais)
- « Annex 1 : Summary of the state of the science » (en anglais)
- « Annex 2 : Summary of expert consultations on approaches to the regulatory assessment of endocrine disrupters » (en anglais)
- « Annex 3 : Comparative analysis of endpoints and assays by human health and wildlife endpoint » (en anglais)
Le Perchloroéthylène, un cancérigène dans la ville

La journée mondiale contre le cancer du 4 février est l’occasion pour le Réseau Environnement Santé, l’association Génération Futures et l’association de défense des victimes d’émanations de perchloroéthylène des pressings (ADVEPP) d’attirer l’attention sur le cas du perchloroéthylène solvant utilisé dans les pressings, comme symbole de l’absence de politique sérieuse de lutte contre les causes environnementales du cancer.
Conférence de presse
« Le Perchloroéthylène, un cancérigène dans la ville »
Jeudi 16 février 2012 à 10h30
Mairie du 2e, 8 rue de la banque 75002 Paris – Salle d’exposition
Le cancer constitue la première cause de mortalité en France. Le nombre de nouveaux cas a doublé en 25 ans, dont 1/3 seulement sont liés au changement démographique.
Or, aujourd’hui la question des causes environnementales du cancer n’est pas prise au sérieux par les pouvoirs publics dans notre pays. Le cas du perchloroéthylène en est le triste exemple. Solvant toxique encore utilisé dans plus de 90% des pressings (cancérogène, mais aussi neurotoxique, hépatotoxique et néphrotoxique), il intoxique les travailleurs et les riverains.
Les preuves de sa dangerosité ne sont désormais plus à démontrer, au vu des données épidémiologiques chez les travailleurs et les riverains, données cohérentes avec les très nombreuses données expérimentales sur le sujet. Le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) a classé le perchloroéthylène cancérogène probable chez l’homme.
Il est inacceptable qu’une telle substance continue d’être utilisée alors même que des alternatives existent. Le gouvernement doit agir au plus vite en interdisant le perchloroéthylène dans les nouvelles installations de nettoyage à sec au lieu de croire à un usage contrôlé. Les cas d’intoxication, y compris mortels, comme celui de Mme Bernard à Nice en 2010 pour lequel le gérant du pressing vient d’être mis en examen, montrent qu’il n’y a pas d’usage contrôlé possible.
Les Etats Unis ont interdit les nouvelles installations en 2006. La France ne doit pas être en retrait par rapport aux Etats Unis de George Bush.
Téléchargez le dossier de presse de la conférence
Communiqué de presse (14/02/12) : La sécurité des aliments déterminée par des données et des experts liés à l’industrie?

L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) est lourdement critiquée dans un nouveau rapport publié aujourd’hui par Corporate Europe Observatory (CEO) et Earth Open Source (EOS), qui montre que cette administration se base sur des données et des experts en provenance de l’industrie pour évaluer la sécurité des aliments, soulevant de sérieux doutes quant à l’indépendance de ses recommandations. [1]
Le Réseau Environnement Santé (RES) et Générations Futures (GF), deux ONG françaises spécialisées dans les questions de santé environnementale touchant notamment à la sécurité des produits chimiques, se sont senties pleinement concernées par cette problématique essentielle du manque d’indépendance de l’expertise de l’EFSA. C’est pourquoi elles ont collaboré avec CEO et EOS pour traduire leur rapport en français et le diffuser en France aujourd’hui.
Le rapport paraît alors que l’EFSA, qui célèbre son 10ème anniversaire cette année, fait l’objet d’enquêtes de la part de la Cour des Comptes Européenne et d’eurodéputés, ainsi que d’une évaluation officielle de la Commission Européenne.
Nina Holland, de Corporate Europe Observatory, explique :
« Notre enquête montre que les intérêts industriels ont pénétré au cœur même de l’EFSA. La fréquence des conflits d’intérêts au sein du conseil d’administration et des panels d’experts, ainsi que le fait de se baser largement sur des études de l’industrie, sapent la capacité de l’EFSA à agir conformément à l’intérêt public en matière de sécurité alimentaire. Le fonctionnement de l’EFSA doit être complètement révisé ».
Des personnalités liées à l’industrie siègent dans nombre de comités scientifiques de l’EFSA. Selon le rapport, ceci donne lieu, et de manière fondamentale, à des conflits d’intérêts dans la façon dont l’autorité européenne évalue les données. En particulier, il est montré que des experts de l’EFSA ont des liens avec le lobby industriel ILSI (Institut International des Sciences de la Vie), financé par les principales entreprises de biotechnologie et de l’agroalimentaire.
Le rapport révèle comment des membres des panels de l’EFSA, notamment celui sur les emballages alimentaires, ont omis d’inclure leurs liens avec l’ILSI dans leurs déclarations d’intérêts, en violation des règles existantes de l’EFSA en la matière. L’EFSA a déjà négligé d’intervenir en de tels cas par le passé.
Les recommandations de l’EFSA ont été critiquées en de nombreuses occasions. Des produits tels que l’Aspartame (un édulcorant), le Glyphosate (un herbicide) et le composé chimique Bisphénol A, utilisé dans les plastiques, auraient été approuvés en dépit des réserves soulevées par des études scientifiques indépendantes.
Les méthodes par lesquelles l’EFSA a approuvé la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora ont également fait l’objet de critiques.
Le rapport en appelle à des critères plus stricts pour la sélection des experts, de façon à bannir les conflits d’intérêts avec l’industrie parmi ceux-ci, ainsi qu’à revoir de façon urgente la législation européenne encadrant le fonctionnement de l’EFSA, y compris l’utilisation des données de l’industrie pour les évaluations de risques. En effet, il est fréquent que des scientifiques indépendants ne puissent même pas remettre en cause les tests de l’industrie parce que le matériel de ceux-ci est considéré par cette dernière comme une information couverte par le secret commercial.
Claire Robinson, d’Earth Open Source, ajoute :
« Le fait pour l’EFSA de se baser sur les données de l’industrie et d’écarter des recherches indépendantes pourrait mettre la santé publique en danger. Cette année, l’EFSA a accédé à une demande de Monsanto en relevant la limite acceptable pour les résidus de glyphosate sur les lentilles par un facteur 100-150. C’est se placer 6 fois au-dessus de la dose quotidienne pour une exposition sans risques telle que déterminée par des études indépendantes que l’EFSA a écartées. »
La Commission Européenne est censée revoir le règlement fondateur de l’EFSA en 2012, et la Cour des Comptes Européenne doit publier prochainement son rapport sur les conflits d’intérêt à l’EFSA ainsi que pour d’autres agences de l’UE.
[1].[1] Conflits indigestes – une decennie d’influence industrielle à l’EFSA, Corporate Europe Observatory and Earth Open Source traduit par RES et Générations futures, Fevrier 2012.
Communiqué de presse (9 février 2012) – BPA et Diabète : confirmations chez l’Homme
3 études récentes confirment que le Bisphénol A est impliqué dans le diabète de type 2 chez l’homme.
Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit pas assez d’insuline ou lorsque l’organisme n’est pas capable d’utiliser efficacement l’insuline qu’il produit. Il en résulte une concentration accrue de glucose dans le sang (hyperglycémie).
La responsabilité d’un certain nombre de substances chimiques dites « diabétogènes », dont le Bisphénol A, est de plus en plus mise en évidence. L’étude la plus récente a été publiée le 8 février dans la revue PLoS ONE (« action insulinotrope rapide des faibles doses de bisphénol-A sur des îlots de Langerhans de souris et humains : le rôle de récepteur des oestrogènes ») (Consultez l’étude) [1]. Les auteurs font partie de l’équipe du Dr Angel Nadal de l’Université Miguel Hernandez Elche à Alicante, Espagne, qui a déjà publié de nombreux travaux sur BPA, diabète et obésité.
Cette dernière étude montre qu’au niveau d’imprégnation en Bisphénol A correspondant à celui de la population humaine en général, on observe une libération d’insuline chez l’homme supérieure à celle induite chez la souris. Ce phénomène contribue au diabète de type 2.
L’étude apporte également la preuve que les résultats chez la souris peuvent être extrapolés à l’homme et que l’homme est plus sensible que la souris.
Les auteurs concluent que le BPA doit être considéré comme un facteur de risque de troubles métaboliques chez l’homme, ce que deux autres études récentes viennent de confirmer.
Une étude publiée également en février menée en Chine auprès de 3390 adultes âgés de 40 ans ou plus trouve une association significative entre imprégnation au Bisphénol A et obésité [2].
Une étude publiée en décembre menée aux Etats Unis sur la population du grand programme NHANES (National Health and Nutritional Examination Survey) 2003-2008 a montré que les diabétiques ont un niveau d’imprégnation plus élevé en bisphénol A [3]. L’association diabète-BPA était retrouvée chez les personnes de poids normal ou en surpoids, indépendamment des facteurs de risque traditionnel du diabète.
Compte-tenu de son utilisation dans le monde entier, le bisphénol A apparaît de plus en plus impliqué dans l’épidémie mondiale de diabète, au côté des facteurs classiques que sont alimentation et sédentarité. En 1995, le diabète touchait 30 millions dans le monde. Aujourd’hui il affecte aujourd’hui près de 220 millions de personnes et les prévisions sont de 366 millions d’ici 2030.
Au vu de ces nouvelles études, le RES presse instamment le gouvernement d’inscrire la loi BPA sur l’agenda du Sénat pour son adoption rapide avant la fin des sessions parlementaires.
Les autorités sanitaires françaises doivent aussi déployer plus de fermeté auprès de la Commission européenne et de l’agence européenne, l’EFSA pour que l’interdiction se généralise à l’échelle européenne. Enfin, ces études montrent qu’au-delà du BPA, il faut mettre la question des perturbateurs endocriniens au coeur des politiques de santé publique. Les PE apparaissent plus que jamais comme une clé essentielle pour agir sur la prévention des cancers, des désordres métaboliques (obésité-diabète), des troubles de la reproduction et neuro-comportementaux.
[1]. Soriano S, Alonso-Magdalena P, Garcı´a-Are´valo M, Novials A, Muhammed SJ, et al. (2012) Rapid Insulinotropic Action of Low Doses of Bisphenol-A on Mouse and Human Islets of Langerhans: Role of Estrogen Receptor b. PLoS ONE 7(2): e31109. doi:10.1371/journal.pone.0031109
[2]. Wang T, Li M, Chen B, Xu M, Xu Y, Huang Y, Lu J, Chen Y, Wang W, Li X, Liu Y, Bi Y, Lai S, Ning G. Urinary Bisphenol A (BPA) Concentration Associates with Obesity and Insulin Resistance. J Clin Endocrinol Metab. 2012 Feb;97(2):E223-7. Epub 2011 Nov 16.
[3]. Shankar A, Teppala S. Relationship between urinary bisphenol A levels and diabetes mellitus.
J Clin Endocrinol Metab. 2011 Dec;96(12):3822-6. Epub 2011 Sep 28.
Qui veut la peau du registre des malformations des nouveaux-nés ?
Le fait d’être exposé, in utero, à des substances toxiques (pesticides par exemple) constitue, on le sait, l’une des causes des maladies qui touchent la population dans son ensemble. Dans la région Rhône-Alpes, une petite équipe d’épidémiologistes et de statisticiens travaille quotidiennement à réunir des informations. Cela leur permet de détecter d’éventuelles épidémies de malformations et faire des recherches sur les facteurs de risques environnementaux.
Une décision soudaine, annoncée le 15 décembre par le Comité national des registres, vient mettre un coup d’arrêt brutal et inattendu au Registre des Malformations congénitales de Rhône-Alpes, qui existe depuis 1973 et cessera toute activité d’ici fin 2011. Les motifs avancés par l’InVS à l’appui de cette décision sont très allusifs et ne correspondent pas à la réalité.
Pourquoi veut-on détruire en France de tels outils de veille en santé-environnement ? Quand monte la température, pourquoi casser le thermomètre ? A qui profite cette décision brutale et incompréhensible ? Alors même que le Grenelle et le Plan National Santé Environnement ont insisté sur l’urgence de mieux connaître les facteurs reprotoxiques qui affectent les nouveaux-nés, la décision brutale de l’InVS de fermer le REMERA constitue aujourd’hui un véritable scandale.
- Plus d’infos sur le registre REMERA : http://remera.fr/
- Lire l’article consacré à ce sujet dans La Recherche
- Consultez l’avis défavorable émis par le Comité National des Registres
- La réaction du registre REMERA :
leur lettre au Comité National des Registres
leur lettre à Laurent Wauquiez, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
- Les associations réagissent :
Notre courrier aux directeurs de l’INSERM et de l’InVS
Nos courriers aux ministres de la santé, de l’environnement et de la recherche
Santé Environnement : après l’arrêt du programme recherche de l’ANR, la fermeture du registre des malformations en Rhône-Alpes
Il y a quelques semaines, l’Agence nationale de la recherche (ANR) rayait des tablettes pour 2012 le programme consacré à la santé environnementale « Contaminants et environnement : métrologie, santé, adaptabilité, comportements et usages » (CESA). Décision prise en catimini à la demande du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche sans que le conseil scientifique de l’ANR n’ait été associé.
Aujourd’hui, c’est le Registre des Malformations congénitales de Rhône-Alpes (REMERA) qui perd sa qualification ce qui entraîne ipso facto son arrêt au 1er janvier 2012. Le REMERA existe pourtant depuis 1973. Il avait fait l’objet d’un audit positif le 5 septembre dernier diligenté par le Comité National des Registres, présidé alternativement par l’Inserm et par l’InVS, qui sont aussi les 2 principaux financeurs du registre, mais aucun rapport d’audit n’a été communiqué officiellement.
L’annonce est faite à 15 jours de la mise en œuvre. Le procédé est autant contestable sur la forme et sur le fond.
Fermer un registre de malformations, c’est se priver d’un outil pour mieux comprendre le lien avec l’environnement. C’est vraisemblablement l’objectif recherché, l’argument budgétaire étant un prétexte, car s’il est un domaine qui ne doit pas être touché par les restrictions budgétaires, c’est bien celui-là, car c’est un investissement qui permet à la fois des gains de santé et des gains économiques.
Ces décisions sont en totale contradiction avec l’objectif affiché par le Plan National Santé Environnement.
Le Réseau Environnement Santé, l’association Générations Futures et la Fondation Sciences Citoyennes demandent au Comité National des Registres de s’expliquer sur la forme et sur le fond de sa décision.
Ils demandent aux Ministres en charge de la santé, de l’écologie et de la recherche d’intervenir pour que la décision concernant le REMERA soit revue.
Ils renouvellent leur demande pour que soit organisée rapidement avec toutes les parties prenantes une table ronde sur la politique de recherche en santé environnement.
Communiqué 14/12/2011 : Le BPA interdit dans les contenants alimentaires, mais pas dans les canalisations d’eau potable ?

Le BPA interdit dans les contenants alimentaires, mais pas dans les canalisations d’eau potable ?
Paris/Göteborg – 14 Décembre 2011 :
Depuis le printemps 2011, l’Union européenne a interdit le Bisphénol A (BPA) dans les biberons et la France a récemment étendu cette disposition aux conserves et cannettes alimentaires à l’échéance 2014. Mais qu’en est-il du risque de contamination de l’eau potable via les canalisations adduction d’eau potable restaurées par la méthode de « réhabilitation par gainage » aussi appelée relining ?
« Par le passé, la population a pu être affectée par l’utilisation du plomb dans les aqueducs ou plus récemment par celle du cuivre dans les canalisations d’eau potable. Nos connaissances actuelles devraient nous prémunir contre l’utilisation de matériaux susceptibles de laisser migrer des substances dangereuses dans notre système d’eau potable » explique le professeur Åke Bergman, de l’Université de Stockholm.
Réhabiliter de vieilles conduites d’eau de l’intérieur par gainage époxy est une solution moins coûteuse et plus facile que de creuser et de remplacer les tuyaux. Cependant, il est possible d’observer une migration du BPA dans l’eau potable si la résine époxy ajoutée dans le tuyau n’a pas durci correctement.
« Nous ne savons pas si ce lessivage du BPA dans l’eau potable est une source de contamination courante, mais nous savons que ce phénomène existe. L’ANSES doit se pencher sur ce problème dans son travail de caractérisation des expositions et il y a un besoin urgent d’une règlementation à l’échelle européenne » commente Yannick Vicaire, pour le Réseau Environnement Santé (RES).
La décision de restaurer de vieilles canalisations par gainage époxy ou d’utiliser d’autres méthodes dépend en général des propriétaires et gestionnaires de logement. Chemsec, WECF et le RES invitent ces acteurs et les régies des eaux à se pencher sur la question de la sécurité du relining et à exiger des alternatives plus sûres (remplacement des tuyaux notamment).
« Nous sommes inquiets de voir se multiplier le recours au gainage avec des résines époxy. Nous déconseillons le recours à cette pratique et encourageons les entreprises à développer et utiliser des solutions alternatives », plaide Danielle Freilich de la Fédération suédoise du bâtiment ; une position qu’il serait intéressant de voir adopter par son homologue française.
Le BPA est un des produits chimiques les plus largement fabriqués au monde, principalement utilisé dans les matériaux plastiques. Même à faibles doses, il est lié à des effets sanitaires graves comme le cancer, l’obésité et les problèmes de fertilité.
« Le bisphénol A ou des produits chimiques aux effets similaires ne doivent pas être utilisés pour la restauration des conduites d’eau potable par relining. Cette pratique fait courir un risque aux consommateurs d’eau du robinet . Le bisphénol A est un perturbateur endocrinien et des précautions doivent être prises pour éviter toute exposition humaine, en particulier des enfants, plus vulnérables », souligne Elisabeth Ruffinengo de WECF.
Voir aussi notre fiche d’information sur la question du BPA et du relining téléchargeable : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/12/RES-relining-comment-wecf2.pdf
[1]. Agence National de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
[2]. Sveriges Byggindustrier, http://www.bygg.org/
[3]. En 2007, la consommation d’eau potable en France s’élevait à 5,8 millions de m3. Source : Agences de l’eau / SOeS – 2010 (Données 2007)
Santé Environnement – il faut aussi développer la recherche : Participez à la Pétition
En votant à l’unanimité le 12 Octobre dernier l’interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires, les députés français ont édicté la première loi de ce genre au monde. Après avoir voté en mai dernier l’interdiction des phtalates, des alkylphénols et des parabènes, ils ont confirmé qu’ils avaient pris la pleine mesure de la question des perturbateurs endocriniens. L’ANSES a, elle aussi, pris en compte le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens en publiant un rapport, le 27 septembre dernier, qui reconnaît les effets du bisphénol A aux faibles doses. La France se retrouve ainsi être le pays pionnier en la matière.
Les perturbateurs endocriniens ne sont qu’une partie du vaste problème que représente l’épidémie de maladies chroniques dont le constat a été fait les 19 et 20 septembre 2011 à l’occasion de l’Assemblée Générale de l’ONU. Le communiqué final signé par les 193 Etats, dont la France stipule : « Nous, chefs d’État et de gouvernement et représentants d’État et de gouvernement [...] reconnaissons que le fardeau et la menace que les maladies non transmissibles représentent à l’échelle mondiale constituent l’un des principaux défis pour le développement au XXIe siècle, en ce qu’il vient remettre en cause le développement social et économique dans le monde entier et compromettre la réalisation des objectifs de développement arrêtés sur le plan international ».
Comprendre la nature du lien entre santé et environnement et rendre cet environnement moins pathogène nécessite un énorme effort de recherche interdisciplinaire mobilisant de très nombreuses disciplines scientifiques. Il est donc surprenant qu’au moment où la France s’engage enfin sur cette voie, le principal opérateur de recherche, l’Agence nationale de la recherche (ANR), envoie un signal contraire en rayant des tablettes pour 2012 le programme consacré à la santé environnementale » Contaminants et environnement : métrologie, santé, adaptabilité, comportements et usages » (CESA).
Cette décision est d’autant plus surprenante qu’elle a été prise en catimini à la demande du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et du directeur du programme CESA sans que le conseil scientifique de l’ANR, n’ait été associé en amont de ce report.
Le Réseau Environnement Santé (RES) et la Fondation Sciences Citoyennes (FSC) demandent aux Ministres en charge de la Recherche, de la Santé et de l’Ecologie d’intervenir auprès de l’ANR non seulement pour rétablir ce programme et permettre de poursuivre les travaux en cours sur un court terme, mais aussi pour développer des laboratoires universitaires pérennes et indépendants dans ce domaine afin d’assurer une recherche de long terme associée à un enseignement de qualité.
Le RES et la FSC demandent que soit organisée le plus rapidement possible une table ronde réunissant toutes les parties prenantes pour élaborer un plan stratégique de recherche en santé environnement.
Participez vous aussi à la Pétition pour le maintien du programme CESA de l’ANR en 2012 : http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=ANRCESA
L’EFSA de nouveau mise en cause !
Le Médiateur européen demande à l’EFSA de reconnaitre sa défaillance.
Une responsable de l’Autorité européenne de sécurité des aliments est partie travailler pour l’industrie de la biotechnologie
« Le médiateur européen a statué le 8 décembre dernier en faveur d’une plainte déposée par Testbiotech contre l’EFSA et son approche du pantouflage. L’affaire concerne un ancien cadre supérieur de l’EFSA, le Dr Suzy Renckens, qui occupait le poste de chef de l’unité responsable de l’évaluation des risques concernant les plantes génétiquement modifiées. Le Dr Renckens a ensuite pris un poste chez Syngenta, une société qui produit et commercialise ce type de plante. Le Médiateur Européen a accepté la plainte de Testbiotech et a déclaré que « l’EFSA devrait reconnaitre qu’elle a échoué dans l’application des règles de procédure et dans la réalisation d’une évaluation suffisamment approfondie des éventuels conflits d’intérêts découlant du passage d’un ancien membre de son personnel à une entreprise de biotechnologie. »
« La décision du Médiateur montre clairement que l’EFSA a manqué à ses obligations » explique Christoph Then de Testbiotech, « Nous sommes très inquiets du fait que l’EFSA et la Commission ont essayé de nier leurs responsabilités dans le cas présent en rejetant nos plaintes initiales. L’Autorité, mais aussi la Commission européenne qui soutient l’EFSA, minent la confiance dans les institutions européennes. En conséquence, elles mettent en péril la protection des consommateurs et de l’environnement ».
Bisphénol A : L’EFSA persiste et signe son discrédit !
L’ANSES avait accompli son aggiornamento en reconnaissant les effets des faibles doses de BPA dans son rapport du 27 septembre [1], une vraie révolution dans le monde de l’évaluation des risques qui avait reçu une attention planétaire. La confrontation avec l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) était très attendue. Dans son communiqué et les rapports publiés hier sur son site [2], celle-ci continue de nier la réalité écrasante des données scientifiques, émanant pourtant de plus de 600 études.
La veille scientifique menée par le RES depuis Mai 2009 met en évidence que sur 193 études publiées, 96% montrent des effets. Une bonne partie des études expérimentales chez l’animal (31 sur 118) surviennent à des doses inférieures à la DJA de 50 microgrammes /kilo/jour défendue par l’EFSA. Les études chez l’homme sont au nombre de 69 dont 67 sont positives. Le nombre continue d’augmenter rapidement. Rien que sur la période octobre-novembre 2011, 4 études épidémiologiques ont été publiées sur des pathologies majeures qui avaient été par ailleurs mises en évidence chez l’animal depuis plusieurs années :
Obésité-diabète. Une étude chinoise montre un taux d’obésité et de diabète lié au degré d’imprégnation en BPA. Une étude américaine retrouve cet effet, bien que de façon moins nette cependant.
Troubles du comportement. Une étude américaine montre que l’exposition maternelle pendant la grossesse se traduit par des comportements agressifs chez les filles de 3 ans.
Reproduction. Une étude chinoise en milieu professionnel montre que plus les mères sont imprégnées en BPA, plus on constate une féminisation des jeunes garçons, mesurée à la naissance par la réduction de la distance ano-génitale.
« Il est parfaitement absurde de voir l’EFSA avancer comme argument que l’on ne peut tenir compte des études épidémiologiques pour fixer des DJA. C’est évidemment l’inverse qui est vrai : ces études épidémiologiques montrent que l’on observe des effets sur la santé, au niveau d’imprégnation de la population humaine en général ce qui est la preuve que l’actuelle DJA ne protège pas la population » commente André Cicolella, président du Réseau Environnement Santé.
Ces études confirment le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens, à savoir que c’est « la période qui fait le poison » alors que l’EFSA s’accroche à l’ancien modèle selon lequel « c’est la dose qui fait le poison » . « L’ANSES a fait le choix de la toxicologie du 21 ème siècle, alors que l’EFSA en reste à la toxicologie des années 60 » résume André Cicolella. « En niant la réalité des données scientifiques, pour ne retenir que 2 études publiées par l’industrie chimique selon un protocole obsolète, l’EFSA se comporte comme une officine de l’industrie. 11 membres sur 20 du comité qui a statué sur le BPA sont en situation de conflits d’intérêts. »
Le RES appelle la Commission Européenne et le Parlement européen à intervenir d’urgence pour que l’EFSA retrouve un mode de fonctionnement en mesure de garantir la protection de la santé des Européens. « La position de l’EFSA s’inscrit également en négation des principes entérinés par l’article 57 de REACH de primauté de l’évitement du danger à la source pour la gestion du risque chimique : les perturbateurs endocriniens relèvent d’ores et déjà du principe de substitution et les ONG européennes continueront d’œuvrer à une clarification et un renforcement de ces dispositions » conclut Yannick Vicaire, en charge des questions européennes pour le RES.
Consultez les faits marquants de la veille juillet-septembre du RES : http://reseau-environnement-sante.fr/?p=3378
Consultez l’intégralité de la veille juillet-septembre du RES : http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/12/veille_BPA_juil-sept-2011.pdf
[1]. « Effets sanitaires du Bisphénol A » – Rapport d’expertise collective – Septembre 2011 ANSES http://www.anses.fr/PN0801.htm
[2]. http://www.efsa.europa.eu/en/press/news/111201.htm
Lettre ouverte à Xavier Bertrand
A l’occasion de la journée mondiale de la prématurité, le RES a envoyé un courrier à Xavier Bertrand accompagnée d’une note de cadrage sur le lien entre prématurité et boissons light gazeuses (lire la note de cadrage)

Réseau Environnement Santé
148 rue du Faubourg Saint-Denis
75010 Paris
Paris, 15 novembre 2011,
Monsieur Xavier BERTRAND
Ministre de la santé
Ministère de la Santé et du Travail
Objet : Aspartame – Les dangers pour la femme enceinte
Monsieur le Ministre,
Le 16 octobre 2011, vous avez affirmé à propos de l’aspartame : « s’il y avait un rapport qui disait clairement « cela représente un danger, il faut retirer », je n’hésiterais pas à le faire, mais ce n’est pas le cas ». Il y a un an, une étude réalisée auprès de 60 000 femmes enceintes par une équipe danoise mettait en évidence un taux plus élevé de naissance prématurée tardive (soit entre les 32 e et 36 e semaines d’aménorrhée), proportionnel à la consommation de boissons gazeuses avec édulcorants.
Depuis la publication de l’étude danoise, plusieurs études sont venues confirmer les risques pour la santé consécutifs à la naissance prématurée tardive, dont vous trouverez l’analyse dans la note ci-jointe. Vous avez déclaré, à propos de l’affaire du Mediator, que le doute devait désormais profiter au malade. Dans le cas présent, il nous semble que le doute devrait profiter au consommateur.
Plus de 12 mois se sont déjà écoulés, soit environ 700 000 naissances supplémentaires sans que les mères n’aient été alertées du risque. Les données scientifiques sont suffisantes pour agir, c’est-à-dire, à tout le moins, pour diffuser des conseils de prudence auprès des femmes enceintes.
Nous vous prions d’agréer Monsieur, l’expression de nos sentiments dévoués à la cause de la santé environnementale.
Dr Laurent Chevallier
Responsable commission alimentation du RES
André Cicolella
Président et porte-parole du RES
PS : Nous vous rappelons par ailleurs notre demande que l’actuelle Dose Journalière Admissible de l’aspartame soit définie scientifiquement et de façon transparente ce qui n’est pas le cas actuellement, car elle repose sur des études non publiées dans la littérature scientifique et dont il est avéré qu’elles ont été menées dans des conditions qui auraient dû normalement conduire à les invalider. La DJA devrait être calculée sur la base d’études respectant les critères scientifiques actuels comme celles mettant en évidence le caractère cancérogène de l’aspartame chez le rat et la souris, notamment à partir d’une exposition in utero. [1]
[1]. Note envoyée à l’ANSES en février 2011, disponible sur http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/11/REPONSE-RES-ANSES-Aspartame.pdf
Dossier de Presse (27 octobre 2011) – Mercure Dentaire : la position isolée et incohérente de la France
Les associations NAMD, ATC et le RES ainsi que Jean Huss, auteur d’un rapport du Conseil de l’Europe sur les risques sanitaires des métaux lourds, ont tenu une conférence de presse jeudi 27 octobre 2011 pour dénoncer la position isolée et incohérente de la France sur ce dossier.
Retrouvez plus d’infos et mes références scientifiques disponibles sur le sujet dans le Dossier de Presse
Communiqué de presse (12 octobre 2011) – Bisphénol A : le volontarisme français doit servir l’Europe !
Le RES se réjouit du vote à la quasi unanimité [1] des députés pour interdire le Bisphénol A dans les contenants alimentaires. Cette mesure devrait réduire significativement l’exposition quotidienne à ce perturbateur endocrinien [2] et contribuer à diminuer l’intoxication du fœtus via la contamination maternelle. Les preuves sont aujourd’hui accablantes pour montrer que cette exposition pendant la grossesse induit des effets sanitaires graves pendant l’enfance et à l’âge adulte (cancer, diabète-obésité, troubles de la reproduction et du comportement).
Les regards doivent maintenant se tourner vers la scène européenne où les institutions communautaires ne se distinguent pas par leur volontarisme sur les enjeux des perturbateurs endocriniens. Pour André Cicolella, porte-parole du RES, c’est, en premier lieu, la crédibilité de l’Agence européenne de sécurité alimentaire, l’EFSA, qui est remise en question : « L’EFSA ne peut continuer de nier la réalité des connaissances scientifiques en maintenant une Dose Journalière Admissible qui ne tient pas compte des centaines d’études montrant des effets aux faibles doses. Si, à la suite de l’ANSES, l’agence n’accomplit pas rapidement son aggiornamento, les institutions européennes devront déclencher des investigations sur la déontologie de l’expertise au sein de l’EFSA ».
« Après la loi sur les biberons au BPA, puis l’adoption de la loi Lachaud, qui a interdit 3 groupes de perturbateurs endocriniens (alkylphénols, parabènes et phtalates), le vote d’aujourd’hui met le gouvernement français en position et en devoir de faire évoluer la position de la Commission européenne » constate Yannick Vicaire, chargé de mission au RES. « La France doit insuffler la dynamique qui fait défaut à l’échelle européenne en fédérant d’autres Etats-membres pour travailler à l’élaboration urgente d’une réponse globale aux enjeux des perturbateurs endocriniens ».
Contrairement aux affirmations des industriels, les solutions de remplacement existent. Le RES a publié une note sur la question [3]. Notamment, une société américaine Eden Foods (http://www.edenfoods.com/) utilise un procédé sans BPA depuis avril 1999. Par ailleurs, l’Etat du Connecticut a décidé d’interdire le BPA dans les contenants alimentaires réutilisables en juin 2010 et cette mesure est entrée en application le 1er Octobre 2011. Cela montre que la mise en œuvre peut se faire très rapidement.
La loi adoptée par les députés n’est qu’un premier pas dans la réduction de l’exposition au BPA. Il est urgent que l’ANSES identifie les autres sources, y compris alimentaires, susceptibles de constituer des priorités en termes d’exposition pour l’ensemble de la population ou pour des secteurs professionnels spécifiques : matériel médical, instruments de musique, papiers thermiques, revêtements des canalisations d’eau ou de cuves à vin, etc. L’ANSES doit aussi mieux caractériser l’exposition environnementale indirecte, en particulier via l’alimentation (poissons et crustacés) ou la pollution intérieure.
[1]. 2 votes contre sur 348 suffrages exprimés
[2]. L’étude du Breast Cancer Fund a montré qu’un régime alimentaire duquel on élimine les sources « intentionnelles » de BPA conduit en quelques jours à une réduction de plus de moitié du niveau de BPA détecté dans les urines. http://ehp03.niehs.nih.gov/article/info:doi/10.1289/ehp.1003170
[3]. Panorama des alternatives disponibles au Bisphénol A dans les matériaux de contact alimentaire http://reseau-environnement-sante.fr/?p=3019
Communiqué de presse (7 octobre 2011) : Interdiction du BPA, le RES salue la décision de Xavier Bertrand
Le RES se réjouit que le ministre de la santé Xavier Bertrand ait pris position hier à l’Assemblée Nationale pour l’interdiction du Bisphénol A (BPA) dans tous les contenants alimentaires, et « dès 2013″ pour ceux concernant les enfants de moins de 3 ans.
Il appartient désormais aux députés de voter le 12 octobre prochain l’interdiction du BPA dans les contenants alimentaires avec une mise en application dès que possible et ce afin de diminuer rapidement l’intoxication des fœtus via la contamination maternelle. Les preuves sont aujourd’hui accablantes pour montrer que l’exposition par le biais de l’alimentation pendant la grossesse induit des effets sanitaires graves pendant l’enfance et à l’âge adulte (cancer, diabète-obésité, troubles de la reproduction et du comportement).
Contrairement aux affirmations des industriels, les solutions de remplacement existent. Le RES a publié une note sur la question [1]. Notamment, une société américaine Eden Foods [2] utilise un procédé sans BPA depuis avril 1999.
Par ailleurs, l’Etat du Connecticut a décidé d’interdire le BPA dans les contenants alimentaires réutilisables en juin 2010 et cette mesure est entrée en application le 1er Octobre 2011. Cela montre que la mise en œuvre peut se faire très rapidement.
[1]. http://reseau-environnement-sante.fr/?p=3019
[2]. http://www.edenfoods.com/








